Godzilla 2 roi des monstres (3D) : la critique du film (2019)

Action, Science-fiction, Catastrophe | 2h11min
Note de la rédaction :
5/10
5
French poster Godzilla King of the monsters

Note des lecteurs

Oubliez l’histoire absurde et les personnages humains sans relief et vous pourrez apprécier ce déluge de bruit et de fureur où les monstres sont les véritables vedettes d’une œuvre généreuse en action et en images iconiques.

Synopsis : L’agence crypto-zoologique Monarch doit faire face à une vague de monstres titanesques, comme Godzilla, Mothra, Rodan et surtout le redoutable roi Ghidorah à trois têtes. Un combat sans précédent entre ces créatures considérées jusque-là comme chimériques menace d’éclater. Alors qu’elles cherchent toutes à dominer la planète, l’avenir même de l’humanité est en jeu…

Critique : Tout d’abord, il est important de signaler que nous ne faisons pas partie des défenseurs du Godzilla de Gareth Edwards de 2014 qui nous a fait l’effet d’une douche froide, alors que nous attendions mieux d’un cinéaste apparemment taillé pour le job. Cette fois-ci, le projet échoue entre les mains de Michael Dougherty qui a prouvé son amour du genre horrifique et des monstres en particulier avec le très sympathique Krampus (2015). Sans doute content de disposer d’un budget évalué à 200 millions de dollars, le cinéaste s’en est donné à cœur joie dans sa volonté d’en mettre plein la vue. Les exécutifs de Warner et Legendary Pictures semblent avoir compris la leçon du très bis Kong – Skull Island (2017) qui n’était qu’une gigantesque série B où le script n’était qu’un prétexte pour montrer le plus possible des monstres géants, et reprennent ici une formule identique fondée sur l’escalade permanente dans le gigantisme.

Copyright 2019 WARNER BROS. ENTERTAINMENT INC. AND LEGENDARY PICTURES PRODUCTIONS, LLC

Un scénario tout juste ébauché

Torché sur un coin de table après un repas qu’on imagine bien arrosé, le script propose une intrigue tarabiscotée qui ne tient absolument pas debout, où les personnages principaux peuvent changer d’avis d’une scène à l’autre contre toute logique psychologique. Visiblement peu intéressé par des personnages humains kleenex, Michael Dougherty ne fait qu’effleurer l’aspect subversif de son idée de base : faire des monstres des sortes d’entités divines qui viendraient remettre les humains à leur place sur l’échiquier mondial. Le thème, sans être original, peut paraître pertinent à l’heure où l’Homme menace de plus en plus les équilibres naturels. La dimension écologiste du script – qui tire même vers la misanthropie à plusieurs reprises – séduit de manière indubitable. Malheureusement, ces thématiques ne sont jamais développées par un cinéaste soucieux d’offrir au spectateur ce qu’il est venu voir, à savoir des combats de monstres.

Godzilla et ses potes cassent des briques dans un spectacle généreux

A ce niveau, le long-métrage se révèle formidablement généreux, au point d’enchaîner les combats titanesques à une vitesse folle. Si de nombreuses villes sont détruites et que le cinéaste suggère à plusieurs reprises la mort des humains, le spectacle demeure tout de même assez aseptisé, avec beaucoup de destructions matérielles. Dans cette orgie de monstres, les amoureux du genre reconnaîtront Rodan, King Ghidorah, Mothra et quelques autres qui font de courtes apparitions. Celui qui se taille la part du lion est évidemment le King Ghidorah avec ses trois têtes faisant référence à l’hydre de Lerne. Impressionnant, le monstre est la grande vedette du film avec notre cher Godzilla qui se révèle à nouveau charismatique. On sent l’amour indéniable du cinéaste pour ce bestiaire qu’il se plaît à filmer longuement et sous toutes les coutures, quitte parfois à délaisser les enjeux humains, finalement secondaires.

Il faut dire que le film n’est pas aidé par un casting de seconde zone où seul Ken Watanabe semble vraiment à son aise. Vera Farmiga est incapable de plonger dans la psyché complexe d’un personnage contradictoire, tandis que Kyle Chandler fait un héros lisse sans grand intérêt. On l’aura donc compris, il est inutile, une fois de plus, de chercher une intrigue digne de ce nom et des personnages humains intéressants dans cette suite rentre-dedans. Par contre, les amateurs de grosse série B avec un maximum de grosses bébêtes dedans doivent impérativement faire le déplacement car le contrat est largement rempli dans ce domaine.

Warner proposera le prochain épisode de la saga, Godzilla v Kong, d’Adam Wingard , en mars 2020… si tout va bien.

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Critique : Virgile Dumez 

Toutes les sorties du 29 mai 2019

 

Affiche française de Godzilla II Roi des monstres

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