Après la nuit : la critique du film (2019)

Drame | 1h50min
Note de la rédaction :
7/10
7
Après la nuit (Norde distribution), affiche

  • Réalisateur : Marius Olteanu
  • Acteurs : Cristian Popa, Judith State
  • Date de sortie: 18 Déc 2019
  • Titre original : Monștri.
  • Nationalité : Roumain
  • Scénariste : Marius Olteanu
  • Distribution : Norte Distribution
  • Edition vidéo :
  • Date de sortie vidéo :
  • Box-office France / Paris-Périphérie :
  • Festivals : Berlinale 2019 – Forum – Prix du Jury des lecteurs du Tagesspiele Festival International du film de La Rochelle 2019 – Ici & Ailleurs Sofia International film festival 2019 – Grand Prix Istanbul International Film Festival 2019 Crossing Europe Film Festival 2019 (Autriche) – Competition Taipei International Film Festival 2019 – International New Talent Competition Transilvania International Film Festival 2019 – Romanian Days – Prix du meilleur premier film roumain Frameline 2019 (USA) – World Cinema Competition Karlovy Vary Film Festival – Another View Entrevues Belfort – Compétition Internationale Chéries-Chéris – Compétition

Radiographie d’un couple et d’une société ultra normée, Après la nuit est le Marriage Story roumain, l’humour, la légèreté en moins… Ce premier film frondeur est plus que méritant, il est réussi.

Synopsis : Dana et Arthur, la quarantaine, sont mariés depuis près de dix ans. Mais quelque chose s’est fissuré, à cause de leurs besoins, de leurs croyances, de ce que la vie leur offre, de leurs démons intimes. Un jour, ils devront décider si laisser partir l’autre n’est finalement pas la plus grande des preuves d’amour.

Une historie conjugale roumaine

Critique : Au même moment où une production Netflix, réalisée par Noah Baumbach, Marriage Story, se fait remarquer à l’échelle mondiale en disséquant au scalpel les vicissitudes d’un couple new-yorkais, avec un brio jubilatoire qui pourrait en faire un favori aux Oscars, une petite production roumaine se fait elle aussi la radiographie d’un couple marié depuis dix ans. La société y est toutefois bien différente et l’approche forcément autre. L’existence dépeinte y est normée, plus austère, et les maux qui assènent le couple, las au bout d’une décennie de vie commune, deviennent ici le miroir d’une rigueur qui donnent bien moins de fraîcheur et de lumière aux images et aux acteurs qui semblent s’être fanés dans le réalisme du temps qui passe, des sourires disparus, et des mensonges qui se sont immiscés dans les craquèlement du marbre.

Après la nuit (Norde distribution), affiche

Crédits : Parada Film (Claudiu Mitcu) and Marius Olteanu
Coproduit par : Wearebasca (Robert Fita, Iochim Stroe)

No man’s land affectif

Nouvel avatar influencé par la nouvelle vague roumaine de la fin des années 2000, Après la nuit s’intéresse à des personnages cadrés différemment en fonction de leur ressenti. Le format 1:1 vient jeter en pâture le sentiment d’oppression et de solitude, cloisonnant les désirs, soustrayant l’être à la société. D’autres formats viennent élargir les horizons, mais le jeu de cadre confère au film de Marius Olteanu une force quasi documentaire, qui suscite une adhésion de curiosité. Démarrant comme un remake de Night on Earth de Jarmusch ou évoquant aussi le film bulgare Taxi Sofia, l’œuvre démarre en laissant l’épouse dans l’errance et le no man’s land affectif que représente la voiture de Taxi. Des premières scènes fortes, marquantes par ces figures de nuit, hors du monde, mais loin d’être hors sol, dans un univers de cinéma que l’on aime retrouver à chaque fois et dans laquelle on aime y tremper nos propres angoisses ou solitudes.

Stérilité et homosexualité

La seconde partie sur l’époux à l’homosexualité vécue dans le placard, est audacieuse dans le contexte roumain, peu ouvert sur ce sujet encore tabou. L’approche est surprenante, car différente des raccourcis du cinéma occidental. Cette rencontre avec un autre homme revêt un caractère distancé où l’on n’ose trop dire les choses, la norme hétérosexuelle de la société sabordant le contact voué à une forme d’échec, affectif et sexuel. Dans la dernière partie, c’est le rapport du couple désormais réuni et face aux autres, qui est en mis en place, notamment face à leur famille et leur propre stérilité qui insinue une forme de dépression d’autant plus douloureuse.

Après la nuit est une œuvre forte et cruelle

Chacune de ces parties importe. On macère dans leur atmosphère et leur psychologie, avec un sentiment cruel d’universalité des solitudes, et cette conviction peu réjouissante que, de toute façon, c’est toujours pire ailleurs. Cette immiscion dans la vie privée des autres ne broie pas du noir pour autant, la réussite artistique est patente, dans sa pertinence de ton et de sujet. Voilà donc un petit film qui mérite bien qu’on lui laisse une chance.

Critique : Frédéric Mignard

Sorties de la semaine du 18 décembre 2019

 

Après la nuit (Norde distribution), affiche

Crédits : Parada Film (Claudiu Mitcu) and Marius Olteanu
Coproduit par : Wearebasca (Robert Fita, Iochim Stroe)

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