Quand on crie au loup : la critique du film (2019)

Comédie | 1h23min
Note de la rédaction :
5/10
5
Quand on crie au loup, l'affiche

Quand on crie au loup est une comédie familiale rythmée qui tente vainement de masquer l’indigence de son scénario dans un excès d’extravagance.

Synopsis : Victor, 12 ans, est un garçon à l’imagination fertile. Il vit avec son grand-père dans sa loge de gardien d’immeuble et passe le plus clair de son temps à inventer des histoires invraisemblables. Son entourage a fini par ne plus prêter attention à ce qu’il raconte. Jusqu’au jour où deux braqueurs en cavale s’introduisent dans l’immeuble…

Une comédie farfelue

Critique : Trois ans après Joséphine s’arrondit, Marilou Berry revient devant et derrière la caméra pour donner vie à une comédie joyeuse aux rebondissements multiples et aux gags farfelus, directement inspirés des films d’aventures fantastiques qui ont bercé son enfance. Une dose de Splash, une pincée de Toy Story, un arrière-goût d’Indiana Jones sans oublier quelques ingrédients d’E.T. ou de Matilda et nous voilà propulsés dans une aventure remuante qui finit cependant par se prendre les pieds dans une loufoquerie préjudiciable.

Dans cet immeuble cossu où se croise une flopée de personnages hétéroclites dont un couple d’affreux réacs (Julien Boisselier et Anne Girouard à l’arrogance redoutable) que l’on se plaît à détester mais aussi la fantasque pédiatre (Bérangère Krief) aux réparties détonantes, l’existence de chacun est perturbé par les frasques d’un jeune garçon à l’imagination débordante. Victor (Noé Wodecki, parfait de spontanéité et de sensibilité) est un gamin attachant. Orphelin, il vit seul avec son grand-père, un homme taciturne et bougon auquel Gérard Jugnot apporte toute sa tendresse bourrue.

Un ensemble trépidant et distrayant

Pour tromper l’ennui et surtout garder un pied dans l’enfance, Victor invente régulièrement quelques histoires abracadabrantes auxquelles il croit dur comme fer. Sa naïveté et ses rêveries incessantes l’isolent des autres enfants de son âge. Il ne trouve écoute et complicité qu’auprès de Lorraine (la tendre et facétieuse Constance Ollé dont c’est ici le premier rôle mais sans doute pas le dernier), une ado décalée elle aussi que sa rondeur et sa créativité sans limite rendent immédiatement sympathique. Du sous-sol aux étages les plus élevés, en passant par la loge du grand-père/gardien au décor suranné et sombre, la caméra nous entraîne sans répit dans une cavalcade trépidante qui distrait agréablement petits et grands.

Trop d’extravagance tue…

Puis, subrepticement, avec l’arrivée de deux vrais voyous qui braquent le cabinet de la pédiatre, la gentille comédie d’aventures glisse, sur fond de scénario délirant, vers une histoire de prise d’otages ubuesque menée par un improbable duo (Thomas VDB dont la maladresse aurait pu être touchante si elle n’avait pas été si surexploitée et le trop beau et trop charismatique Nicolas Wanczycki).

Si l’intérêt face à cette intrigue désarticulée faiblit à chaque scène, le coup de grâce est donné avec l’irruption de cette cheffe de gang venue superviser les exploits de ces deux benêts de frères. Marilou Berry s’amuse visiblement à se glisser sous les traits de cette sorcière aux cheveux gras, au corps difforme maculé de blanc d’œuf et de plumes d’oiseaux et au visage déformé à coup de très gros plans mais ne suscite au final que répugnance et ennui.

Force alors est de constater que l’on a définitivement perdu de vue le rêve d’enfant initialement annoncé.

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Critique de Claudine Levanneur

Les sorties de la semaine du 3 juillet 2019

Quand on crie au loup, l'affiche

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