Poursuivons le bilan de l’année 2019 et dressons un inventaire de ces 6 derniers mois. Blockbusters d’été, Disney +, festivals de rentrée, les échecs du cinéma français, Polanski, Adèle Haenel, Ladj Ly, le cinéma du monde, Star Wars et un aperçu en chiffres de l’année, marquée par une hausse des entrées.

- Juillet : Spider-Man : Far From Home est l’un des succès de l’été avec 3 226 000 spectateurs en France et 1 131 831 806 $ dans le monde. Le film se veut être la suite directe d’Avengers Endgame. Une micro-crise éclate entre Disney et Sony qui ne s’accorde pas dans un premier temps sur le coût et recettes de leur partenariat autour de ce personnage appartenant à Sony, dans la galaxie des Avengers qui est à Disney. La décision de soustraire le personnage de Tom Holland des Avengers à l’avenir crée une polémique sur Internet où les fans s’organisent contre Sony. Tom Holland, jeune acteur répondant avec la réactivité de son âge, fait aussi part de sa grande déception. Finalement, un compromis sera trouvé. Et tout le monde sera content à Wall Street.
- 18 Juillet : Incendie criminel dans le studio 1 de Kyoto Animation, occasionnant une trentaine de morts.
- Juillet : Mort des acteurs Rutger Hauer et Rip Torn, de l’actrice Valentina Cortese, du directeur de la photographie Pierre Lhomme et de la critique de cinéma Danièle Heymann.
- Juillet : Metropolitan Filmexport retrouve le cinéma tordu d’Ari Aster, après Hérédité en 2018. Inquiétant, fascinant, dérangeant, Midsommar est le film le plus étrange de 2019, suivi de près par The Lighthouse. En décembre, l’éditeur propose en vidéo un montage passé de 2h27 à 2h51 qui est un cadeau de Noël parfait.
Les films les plus tordus de l’année
- Border d’Ali Abbasi
- In Fabric de Peter Strickland
- L’heure de la sortie de Sébastien Marnier
- Les fauves de Vincent Mariette
- Lucky Day de Roger Avary
- Meurs, monstre, meurs d’Alejandro Fadel
- Midsommar d’Ari Aster
- Pearl d’Elsa Amiel
- Sorry to bother you de Boots Riley
- The Lighthouse de Robert Eggers
En gras, ce sont les sommets de l’année.

- Juillet : EuropaCorp ne sera pas sauvé par Anna réalisé par Besson en personne. L’ersatz de Nikita est l’un des plus gros échecs de l’année, à l’échelle française et mondiale. Par ailleurs, ce très mauvais thriller d’espionnage est vilipendé par la critique.
Bilan 2019 – Les pires films de l’année :
Le pire du cinéma en 2019*

- Abominable de Jill Culton
- After – chapitre 1 de Jenny Gage
- Alien Crystal Palace d’Arielle Dombasle
- All inclusive de Fabien Onteniente
- Anna de Luc Besson
- Beaux-parents d’Hector Cabello Reyes
- Bêtes blondes de Maxime Matray et Alexia Walther
- Dora et la cité perdue de James Bobin
- Escape Game d’Adam Robitel
- Greta de Neil Jordan
- Holy Lands d’Amanda Sthers
- Jessica Forever de Caroline Poggi
- L’incroyable aventure de Bella de Charles Martin Smith
- Le dindon de Jalil Lespert
- Liberté d’Albert Serra
- Ma vie avec John F. Donovan, de Xavier Dolan
- Mes autres vies de chien de Gail Mancuso
- Midway de Roland Emmerich
- Paradise Beach de Xavier Durringer
- Pokemon Détective Pikachu de Rob Letterman
- Quand on crie au loup de Marilou Berry
- Roxane de Mélanie Auffret
- Tanguy le retour d’Etienne Chatillez
- Une jeunesse dorée d’Eva Ionesco
- Walter de Varante Soudjian
(* liste non exhaustive, on n’a pas tout vu !)
Bilan de l’année 2019 : Locarno, Venise, Deauville, Angoulême, Arras…

- Août : Vitalina Varela de Pedro Costa remporte le Léopard d’or de la 72e édition de Locarno.
- 8 août : Jean-Pierre Mocky nous quitte.
- Août : Le 12e festival d’Angoulême se tient du 20 au 25, Jacqueline Bisset en est la présidente. S’il n’y a que 10 films en compétition, l’événement est l’occasion d’une bonne trentaine d’avant-premières. Les hirondelles de Kaboul de Zabou Breitman et Éléa Gobbé-Mévellec, est distingué du Valois de diamant.
- Août-Sept : La 76e Mostra de Venise est présidée par Lucrecia Martel. Au menu, Adults in the room de Costa-Gavras, J’accuse de Polanski, Ad Astra de James Gray, La vérité de Kore-eda en ouverture, Gloria Mundi de Guédiguian, les films Netflix The Laundromat de Steve Soderbergh et Marriage story de Noah Baumbach, et la surprise Joker de Todd Phillips, dont la qualité lui vaudra le Lion d’or. J’accuse, Grand Prix du Jury, relance la polémique autour du passé sulfureux de Roman Polanski qui s’étoffera au fil des mois, pour atteindre un paroxysme, en novembre, lors de la sortie du film. Cette œuvre historique solide sera néanmoins un succès en salle et prendra la tête du box-office.
- Août : Quentin Tarantino rappelle aux exploitants que les adultes vont aussi au cinéma. Once upon a time… in Hollywood ouvre à 1 132 000 entrées sur l’Hexagone, achève sa carrière au-dessus des 140M$ aux Etats-Unis. Au total, cette peinture de Hollywood à la fin des années 60 réalise près de 400 millions de dollars de recettes, sur l’ensemble des territoires. Pour un film long, violent, hors normes, et surtout hors mode, c’est quasiment un exploit que seul Joker réitérera très peu de temps après, à une échelle colossale, puisque la production Warner dépassera le milliard, faisant office de phénomène de société.
- Août : Mars distribution est placé en redressement judiciaire. Après l’annonce de la fin d’activité de Océan Distribution, le secteur des distributeurs indépendants français semble ravagé.
- Août : Mort des acteurs Peter Fonda et Michel Aumont.
- Septembre : La 45e édition du Festival de Deauville a pour présidente Catherine Deneuve. Elle se tient du 6 au 15 septembre. L’occasion de redécouvrir, après son passage à Cannes, The Lighthouse de Robert Eggers en compétition. A part ce dernier, Swallow (en 2020) et Knives and Skin, peu d’œuvres en compétition trouveront le chemin sur le grand écran. Deauville consacrera Bull d’Annie Silverstein qui, malgré ses trois prix, tarde à sortir.
- L’Etrange Festival secoue Paris une 25e fois et conclut sur le Grand Prix Nouveau Genre pour Vivarium de Lorcan Finnegan, qui sera distribué au premier trimestre 2020 en France.
- Septembre : Woody Allen sort enfin Un jour de pluie à New York, après deux ans de blocage par Amazon, punissant le film du cinéaste pris dans la tourmente #MeToo. Avec 584 000 spectateurs, la romance avec Timothée Chalamet lui permet de retrouver partiellement son public.
- Le ministre de la Culture veut ouvrir l’accès de la publicité à la télévision, aux longs métrages de cinéma, au risque d’une concentration des moyens autour des mêmes films. Il est également question de permettre aux chaînes de diffuser du cinéma toute la semaine, en dehors des cases historiques qui lui ont été attribuées. Préparons-nous à voir des pubs Disney entre deux spots TV en 2020… Le matraquage pourra être total.
- Toronto : le TIFF se tient du 5 au 15 septembre.
- 30 septembre : La commission de sélection du candidat français pour les Oscars est révélé : Les Misérables. La polémique stérile autour du casier judiciaire de son réalisateur viendra ternir cette belle décision en décembre.
- Septembre : Mort du réalisateur et photographe Robert Frank et de l’acteur et réalisateur Charles Gérard.
- Septembre : Au nom de la terre, biopic agricole émouvant, remporte les suffrages du public et prend la tête du box-office quand Le Dindon entre en 7e place, avec 340 écrans de plus. Le film de Jalil Lespert est un accident industriel.
Les échecs commerciaux français de 2019
- All inclusive de Fabien Onteniente (814 207)
- Anna de Luc Besson (732 345)
- Double vie d’Olivier Assayas avec Binoche et Canet (151 932)
- La vérité si je mens ! Les débuts de Gérard Bitton et Michel Munz (194 043)
- Le Dindon de Jalil Lespert (241 404)
- Ibiza d’Arnaud Lemort (629 425)
- Minuscule 2, les mandibules du bout du monde d’Hélène Giraud et Thomas Szabo (756 332)
- Playmobil, le film de Lino DiSalvo (coproduction internationale de 60M$) (375 312)
- Yao de Philippe Godeau avec Omar Sy (428 029)
Bilan de l’année 2019, le dernier trimestre de la décennie…
- Octobre : Canal +, qui ne cesse de perdre des abonnés, au vu des chiffres de septembre 2019, sur l’année passée, prend les choses en main. Le groupe français lance son offre pack Ciné/Séries, incluant notamment, et c’est une grosse nouveauté, Netflix, au côté d’OCS. Disney + sera également promis aux abonnés en 2020, mais l’annonce ne sera officialisée qu’ en décembre.
- Octobre : Gemini Man d’Ang Lee, avec Will Smith, est un échec, qui restera sous le million en France, et sous les 50M$ aux USA. Un échec cuisant qui vient rappeler la semi-déception de Alita : Battle Angel, en février, qui n’avait pas dépassé les 90M$ sur son territoire. Les révolutions technologiques ne sont pas toujours les mieux accueillies en salle. On remarquera par ailleurs la disparition progressive de la 3D dans les salles de cinéma, avec des recettes en berne aux USA, alors que dans les salons, tous les constructeurs ont arrêté les écrans 3D. Le support a été une déception dès son lancement, en raison du coût des lunettes et d’une offre essentiellement axée sur les films pour enfants.
- Octobre : Francis Ford Coppola reçoit le prix Lumière 2019. Pour cette 11e édition, Bong Joon-ho (voir les films asiatiques de l’année ci-dessous) est aussi invité d’honneur, avec Frances McDormand et bien d’autres. Le CNC publie une étude sur les Films du patrimoine qui montre la part croissante des films du répertoire dans l’achat de vidéo physique. De quoi donner des « Lumière » au festival lyonnais qui débat sur la place du numérique et du format physique pour mettre en valeur l’histoire du 7e art.
Les films asiatiques de l’année
- Asako 1 & 2 de Ryüsuke Hamaguchi (Japon)
- Les Eternels de Jia Zhang-ke (Chine)
- Les funérailles des roses, de Toshio Matsumoto (Japon)
- Parasite de Bong Joon-ho (Corée du Sud)
- So long, my son de Wang Xiaoshuai (Chine)
- Un grand voyage vers la nuit de Bi Gan (Chine)

- Octobre : C’est la fête de la VOD pour la 4e année consécutive sur 9 plateformes de streaming et de téléchargement légales. Du 10 au 13 octobre, un million d’actes (location ou vente) auraient été comptabilisés. Le film de Guillaume Canet, Nous finirons ensemble, en ressort gagnant.
- Octobre : Netflix publie ses meilleurs résultats sur des produits originaux. En tête du géant N du côté de séries, Stranger Things, suivi de The Umbrella Academy et La casa de papel. Côté long-métrages originaux, on reste toujours surpris du succès de Bird Box de Suzanne Bier (80 millions de vues), devant Murder Mystery.
- Octobre : Disney annonce interdire la publicité pour Netflix sur tous ses supports, tout en retirant le contenu de ses films. Objectif : lancer en fanfare Disney + en novembre.
- Octobre : Joker réalise un démarrage époustouflant au vu de son caractère antisocial et nihiliste : 1 576 000 entrées en une semaine… C’est un carnage pour la concurrence.
- Octobre : Prime Video Channels se déploie en France. A travers cette offre, Amazon ouvre son service de streaming à 14 chaines de VOD et SVOD.
- Octobre : Mort de l’actrice Marie-José Nat, de l’acteur Robert Forster, et des comédiennes Annick Alane, Florence Giorgetti et Pascale Roberts.
- Octobre : La saga Terminator s’achève sur un désastre. Avec son 6e numéro, Dark Fate, Paramount essuie un revers douloureux. A peine 250 000 000$ de recettes dans le monde, c’est un désastre. James Cameron à la production a déjà connu un semi-revers en février avec Alita, de Robert Rodriguez. Le nom du cinéaste en qualité de simple producteur a toujours porté poisse… Au moins revient-il comme cinéaste. Il annonce en décembre la fin du tournage d’Avatar 2 qui va entrer en post-production pour une sortie en décembre 2021.
- Octobre : La suite de Shining, Doctor Sleep, ne brille pas, et sort dans l’indifférence mondiale. En France, le sequel de Mike Flanagan, pourtant défendu par la presse, s’est arrêté à 256 000 spectateurs et aux USA l’adaptation de Stephen King dépasse à peine les 30M$. Un moins auparavant le sequel de Ça chapitre 2, toujours chez Warner avait fonctionné sans réitérer le phénomène autour du clown tueur.

Tous les sequels & reboots sortis en salle en 2019
- Aladdin (version live du film d’animation)
- Angry birds : copains comme cochons
- Annabelle 3
- Avengers : Endgame
- Black Christmas (reboot/remake du slasher des années 70)
- C’est quoi cette mamie ?
- Ça : Chapitre 2
- Child’s play (reboot de Jeu d’enfant)
- Comme des bêtes 2
- Creed 2
- Doctor Sleep
- Dragon Ball Super : Broly
- Dragons 3 : le monde caché
- Dumbo (version live du film d’animation)
- Fast & Furious : Hobbs & Shaw
- Glass
- Godzilla 2, roi des monstres
- Happy birthdead 2 You
- Hellboy
- John Wick Parabellium
- Jumanji : next level
- La chute de l’empire américain
- La famille Addams (reboot animé de la série et des films)
- La grande aventure Lego 2
- La reine des neiges 2
- La vérité si je mens ! Les débuts
- Le Roi Lion (version live du film d’animation)
- Les plus belles années d’une vie (deuxième suite d’Un homme et une femme)
- Maléfique : le pouvoir du mal
- Mes autres vies de chien
- Minuscule 2 : les mandibules du bout du monde
- Nous finirons ensemble (suite des Petits mouchoirs)
- Ralph 2.0.
- Rambo : Last Blood
- Shaun le mouton le film : la ferme contre-attaque
- Simetierre (reboot)
- Spider-man Far from home
- Star Wars : l’ascension de Skywalker
- Tanguy, le retour
- Terminator : Dark Fate
- Toy Story 4
- X-Men Dark Phoenix

- Novembre : Guillaume Canet annonce être à la réalisation d’Astérix et Obélix : l’Empire du Milieu. L’acteur réalisateur sera également devant la caméra en Astérix. Quant à son pote Gilles Lellouche, il sera Obélix. Guillaume Canet est partout, réalisateur dans le top 15 annuel, acteur dans Au nom de la terre qui frôle les deux millions…
Guillaume Canet en 2019
- Nous finirons ensemble (2 801 046) , réalisateur
- Au nom de la terre d’Edouard Bergeon (1965 126), acteur
- La Belle époque de Nicolas Bedos (1 227 469), acteur
- Double vies d’Olivier Assayas (151 932), acteur

- Novembre : Arras Film Festival : convivialité rime plus que jamais avec popularité. La manifestation vieille de 20 ans dépasse pour la première fois les 50 000 spectateurs en 9 jours (du 8 au 17). Le jury présidé par Thierry Klifa accorde l’Atlas d’or à The Father de Kristina Grozeva et Petar Valchanov.
- Novembre : un accord entre les studios et le ministre de la Justice américain prévoit de mettre fin au décret Paramount qui empêchait les studios historiques depuis 1948 de posséder des chaînes de cinéma. La fin de beaucoup de tabous, alors que les studios exigeaient via des accords des situations préférentielles pour leur catalogue au détriment du cinéma indépendant. Les exploitants sont inquiets.
- Novembre : Charlie’s angels est la risée de Hollywood. Le film seulement budgété à 48M$, heureusement, démarre sous les 10M$ et finit sa carrière sous les 20M$ aux USA. En France, le film sort dans la disgrâce absolue le 25 décembre.
- Novembre : Digital Entertainment Group annonce une baisse de 86% des ventes de disques physiques (DVD/BRD) aux USA, en l’espace de 13 ans. Le public est parti sur les plateformes.
- Novembre : Mylène Farmer bat son propre record dans les salles Pathé, à l’occasion de la diffusion de Mylène Farmer 2019-Le film vu par 130 000 fans en France et 155 000 dans les autres salles Pathé Live européennes. En 2014, elle avait rassemblé pas moins de 101 000 spectateurs sur l’ensemble des salles européennes.

Le concert était proposé dans 613 cinémas, la moitié en France, le 7 novembre 2019.
- Novembre : Adèle Haenel accuse, dans une interview publiée par Mediapart, le réalisateur des Diables, qui l’a fait démarrer au cinéma, Christophe Ruggia, « d’attouchements » et « de harcèlement sexuel ». Cette révélation met la profession, qui ne s’était pas remise en question après le scandale Weinstein aux USA, en état de choc. L’actrice décide dans un second temps de porter l’affaire devant les tribunaux pour l’exemple.
En 2019, les femmes auront trouvé une place rare devant et derrière la caméra. Découvrez les films les plus féminins et féministes de l’année 2019

Bilan de l’année 2019 : les femmes d’abord :
- Les invisibles de Louis-Julien Petit
- Colette, Portrait d’une jeune fille moderne de Wash Westmoreland
- Pearl de Elsa Amiel
- Tout ce qu’il me reste de la révolution, de Judith Davis
- Captain Marvel d’Anna Boden et Ryan Fleck
- #Female pleasure de Barbara Miller
- La femme de mon frère de Monia Chokri
- Rebelles d’Allan Mauduit
- Haut les filles de François Armanet
- Dieu existe, son nom est Petrunya de Teona Strugar Mitevska
- Une fille facile de Rebecca Zlotowski
- Sœurs d’armes de Caroline Fourest
- Queens de Lorene Scafaria
- Warrior women de Christina D. King

- Novembre : Disney + officialise son arrivée en France pour le 31 mars. La plateforme fait beaucoup parler d’elle de par son contenu, et notamment la série autour de Star Wars The Mandalorian de Jon Favreau.
- Novembre : Mort de l’actrice et chanteuse Marie Laforêt, du réalisateur Vojtěch Jasný, du critique et historien du cinéma Jean Douchet et de l’acteur Michael J. Pollard.
- Novembre : Sortie implacable pour Les Misérables de Ladj Ly qui est présent dans 490 salles au démarrage, avant de se retrouver propulsé sur 866 copies en 4e semaine. Le film adroitement positionné, par rapport aux César et aux Oscars, est un succès patent qui file vers les deux millions d’entrées et au-delà. L’extrême-droite française rumine et fulmine. La une de Valeurs Actuelles est déplorable.
Bilan de l’année 2019 : le meilleur du cinéma français

- Adults in the room de Costa-Gavras
- Alice et le maire de Nicolas Pariser
- Blanche comme Neige d’Anne Fontaine
- Camille de Boris Lojkine
- Celle que vous croyez, de Safy Nebbou
- Ceux qui travaillent de Antoine Russbach (suisse et belge, en fait !)
- Chambre 212 de Christophe Honoré
- Grâce à Dieu de François Ozon
- Hors normes de Eric Toledano et Olivier Nakache
- J’accuse de Roman Polanski
- J’ai perdu mon corps de Jérémy Clapin
- Jeanne de Bruno Dumont
- L’adieu à la nuit d’André Téchiné
- La belle époque de Nicolas Bedos
- La vie scolaire de Grand Corps Malade et Mehdi Idir
- Le daim de Quentin Dupieux
- Le mystère Henri Pick de Rémi Bezançon
- Les Misérables de Ladj Ly
- Mais vous êtes fous d’Audrey Diwan
- Minuscule 2 les mandibules du bout du monde, de Thomas Szabo et Hélène Giraud
- Notre Dame de Valérie Donzell
- Perdrix de Erwan Le Duc
- Proxima de Alice Winocour
- Roubaix, une lumière de Arnaud Desplechin
- Seules les bêtes de Dominik Moll
- Thalasso de Guillaume Nicloux
- Un monde plus grand de Fabienne Berthaud
- Une fille facile de Rebecca Zlotowski
- Une intime conviction de Antoine Raimbault
- Zombi child de Bertrand Bonello

- Décembre : le PIFFF, festival du film fantastique de Paris, récompense d’un Œil d’or Why don’t you just die, comédie ultra violente en provenance de Russie. Wild Side l’éditera en vidéo en mars. Il s’agissait par ailleurs de la 9e édition de cette manifestation bien-aimée des Parisiens, qui s’est tenue au Max Linder pendant 6 jours, du 11 au 17 décembre.
- Décembre : Alors que la comédie musicale Cats connaît un échec critique et publique parmi les plus cinglants de 2019 (budget de 100M$, démarrage à 6M$), Universal envoie aux cinémas le diffusant une copie présentant des effets spéciaux révisés, quelques jours après la sortie du film. Une première. L’embarras est général autour de ce projet.
- Décembre : Le Black Film Critics Circle déclare Dolemite is my name, meilleur film de l’année. Eddie Murphy en est le meilleur acteur. Une résurrection pour l’ancienne gloire hollywoodienne qui en profite pour retrouver le Saturday Night Live de sa jeunesse le temps d’une cession très regardée. Lupita Nyong’o devient la meilleure actrice pour le film Us.
- Eddie Murphy retrouvera Craig Brewer (Black Snake moan), le cinéaste de Dolemite is my name en 2020, à l’occasion de Coming 2 America, suite du Prince de New York de John Landis.
- Décembre : La Reine des Neiges 2 est le 6e film du studio Disney à atteindre le milliard de recettes dans le monde. Au 15 décembre, avant la sortie de l’Episode 9 de Star Wars, le géant américain a généré en salle 10 milliards de recettes. Un exploit que le studio ne pourra pas réitérer en 2020, en raison d’une offre moins forte.
- Décembre : Edward Norton dans la tourmente judiciaire. Une plainte a officiellement été déposée concernant la mort d’un pompier lors d’un incendie meurtrier ayant eu lieu en mars 2018, sur le tournage de son polar Brooklyn Affair qui marquait son retour derrière la caméra après 20 ans.
- Décembre : Diffusion de la saison finale de Mr. Robot. Une page se tourne.
- Décembre : Paramount annonce la résurrection cinématographique de la saga Jackass, avec un 4e film pour 2021.
- Décembre : Le Prix Louis-Delluc est décerné à Jeanne de Bruno Dumont, celui du premier film récompensant Vif-Argent de Stéphane Batut. Les European Film Awards honorent La Favorite de Yórgos Lánthimos qui reçoit 7 trophées dont celui du meilleur film européen.
- Décembre : Mort des actrices Anna Karina, Claudine Auger et Sue Lyon et des acteurs Danny Aiello et René Auberjonois.
- Décembre : au 20 décembre, l’année cinématographique est en hausse de 6% par rapport à l’année 2018. Une belle dynamique portée par Disney qui compte pas moins de 5 films dans le top 10, un titre à 10 millions d’entrées (Le Roi Lion), un à 6,9 millions (Avengers Endgame) et La Reine des neiges 2 à 5,1 millions, mais le sequel animé va surtout profité des fêtes pour étendre son royaume aux 6 millions. Le top 10 annuel est chiche en film français. Seul Qu’est-ce qu’on a encore fait au bon Dieu ? a réussi à s’y faire une place, avec un total de 6 707 000 fans du premier, soit près de 40% de recettes en moins par rapport au segment originel. Le top 10 compte 4 films de super-héros, 4 suites, 1 spinoff, 1 reboot live, 3 films d’animation… Seul film adulte Joker, en 4e place, n’en demeure pas moins rattaché à une franchise et un univers de bande dessinée, ne pouvant totalement s’affranchir de cet atout. Il faut monter à la 13e place et Once upon a time in Hollywood, pour trouver un film original, qui n’est pas une suite, et qui parle à un public adulte. Le film finit l’année à 2 626 000 spectateurs.
Evidemment, tous ces chiffres sont à relativiser. Star Wars – L’ascension de Skywalker va mettre de l’ordre dans tout cela, la production Disney Lucasfilms a hypnotisé 1 886 000 Jedi en 5 jours.
- 25 décembre : Pathé sort la comédie Rendez-vous chez les Malawas, le 5e film de l’année de Christian Clavier, qui a été de toutes les saisons.

Les films avec Christian Clavier :
- Qu’est-ce qu’on a encore fait au bon Dieu ? (6 700 000)
- Convoi exceptionnel (126 000)
- Ibiza (629 000)
- Bienvenue chez les Malawas (A suivre)
Pour finir ce bilan de l’année 2019, impossible de ne pas revenir sur la richesse du cinéma mondial. On mettra de côté les cinémas asiatique, traité plus haut, français et américain, pour souligner la richesse d’un cinéma mondial, du Sénégal au Chili qui a marqué les esprits. Voici les meilleures production du World Cinéma destiné aux salles classées art et essai.
Les World films de l’année :

- Après la nuit de Marius Olteanu (Roumanie)
- Atlantique de Mati Diop (Sénégal)
- Bacurau de Kleber Mendonça (Brésil)
- Companeros de Alvaro Brechner (Uruguayen)
- Conséquences de Darko Stante (Slovénie)
- Dieu existe, son nom est Petrunya de Teona Strugar Mitevska (Macédoine)
- Dirty God de Sacha Polak (Irlande)
- Douleur et gloire de Pedro Almodóvar (Espagne)
- El Reino de Rodrigo Sorogoyen (Espagne)
- Freedom de Rodd Rathjen (Australie)
- It must be heaven d’Elia Suleiman (Palestine)
- Jeune Juliette de Anne Ermond (Québec)
- L’insensible de Ivan l. Tverdovsky (Russie)
- La bonne réputation d’Alejandra Marquez Abella (Mexique)
- La fameuse invasion des ours en Sicile de Lorenzo Mattotti (Italie)
- La flor de Mariano Llinas (Argentine)
- La vie invisible d’Euridice Gusmao (Portugal)
- Le fils d’Alexander Abaturov (Russie)
- Le traître de Marco Bellocchio (Italie)
- Los Silencios de Beatriz Seigner (Brésil, Colombie)
- Manta Ray de Phuttiphong Aroonpheng (Thaïlande)
- Martin Eden de Pietro Marcello (Italie)
- Menocchio de Alberto Fasulo (Italie)
- Meurs, monstre, meurs d’Alejandro Fadel (Argentine, Chili)
- Mon meilleur ami de Martin Deus (Argentine)
- Nuestro tiempo de Carlos Reygadas (Mexique)
- Oleg de Juris Kursietis (Lettonie)
- Papicha de Mounia Meddour (Algérie)
- Piranhas de Claudio Giovannesi (Italie)
- Sorry we missed you de Ken Loach (Royaume-Uni)
- Sympathie pour le diable de Guillaume de Fontenay (Canada)
- Synonymes de Nadav Lapid (Israël)
- Teret de Ognjen Glavoni (Serbie, Croatie)
- Une grande fille de Kantemir Balagov (Russie)
- Viendra le feu de Oliver Laxe (Espagne)
Bilan de l’année 2019 : premier semestre ici / second semestre / Top Films 2019 de la rédaction
Dossier par Frédéric Mignard
