Acteur allemand, Reinhard Kolldehoff (parfois crédité René Kolldehoff en France) est né en 1914 à Berlin. Le jeune comédien fait ses débuts au théâtre durant la période du nazisme, vers 1936. On le découvre pour la première fois au cinéma dans un court rôle au sein de Der Gasmann (Carl Froelich, 1941). Toutefois, cette première expérience reste lettre morte car l’acteur est appelé pour servir sous les drapeaux.
Ayant survécu à la guerre, Reinhard Kolldehoff doit toutefois patienter jusqu’en 1948 où il commence en quelque sorte une seconde carrière qui, cette fois, sera profuse avec plus de 200 titres tournés jusqu’à sa mort en RFA et ailleurs. Signalons d’ailleurs qu’il a longtemps continué à jouer sur les scènes germaniques. Parmi ses films les plus marquants, on peut citer L’affaire Blum (Erich Engel, 1948), J’ai trahi Hitler (Wolfgang Staudte, 1949), Brelan d’as (Henri Verneuil, 1952) et L’homme de Berlin (Carol Reed, 1953). Dès cette époque, il va initier une carrière internationale qui lui permet de donner la réplique aux plus grands.
Ainsi, on retrouve Reinhard Kolldehoff dans Les aventuriers du Mékong (Jean Bastia, 1958), La grenouille attaque Scotland Yard (Harald Reinl, 1959), Le diabolique docteur Mabuse (Fritz Lang, 1960), Le chant du monde (Marcel Camus, 1965), La ligne de démarcation (Claude Chabrol, 1966), La grande vadrouille (Gérard Oury, 1966), Playtime (Jacques Tati, 1967), Les damnés (Luchino Visconti, 1969) ou encore La horse (Pierre Granier-Deferre, 1970).
On notera que dans ses films tournés à l’étranger, Reinhard Kolldehoff a surtout interprété des militaires allemands, voire des nazis. Il se diversifie de temps à autre, notamment avec La poursuite sauvage (Daniel Mann, 1972), Une raison pour vivre, une raison pour mourir (Tonino Valerii, 1972), La poursuite implacable (Sergio Sollima, 1973) et il donne la réplique à Alain Delon dans Borsalino and Co. (Jacques Deray, 1974).
A cette époque, l’acteur accepte de plus en plus de rôles à la télévision, même si on le revoit au grand écran dans Je t’aime, moi non plus (Serge Gainsbourg, 1976) ou Comme un boomerang (José Giovanni, 1976). Si l’on excepte quelques films alimentaires tournés en Italie, Kolldehoff se spécialise de plus en plus dans les séries télé germaniques au cours des années 80. Au cinéma, il joue encore dans Equateur (Serge Gainsbourg, 1983), Palace (Edouard Molinaro, 1985) et le beau Werther (Pilar Miró, 1986).
Malheureusement, le comédien doit cesser ses activités à la fin des années 80 car il est atteint de la maladie de Parkinson qui finit par l’emporter en 1995 à l’âge de 81 ans.