Disclosure Day est l’une des œuvres les plus importantes de Steven Spielberg, un classique instantané qui déborde d’une émotion saine. Difficile de s’en remettre : il y a un avant et un après.
Synopsis : Si tu découvrais que nous ne sommes pas seuls ? Si on te le montrait, te le prouvait, ça te ferait peur ? Les gens ont droit à la vérité. Elle appartient à sept milliards de personnes. Chaque seconde nous rapproche de l’inévitable… Disclosure Day.

© Universal Pictures. All rIghts Reserved.
Critique : Vingt-et-un ans après La Guerre des mondes, relecture accablante d’H.G. Wells qui avait cartonné en salle grâce à la présence charismatique de Tom Cruise, alors au sommet de sa notoriété, Steven Spielberg revient à l’un de ses thèmes de prédilection. La rencontre du troisième type.
Rencontre du troisième type et d’E.T.
Close Encounters of the Third Kind et E.T. l’extra-terrestre, sortis respectivement en 1977 et 1982, demeurent encore aujourd’hui deux des plus beaux jalons de sa filmographie iconique. Disclosure Day, à son tour, présente tous les éléments pour rentrer au panthéon du cinéma de Steven Spielberg, l’éternel adolescent qui découvre dans le surnaturel et le merveilleux la source de son inspiration cinématographique.

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L’auteur de The Fabelmans, biographie filmique dans laquelle il relatait les imbrications complexes entre sa passion naissante pour le 7e art et sa vie familiale et sociale de jeune homme, est indéniablement toujours ce môme qui, à travers la raison cinématographique, a envie de croire aux mystères insondables qui ont nourri l’imaginaire intarissable de son cinéma.
Steven Spielberg, prophète du merveilleux qui nous somme d’y croire
Disclosure Day, énième rêve éveillé de môme passionné, lui a été inspiré en fait, en 2017, par la lecture, d’un article des journalistes Helene Cooper, Ralph Blumentahl et Leslie Kean, du New York Times, qui évoquait les classifications secret-défense des informations liées à nos connaissances ou expériences extra-terrestres. Une lecture philosophique d’un fait de sécurité qui prenait le parti du partage de l’information au plus grand nombre.

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Cette idée chemine chez l’hyperactif Spielberg qui demande à son fidèle collaborateur, David Koepp (ils bossent ensemble depuis le premier Jurassic Park, 1993) de développer un script qui aboutisse à cette conclusion qui l’obsède et qu’il veut proposer au monde, avant même d’envisager l’histoire du film.
Les extra-terrestres, une question de politique américaine et de croyance religieuse
Le Steven Spielberg de 2026 n’est en rien apolitique. Il est le messager d’un message éthique et philosophique d’une idée transcendante, au sein d’un monde malade, au bord de l’implosion. Son point de vue balaie les opinions politiques (d’ailleurs dans Disclosure Day, depuis Nixon, les présidents sont laissés dans l’ignorance des affaires extra-terrestres). L’homme profondément humain, intrinsèquement généreux, notamment dans son refus d’oublier l’histoire qui a ébranlé et reconstruit le XXe siècle, s’en va toucher à l’empathie et à la spiritualité de chacun. Mais cette fois-ci, la trajectoire que suit son pensum d’un autre type injecte un questionnement monumental qui ne peut que rivaliser avec la foi et la croyance, ce qui, inévitablement, impose une complémentarité religieuse au film. Les cyniques peuvent donc affûter leur couteau.

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Disclosure Day dépasse le médium cinéma
Spielberg, le conteur de génie, exhorte le monde de sortir du chaos de l’actualité (belle réflexion sur le pouvoir des médias, au passage) pour signifier la nécessité vitale de rediriger notre regard sur un réel que l’on ne veut pas voir, et pourtant fondamental pour anesthésier les peurs et cesser de s’armer les uns contre les autres. Tonton Spielberg lapide notre manque d’écoute et cherche du sens dans une dystopie que l’on nourrit tous.
En choisissant la science-fiction pour livrer un regard, légèrement teinté d’optimisme, sur notre monde, le cinéaste n’a pas oublié son talent de narrateur et d’artisan de l’image. Il fonce, in media res, dans le thriller paranoïaque typique des années 70, et perpétue sa passion pour les mystères insondables de l’univers ; il déploie une thématique de l’étrange, à la fois surnaturelle et merveilleuse, à l’image des films Amblin Entertainment de la grande époque, et de la Quatrième dimension qui nourrissait son adolescence, à la télévision américaine.

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Il n’en oublie pas les chasses à l’homme et les courses poursuites mémorables que n’auraient pas reniées la franchise Mission : Impossible. L’action est le moteur et la dynamique d’un certain type de cinéma Spielbergien. En ce sens, Disclosure Day ressemble à Minority Report dont on louait le style visuel et l’incroyable ingénuité. C’est un thriller épique, ample et fluide, qui ne vrille jamais et tient sa route de super production somme, dans laquelle Spielberg nourrit la nostalgie de ses plus grandes fantaisies sans ployer sous les injonctions rances du c’était mieux avant.
Disclosure Day : un classique instantané
Avec son casting renouvelé, étonnant au sein de l’univers de Spielberg – Josh O’Connor dans un rôle humble et fédérateur, et Emily Blunt, magnifiquement fragile dans un personnage prophétique, engoncé dans des traumas qui la nourrissent de l’intérieur -, Disclosure Day brille de toux feux. Ce classique instantané s’impose fermement comme l’œuvre d’un maître qui cristallise nos fantasmes cinématographiques et transcende nos émotions. Ce jalon s’érige inévitablement comme le blockbuster estival de 2026, hors mode et de toutes les tendances, qui saura puiser dans chacun ses plus belles émotions. Tout simplement magnifique.
Les sorties de la semaine du 10 juin 2026

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