Au service secret de Sa Majesté : la critique du film (1969)

Action, Aventures, Espionnage | 2h22min
Note de la rédaction :
8/10
8
Au service secret de Sa Majesté, l'affiche du James Bond

  • Réalisateur : Peter R. Hunt
  • Acteurs : Diana Rigg, Bernard Lee, George Lazenby, Telly Savalas, Gabriele Ferzetti, Virginia North, Desmond Llewelyn, Lois Maxwell
  • Date de sortie: 17 Déc 1969
  • Nationalité : Britannique
  • Titre original : On Her Majesty's Secret Service
  • Scénariste : Richard Maibaum, d'après le roman éponyme de Ian Fleming
  • Directeur de la photographie : Michael Reed
  • Compositeur : John Barry
  • Chanson du générique : We Have All the Time in the World, interprété par Louis Armstrong
  • Distributeur : Les Artistes Associés
  • Editeur vidéo : Warner Home Vidéo France (VHS) / MGM (DVD) / MGM / United Artists (blu-ray)
  • Sortie vidéo (blu-ray) : 1er mars 2013
  • Budget : 9 M$
  • Box-office USA : 22,7 M$
  • Box-office France / Paris-périphérie : 1 958 172 entrées / 599 131 entrées
  • Format : 2.39 : 1 / Son : Mono
  • Crédits affiche : © 1969 United Artists Corporation and Danjaq / Illustrateur : Yves Thos. Tous droits réservés.
  • Franchise : Sixième segment de la saga James Bond
Note des spectateurs :

Méconnu, Au service secret de Sa Majesté, unique épisode mené par George Lazenby, tranche avec les autres de la série par son aspect romantique et mélancolique. Attachant.

Synopsis : En parfait gentleman, James Bond empêche une superbe créature de se suicider et tombe amoureux d’elle. La jeune femme n’est autre que la fille d’un des parrains les plus puissants de la mafia. Parallèlement, 007 doit arrêter le terrible Blofeld, décidé à propager un virus capable d’anéantir une bonne partie de l’humanité.

Un épisode moins porté sur l’action

Critique : Alors qu’On ne vit que deux fois (1967) poussait un peu plus la saga James Bond vers le spectaculaire et l’action tous azimuts, Au service secret de Sa Majesté (1969) tente de manière assez audacieuse de renverser la vapeur. Adapté d’un roman généralement considéré comme l’un des meilleurs de son auteur Ian Fleming, le long-métrage fait le pari de l’adaptation fidèle au lieu de jouer la surenchère d’effets pyrotechniques.

Exit donc les gadgets, les courses-poursuites effrénées et les décors high tech, ce sixième épisode se distingue par une volonté du réalisateur Peter Hunt d’être le plus proche possible de l’univers de Fleming, sans tenir compte des impératifs commerciaux chers aux producteurs Harry Saltzman et Albert Broccoli. Ainsi, il faudra attendre une bonne demi-heure avant que la toute première scène d’action impressionnante ne soit déclenchée.

George Lazenby, un James Bond plutôt correct

Malgré un rythme assez lent qui tranche avec les autres épisodes de la série, le film se dote d’une dimension inédite : le personnage de James Bond n’est plus uniquement une caricature d’agent secret indestructible, mais bien un homme complexe avec ses doutes, ses peines de cœur et même une dimension romantique ignorée jusque-là par les opus précédents.

A tous ces changements s’ajoute l’absence de Sean Connery et son remplacement par un mannequin australien totalement inconnu, un certain George Lazenby. Pari audacieux encore que de prendre un acteur qui, de son propre aveu, ne sait pas jouer la comédie. Pourtant, son interprétation s’avère plutôt convaincante, même s’il lui manque peut-être une personnalité vraiment affirmée pour s’imposer totalement dans le rôle d’un agent aussi charismatique.

Le film le plus humain de la franchise

L’acteur est toutefois soutenu par un casting impérial puisqu’il est opposé au formidable Telly Savalas et qu’il est épaulé par la belle Diana Rigg (révélée par la série Chapeau melon et bottes de cuir), dont le personnage sera la seule James Bond girl de l’histoire à réussir à passer la bague au doigt de 007.

Réalisé avec talent par Peter Hunt, dynamité par quelques belles séquences de cascades enneigées (tournées pour la première fois par John Glen, futur réalisateur de nombreux épisodes bondiens) et traversé d’une humanité qui fait souvent défaut à la série, Au service secret de Sa Majesté est donc un épisode non exempt de défauts, mais éminemment attachant par sa volonté de coller au plus près de l’univers de Fleming.

Une contre-performance au box-office, fatale à Lazenby

Les spectateurs de l’époque furent malheureusement déstabilisés par le changement d’interprète et le ton légèrement mélancolique de l’ensemble. Si le film a rapporté 87 millions de dollars dans le monde pour un budget initial de 9 millions, le résultat final fut considéré comme insuffisant par rapport aux précédents épisodes.

Rien qu’en France, la chute des entrées fut remarquable puisque le long-métrage n’a attiré que 1 958 172 spectateurs alors que les autres épisodes caracolaient toujours autour des 5 millions d’entrées. Une déception qui fut fatale à la carrière de George Lazenby, aussitôt remercié par Albert Broccoli.

Le test blu-ray :

Au service secret de Sa Majesté, la jaquette du blu-ray

© 1969 United Artists Corporation and Danjaq LLC / © 2012 Metro Goldwyn Mayer Studios Inc. Tous droits réservés.

Une restauration optimale d’un épisode méconnu à redécouvrir d’urgence.

Compléments : 5 / 5

On retrouve ici tous les suppléments de l’édition SD collector avec notamment :

  • Commentaires audio du réalisateur Peter Hunt et de l’équipe du film
  • Un excellent making of rétrospectif d’une quarantaine de minutes qui revient sans langue de bois sur tous les problèmes rencontrés lors de la production. On y parle ouvertement de l’immaturité de George Lazenby, de la campagne de dénigrement orchestrée par la presse britannique à son encontre et enfin de l’échec commercial du film.
  • Des petits modules qui reviennent sur des points précis du tournage (Dans le labo de Q, Au-dessus de tout, La distribution, Sur la glace, Le mouvement suisse)
  • George Lazenby raconte George Lazenby
  • Un document d’époque sur la conférence de presse au Portugal
  • Un cortège de bandes-annonces, de spots télévisés, d’émissions de radio et une galerie photo.

L’image : 5 / 5

Tout bonnement splendide, la copie proposée est de toute beauté. Outre des couleurs qui explosent sur l’écran, la définition est à couper au rasoir et la profondeur de champ est abyssale. Un modèle de restauration qui fait honneur à la haute définition.

Le son : 4 / 5

La version originale en 5.1 DTS HD Master Audio est bien équilibrée puisqu’elle privilégie les enceintes avant pour tous les moments intimistes, mais réveille votre caisson de basses lors des scènes plus spectaculaires (l’avalanche fait son petit effet), ainsi que toutes les enceintes arrière lors des fusillades. La version française est plus timorée, mais garde une belle clarté, respectueuse du rendu d’époque.

Critique du film et test blu-ray de Virgile Dumez

Les sorties de la semaine du 17 décembre 1969

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© 1969 United Artists Corporation and Danjaq / Illustrateur : Yves Thos. Tous droits réservés.

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