Les funérailles des roses : la critique du film et le test blu-ray (2019)

Drame, Expérimental, LGBTQ | 1h48min
Note de la rédaction :
9/10
9
Les funérailles des roses, l'affiche

  • Réalisateur : Toshio Matsumoto
  • Acteurs : Osamu Ogasawara, Pîtâ, Yoshio Tsuchiya
  • Date de sortie: 20 Fév 2019
  • Nationalité : Japonais
  • Titre original : Bara no sôretsu
  • Année de production : 1969
  • Distributeur : Carlotta Films
  • Éditeur vidéo (blu-ray) : Carlotta Films
  • Sortie vidéo : Le 16 octobre 2019
  • Box-office France / Paris-périphérie :
  • Classification : Interdit aux moins de 12 ans

Œuvre folle dans tous les sens du terme, Les funérailles des roses est un film expérimental à la fois drôle, puissant et dramatique qui revisite les mythes antiques en les mixant à la sauce agitprop. Du grand art.

Synopsis : Tokyo, fin des années 1960. Eddie, jeune drag-queen, est la favorite de Gonda, propriétaire du bar Genet où elle travaille. Cette relation provoque la jalousie de la maîtresse de Gonda, Leda, drag-queen plus âgée et matrone du bar. Eddie et Gonda se demandent alors comment se débarrasser de cette dernière…

Un premier long-métrage complètement fou

Critique : Durant les années 60, le Japon a été traversé d’une puissante vague de contestation qui a déferlé sur le plan politique, et également artistique. Cette nouvelle vague a été incarnée par de nombreux cinéastes comme Nagisa Oshima ou encore Shûji Terayama. Moins connu en Occident, Toshio Matsumoto (1932-2017) est un réalisateur qui a surtout officié dans le court-métrage expérimental durant toutes les années 60. Avec Les Funérailles des roses, il tourne son tout premier long-métrage, sans se départir d’une originalité revendiquée.

Les funérailles des roses, photo d'exploitation

© 1969 Postwar Japan Moving Image Archive. © 2017 Arbelos. Tous droits droits réservés.

Provocateur, le cinéaste se penche sur une catégorie de population encore méconnue à l’époque, à savoir la communauté LGBT japonaise. Certes, quelques artistes transgenres commencent à gagner en popularité dans les cabarets de Tokyo, mais le grand public n’est pas encore au fait des us et coutumes de cet univers interlope. Avec son film, Matsumoto fait donc preuve de qualités documentaires qui nous renseignent sur les habitudes d’un monde peu connu.

Une inventivité formelle au service d’un ton libertaire

Toutefois, il ne se borne pas à décrire ce milieu et ajoute des touches plus personnelles, avec une histoire qui revisite le mythe d’Œdipe en l’inversant. Ici, le personnage transgenre assassine sa mère et couche avec son père, avant de se crever les yeux. Cette intrigue cruelle est filmée dans un noir et blanc superbe. L’ensemble est également dynamité par des innovations formelles qui reprennent les tics de la Nouvelle Vague. On trouve ainsi de nombreuses scènes en accéléré, d’autres sont au contraire avec des images figées. Le montage est heurté, avec des moments contemplatifs qui sont suivis par des instants de pure hystérie, comme si le cinéaste avait abusé de drogues dures. Dans cette folie généralisée, le spectateur retrouve quand même ses marques et parvient à suivre une intrigue, certes chahutée, mais qui demeure compréhensible.

Parfois totalement immersif, mais désamorçant de manière intentionnelle certaines séquences par une mise en abîme, le spectacle est un véritable feu d’artifices d’émotions contradictoires. Il est en tout cas enthousiasmant de pouvoir découvrir aujourd’hui cette œuvre furieusement libre et originale dans une magnifique copie restaurée.

Le test du blu-ray :

Les funérailles des roses, jaquette du blu-ray

© 1969 Postwar Japan Moving Image Archive. © 2017 Arbelos. Tous droits droits réservés.

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Compléments & packaging : 3,5/5

Le packaging est en tout point conforme aux éditions simples de Carlotta, avec un boîtier traditionnel, mais enrobé d’un fourreau agréable à regarder. En ce qui concerne les suppléments vidéo, nous pouvons profiter d’une introduction de 6min par le réalisateur Bertrand Mandico qui rend hommage à un cinéma en totale liberté.

Mais le bonus de choix est surtout l’entretien croisé entre Pascal-Alex Vincent et Stéphane du Mesnildot (spécialiste du cinéma asiatique aux Cahiers du cinéma) qui évoquent le contexte particulier du Japon des années 60 et expliquent les particularités de la carrière de Toshio Matsumoto, dont l’œuvre est essentiellement expérimentale, davantage diffusée dans les musées que les salles de cinéma. Reste à consulter la bande-annonce originale et celle de 2019.

L’image : 5/5

Restauré en 4K, le film resplendit comme jamais grâce à une copie magnifique, des contrastes parfaitement gérés et une fluidité d’image jamais prise en défaut. Un vrai travail d’orfèvre.

Le son : 4/5

L’unique piste sonore en DTS HD Master Audio mono (version originale sous-titrée) est de très bonne tenue, même si un léger souffle se fait entendre discrètement par moments. Rien de bien gênant. Quant à l’absence de piste française, il faut rappeler que le film n’est sorti chez nous qu’en 2019 et que le public-cible ne cherche en aucun cas à visionner ces œuvres en français.

Critique et test blu-ray :  Virgile Dumez

Les sorties de la semaine du 20 février 2019

Les funérailles des roses, l'affiche

© 1969 Postwar Japan Moving Image Archive. © 2017 Arbelos. Tous droits droits réservés.

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Les funérailles des roses, l'affiche

Bande-annonce de Les funérailles des roses

Drame, Expérimental, LGBTQ

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