Thalasso – la critique du film (2019)

comédie dramatique | 1h33min
Note de la rédaction :
6/10
6
Affiche du film Thalasso de Nicloux

Commencé comme un bain de jouvence, Thalasso s’enfonce progressivement dans les eaux troubles d’une sous-intrigue de peu d’intérêt.

Synopsis : Cinq années ont passé depuis L’enlèvement de Michel Houellebecq.

Michel et Gérard Depardieu se rencontrent en cure de thalasso à Cabourg. Ils tentent ensemble de survivre au régime de santé que l’établissement entend leur imposer. Alors que Michel est toujours en contact avec ses anciens ravisseurs, des événements imprévus viennent perturber leur programme……

Critique : A travers cette nouvelle oeuvre, l’auteur, scénariste, réalisateur Guillaume Nicloux poursuit son exploration de l’intime mêlant questionnements existentiels et quête d’identité. Après plusieurs collaborations réussies avec Michel Houellebecq, et Gérard Depardieu (dont l’émouvant Valley of love), il a l’idée de rassembler dans un huis clos ludique le ton monocorde et désabusé de celui qui est considéré comme l’un des plus grands écrivains français contemporains et la truculence de notre plus gigantesque acteur de cinéma. Il nous régale ainsi de dialogues décalés, drôles et souvent savoureux et de situations détonantes qui finissent pourtant par trouver leurs limites et bifurquent vers une vague enquête autour d’une disparition, en lien avec son film précédent, qui laissera sur le bord de la route ceux qui ne l’ont pas vu.

Thalasso souffle à la fois un vent énigmatique et rafraîchissant entre le vrai et le faux.

Thalasso démarre là où s’était arrêté L’enlèvement de Michel Houellebecq. Michel Houellebecq, qui a noué des liens amicaux avec ses ravisseurs, discute avec l’un d’entre eux sur une aire d’autoroute. Après avoir tenu quelques propos péremptoires sur les démocraties européennes, il prend le volant d’une berline et s’élance sur la route à plus de 220 km/h. Mieux vaut ne pas se fier à son allure de frêle oisillon, preuve est faite qu’il n’aime rien tant que défier l’ordre établi. Sa cure dans un établissement de soins normand où tabac et alcool lui sont refusés nous le confirment. Alors, quand le hasard met sur sa route le tonitruant Depardieu, s’installe entre eux une immédiate complicité de gamins désobéissants. Ce qui ne les empêche pas, entre quelques dégustations illicites de rillettes et de vins, de disserter avec sérieux de Dieu, de la mort que Houllebecq qualifie d’illusoire, de la résurrection des corps mais aussi plus prosaïquement de diététique, de la vacuité de l’apparence, pour finalement s’interroger (et nous interroger) sur l’obligation du bien-être à tout prix véhiculée par un monde à bout de souffle. Ils évoquent leurs statuts de célébrités tantôt adulées (même si certains admirateurs confondent Quéffelec et Houellebecq), tantôt haïes dont l’intérêt est renforcé par des dialogues assez subtils pour brouiller, sans en avoir l’air, véritables identités et fantasmes inhérents à leurs personnalités médiatiques, faisant souffler un vent à la fois énigmatique et rafraîchissant entre le vrai et le faux.

Puis, l’irruption soudaine des trois ravisseurs de Houllebecq à la recherche de la mère de l’un d’entre eux, en marge du reste du récit, nous plonge dans une histoire aux tenants et aux aboutissants incompréhensibles. Certes, en se focalisant sur les acteurs, y compris ceux de ses anciennes réalisations, plutôt que sur le scénario, Nicloux leur signifie tout son attachement et son respect mais ce faisant, il perd du même coup l’attention du spectateur. Et ce n’est pas la scène finale, en forme d’énigme hermétique, qui nous sortira de l’ornière dans laquelle nous voilà abandonnés.

Critique de Claudine Levanneur

Les sorties de la semaine du 21 août 2019

Affiche du film Thalasso de Nicloux

Illustration : Virginie Andrieu – The Alamo / Copyrights : Les films du Worso, Wild Bunch Distribution

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Affiche du film Thalasso de Nicloux

Bande annonce de Thalasso

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