Dora et la cité perdue : la critique du film (2019)

Aventures, Teen movie | 1h42min
Note de la rédaction :
4.5/10
4.5
Affiche française de Dora et la cité perdue

Note des lecteurs

Alors que les adultes peuvent jubiler devant le 9e film de Quentin Tarantino, Once upon a time… in Hollywood, les enfants se mettent à rêver devant Dora et la cité perdue, nouvel effort de studio pour porter dans les salles les programmes animés du petit écran. Générationnel et genré, le spectacle vise en particulier la communauté latine et surtout les petites filles. Une nouvelle franchise est-elle née? A vrai dire, on n’espère pas…

Synopsis : Après des années à explorer la jungle avec ses parents, Dora se prépare à vivre l’épreuve la plus difficile de sa vie : l’entrée au lycée !
Son âme d’exploratrice ressurgit quand elle doit voler à la rescousse de ses parents en danger.
Accompagnée de son fidèle singe Babouche, de son cousin Diego et de nouveaux amis hauts en couleur, Dora embarque dans une folle aventure qui l’amènera à percer le mystère de la Cité d’or perdue.

Critique : Paramount, appartenant au conglomérat Viacom, comme la chaîne de télé Nickelodeon, le studio peut exploiter à loisir le catalogue culte de cette dernière, tout comme il le fait avec Hasbro et ses jouets (Transformers). Avec l’adaptation live de Dora l’exploratrice, le studio légendaire compte lancer une franchise, en surfant sur le succès des reboots live de Disney.

Confié à James Bobin (les Muppets, Alice derrière le miroir), avec des stars latinos pour une audience très ciblée (Eva Longoria, Michael Pena…), Dora et la cité perdue ne visait forcément pas l’excellence artistique. Tous les noms rattachés au projet servent une cause commerciale pompière et frustre, qui ne sera une belle aventure que pour son actrice principale Isabel Moner, qui célébrait ses 18 ans pour la sortie du film. On l’a déjà vue jouer dans des productions Nickelodeon et Paramount, en particulier dans Transformers the Last Knight. Là encore, on ne se situe pas dans un environnement bien exigeant, mais plutôt grimaçant.

A la recherche des parents perdus

Dans cette adaptation qui ne parle qu’en formules et clichés, Dora la latine quitte la jungle pour découvrir l’Amérique du Nord et ses ados compartimentés dans des stéréotypes de lycée… Un environnement de teen-movie pas forcément en adéquation avec la réalité de l’âge de l’héroïne de télévision. Toutefois, la production Paramount est indéniablement destinée aux gamines, dans sa trame dérisoire et son humour pipi-caca gentillet… Après un enlèvement, explorant la jungle avec ses amis à la recherche de ses parents perdus, Dora sort de son sac une pelle pour creuser un trou à caca pour la bimbo coincée. Voici à peu près ce que l’on retiendra de la profondeur excrémentielle de l’humour – on est méchant, le film demeure toutefois sympathique dans sa naïveté affichée, c’est bien d’ailleurs sa seule qualité. Mais en tout cas, cette adaptation a bien du mal à trouver la voie qui lui permettrait d’accéder à un public défini.

Dora radote pour les pré-ados

Les pré-ados, déjà en avance sur leur corps, mais toujours attachés à leur enfance, sont probablement la cible privilégiée de ce spectacle parfaitement vendu par l’affiche. Regardez les mines déroutantes de niaiserie de tous les personnages qui y figurent et la laideur des images de synthèse des deux animaux présents, dans leur approximation voulue (pauvre singe…)… la réalité du film est celle de son marketing. Il ne ment jamais quant à la sur-interprétation farfelue et indigeste des comédiens. Les rôles adultes, en particulier, sont grotesques ou/et fades ; les acteurs les incarnant refusent de composer. Aux pires ils surjouent, au mieux ils n’existent pas pour ne pas faire de l’ombre aux mômes (pensée émue pour Eva Longoria, en mode figuration maternelle ; elle ne sert à rien).

Explorer le néant

Un bon script pour une production courageuse penserait aussi aux accompagnateurs, mais Dora, contrairement à son ingénieuse héroïne, manque de suite dans les idées. Et avec son histoire de cité perdue à l’heure de nos satellites., à vrai dire, elle manque surtout de vision de cinéma et probablement de légitimité.

Tous les succès télévisés ne sont pas faits pour devenir des programmes de cinéma. La petite bouille de Dora qui n’a plus que le néant à explorer en est l’illustration parfaite.

Critique : Frédéric Mignard

Les sorties de la semaine du 14 août 2019

 

Affiche française de Dora et la cité perdue

© Paramount Pictures, Nickelodeon, Vince Valitutti

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