Note des spectateurs :

Anna Gaylor fut l’épouse du réalisateur Alain Jessua, qui l’a dirigée dans ses films. Elle a mené une prolifique carrière de second rôle dans des œuvres également signées Demy, de Broca ou Tacchella.

Une longue carrière à la scène et au cinéma

Formée au Conservatoire national supérieur d’art dramatique, Anna Gaylor fait partie de la célèbre promotion de la « bande du Conservatoire », aux côtés de Belmondo, Rochefort, Marielle, Pierre Vernier, Annie Girardot ou Françoise Fabian. La carrière de cette excellente comédienne sera tout aussi prolifique mais plus discrète que celle de ses camarades.

De 1952 à 2014, Anna Gaylor mène un brillant parcours théâtral, aussi à l’aise dans le répertoire de boulevard de Barillet et Grédy que le registre pointu des pièces de Claudel et Dostoïevski. Elle collabore avec des metteurs en scène tels Jean Meyer, Raymond Rouleau et Maurice Bénichou. L’actrice participe aussi à de nombreuses productions télévisuelles.

Anna Gaylor débute au cinéma en 1956, d’abord dans des films mineurs signés Hunebelle, Decoin ou Christian-Jaque. Son époux, le réalisateur Alain Jessua, lui confie le premier rôle féminin de La vie à l’envers (1964), aux côtés de Charles Denner. Elle y est remarquable, et ils poursuivront leur collaboration dans les autres œuvres du cinéaste, d’Armaguedon (1977) à En toute innocence (1988), en passant par Paradis pour tous (1982).

Anna Gaylor, un second rôle talentueux

Anna Gaylor y interprète des personnages secondaires. C’est également le cas avec d’autres réalisateurs. Elle est institutrice dans Les granges brûlées (1973) de Jean Chapot, gynécologue dans Cousin, cousine (1975) de Jean-Charles Tacchella, secrétaire dans Julie pot de colle (1977), ou concierge dans Le cavaleur (1978), deux comédies réalisées par Philippe de Broca. Jacques Demy lui fait incarner Mme Pelletier, la douce mère de Violette (Fabienne Guyon), dans son chef-d’œuvre Une chambre en ville (1982).

D’autres figures de mère lui sont destinées : de Gérard Lanvin dans Moi vouloir toi (1985) de Patrick Dewolf, de Philippine Leroy-Beaulieu dans Neuf mois (1994) de Patrick Braoudé, de Christian Clavier dans Les anges gardiens (1995) de Jean-Marie-Poiré, de Darroussin dans Le cœur des hommes (2003) de Marc Esposito…

On la croise aussi en libraire dans Grégoire Moulin contre l’humanité (2001) d’Artus de Penguern ou en patiente dans Ôtez-moi d’un doute (2017) de Carine Tardieu. L’un de ses derniers rôles est celui de la dame âgée recueillant Romain Duris et Olga Kurylenko dans le film de SF Dans la brume (2018) de Daniel Roby.

Anna Gaylor est décédée le 20 septembre 2021 à l’âge de 89 ans.