Hellboy : la critique du film (2019)

Action, Fantastique, Heroic Fantasy | 2h01min
Note de la rédaction :
5/10
5

Note des lecteurs

Un reboot suspendu à une surenchère d’effets bon marché et gore qui ne vaut que pour sa générosité de grosse série B.

Synopsis : Hellboy est de retour et il va devoir affronter en plein cœur de Londres un puissant démon revenu d’entre les morts pour assouvir sa vengeance.

Critique : Après deux épisodes signés Guillermo del Toro, où la vedette du comics était incarnée par la gueule carrée de Ron Perlman, Hellboy change de cap : revenir aux sources du roman graphique de Mike Mignola, peu fan des premières adaptations cinématographiques. Universal, de son côté, ne voulait pas s’engager dans un coûteux troisième volet et satisfaire les exigences du réalisateur oscarisé de La forme de l’eau. C’est donc Summit Entertainment et Millenium qui se retrouvent derrière ce reboot, forcément bon marché comme une série B, dans la lignée des films produits à la chaîne par ces firmes. D’ailleurs c’est Neil Marshall qui réalise. Certes, on associe le Monsieur à juste titre au meilleur film d’horreur des années 2000, The Descent (une plongée vertigineuse dans les horreurs d’une caverne hors du temps qui a traumatisé toute une génération), mais le cinéaste a aussi œuvré dans la série B grossière, avec Doomsday et Centurion, avant d’être renvoyé au secteur télévisuel pour des séries. Hellboy 2019 retrouve le grain et la générosité de ses œuvres post-The Descent, mais aussi leur manque de finesse.

Milla Jovovich as ‘Nimue the Blood Queen’ and David Harbour as ‘Hellboy’ in HELLBOY. Photo Credit: Mark Rogers.

Caractérisation rudimentaire, scénario foutraque, humour phacochère, gore outrancier… le cinéaste n’est pas là pour caresser les critiques dans le sens du poil, le film niant tout ce qui peut faire un film remarquable. Au contraire, le Britannique balance du lourd dans les combats, l’inventivité monstrueuse, et démontre une munificence dans le grotesque avec des créatures infernales multiples, géants terrifiants, créatures ailées, sanglier bipède en la monstruosité qu’est Gruagach, le serviteur de la Reine de sang, sans oublier les apparitions maléfiques de la sorcière Baba Yaga…

La présence badass de Milla Jovovich, dans le rôle de la Reine, évoque forcément son goût pour les séries B foireuses façon… Resident Evil, à laquelle il est difficile de ne pas penser tant l’aspect approximatif de cette série B évoque le bas de gamme de la franchise de Paul W. S. Anderson. Toutefois, Marshall sait semer sa narration d’aspérités qui détonne dans la production hollywoodienne lisse du moment.

David Harbour as ‘Hellboy’, Sasha Lane as ‘Alice Monoghan’, and Daniel Day Kim as ‘Ben Daimio’ in HELLBOY. Photo Credit: Mark Rogers.

Dans le rôle titre, David Harbour, de la série Stranger things, impose une personnalité propre à son personnage aventurier, dont on aurait aimer qu’il ne soit pas accompagné par des personnages fadasses, comme la jeune médium qui le sauve de la mort… Si Harbour excelle, et si Jovovich accomplit ce qu’on attend d’elle, le reste du cast est purement illustratif, télévisuel, malgré des seconds rôles qui peuvent faire plaisir (Daniel Dae Kim de la série Lost).

Plaisir coupable pour sa truculence ou nanar intégral? Chacun y trouvera son plat à ingérer. Le processus de digestion risque plus ou moins difficile, même si, sur l’instant, l’on peut reconnaître un sens du rythme qui sauve toujours le spectateur d’un ennui qui venait toucher les deux premiers films poétiques et tortueux de Guillermo del Toro.

Critique de Frédéric Mignard

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