Tir à vue : la critique du film + le test blu-ray (1984)

Policier, Erotique | 1h30min
Note de la rédaction :
5/10
5
Affiche de Tir à vue de Marc Angelo avec Sandrine Bonnaire

  • Réalisateur : Marc Angelo
  • Acteurs : Jean Carmet, Sandrine Bonnaire, Christine Pignet, Laurent Malet, Pierre Londiche, Michel Jonasz
  • Date de sortie: 05 Sep 1984
  • Année de production : 1984
  • Nationalité : Français
  • Titre original : Tir à vue
  • Titres alternatifs : Fire on sight (International), A tiro limpio (Espagnol), Mord i bakspejlet (Danemark)
  • Casting : Sandrine Bonnaire, Laurent Malet, Jean Carmet, Michel Jonasz, Michel Stano, Pierre Londiche, Eric Picou, Salah Teskouk, Jean-Marie Balembois, Frédéric Berthereau, Jean-Claude Bouillaud, Jacques Burloux, Claudia Coste, Marie‑Françoise Frelat, Helena Henriksson, Anne‑Marie Jabraud, David Kodsi, Chrystelle Labaude, Sonia Laroze, Christine Pignet, Tatiana Vialle, Max Morel, François Landry, Yves Mourot
  • Scénariste(s) : Yves Mourot
  • D'après une idée originale de Lucas Belvaux
  • Compositeur / Chanson : Gabriel Yared / Karim Kacel (Un gosse qui gamberge)
  • Directeur de la photographie : Charles Vandamme
  • Monteur : Nelly Meunier
  • Chef décorateur : Raoul Albert
  • Chef maquilleur :
  • Chef costumier : Mic Cheminal
  • Monteur son : Michel Laurent
  • Assistants réalisateur : Eddy Moine
  • Directeur de production : Pierre Darçay
  • Producteur : Raymond Danon
  • Société de production : Lira-Eléphant Films
  • Distributeur : Parafrance
  • Editeur vidéo : Carrere Vidéo & CVD (VHS), Fil à Films (VHS), LCJ (DVD), Arcadès (blu-ray)
  • Date de sortie vidéo : Mars 1985 (VHS), Mai 2010 (DVD), 17 Mars 2026 (blu-ray)
  • Box-office France / Paris-Périphérie : 363 001 entrées / 94 365 entrées
  • Classification : Interdit aux moins de 13 ans (12 ans depuis 1990)
  • Formats : Kodakcolor
  • Illustrateur/Création graphique : © Philippe by Spadem. Tous droits réservés / All rights reserved
  • Crédits : © 1984 Lira - Elephant, © 1984 Studio TF1 Cinéma. Tous droits réservés / All rights reserved
  • Attachés de presse : Marlène et Eugène Moineau
Note des spectateurs :

Tir à vue est une obscure série noire de 1984 dont on a adoré suivre la sortie en son temps. Un flop total, absolument passionnant, qui se dévore encore des décennies après pour sa générosité de cinéma involontairement bis. A priori le pire ouvrage de la filmographie de la quasi débutante Sandrine Bonnaire, mais aussi son opus le moins lisse et donc l’un des plus exaltants à découvrir. 

Synopsis : Richard en veut à la société. Son frère a été tué à La Courneuve sans que la police ne réagisse ; il est bien décidé à ce que quelqu’un paye. Sa première victime est un armurier : ainsi se procure-t-il tout ce dont il a besoin pour la suite. Chargés de l’enquête, les inspecteurs Casti et Gallo s’étonnent car cette agression ne répond pas à un mécanisme connu. Leurs investigations les amènent à interroger Salem. Salem, en effet, a vu : il était à côté de Richard dans la vespasienne d’où celui-ci surveillait le magasin d’armes.

Dossier Tir à vue par Frédéric Mignard.Critique : Sorti le 5 septembre 1984, en même temps que le polar noir de Christine Pascal La garceTir à vue avait profité d’une large promotion pour finalement connaître un échec en salle (95 000 entrées sur Paris, moins de 350 000 entrées sur la France) avant de disparaître assez vite de la mémoire collective. Pourtant le polar portait le sceau du grand producteur des 60 et 70 Raymond Danon dont on sentait une fin de carrière difficile (Jeans Tonic, S.A.S à San Salvador, A.I.D.S trop jeune pour mourir), après deux décennies magnifiques à produire Denys de La Patellière, Sautet, Tavernier, Pierre Granier-Deferre, et surtout d’innombrables films de son ami Alain Delon.

Le thriller Tir à vue est une opportunité pour Marc Angelo qui a œuvré comme assistant réalisateur pour Pierre Schoendoerffer (Le Crabe‑Tambour, 1977), Jean-Claude Missiaen (Tir groupé, 1982), Yves Boisset (Le Prix du danger, 1983), à qui l’on présente le script de Yves Mourot, débutant à ce rôle. Un choix qu’Angelo assume même s’il ne se prédestinait pas forcément au polar au premier abord. Il livre donc ce que ses producteurs réclamaient, une œuvre de son époque, dans une mouvance jeune, violente et sexuelle, celle du polar urbain français, alors à la mode, au milieu des années 80. Faute d’un Bernard Giraudeau, Gérard Lanvin, ou Richard Berry, il se contente de la jeunesse de Laurent Malet en haut de l’affiche. Cela ne sera pas forcément une décision gagnante pour la carrière du film (Laurent, tout comme son frère Léo, n’avait guère de notoriété auprès du grand public) et surtout pour le jeune comédien qui en subira l’échec de plein fouet et verra les propositions de cinéma se réduire considérablement peu après.

Laurent Malet dans Tir à vue

Laurent Malet dans Tir à vue © 1984 Lira – Elephant, © 1984 Studio TF1 Cinéma. Tous droits réservés / All rights reserved

Alors que Laurent Malet exhibe son corps impeccable plus qu’il ne le faut, Sandrine Bonnaire est la bimbo à poil aux dialogues improbables : J’aime la queue mais pas les glands (la liste des phrases culte est longue ; elle ravira les amateurs). Pour le devenir de Bonnaire actrice, le rôle est aussi suicidaire que son personnage dans le film. Il aurait pu l’envoyer dans les limbes des nubiles de la décennie (Fiona Gélin, Catherine Wilkening, Myriem Roussel, Valérie Steffen et consorts). L’actrice pouponne n’a ni l’allure ni le tempérament d’une actrice malléable à déshabiller de sa caméra. Cela tombe bien, Marc Angelo l’a choisie pour sa verve, son caractère explosif qui lui avait valu un César pour A nos amours de Pialat, sorti un an auparavant. Mais à un moment où le cinéma français exhibe le corps des femmes au-delà du raisonnable, on pense à L’été meurtrier (Isabelle Adjani, 1983), à La femme publique et L’année des méduses (Valérie Kaprisky, 1984), Rendez-vous (Juliette Binoche, 1985), il aurait fallu du talent pour éviter de réduire aux yeux des spectateurs Sandrine Bonnaire à un gimmick marchand et paresseux. Marc Angelo a échoué.

Et Sandrine Bonnaire devint (une fois mauvaise) actrice

Dès la rencontre du duo de kamikaze nihiliste que jouent Bonnaire et Malet, dans une cabine de photomaton, où la jeune femme de 17 ans photographie sa poitrine, la rébellion que les auteurs veulent insuffler au personnage de Bonnaire passe invariablement par des scènes érotiques gratuites que Marc Angelo ne sait gérer. Mal dirigée, Sandrine Bonnaire part en vrille, trop jeune pour pouvoir comprendre par elle-même les enjeux de sensualité et l’effervescence de son personnage.

L’exercice tourne au fiasco voyeuriste du polar érotique pataud qui n’a pas compris la mécanique du genre, faire des corps des pièces du rouage au service d’une intrigue digne. Au lieu de hisser Bonnaire dans la tragédie où elle excellera tout au long de sa carrière (le parallèle entre la mort de la fille du flic de Jean Carmet et le nihilisme du personnage écorché de Bonnaire), Marc Angelo ne sait trop comment modeler ce tempérament brûlant de cinéma, contrairement à Jean-Jacques Beineix, avec Béatrice Dalle, dans 37°2 le matin, qui réussira à approcher la personnalité ardente de la comédienne pour en faire un mythe générationnel.

On ne comprend pas comment Sandrine Bonnaire qui sortait d’A nos amours de Pialat ait pu commettre un tel impair, avec un jeu hystérique qui aurait pu mettre un terme définitif à sa jeune carrière. Contre l’avis de son entourage, elle choisit ce personnage si éloignée d’elle, à forte connotation tragique. Heureusement, très demandée, elle rebondit dans le cinéma d’auteur : Le meilleur de la vie avec Bonnaffé, Blanche et Marie avec Miou Miou, Sans toit ni loi de Varda et La puritaine de Doillon, avant de retrouver deux fois Pialat, puis de jouer pour Téchiné et Sautet. Sandrine Bonnaire qui évoquait à la sortie de Tir à vue son “premier rôle de composition” reviendra peu sur cette expérience aux antipodes des personnalités qu’elle incarnera dans ses films à venir. Elle tirera de cette mésaventure une leçon de cinéma malgré elle.

Photo © Michel Dreyfuss. Tous droits réservés.

Avec le recul des décennies, le vilain petit canard du polar français des années 80 (il y en a des bien pires comme Blessure avec Florent Pagny, en 1985, et Justice de flic avec Franck Dubosc en 1986, tous deux signés par Michel Gérard) est un plaisir coupable que l’on apprécie pour ses choix artistiques, complètement à côté de la plaque, qui lui donnent un côté auteurisant, paradoxalement pas désagréable. Avec un sens du récit minimaliste, la présentation radicale du personnage principal joué par Malet, se fait par une narration surlignée et toujours maladroite, notamment lorsque le protagoniste s’adresse directement à la caméra ou dans ses apartés avec un gamin, sorte de double juvénile de son personnage cabossé, mais cela lui permet d’éviter les codes télévisuels auxquels Tir à vue ne succombe pas. Par ailleurs, les tics inhérents à la décennie 80 se savourent, notamment les tenues vestimentaires kitsch comme le débardeur de Laurent Malet et la tenue cuir rouge de Sandrine Bonnaire, l’érotisme soft sur fond de saxo hasardeux, la composition musicale globalement ringarde pourtant signée Gabriel Yared, sont des réminiscences d’une mise en scène globale, qui passe par la photographie et l’ambiance sonore destinée aussi à vendre des bandes originales sur 33 tours ou 45 tours….

Polar urbain français des années 80

Le film estampillé NRJ (la première radio FM, entend-t-on lors d’une scène de lit) se voulait être le Bonnie & Clyde français de sa génération. Les deux tourtereaux baisent donc, beaucoup. Et tuent gratuitement. A chaque fois, ils s’oublient et se soustraient au concept d’une société d’où ils se sentent exclus. Pendant ce temps, Jean Carmet et Michel Jonasz enquêtent dans des rôles d’inspecteurs de deux générations différentes, portant la responsabilité d’un casting plus mature. Ces deux complices à l’écran sont aussi le visage de deux générations différentes pour raccrocher une poignée de spectateurs adultes au projet. Leur investigation parallèle se forge sur des dialogues plus adultes, avec une dramaturgie appréciable, mais in fine assez peu développée. Néanmoins, leur présence est une évidence pour enrichir quelque peu la trame simpliste de cette série B aux intentions multiples et contradictoires qui mérite bien notre curiosité contemporaine.

L’échec foudroyant de cet OVNI dans la magnifique carrière de Sandrine Bonnaire marqua un arrêt définitif aux ambitions de cinéaste de Marc Angelo (mais Sandrine Bonnaire tournera pour un certain Yves Angelo dans le superbe Voleur de vie). L’ancien assistant de Boisset allait longtemps se contenter d’assister des cinéastes (Kurys, Arcady) avant de gagner sa vie dans le téléfilm. Il dut mettre au placard le 2e long métrage qu’il était sur le point d’écrire avec le romancier Dominique Roulet. Ce dernier sortait du script de Canicule et on allait découvrir en salle très vite ses scénarios de Poulet au vinaigre, Inspecteur Lavardin, Noyade interdite… Des morceaux bien plus calibrés que Tir à vue de la part d’un maître disparu trop tôt, en 1999, à l’âge de 50 ans.

En conclusion, le plaisir de découvrir le flingant à-tout-va Tir à vue est total. Cette production d’hier est une pièce historique qui offre un regard sociologique et culturel passionnant sur notre cinéma d’hier et ce au-delà des productions que l’on a trop vues. Une pièce de collection indéniable.

Frédéric Mignard

Tir à vue en VHS et DVD, et la Bande-originale de Tir à vue par Gabriel Yared

Affiche © Philippe by Spadem. Photos : Michel Dreyfuss. All Rights Reserved. /© 1984 Lira – Elephant, © 1984 Studio TF1 Cinéma. Tous droits réservés / All rights reserved

Box-office de Tir à vue

Tir à vue a été un bide pour l’omniprésent Parafrance en 1984, à un mauvais moment puisque la société de distribution qui possède aussi son grand circuit de salles est au bord de la faillite et périclitera à l’issue de l’année 1985.

Avec 363 000 entrées, le polar est en retrait par rapport aux innombrables films français du même genre de l’année 1984 : Pinot simple-flic (2 418 000), Rue Barbare (2 050 000), La 7e cible (1 249 000), L’addition (1 212 000), Un été d’enfer (1 138 000), Canicule (1 024 000), Liste noire (955 000), Ronde de nuit (868 000), L’arbalète (701 000), La triche (609 000), Mesrine (430 000)… On le retrouve au niveau du Mocky A mort l’arbitre! (359 000) qui a déçu…

Sans véritable star en haut de l’affiche, le couple Bonnaire – Malet parle peu au public cible, Tir à vue doit affronter une concurrence de poids avec la sortie de La Garce le même jour. Mais Richard Berry et Isabelle Huppert parlent davantage et la campagne promotionnelle est impeccable, avec notamment Berry en couverture de Première, alors premier magazine de cinéma de France. L’acteur sort notamment du triomphe de Denis Amar L’addition. La Garce ne sera pas un succès mais parviendra néanmoins à attirer près de 180 000 spectateurs en plus que le duo Bonnaire – Malet, et achèvera sa course à 519 000 entrées France.

Tir à vue de Marc Angelo, dans le Pariscope, Septembre 1984

Copyrights : All Rights Reserved.

La promo de Tir à vue doit faire face à des critiques négatives et se dirige vers l’érotisme prégnant du film : affiche sensuelle de Phillipe, d’après des photos de Michel Dreyfuss qui seront largement reprises lors de la sortie vidéo. Avec sa petite interdiction aux moins de 13 ans, le film est aussi victime d’une congestion dans ce même genre du polar urbain : A coup de crosse de Vicente Aranda avec  Fanny Cottençon, Bruno Cremer, était sorti une semaine plus tôt, La triche de Yannick Bellon, avec Victor Lanoux et Anny Duperey, et Liste noire d’Alain Bonnot, avec Annie Girardot, étaient sortis quatre semaines auparavant. Pis, le jour de sa sortie, outre La Garce, la série noire de Marc Angelo doit affronter L’amour à mort d’Alain Resnais, C’est la faute à Rio de Stanley Donen, Le futur est femme de Marco Ferreri, L’Hôtel New Hampshire de Tony Richardson, avec Jodie Foster et Nastassia Kinski, Police Academy qui va surperformer et devenir le succès de la semaine, Le Tartuffe de Gérard Depardieu… Des sorties majeures. On notera également l’apparition furtive mais néanmoins bien présente en salle, du Voyage de Michel Andrieu avec Christophe Malavoy et Victoria Abril, et de la série B Pris au piège avec Peter Fonda, qui étaient tout de même dans 7 salles à Paris intra-muros.

Au menu du mercredi 5 septembre 1984, ce sont 10 nouveautés qui sont présentes dans plus de 7 salles à Paris ce qui est énorme. La production du cador Raymond Danon se positionne en 3e place en termes d’écrans avec pas moins de 31 sites le programmant, derrière le phénomène Police Academy (35) et La Garce (33). Logiquement, elle se retrouve 3e au démarrage, avec 8 157 spectateurs contre 8 931 pour La Garce. C’est deux fois moins que la comédie potache américaine.

La première semaine n’est pas catastrophique pour Marc Angelo. Son premier long métrage s’implante au 5e rang avec 50 308 spectateurs. Il dépasse même les 5 000 entrées aux Paramount Mercury et Opéra. Au Paramount Montparnasse, il engrange 4 900 entrées. Ses salles appartenaient évidemment à Parafrance.

Malheureusement, le film va s’écrouler en 2e semaine. La tornade Indiana Jones et le temple maudit de Steven Spielberg (434 000 entrées en huit jours) bouscule la donne. Tir à vue rétrograde à 28 000 entrées (28 salles). Une sanction quand La Garce réalise 39 000 entrées dans 33 salles pour son second tour. Beaucoup des écrans de Tir à vue se situent alors sous les 1 000 tickets, le signe d’un bouche-à-oreille médiocre.

La situation devient carrément catastrophique en 3e semaine où c’est l’effondrement. Cette semaine marquée par les arrivées mythiques des Ripoux et de Paris, Texas, et du polar français Stress (flop immédiat avec 27 000 entrées en 8 jours) abat Tir à vue en plein vol : 10 456 entrées dans 13 salles.

Pour sa troisième semaine, le duo Laurent Malet et Sandrine Bonnaire n’a toujours pas franchi les 90 000 entrées ce qui laisse envisager le pire : et si Tir à vue ne parvenait pas à doubler ses chiffres de première semaine pour rester sous la barre symbolique des 100 000 entrées ? Cela serait une catastrophe pour Parafrance. La question trouvera sa réponse immédiatement en 4e semaine: le Bonnie & Clyde français gît quasi mort avec 3 163 spectateurs dans 5 salles. En 6e semaine, on le retrouve à 635 spectateurs au seul Paramount Opéra, avec un total navrant de 94 365 entrées. Le film mettant en scène cascades et courses poursuites est surtout un accident industriel.

Après un tel échec, Tir à vue bénéficiera d’une dérogation pour bénéficier d’une sortie accélérée en VHS, en l’occurrence, moins de 8 mois après sa distribution au cinéma. Le film paraît dans un premier temps chez Carrère Vidéo & CVD avant d’être repris par Fil à Film pour une exploitation au début des années 90. Il apparaît à la télévision pour la première fois sur Canal+, en septembre 1985.

LCJ, amateur de raretés françaises, en proposera une édition DVD très rare, en 2010, malheureusement sans bonus. Un blu-ray est proposé par Arcadès Editions en mars 2026, plus de 40 ans après sa sortie originale. Il était temps. Justice lui a été rendue.

Pour les collectionneurs, un titre chanté par l’interprète du superbe Banlieue, Karim Kacel composé par Gabriel Yard et écrit par Michel Jonasz a été commercialisé en 45 tours pour accompagner le film. La bande-originale est disponible en CD et en streaming.

Les sorties de la semaine du 5 septembre 1984

Polar urbain français des années 80

Affiche de Tir à vue de Marc Angelo avec Sandrine Bonnaire

Affiche © Philippe by Spadem. Photos : Michel Dreyfuss. All Rights Reserved. /© 1984 Lira – Elephant, © 1984 Studio TF1 Cinéma. Tous droits réservés / All rights reserved

Le test blu-ray

Arcadès Editions nous régale encore d’une édition d’un film rare avec Tir à vue, prévue en mars 2026, en même temps qu’Urgence de Gilles Béhat, autre production Raymond Danon, également distribuée par Parafrance. Les deux polars noirs des années 1980 sont proposés séparément mais comme un diptyque, avec des jaquettes similaires, un fourreau et une intervention de Jérôme Wybon en suppléments.

Compléments & packaging : 3 / 5

Pas de collector, mais une édition simple, avec fourreau. Pas de trace de l’affiche originale en alternative, puisque la jaquette et le fourreau reprennent le même visuel. N’ayant pas l’esprit années 80, ce visuel peut paraître un peu à côté de la plaque, mais pourquoi pas. Il a le mérite de proposer quelque chose de différent. Le boitier amaray lui est noir.

En suppléments, l’éditeur nous propose une demi-heure de présentation par le réalisateur et historien du cinéma Jérôme Wybon. Ce dernier intervient avec un regard de spécialiste sur le polar français des années 80 et son ascension fulgurante après La Guerre des polices de Robin Davis, puis resitue Tir à vue dans cette tendance.

Pas d’interview des acteurs, du réalisateur… C’est dommage pour les fans que nous sommes, mais le budget est réduit. Quarante ans après sa sortie, dans un marché en berne, les acheteurs potentiels de Tir à vue ne sont pas non plus des milliers.

L’image du blu-ray : 3.5 / 5

L’image sans emphase est propre, sans transcender la grisaille de la photographie originale. Le film n’a jamais connu d’édition aussi satisfaisante, même si la restauration reste en-deçà de ce que l’on pouvait espérer en termes d’éclat et de justesse. Le piqué est un peu fade, se refusant à aller au-delà du minimum attendu.

Le son du blu-ray : 3.5 / 5

La piste sonore d’époque a été réhaussée en 2.0 DTS HD Master Audio, la restitution est quelque peu faiblarde, et manque de clarté dans la restitution sonore. Les dialogues ne sont pas touchés, avec une clarté certaine.

Jaquette fourreau de Tir à vue de Marc Angelo avec Sandrine Bonnaire - Edition Arcadès

Conception graphique © Arcadès Edtions. Tous droits réservés.

Biographies +

Marc Angelo, Jean Carmet, Sandrine Bonnaire, Christine Pignet, Laurent Malet, Pierre Londiche, Michel Jonasz

Mots clés :

Polar urbain des années 80, Polar urbain français des années 80, Les affiches de Philippe, Les films de 1984

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