Conséquences : la critique du film (2019)

Drame | 1h35min
Note de la rédaction :
7/10
7
Conséquences, affiche du film slovène

  • Réalisateur : Darko Stante
  • Acteurs : Matej Zemljic, Timon Sturbej, Gasper Markun, Lovro Zafred
  • Date de sortie: 26 Juin 2019
  • Nationalité : Slovène, Autrichien
  • Titre original : Posledice
  • Distributeur : Epicentre Films
  • Éditeur vidéo :
  • Date de sortie vidéo :
  • Classification : Tous publics avec avertissement : "certaines scènes peuvent heurter la sensibilité du jeune spectateur"
  • Festival : TIFF – Sélection Officielle BFI London Film Festival - Sélection Officielle Festival LGBT Gay Friendly Rouen Festival LGBT Des Images aux Mots Toulouse
Note des lecteurs

 Un récit âpre et sensible pour décrire les errements d’un adolescent qui, à l’heure de se forger une identité, se heurte à un monde qui ne lui apporte pas la protection dont il aurait besoin.

 

Synopsis : Andrej, un jeune délinquant, est placé dans un centre de détention pour mineurs. Il y fait la rencontre de Zelko, un chef de gang, pour qui il voue une véritable fascination. Conscient de l’emprise qu’il exerce sur Andrej, Zelko le pousse à commettre des délits de plus en plus graves qui pourraient avoir des conséquences irréversibles.

Récit d’une jeunesse désœuvrée

Critique : Coincé entre un père sans grande envergure et une mère dépassée, Andrej, 17 ans, ne sait quel sens donner à sa vie. Il y a longtemps qu’il a déserté l’école et que son occupation principale consiste à faire la fête toute la nuit avec ses amis, commettant au passage quelques larcins. Sa mère, qui n’en peut plus de cette situation, fait appel à la justice qui ne propose d’autre solution que de l’enfermer dans un centre de rétention, rempli de jeunes comme lui ou même pires.

 

Prison break

 

Alors qu’il doit déjà admettre ce qu’il considère comme une trahison de la part de sa mère, le jeune Andrej se retrouve confronté à l’apathie des surveillants du centre, incapables de lutter contre les violences et les rackets qui y règnent. C’est néanmoins dans cet univers férocement viril où les coups remplacent les mots qu’il découvre, sous les traits de Zlejko, le caïd de l’établissement avec lequel il apprend à « négocier » pour pouvoir survivre, la référence masculine qui lui manque depuis trop longtemps.

 

Violence des corps, douceur des regards

 

Pourtant, quelques détails pudiquement distillés nous exposent une facette plus douce et tendre du jeune garçon. La fascination de plus en plus forte qui le pousse irrésistiblement vers ce concentré de dureté qu’est Zelko se transforme en une attirance mutuelle qui l’isole encore davantage dans une société qui n’admet pas encore totalement l’homosexualité.

Plutôt que de se perdre dans un jugement péremptoire sur les manquements d’un monde plus prompt à détruire qu’à guérir, Le réalisateur-scénariste choisit de nous abreuver d’instants tout de violence et de sensualité où les regards se jaugent et les corps s’affrontent dans une danse à l’animalité magnétique.

 

Une dénonciation des failles d’un système éducatif par la sensibilité du regard artistique

 

Si la mise en scène se fait un peu trop didactique au point de distiller à mi-parcours une légère tonalité d’ennui, le réalisme des scènes et surtout l’authenticité des jeunes comédiens composent un récit dont la spontanéité rafraîchissante touche droit au cœur.

Avec cette première œuvre au ton abrupt et tendre, qui lui a été inspirée par son expérience éducateur dans ce genre d’établissement, le réalisateur slovène Darko Stante, pointe, à travers ce premier long-métrage, les failles des institutions éducatives de son pays. Darko Stante marque son entrée dans le monde cinématographique et révèle une délicate sensibilité qui laisse augurer de bien belles réalisations.

Critique : Claudine Levanneur

Les sorties du 26 juin 2019

Conséquences, affiche du film slovène

Copyrights : Epicentre Films

 

 

 

 

 

x