Protection rapprochée : la critique du film (1987)

Action, Thriller | 1h28min
Note de la rédaction :
4/10
4
Protection rapprochée, l'affiche

  • Réalisateur : Peter R. Hunt
  • Acteurs : Charles Bronson, Jill Ireland, William Prince, Stephen Elliott, Jan Gan Boyd
  • Date de sortie: 15 Avr 1987
  • Année de production : 1987
  • Nationalité : Américain
  • Titre original : Assassination
  • Titres alternatifs : My Affair with the President's Wife (Titre pressenti) / The President's Wife (2e titre pressenti) / Assassin (Titre de tournage) / Der Mordanschlag (Allemagne) / El guardaespaldas de la primera dama (Espagne) / Missão de Alto Risco (Portugal) / Zamach (Pologne) / Livvakten (Norvège) / Asesinato (Mexique) / Salamurhaaja (Finlande) / Assassinato nos Estados Unidos (Brésil)
  • Casting : Charles Bronson, Jill Ireland, Stephen Elliott, Jan Gan Boyd, Randy Brooks, James Lemp, Michael Ansara, James Staley, Kathryn Leigh Scott, James Acheson, Jim McMullan, Billy Hayes, William Prince, Charles Howerton, Chris Alcaide, Jack Gill, Mischa Hausserman, Robert Axelrod, Peter Lupus, Lori Stephens, Beverly Thompson, Natalie Alexander, Linda Harwood, Mihoko Tokoro, Susan Thompson, John Salvi, Frank Zagarino, Tony Borgia, Paul McCallum, Robert Dowdell, Vivian Tyus, Jason Scura, David L. Bilson, Larry Sellers, Liz Lauren, Lucille Bliss, John Hawker, J. Michael Patterson, James Frank Clark, Ed Levitt, Michael Welden
  • Scénariste : Richard Sale
  • D'après : son propre roman
  • Monteurs : James T. Heckert, Charles Simmons
  • Directeur de la photographie : Hanania Baer
  • Compositeurs : Valentine McCallum, Robert O. Ragland
  • Cheffe Maquilleuse : Terri Trupp
  • Chef décorateur : William Cruse
  • Directeur artistique : Joshua Culp
  • Producteur : Pancho Kohner
  • Producteurs exécutifs : Yoram Globus, Menahem Golan
  • Sociétés de production : The Cannon Group, Golan-Globus Productions, Major Studio Partners
  • Distributeur : UGC Distribution, Cannon France
  • Editeurs vidéo : Vestron Vidéo International (VHS, 1988), Prestige Supra Edition (DVD), Blue Print (DVD), Sidonis Calysta (DVD et blu-ray, 2021)
  • Dates de sortie vidéo : 1988 (VHS) / 20 mai 2021 (DVD et blu-ray)
  • Budget : 5 000 000 $ (soit 14 200 000 $ au cours de 2025)
  • Box-office France / Paris-Périphérie : 235 304 entrées / 54 076 entrées
  • Box-office nord-américain : 6 075 793 $ (soit 17 240 000 $ au cours de 2025)
  • Classification : Tous publics
  • Formats : 1.85 : 1 / Couleurs / Son : Mono
  • Illustrateur/Création graphique : © Jean Mascii (affiche) ; L'Etoile Graphique (jaquette blu-ray). Tous droits réservés / All rights reserved
  • Crédits : © MGM. Tous droits réservés / All rights reserved
  • Attaché de presse : Jean-Jacques Vannier
Note des spectateurs :

Film d’action mollasson, Protection rapprochée souffre d’un budget revu à la baisse par la Cannon, alors en pleine tourmente financière. Le résultat est assurément piteux.

Synopsis : Vétéran du service de protection des hautes personnalités de l’état, Jay Killian reçoit pour mission d’assurer la sécurité de Lara Royce Craig, la gemme du président des États-Unis. D’autant moins évident que la first lady n’en fait qu’à sa tête et qu’elle est victime d’une première tentative de meurtre. Pas la dernière…

1987, Charles Bronson cherche à lisser son image

Critique : Sous contrat avec la Cannon, Charles Bronson a enchaîné les films d’action particulièrement violents et réactionnaires durant toute la première partie des années 80 et celui-ci souhaite changer de style avec Protection rapprochée (1987). Il obtient ce film en marchandant la perspective d’un Death Wish IV. Cherchant à renouveler son public, la star envisage donc son nouveau projet comme un film d’action destiné à une audience plus large, avec une bonne dose d’humour pour relever un scénario somme toute basique. Fait rare dans sa carrière, Protection rapprochée ne sera que PG-13 aux USA, contrairement à tous les longs métrages dans lesquels il a joué pour la Cannon, qui étaient tous “Rated R”.

Fondé sur My Affair with the President’s Wife, le roman non-publié du vétéran Richard Sale (également auteur du Bison blanc, déjà avec Bronson), le scénario est adapté par l’auteur lui-même, dont ce fut le dernier travail pour le cinéma. Il fut notamment mécontent du traitement infligé à son scénario, largement amputé par les pontes de la Cannon pour des raisons de restrictions budgétaires. Initialement destiné à être mis en scène par J. Lee Thompson, fidèle collaborateur de Bronson, Protection rapprochée est finalement tourné par un autre vétéran, Peter R. Hunt, connu pour avoir signé l’un des meilleurs James Bond (Au service secret de Sa Majesté), mais aussi un autre Bronson (Chasse à mort). En réalité, J. Lee Thompson était retenu sur le tournage d’une autre production Cannon intitulée Le temple d’or (1986) avec Chuck Norris. Quant à Hunt, il était disponible après avoir été écarté du projet Dangereusement vôtre qui revint à John Glen.

Affiche allemande de Protection rapprochée

Affiche © Enzo Sciotti

Le retour de Jill Ireland devant les caméras

Enfin, au niveau du casting, le film devait être interprété par l’actrice Jaclyn Smith, mais Charles Bronson et Menahem Golan ont insisté pour que Jill Ireland revienne devant les caméras pour reformer son duo avec son époux pour la seizième fois. La comédienne était déjà affaiblie par la maladie, un cancer qui allait malheureusement l’emporter trois ans plus tard. Elle accepta volontiers ce projet comme un acte politique face à la maladie. En cela, Protection rapprochée demeure une œuvre à part puisqu’elle constitue le chant du cygne d’une actrice au fort tempérament. Il est d’autant plus dommage que le résultat ne soit pas du tout au niveau des attentes.

En réalité, lorsque le film d’action est réalisé en 1986, la firme Cannon est déjà en grande difficulté sur le plan financier et les producteurs ont largement réduit la voilure en termes de budget. Cela se ressent fortement dans ce film où des pans entiers de l’intrigue semblent être passés à la trappe. Le script, déjà franchement peu original, apparaît comme incohérent, avec des trous d’air narratifs embarrassants. Ainsi, le personnage de Charles Bronson semble toujours perspicace alors qu’aucun élément à l’écran ne lui permet de déduire la vérité. Des scènes entières semblent donc avoir disparu du planning de tournage.

Des scènes d’action bâclées, faute de budget suffisant

Le même problème se pose au niveau des scènes d’action, assez peu nombreuses et souvent bâclées. Ainsi, le cascadeur qui remplace Charles Bronson lors des affrontements ne porte même pas une perruque grisonnante et une fausse moustache pour que l’illusion fonctionne. Tout ceci semble avoir été tourné en une seule prise pour pouvoir se conformer à un planning serré. D’ailleurs, le cinéaste Peter R. Hunt semble avoir conservé une forte rancœur vis-à-vis d’un tournage expédié faute de moyens suffisants. Il n’est jamais revenu derrière une caméra après cette mauvaise expérience, sauf pour un unique téléfilm.

Mou du genou, Protection rapprochée pâtit d’une réalisation peu inspirée, d’une intrigue transparente, ainsi que d’acteurs secondaires sans envergure. Certes, le duo formé par Bronson et Jill Ireland fonctionne toujours très bien à l’écran grâce à l’alchimie entre les époux, mais ils ne sont guère soutenus par les autres comédiens, tous issus de la télévision. Dès lors, on ne croit aucunement au couple formé par Charles Bronson et sa coéquipière interprétée par Jan Gan Boyd, près de quarante ans séparant les deux comédiens.

Protection rapprochée, jaquette blu-ray

© 1987 MGM / Jaquette : L’Etoile Graphique. Tous droits réservés.

Un nanar qui ne vaut que pour le duo Bronson / Ireland

Si l’on ajoute à cela des dialogues machistes typiques d’une certaine époque et une bande originale catastrophique faite de bric et de broc (le thème du générique reprend ainsi celui d’Invasion USA), Protection rapprochée constitue donc un produit frelaté qui ne peut clairement pas rivaliser avec les autres blockbusters de l’époque comme L’arme fatale (Richard Donner, 1987) par exemple. Même lorsque le film s’aventure sur le terrain de la comédie de couple dans un style hitchcockien, il ne propose que des scènes déjà vues mille fois, et en mieux.

De ce ratage, il ne reste donc que la complicité évidente de Charles Bronson et de Jill Ireland, tous deux parfaitement attendrissants dans leurs rôles respectifs. C’est toutefois un peu léger pour une œuvre qui devait permettre de réorienter la carrière de la star.

Cannon Films, 1987

© Les Archives Cinédweller. All Rights reserved.

Box-office de Protection Rapprochée (Assassination)

Le public américain ne s’y est pas trompé en ne lui accordant que 6 075 793 $ de recettes (soit 17 240 000 $ au cours de 2025) pour un budget estimé à 5 000 000 $ (soit 14 200 000 $ au cours de 2025). Sorti le 9 janvier 1987, il ne réalise que 2 787 449 dollars pour son premier week-end et se classe laborieusement en 6e position sous le titre d’Assassination. Il n’arrive même pas à faire peur au Lendemain du crime de Sidney Lumet, avec Jane Fonda, qui est encore 5e pour son 3e week-end. Ce dernier est pourtant l’un des échecs de l’année 1987. Bronson est chassé du top 10 lors de son deuxième week-end, cédant du terrain face aux nouveautés, Toubib malgré lui qui arrive évidemment en première place, La veuve noire qui entre 7e position et Mort ou vif qui s’octroie la 9e marche. Un message fort est envoyé à la Cannon pour 1987. La société qui vient de négocier avec Warner un accord de distribution au sujet de Superman IV va connaître une année assassine qui va l’envoyer au mouroir.

Protection rapprochée sort en France le 15 avril 1987, la concurrence est rude. Cannon et UGC avaient sorti une semaine auparavant Over the Top avec Sylvester Stallone, et deux semaines plus tôt Allan Quatermain et la cité de l’or perduGolden Child avec Eddie Murphy était à l’affiche depuis deux semaines. Dino De Laurentiis venait tout juste de sortir King Kong 2. Mickey Rourke et Robert De Niro triomphaient ensemble dans Angel Heart – aux portes de l’enfer. Les salles affichaient un nombre malsain de nouveautés assez semblables chaque semaine, puisque lorgnant vers un public identique de spectateurs aimant le cinéma américain de divertissement.

Coïncidence, Charles Bronson affronte la concurrence de deux autres vétérans, Burt Lancaster et Kirk Douglas dans Coup double, mais aussi celle de deux thrillers mis en scène par des cinéastes respectables : Bob Rafelson (La veuve noire) et Arthur Penn (Froid comme la mort)

Le sort de Protection rapprochée est sans appel. Un flop de plus pour la Cannon qui aligne en 1987 les bides sur notre territoire (Over the Top, Allan Quatermain 2, Les lauriers de la gloire, Le temple d’or…)

À Paris-Périphérie, dans 21 salles, Assassination rassemble 3 776 fans de Charles Bronson pour son premier jour. Le film se situe donc derrière Coup double et La veuve noire, qui dominent.

DVD de Protection rapprochéeEn première semaine, face à l’avalanche de séries B, le Top 15 est forcément bouleversé, même si aucune ne parvient à faire de l’ombre aux continuations du top 5. Coup double s’installe ainsi avec 40 000 spectateurs en 6e place. Face à Burt Lancaster et Kirk Douglas, Charles Bronson se contente penaud d’une 10e position avec 22 312 spectateurs. Distribué dans 21 cinémas, le film trouve tout de même 4 617 spectateurs au Paramount Opéra et 2 628 spectateurs en Bretagne.

Nonobstant, le film parvient à doubler ses entrées en fin de carrière avec un total de 54 016 spectateurs en 6 semaines. Le Triomphe sur les Champs-Élysées l’exploitera jusqu’à la dernière heure et sa présence dans les cinémas de quartier lors de ses trois dernières semaines (le Gaîté Rochechouartle Paris Ciné et le Hollywood Boulevard) l’aideront largement à franchir les 50 000 tickets.

La province plus favorable à Protection rapprochée

Sur la France entière, Protection rapprochée entre en 12ème position la semaine de son investiture avec seulement 44 960 machos. A la même époque, le public adolescent préfère aller voir Over the Top (Menahem Golan), autre production Cannon, mais avec Sylvester Stallone, plus en phase avec le public qu’un Bronson vieillissant. Il faut trois semaines au film d’action pour dépasser les 100 000 entrées, signe d’un certain désintérêt du grand public. Toutefois, la province est plus réceptive que la capitale, offrant au film une certaine stabilité lors de son tour de France des villes et villages. Mi-mai 1987, le métrage dépasse les 150 000 tickets, puis va poursuivre son chemin jusqu’à cumuler 235 304 entrées.

Sorti en VHS chez Vestron en 1988, Protection rapprochée est ensuite largement oublié. Il connaît quelques éditions DVD folklorique avant une belle édition DVD-blu-ray chez Sidonis en 2021, dans une copie tout à fait correcte. Cela ne relève pourtant pas la médiocrité du spectacle proposé.

Critique de Virgile Dumez / Informations et recherches complémentaires : Frédéric Mignard

Les sorties de la semaine du 15 avril 1987

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Protection rapprochée avec Charles Bronson, affiche 4X3 par Jean Mascii

Protection rapprochée avec Charles Bronson, affiche 4X3 par Jean Mascii © 1987 MGM / Affiche : Jean Mascii. Tous droits réservés.

Biographies +

Peter R. Hunt, Charles Bronson, Jill Ireland, William Prince, Stephen Elliott, Jan Gan Boyd

Mots clés

Cinéma américain, Films de la Cannon, Films d’action, Les courses poursuites au cinéma, Nanars d’action des années 80

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Protection rapprochée, l'affiche

Bande-annonce de Protection rapprochée (VF)

Action, Thriller

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