Les oies sauvages : la critique du film (1978)

Action, Guerre | 2h12min
Note de la rédaction :
7/10
7
Les oies sauvages, l'affiche

  • Réalisateur : Andrew V. McLaglen
  • Acteurs : Roger Moore, Richard Burton, Richard Harris, Hardy Krüger, Stewart Granger
  • Date de sortie: 04 Oct 1978
  • Nationalité : Britannique, Suisse
  • Titre original : The Wild Geese
  • Scénario : Reginald Rose d'après un roman de Daniel Carney
  • Réalisateur seconde équipe et monteur : John Glen
  • Distributeur : Warner Columbia Films
  • Editeur vidéo : Warner Home Vidéo (VHS), Movinside (DVD, Blu-ray)
  • Sortie vidéo (blu-ray) : 10 octobre 2017
  • Box-office France / Paris-périphérie : 1 037 275 entrées / 208 725 entrées
  • Box-office Allemagne : 3 900 000 entrées
  • Budget : 10 M$
  • Classification : Interdit aux moins de 12 ans

Film de commando en apparence bas du front, Les oies sauvages propose pourtant une vision très sombre de la politique néocoloniale menée par les puissances européennes en Afrique. Efficace et cynique à la fois.

Synopsis : Limbani, président d’un Etat africain est capturé par Ndofa. Des mercenaires sont engagés pour le libérer mais ils sont traqués par les hommes de Ndofa, le rival de Limbani…

Un film de guerre à l’ancienne, mais pas seulement…

Critique : Au milieu des années 70, le producteur britannique Euan Lloyd cherche à mettre sur pied un film de guerre impressionnant destiné à marquer les esprits. Pour cela, on lui conseille de lire les épreuves d’un livre de Daniel Carney qui conte les aventures d’un groupe de mercenaires envoyés en Afrique pour enlever un dirigeant local. Séduit par l’intrigue, le producteur se porte acquéreur des droits d’adaptation et facilite même la publication du livre.

Afin de transposer au mieux cette histoire, Lloyd engage le scénariste Reginald Rose, resté célèbre pour être l’auteur de Douze hommes en colère (Lumet, 1957). L’homme, plutôt progressiste, va donner une touche d’humanité bienvenue dans un ensemble qui pourrait initialement passer pour frustre. Ainsi, il n’hésite pas à consacrer un tiers du film à décrire la psychologie des personnages principaux, avant même de les lancer dans l’action, ce qui a pour effet de nous les rendre proches, alors même qu’il s’agit de mercenaires.

McLaglen plonge dans l’enfer des décolonisations africaines

Afin de s’assurer une réalisation calibrée, Lloyd engage l’Américain Andrew V. McLaglen, surtout connu pour ses nombreux westerns avec John Wayne. Celui-ci est secondé par John Glen dont le travail sur les scènes d’action des James Bond est alors salué par tous. Enfin, côté casting, le producteur s’assure la participation de Richard Burton et  Richard Harris (ce dernier remplace Burt Lancaster, visiblement trop gourmand), ainsi que de Roger Moore. Il obtient enfin les participations de Hardy Krüger et Stewart Granger, afin de compléter une distribution prestigieuse.

Si le postulat de départ peut faire légitimement peur (suivre les aventures de mercenaires sans foi ni loi), les auteurs s’en sortent avec malice. Ils s’inspirent notamment de la personnalité de Moïse Tshombé (président du Katanga entre 1960 et 1963) pour donner corps et voix à leur dissident Limbani. Toutefois, ils gomment toutes les ambiguïtés du véritable Tshombé pour en faire une sorte d’apôtre de la paix entre les peuples et de conciliateur entre les Blancs et les Noirs. Dès lors, le film, souvent accusé de néo-colonialisme, se fait bien plus fin et cynique que prévu.

L’économie et la corruption comme armes néocoloniales

Lorsque les mercenaires viennent enlever ce dirigeant déchu, ils se retrouvent face à un homme de conviction qui parvient à leur faire épouser sa cause. Dès lors, le long-métrage pourrait passer pour une version idéalisée des relations entre l’Europe et l’Afrique. Toutefois, le script est plus malin en proposant une fin nettement plus amère. Effectivement, les mercenaires sont trahis par leurs commanditaires et leur mission se révèle un échec sur toute la ligne. Il s’agit dès lors d’un constat plutôt amer sur l’impossibilité pour le continent africain de sortir d’une nouvelle forme de colonisation : l’exploitation économique des ressources par les entreprises privées européennes, avec l’aide de dirigeants africains corrompus – mais désormais élus démocratiquement.

Derrière son apparente futilité, ce démarquage des 12 salopards (Aldrich, 1967) est donc bien plus intéressant que bon nombre de longs-métrages tournés à la même époque. Il faut ajouter à cela des personnages plutôt bien caractérisés (exception faite de celui de Roger Moore, visiblement là uniquement pour que l’acteur fasse son traditionnel numéro de pince-sans-rire). On apprécie particulièrement l’évolution psychologique de Richard Harris et Hardy Krüger qui incarnent les deux personnages les plus intéressants.

Des scènes de bataille efficaces ponctuent ce spectacle de qualité

Enfin, lorsque l’action se fait plus présente, Andrew V. McLaglen, bien aidé par John Glen, nous livre quelques séquences vraiment bien troussées. On pense notamment à l’impressionnante scène de bataille entre le convoi bloqué sur un pont et un avion qui le mitraille. L’invasion du camp retranché, ainsi que l’évacuation du commando sont également des moments particulièrement efficaces qui restent aisément en mémoire.

De quoi faire de ces Oies sauvages un très bon divertissement et sans aucun doute l’un des meilleurs films de McLaglen, rarement aussi inspiré. Il a d’ailleurs connu un beau succès avec plus d’un million d’entrées sur toute la France et un score impressionnant de 3,9 millions de tickets vendus rien qu’en Allemagne. Cet accueil chaleureux du grand public s’avère pleinement mérité.

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Critique : Virgile Dumez

Les sorties de la semaine du 4 octobre 1978

Les oies sauvages, l'affiche

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Bande-annonce de Les oies sauvages (VOSTF)

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