Acteur, réalisateur, scénariste et producteur américain, Kevin Spacey est né en 1959 dans le New Jersey. Il est le cadet dans une fratrie de trois enfants et passe une enfance turbulente. A l’adolescence, le jeune Kevin Spacey ne se calme pas et réussit même à être renvoyé d’une académie militaire où on l’a placé pour juguler ses pulsions. C’est aussi à cette époque qu’il découvre le théâtre en amateur et que cette activité parvient à le maîtriser. Inscrit à la Julliard School de New York, Kevin Spacey fait également ses armes sur scène dans des spectacles de stand up où il effectue de nombreuses imitations de personnalités célèbres.
Kevin Spacey, le théâtre au cœur
Sans diplôme, car incapable de finaliser la moindre formation, Kevin Spacey décide au début des années 80 de jouer dans des pièces shakespeariennes où il commence à se faire un nom. Le comédien parvient même à arpenter les scènes de Broadway dans des œuvres ambitieuses comme des pièces d’Ibsen. Son palmarès théâtral comprend également Eugene O’Neill, Tchekhov ou encore David Rabe.
Un second rôle apprécié
Après avoir joué au théâtre pour le compte du metteur en scène Mike Nichols, ce dernier l’engage pour jouer un tout petit rôle dans son film La brûlure (1986) qui est officiellement la première apparition de l’acteur à l’écran. Par la suite, Kevin Spacey débute aussi à la télévision où il interprète des seconds rôles dans des téléfilms et séries. En 1988, il retrouve Mike Nichols pour Working Girl (1988), mais c’est dans la comédie Pas nous, pas nous (Arthur Hiller, 1989) qu’il obtient enfin un rôle important face à Gene Wilder et Richard Pryor. Plus sérieusement, on le retrouve dans Henry & June (Philip Kaufman, 1990) et surtout dans Glengarry (James Foley, 1992) où il joue un rôle central d’après la pièce de David Mamet. S’il est aussi du casting de Jeux d’adultes (Alan J. Pakula, 1992), Kevin Spacey change définitivement de statut à partir de l’année 1994.
L’ascension fulgurante vers l’Oscar du meilleur acteur
Effectivement, il incarne un yuppie aux dents longues dans l’excellent film indépendant Swimming with Sharks (George Huang, 1994) dont il tient le rôle principal. Il y compose un personnage odieux, ce qui deviendra ensuite sa marque de fabrique personnelle. Spacey devient même une vedette à part entière grâce au triomphe mondial du thriller tortueux Usual Suspects (Bryan Singer, 1995). Il obtient pour ce rôle l’Oscar du meilleur acteur dans un second rôle. D’ailleurs, la même année, il triomphe encore dans un rôle marquant de Seven (David Fincher, 1995), autre thriller machiavélique et autre triomphe critique et public.

© 1997 Monarchy Enterprises BV – Regency Entertainment Inc / Affiche : © 1997 Warner Bros. Tous droits réservés.
Désormais, Kevin Spacey est une petite star à part entière. Il enchaîne les rôles majeurs dans Alerte ! (Wolfgang Petersen, 1995) où il donne la réplique à Dustin Hoffman, mais aussi dans l’excellent film noir L.A. Confidential (Curtis Hanson, 1996) qui est un autre succès fort mérité.
Par ailleurs, Kevin Spacey se lance dans la réalisation avec Albino Alligator (1996), thriller dramatique avec Matt Dillon qui rencontre un certain écho critique. Pourtant, cette belle promesse ne sera pas suivie de suite car son deuxième long-métrage est un biopic plus académique sur le chanteur Bobby Darin intitulé Las Vegas Boy (2004).
Cette belle série de films se poursuit avec le très bon Minuit dans le jardin du bien et du mal (Clint Eastwood, 1997), mais cette fois, le métrage est une déception au box-office. Il est alors la covedette du film d’action Négociateur (F. Gary Gray, 1997) au même titre que Samuel L. Jackson, mais là encore, le box-office ne suit pas. Après quelques œuvres mineures, Spacey retrouve la grâce avec American Beauty (1999), le premier film de Sam Mendes qui rencontre un succès aussi inattendu que mérité. Le film permet à l’acteur d’obtenir l’Oscar du meilleur acteur, couronnant ainsi une décennie dorée pour l’acteur à qui rien ne semble résister.
Des années 2000 plus hasardeuses

© 1995 Rosco Film Gmbh – Bad Hat Harry Productions Inc. / Affiche : F.K.G.B. (agence). Tous droits réservés.
Désormais star, Kevin Spacey va faire des choix parfois ambitieux, mais aventureux. Ainsi, il joue dans l’intéressant Ordinary Decent Criminal (Thaddeus O’Sullivan, 2000) qui est un petit film irlandais sans prétention. On aime beaucoup moins ses choix suivants comme Un monde meilleur (Mimi Leder, 2000) ou encore Terre Neuve (Lasse Hallstrom, 2001), œuvres bien plus consensuelles et conventionnelles. Même son arrivée dans l’univers d’Alan Parker se solde par un film moyen intitulé La vie de David Gale (2003). Certes, l’acteur se partage entre théâtre et cinéma, mais il doit surtout attendre 2006 pour retrouver un rôle majeur dans une grosse production. Il est notamment le Lex Luthor de Superman Returns (Bryan Singer, 2006). Malheureusement pour lui, le long-métrage est une déception au box-office et aucune franchise n’en découle.
Il revient donc à des productions plus modestes comme l’évitable Las Vegas 21 (Robert Luketic, 2008) qui ne sert tout bonnement à rien. A cette époque, sa carrière cinéma marque le pas et il tourne des films sans importance tel que Casino Jack (George Hickenlooper, 2010). On lui préfère largement l’intéressant Margin Call (J.C. Chandor, 2011) qui décrit la crise financière de 2008 avec une certaine hargne. Enfin, il retrouve le succès avec la comédie Comment tuer son boss ? (Seth Rogen, 2012) dont il tourne aussi la suite Comment tuer son boss 2 (Sean Anders, 2014).
Le triomphe télévisuel avec House of Cards
Toutefois, l’acteur trouve surtout la rédemption à la télévision dans la série House of Cards qui débute en 2013 et dont il mène plus d’une soixantaine d’épisodes. Il y incarne un homme politique sans scrupules qui aboutit à la Maison Blanche. Sa carrière au cinéma se poursuit également avec un passage par le culte Baby Driver (Edgar Wright, 2017).
Une carrière brisée par les accusations sexuelles
Mais l’année 2017 est aussi celle du crash en plein vol de la carrière du comédien, emporté par la vague d’accusations sexuelles qui bouleverse Hollywood depuis l’affaire Weinstein. L’acteur est ainsi accusé d’avoir abusé sexuellement de jeunes hommes en profitant de son statut de star. Ces accusations l’ont contraint à abandonner le film Tout l’argent du monde, réalisé par Ridley Scott, tandis que la dernière saison de House of Cards s’est tournée sans lui.
Même s’il tente parfois de revenir dans des films, ceux-ci sont boycottés aux Etats-Unis et font des flops à répétition. Les accusations pour agressions sexuelles ne cessent de pleuvoir sur l’acteur qui a été contraint d’effectuer son coming out. Notons que depuis le début de ces affaires qui lui ont coûté sa carrière, Kevin Spacey n’a jamais été condamné par un tribunal judiciaire. Seul le tribunal médiatique a eu sa peau.