Réalisateur, directeur de la photographie et producteur américain, Victor Fleming est né en 1889 à La Cañada en Californie. Le jeune homme effectue ses études secondaires à Los Angeles lorsqu’il fait la rencontre fortuite d’Allan Dwan. Par leur amitié naissante, Dwan propose à Victor Fleming de l’accompagner sur les tournages qui ont lieu dans le désert californien.
Un directeur de la photo apprécié
Nous sommes alors dans les années 10 et l’industrie du cinéma est en train d’éclore. Passionné de photographie, Victor Fleming devient d’abord opérateur, puis directeur de la photographie sur des œuvres interprétées par Douglas Fairbanks.
Cette belle carrière est interrompue par la Première Guerre mondiale à laquelle Victor Fleming participe en tant que caméraman. Ainsi, il filme le traité de Versailles de 1919 pour le compte du président américain Wilson. Lorsqu’il revient aux States, son ami Douglas Fairbanks l’engage comme directeur de la photo et réalisateur pour le compte de sa compagnie indépendante United Artists. Pour elle, il signe donc son premier film intitulé Cauchemars et superstitions (1919), joué par Douglas Fairbanks.
Le temps des films muets
Il retrouve la star à plusieurs reprises, notamment dans la comédie d’aventures Une poule mouillée (1920). Toutefois, il passe à la Paramount en 1922 où il signe de nombreux films commerciaux, essentiellement des westerns, genre alors en pleine ascension. Ainsi, on lui doit L’appel de la vallée (1923) avec Richard Dix, mais on préfère se souvenir de sa comédie avec Clara Bow (alors sa compagne) nommée Mantrap (1926). De cette période où Victor Fleming enchaîne les tournages, on peut encore retenir Quand la chair succombe (1927) avec Emil Jannings. Ainsi, le film obtient des nominations aux Oscars et place désormais Victor Fleming parmi les réalisateurs qui comptent.
L’entrée à la MGM
Cela ne l’empêche pas de continuer à œuvrer pour le compte de la Paramount et il achève son contrat avec Le cavalier de Virginie (1929) qui est un triomphe puisqu’il s’agit du premier film parlant avec la star Gary Cooper. Un événement à l’époque. S’il continue à tourner pour diverses compagnies, c’est son entrée à la MGM en 1932 qui représente une nouvelle étape importante dans sa carrière. Ainsi, il y signe la comédie à succès La belle de Saïgon (1932) qui oppose Clark Gable et Jean Harlow. Cela lui offre la possibilité de choisir ses sujets et les acteurs avec qui il souhaite tourner.

Copyright Metro-Goldwyn-Mayer (MGM)
En 1933, Victor Fleming retrouve Jean Harlow pour la comédie Mademoiselle Volcan qui met en boite le milieu artistique hollywoodien, puis enchaîne avec le très commercial film d’aventures L’île au trésor (1934) qui bénéficie de l’excellente prestation de Wallace Beery en Long John Silver. L’année suivante, Fleming retrouve à nouveau Jean Harlow pour la comédie musicale Imprudente jeunesse (1935) et donne sa chance à un petit nouveau dans La jolie batelière (1935). Il s’agit d’Henry Fonda.
Victor Fleming ou le temps des succès colossaux
Mais ensuite, le cinéaste développe une amitié avec Spencer Tracy qu’il dirige à de nombreuses reprises. Cela commence par Capitaines courageux (1937), une adaptation de Kipling qui connaît un magnifique succès en salles aux Etats-Unis. Le métrage est nominé aux Oscars dans quatre catégories et décroche la statuette du meilleur acteur pour Spencer Tracy. Le cinéaste retrouve son acteur fétiche pour la comédie Pilote d’essai (1938) avec également Clark Gable.

© 1939 Metro-Goldwyn-Mayer (MGM). All Rights Reserved.
Mais la production la plus importante qui échoie à Victor Fleming est celle du Magicien d’Oz (1939) qui ne sera que le deuxième film en Technicolor de la Paramount. Ainsi, de nombreux problèmes techniques se posent durant le tournage épique de l’œuvre qui fait de la jeune Judy Garland une star instantanée. Le chef d’œuvre est récompensé par deux Oscars pour la musique et la meilleure chanson originale. Toutefois, Victor Fleming n’a pas vraiment le temps de s’en apercevoir puisqu’il est envoyé par David O’Selznick sur le tournage d’Autant en emporte le vent (1939), prenant la suite de George Cukor.
Le film est tout bonnement le plus gros succès de l’histoire du cinéma (avec 3,44 milliards de dollars en prenant en compte l’inflation) et décroche au passage huit Oscars dont celui du meilleur film, du meilleur réalisateur pour Victor Fleming, mais aussi de la meilleure actrice pour Vivien Leigh. Enfin signalons que l’actrice Hattie McDaniel est la toute première comédienne noire à obtenir un Oscar pour sa prestation en nounou.
Désormais au sommet de sa carrière, Victor Fleming peut tourner sa version – très réussie – du Docteur Jekyll et M. Hyde (1941) avec Spencer Tracy. Le cinéaste réussit encore Tortilla Flat (1942) et Un nommé Joe (1943), toujours avec sa star fétiche.
Une fin de carrière précipitée

© 1948 Sierra Pictures / Affiche : Bernard Lancy. Tous droits réservés.
Toutefois, après la guerre, il rompt son contrat avec la MGM et décide de monter en indépendant Jeanne d’Arc (1948), projet qui tient à cœur à sa compagne d’alors, la star Ingrid Bergman. Si le métrage est un triomphe en France, se classant numéro 1 de l’année 1949, il est un échec aux Etats-Unis. A la même époque, Ingrid Bergman rompt avec lui, mais aussi avec son mari et elle abandonne ses enfants pour partir en Italie vivre une idylle avec le réalisateur Roberto Rossellini. Cela touche énormément Victor Fleming qui a du mal à se remettre de ce coup dur.
Malmené par la vie durant l’année 1948, Victor Fleming succombe en janvier 1949 d’un infarctus. Il avait alors 59 ans.