Acteur et réalisateur américain, Jeff Corey (de son vrai nom Arthur Zwerling) est né en 1914 à Brooklyn, dans la ville de New York aux Etats-Unis. Le jeune garçon se passionne très tôt pour le théâtre, participant à des représentations scolaires et intégrant même une troupe de jeunes amateurs. Lorsqu’il commence à jouer en professionnel, il adopte le nom plus neutre de Jeff Corey.
Un acteur de théâtre proche du Parti communiste
Le comédien travaille à la scène avec des grands noms comme Elia Kazan et toute l’avant-garde plus ou moins liée au Parti communiste, ce qui lui vaudra des problèmes lors du Maccarthysme. Jeff Corey débute une riche carrière forte de plus de 240 titres en 1937 dans Echec au crime (D. Ross Lederman, 1937). Refusant le jeu des studios, il travaille en freelance pour toutes les firmes qui veulent bien de lui. Au début de sa carrière, il est rarement crédité au générique des films tant ses rôles sont courts.
En 1943, il joue dans Frankenstein rencontre le loup-garou (Roy William Neill, 1943), puis Quelque part dans la nuit (Joseph L. Mankiewicz, 1946), Les tueurs (Robert Siodmak, 1946), Les Démons de la liberté (Jules Dassin, 1947), Jeanne d’Arc (Victor Fleming, 1948), L’homme du Nevada (Gordon Douglas, 1950).
Le temps de la liste noire
Malheureusement, sa carrière est stoppée nette en 1951 lorsqu’il est placé sur la liste noire d’Hollywood par la commission de McCarthy à cause de son passé communiste. Durant cette période sombre où il n’apparaît plus dans aucun film, il a continué à donner des cours de théâtre afin de survivre.
Jeff Corey revient au début des années 60, d’abord par le biais de la télévision où il joue dans Les Incorruptibles, puis au cinéma où il apparaît dans Le canari jaune (Buzz Kulik, 1963). Dès lors, il ne cessera plus de jouer. On le voit notamment dans Le Kid de Cincinnati (Norman Jewison, 1965), L’opération diabolique (John Frankenheimer, 1966), De sang-froid (Richard Brooks, 1967), L’Étrangleur de Boston (Richard Fleischer, 1968) et une palanquée de séries télévisées.
Retour en grâce
Second rôle prolifique, Jeff Corey est encore visible dans Butch Cassidy et le Kid (George Roy Hill, 1969), Little Big Man (Arthur Penn, 1970), Le dernier nabab (Elia Kazan, 1976), Les oies sauvages (Andrew V. McLaglen, 1978), L’Épée sauvage (Albert Pyun, 1982), Conan le Destructeur (Richard Fleischer, 1984), Le messager de la mort (J. Lee Thompson, 1988), Comme un oiseau sur la branche (John Badham, 1990) et Color of Night (Richard Rush, 1994). On notera qu’il a également été réalisateur d’une quinzaine d’épisodes de séries télé entre 1971 et 1974.
Jeff Corey décède en 2002 à l’âge de 88 ans à cause de complications liées à une mauvaise chute.