Les enfants du diable, connu au cinéma sous le titre de Pris au piège, déploie péniblement son récit d’aventure, et ouvre trop tardivement sur la science-fiction et l’horreur. Une série B uniquement culte en Allemagne, signée par Gus Trikonis (Le Couloir de la mort), ancien époux de Goldie Hawn.
Synopsis : Au cœur de la jungle, un jeune couple vit une aventure héroïque face aux créatures pygmées.
Pris au piège, série B vite sortie en France et tout de suite oubliée
Critique : Proposé dans les salles françaises le mois d’Indiana Jones et le temple maudit et à peine deux mois après le phénoménal A la poursuite du diamant vert, le film d’aventure ringard Pris au piège (Dance of the Dwarfs) est apparu dans 8 cinémas parisiens en première semaine. Distribué par l’indépendant CDA à la force de frappe très limitée, l’adaptation du roman Geoffrey Household figurait au Paramount Opéra, au Paramount City-Triomphe, à la Maxéville, au Bastille, au Paramount Opéra et au Paramount Montmartre pour sa première semaine, face à de nombreuses nouveautés, une dizaine couvrant tous les genres, du kung-fu (Les deux cavaliers de Shao-Lin) à la comédie potache (Police Academy). Dès son premier jour (847 entrées), son sort est scellé. La série B trouve 7 190 spectateurs en semaine 1, puis 2 842 spectateurs dans 4 cinémas Paramount en semaine 2. Elle disparaît alors des salles, avec à peine 10 166 égarés dans ses filets. Un bide dans les marécages de l’exploitation qui ne fait que répéter le flop étranger, depuis son passage éclair en salle aux USA et en Allemagne en 1983 où il a développé avec le temps un petit statut de film culte.
Finalement, c’est en VHS que le film connaît sa plus grande diffusion en France, via Polygram, puis dans une édition bon marché chez Fil à Film sous le titre de Les enfants du diable.
Les enfants du diable, adaptation aventureuse du roman Dance of the Dwarfs (1968)
La comédienne vedette, la regrettée Deborah Raffin qui enchaînait son deuxième long métrage avec Gus Trikonis, n’en tiendra pas rigueur au cinéaste, puisqu’elle apprécia le tournage fun aux Philippines et la promotion asiatique intense qui devait faire d’elle une vedette locale. Elle enchaîne finalement avec l’un de ses plus grands succès personnels en 1984 : Death Wish 3. En scientifique de caractère aux ambitions ethnologiques typiques des B Movies de l’époque, elle donne, de façon fragile, la réplique à l’ex-idole des Sixties, Peter Fonda, qui interprète un Occidental alcoolique, planqué dans la jungle, qui va lui servir de pilote d’hélicoptère et de guide dans une jungle verte où l’on connaît tous les dangers. Même s’il vient de jouer chez Ted Kotcheff (Split Image) et dans L’équipée du Cannonball d’Hal Needham, l’ancienne figure de la contre-culture américaine n’est plus que l’ombre de lui-même artistiquement. Il cabotine dans un rôle de gros buveur cracra dont on se demande comment il va finir par embrasser l’héroïne pour un rapprochement des opposés qui s’attirent…
L’adaptation du roman Dance of the Dwarfs (1968), de Geoffrey Household, lâche finalement ses créatures sur le tard. Une confrontation avec l’irrationnel qui fait basculer le métrage dans le film de monstre sombre et tempétueux. Mais l’angoisse trop tardive tend à réduire le film à une comédie d’aventures de plus matinée d’épouvante, inoffensive et figée dans la rudesse du tournage fauché.
Dans ce mauvais genre, on préfèrera revoir l’illuminé La montagne du dieu cannibale qui lui aussi, aurait pu s’intituler Dance of the Dwarfs empruntant aussi à la figure “nanique” du titre original. De façon plus “canonique”, The African Queen, avec Katharine Hepburn et Humphrey Bogart, et A la poursuite du diamant vert, avec Michael Douglas et Kathleen Turner, feront tout aussi bien le job pour les nostalgiques de récits ethnocentriques en territoires sauvages.
Les sorties de la semaine du 5 septembre 1984

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