Pinot simple-flic : la critique du film (1984)

Comédie, Policier | 1h26min
Note de la rédaction :
5,5/10
5,5
Pinot simple flic, l'affiche

  • Réalisateur : Gérard Jugnot
  • Acteurs : Patrice Leconte, Gérard Jugnot, Philippe Galland, Jean-Claude Brialy, Didier Kaminka, Dominique Reymond, Pascal Légitimus, Jean Rougerie, Pierre Mondy, Alain Doutey, Patrick Fierry, Fanny Bastien
  • Date de sortie: 06 Juin 1984
  • Nationalité : Français
  • Titre original : Pinot simple-flic
  • Titres alternatifs : Pinot agente semplice (Italie) / Pinot, Gendarm und Herzensbrecher (Allemagne de l'Ouest, Télé)
  • Année de production : 1984
  • Scénariste(s) : Christian Biegalski, Pierre Geller, Gérard Jugnot
  • Directeur de la photographie : Eduardo Serra
  • Compositeur : Louis Chedid
  • Société(s) de production : Arturo Productions, G.P.F.I.
  • Distributeur (1ère sortie) : AMLF
  • Éditeur(s) vidéo : René Château Vidéo (VHS, 1984) / TF1 Vidéo (DVD, 2001)
  • Date de sortie vidéo : 22 août 2001 (DVD)
  • Box-office France / Paris-périphérie : 2 418 756 entrées / 535 651 entrées
  • Budget : -
  • Rentabilité : -
  • Classification : Tous publics
  • Formats : 1.66 : 1 / Couleurs / Son : Mono
  • Festivals et récompenses : César 1985 : 1 nomination pour Fanny Bastien (Meilleur jeune espoir féminin)
  • Illustrateur / Création graphique : Patrick Claeys
  • Crédits : Arturo Productions, G.P.F.I.
Note des spectateurs :
[Total : 1   Moyenne : 3/5]

Première réalisation de Gérard Jugnot, Pinot simple-flic a plutôt mal vieilli et s’avère une comédie poussive, avec des gags téléphonés et peu nombreux. Reste la force de sympathie des acteurs.

Synopsis : Robert Pinot est un simple flic, de nature empoté et pas très doué dans l’exercice de ses fonctions. Son petit train-train quotidien est bouleversé le jour où il interpelle Josyane, également surnommée Marylou, une voleuse rongée par son addiction à la drogue et sous l’emprise de Tony, son petit-ami dealer…

Pinot simple-flic, première réalisation de Gérard Jugnot

Critique : Alors qu’il a enfin acquis une belle notoriété grâce à sa participation au Splendid, aussi bien dans Les bronzés 1 et 2, mais aussi Le père Noël est une ordure (Poiré, 1982), le comique Gérard Jugnot s’individualise et rencontre un joli succès en solo avec Le quart d’heure américain (Galland, 1982). Il décide donc de passer à la vitesse supérieure en réalisant son tout premier film en tant que cinéaste. Pour cela, il s’entoure des scénaristes Christian Biegalski et Pierre Geller qui écument les commissariats de la région parisienne pour s’imprégner de l’ambiance générale au sein de la Police nationale. Ils en tirent un script qui deviendra Pinot simple-flic (1984).

Si le scénario qui sert de base semble plutôt sérieux avec son histoire de vente de drogue et d’exploitation des jeunes filles mineures pour des publications de charme (une thématique décidément très en vogue à l’époque), le résultat final s’avère plutôt bon enfant. Effectivement, le premier long-métrage de Jugnot s’inscrit totalement dans une veine comique typique de l’époque, avec des gags assez peu recherchés et répétitifs (le policier qui se prend tous les coups et se retrouve à chaque fois avec le nez cassé). On est plutôt ici du côté de Claude Zidi, mais avec un manque furieux de gags efficaces.

Pinot simpe-flic, promo AMLF

© 1984 Arturo Productions – G.P.F.I. / Affiche : © Patrick Claeys. Tous droits réservés.

Des gags faciles et vieillots

Par ailleurs, les auteurs insistent de manière un peu lourde sur la féminisation en cours dans les rangs de la police, avec bon nombre de gags sexistes un peu douteux. Rien de bien méchant bien évidemment, mais on note une tendance à la facilité dans l’écriture qui rapproche parfois le long-métrage des comédies franchouillardes de l’époque, façon Max Pécas, Christian Gion ou Philippe Clair. Des références sympathiques, mais pas nécessairement glorieuses en matière de comédie raffinée.

Plombé par une réalisation assez terne qui ne se réveille que lors du plan-séquence final révélant une intéressante mise en abîme, Pinot simple-flic pâtit également d’une musique de Louis Chedid qui se voulait dans le vent à l’époque et apparaît terriblement ringarde de nos jours. Finalement, il n’y a guère que les acteurs qui parviennent à sauver l’entreprise grâce à leur sympathie immédiate. Jugnot tout d’abord est parfait en gentil flic un peu naïf, mais au bon cœur. Fanny Bastien assure en jeune fille camée et manipulatrice, si bien qu’elle a obtenu une nomination pour le César du meilleur espoir féminin. On apprécie également les seconds rôles tenus par des pointures de la comédie comme Pierre Mondy, Jean Rougerie ou encore Jean-Claude Brialy.

Un gros succès qui a encouragé Jugnot à persévérer dans la réalisation

Ce qui permet à Pinot simple-flic de ne pas sombrer totalement dans la médiocrité tient également dans le regard plutôt amusé, complice et jamais malveillant que porte Gérard Jugnot sur l’ensemble de ses personnages. Il développera par la suite ce style de comédie bienveillante, sauf dans le plus trash Sans peur et sans reproche (1988) qui fut d’ailleurs l’un de ses plus gros échecs.

Malgré la légèreté du produit fini, ce tout premier essai de Jugnot derrière la caméra a rencontré un beau succès avec 2 418 756 entrées sur tout le territoire national et une belle douzième place au box-office annuel. Cela a peut-être été aidé par son affiche qui parodie de manière évidente celle de Rambo. En tout cas, ce très beau résultat a permis à Gérard Jugnot de persévérer dans la réalisation et de livrer un an après un Scout toujours (1985) pas forcément brillant.

Critique de Virgile Dumez

Les sorties de la semaine du 6 juin 1984

Voir le film en VOD

Pinot simple flic, l'affiche

© 1984 Arturo Productions – G.P.F.I. / Affiche : © Patrick Claeys. Tous droits réservés.

Box-office :

Véritable blockbuster du rire, Pinot simple-flic paraît incontournable en première semaine. Avec 38 écrans sur Paris-Périphérie, il écrase toute concurrence. Meryl Streep et son Mystère Silkwood ne jouit que de 26 salles, le film érotique culte de Tinto Brass, La clé, bénéficie de 19 sites mais pâtit de son interdiction aux moins de 18 ans, la comédie hip hop Beat Street ne figure que dans 14 cinémas, Looker exerce son pouvoir de fascination dans 11 salles, et Marcello Mastroianni et Sonia Braga sont des petits joueurs dans les 5 cinémas programmant Gabriela.

Pas forcément la plus parisienne de toutes les comédies réalisées ou interprétées par des membres du Splendid, Pinot simple-flic, réalise toutefois une entame à 15 968 civils pour son premier jour, dans un climat post-Cannes où l’on ressent le besoin de divertissements plus légers. Sur une première semaine de soleil de plomb, la fréquentation est en berne. Gérard Jugnot affole la circulation avec 130 333 passants, mais la seconde place que gagne Meryl Streep, se trouve 90 000 entrées plus bas, à 41 068 spectateurs.

Avec 17 écrans sur l’intra-muros, Pinot est un triomphe au Paramount Opéra où 9 156 spectateurs ont accouru. Sur les Champs, le Marignan Pathé faisait le bonheur de  7 187 amateurs de comédies franchouillardes. Les salles sont pleines au George V, Wepler Pathé, Montparnasse Pathé, au Mistral… Pinot est pléniscité aux Paramount Bastille/Montparnasse/Maillot/Galaxie/Odéon, au Gaumont Richelieu, au Gaumont Gambetta, au Nation, au Gaumont Convention, aux Forum Cinémas et à la Fauvette. Le démarrage provincial n’est pas en reste, avec de gros scores à Lyon ou à Bordeaux.

Pinot simple-flic finira sa carrière à 535 247 spectateurs visiblement convaincus, avec une ultime et 19e semaine d’exploitation à l’UGC Opéra.

Frédéric Mignard

Les films de l’année 1984

Trailers & Vidéos

trailers
x
Pinot simple flic, l'affiche

Bande-annonce de Pinot simple flic

Comédie, Policier

x