Tentative ratée de fédérer autour des acquis d’une comédie noire des années 90, la version animée de La famille Addams laisse pantois devant autant de laideur.
Synopsis : La famille Addams, qui vivait jusque-là retranchée dans leur demeure, juchée en haut d’une colline brumeuse du New Jersey, se prépare à recevoir des membres éloignés encore plus étranges qu’eux à l’occasion de la Mazurka de Pugsley. Une cérémonie aux allures de rite de passage qui doit se dérouler devant la famille au complet et où le jeune garçon doit prouver qu’il est prêt à devenir un véritable mâle Addams. Mais ils ne savent pas que leur voisine du bas de la colline — la décoratrice d’intérieur et animatrice de télévision aux dents longues Margaux Needler — est en train de mettre sur pied un quartier préfabriqué, tout en couleurs pop et en perfection. Quand le brouillard se lève, révélant la demeure des Addams, la sombre bâtisse semble se dresser entre la jeune ambitieuse et son rêve de vendre toutes les maisons du quartier pour devenir la personnalité la plus plébiscitée que la télévision ait jamais créée.
Critique : Au-delà même de la série télévisée en noir et blanc qui hantait les petits écrans durant notre enfance, c’est bien aux deux films de Barry Sonnenfeld, l’auteur de la trilogie des Men in Black, que la nouvelle version de La Famille Addams essaie de rendre hommage. La série s’est d’elle-même ringardisée avec le temps quand l’humour noir, visuel et verbal du diptyque reste encore dans tous les esprits, alors qu’il essayait déjà dans les années 90 de surfer sur la déferlante gothique des succès de Tim Burton (Beetlejuice…).
Le freak, ce n’est pas chic !
Ce qui vient immédiatement à l’esprit, c’est le peu d’empreinte personnelle dont fait preuve ce remake en images de synthèse affreusement laid. Cette comédie faussement diabolique manque d’idées fraîches, se contentant de rallier celles des teen movies en mode dépressif, sur l’acceptation de soi, autour du personnage de Mercredi, jadis jouée par Christina Ricci, avec des références pataudes aux réseaux sociaux et à l’acceptation des adolescents qui se sentent différents, au sein d’un groupe, et avec évidemment un message surligné sur la relativité de la différence : en gros, le freak, c’est chic.
La Famille Addams, un échec artistique sinistre
Malheureusement, l’humour exquis des œuvres fondatrices est ici dévoyé, encombré par des gags enfantins propres à élargir la cible le plus possible, avec une galerie de monstres et un manoir très mal exploité dans sa folie, où l’essentiel de l’inspiration devient soudainement la saga plutôt correcte à côté, c’est dire, d’Hôtel Transylvanie, qui, au moins, essayait dans son rapport référentiel à La Famille Addams ou au Croque-monstre show de déployer l’artillerie lourde en matière de gags et de création de personnages annexes plutôt drôles et mignons.
Bref, avec 96 385 131$ de recettes aux USA, cette renaissance s’est avérée être un semi-bide aux USA où la critique l’a fraîchement accueillie, confirmant l’échec patent d’une entreprise artistique effectivement sinistre.
Critique : Frédéric Mignard
Sorties de la semaine du 4 décembre 2019

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