Carol Reed

Réalisateur, Scénariste, Producteur, Acteur
Le troisième homme, l'affiche

Personal Info

  • Nationalité : Britannique
  • Date de naissance : 30 décembre 1906 à Londres (UK)
  • Date de décès : 25 avril 1976 à Londres (UK) à l'âge de 69 ans.
  • Crédit visuel : © 1949 Canal + Image UK Ltd / Affiche : © Bernard Lancy. Tous droits réservés.

Biographie

Note des spectateurs :

Réalisateur, producteur, scénariste et acteur britannique, Carol Reed est né en 1906 à Londres d’une union illégitime entre l’acteur de théâtre Herbert Beerbohm Tree et sa maîtresse May Pinney Reed. Après avoir suivi les cours de la King’s School de Canterbury, Carol Reed s’est intéressé au théâtre dès 1927 où il débute une carrière d’acteur. Pourtant, petit à petit, il s’impose davantage au cours des années 30 comme un metteur en scène apprécié.

Carol Reed, une formation accélérée dans les années 30

Dès 1930, il entame des stages en tant qu’assistant sur des tournages de cinéma. Il est ainsi crédité en tant qu’assistant sur des œuvres mineures jusqu’en 1934. Ensuite, en 1935, on lui propose de coréaliser avec Robert Wyler la comédie romantique Mannequin de Paris (1935). Pris du virus de la réalisation, Carol Reed enchaîne aussitôt avec le film d’aventures Midshipman Easy (1935). Même si ses premières œuvres sont des films commerciaux généralement très courts, le cinéaste développe déjà des thèmes de prédilection comme la confrontation entre un individu et un cadre sociétal hostile. Durant cette première période de formation, on retiendra surtout Week-end (1938), une comédie dramatique portée par l’interprétation de Margaret Lockwood. Le cinéaste la retrouve sur A Girl Must Live (1939).

Les premiers chefs d’œuvre des années 40

Toutefois, le premier chef d’œuvre du réalisateur intervient en 1940 avec Train de nuit pour Munich (1940) où le style noir du réalisateur se fait jour, toujours magnifié par le jeu de Lockwood. Durant cette période troublée de la Seconde Guerre mondiale, Carol Reed révèle de vraies qualités de metteur en scène et signe d’autres œuvres importantes comme Sous le regard des étoiles (1940), Kipps (1941) et Le jeune Monsieur Pitt (1942).

Les années suivantes, Carol Reed les passe à servir sous les drapeaux et tourne notamment quelques documentaires propagandistes. Il revient au cinéma de fiction avec L’héroïque parade (1944) qui met en exergue le talentueux David Niven et est souvent considéré comme l’un des meilleurs films de guerre britannique. A la même époque, Carol Reed cosigne le documentaire La vraie gloire (1945) avec Garson Kanin. Ce long-métrage obtient l’Oscar du meilleur film documentaire en 1946.

Huit heures de sursis, l'affiche de la reprise de 2014

© 1947 Two Cities Films / © 2014 Théâtre du Temple. Tous droits réservés.

Décidément très verve, Carol Reed revient à la fiction en 1947 avec le film noir Huit heures de sursis (1947) avec James Mason. L’originalité du script et la qualité de la réalisation font du film un classique instantané. Il fut en son temps présenté à la Mostra de Venise et a obtenu une nomination aux Oscars. Après ce beau succès personnel, Carol Reed choisit de quitter la Rank pour rejoindre la firme d’Alexander Korda (London Films). Pour son premier sujet dans la nouvelle compagnie, Carol Reed choisit d’adapter un livre de Graham Greene et tourne ainsi Première désillusion (1948) qui est aujourd’hui considéré comme un grand classique du cinéma britannique.

Le coup de génie du Troisième homme

Toujours aussi inspiré, Carol Reed enchaîne avec son film le plus célèbre, à savoir Le troisième homme (1949) avec Orson Welles, toujours sur un sujet de Graham Greene. Non content d’être passionnant sur le plan thématique, le film bénéficie d’une esthétique en noir et blanc magnifique. Le thriller paranoïaque reçoit le Grand Prix du Festival de Cannes en 1949, ainsi qu’un Oscar pour la beauté de sa photographie. A cela, il faut bien entendu ajouter un thème musical inoubliable d’Anton Karas et Le troisième homme peut être considéré comme le chef d’œuvre absolu de son cinéaste. Cette réussite est récompensée par 5,7 millions de spectateurs en France et une troisième place annuelle en 1949.

Trapèze, l'affiche

© 1956 Hecht-Lancaster Productions – Joanna Productions – Susan Productions / Affiche : André Bertrand. Tous droits réservés.

Deux ans plus tard, Carol Reed adapte cette fois-ci Joseph Conrad avec Le banni des îles (1951) avec Ralph Richardson et Trevor Howard. Le film reçoit un bel accueil critique, mais le public est un peu plus en retrait avec 864 401 spectateurs en France. Désireux de retrouver le succès de son Troisième homme, Carol Reed revient au thriller d’espionnage avec L’homme de Berlin (1953) avec James Mason. Il s’agit d’une nouvelle réussite, même si le public est moins présent dans les salles.

Etrangement, Carol Reed se tourne à partir du milieu des années 50 vers des œuvres plus proches d’un public familial et il intègre l’usine à rêves hollywoodienne. Il réalise notamment L’enfant et la licorne (1955), puis tourne un film de cirque à grand retentissement intitulé Trapèze (1956). Il y bénéficie d’un casting en or avec Tony Curtis, Burt Lancaster et la belle Gina Lollobrigida. Malgré son classicisme et sa prévisibilité, le film atteint sa cible avec 4,2 millions d’entrées rien qu’en France.

Après un dispensable drame romantique intitulé La clé (1958), Carol Reed revient aux choses sérieuses avec un nouveau thriller d’espionnage. Notre agent à La Havane (1959) lui permet de retrouver l’écrivain Graham Greene et de diriger Alec Guinness. Pourtant, le film ne déplace pas les foules et termine sa carrière française à 541 891 tickets vendus.

Le déclin au cours des années 60

Les années 60 lui sont moins favorables et le réalisateur débute le tournage des Révoltés du Bounty (1962) avant d’être remplacé par Lewis Milestone à cause d’un conflit ouvert avec la star Marlon Brando, qui a eu sa peau. Après cette très mauvaise expérience, Carol Reed revient à l’espionnage avec Le deuxième homme (1963) avec Laurence Harvey. Mais le long fait pâle figure par rapport à ses autres films du même genre.

Oliver!, l'affiche

© 1968 Columbia Pictures Industries Inc. Tous droits réservés.

Afin de rebondir, Carol Reed tourne pour le compte des Américains un gros film à Oscars, avec un budget astronomique. L’extase et l’agonie (1965) évoque les relations houleuses entre Michel-Ange (Charlton Heston) et le pape Jules II (Rex Harrison) qui lui a commandé les fresques de la chapelle Sixtine. Malgré cinq nominations aux Oscars, la fresque historique est un cruel échec commercial (seulement 254 663 spectateurs en France) et Carol Reed est contraint de retourner en Angleterre. Son expérience américaine aura donc tourné court.

De retour sur ses terres, il réalise une nouvelle grosse production destinée à un public familial. Avec Oliver! (1968), Carol Reed s’attaque à la comédie musicale et livre un dernier chef d’œuvre qui a triomphé aux States, mais a laissé les Français de marbre avec seulement 781 449 entrées. Le genre de la comédie musicale n’est décidément pas en vogue en France.

Le sursaut Oliver!, avant la fin précipitée

Oliver! constitue en tout cas le dernier grand film du réalisateur qui tourne encore deux autres longs-métrages tout à fait dispensables. Ainsi, L’indien (1970) n’est qu’un véhicule pour Anthony Quinn et Sentimentalement vôtre (1972) ne vaut que pour la présence au générique de Mia Farrow. On peine alors à retrouver le cinéaste du Troisième homme dans ces œuvres anodines.

Carol Reed – qui a parfois fait tourner son neveu, l’acteur Oliver Reed – est mort brusquement en 1976 d’un infarctus du myocarde. Il avait 69 ans. Il restera l’un des plus importants cinéastes britanniques du 20ème siècle.

Virgile Dumez

Ils nous ont quittés en 1976

Filmographie :

Réalisateur (longs-métrages uniquement) :

  • 1935 : Mannequin de Paris (It Happened in Paris) coréalisé avec Robert Wyler
  • 1935 : Midshipman Easy
  • 1936 : Laburnum Grove
  • 1937 : L’Homme aux cent voix (Talk of the Devil)
  • 1937 : L’ami de Madame (Who’s Your Lady Friend ?)
  • 1938 : Penny Paradise
  • 1938 : Week-end (Bank Holiday)
  • 1938 : La Grande Escalade / Robin des bois d’Ecosse (Climbing High)
  • 1939 : A Girl Must Live
  • 1940 : Sous le regard des étoiles (The Stars Look Down)
  • 1940 : Le dernier témoin (Girl in the News)
  • 1940 : Train de nuit pour Munich (Night Train to Munich)
  • 1941 : Kipps
  • 1941 : A Letter from Home
  • 1942 : Le jeune Monsieur Pitt (The Young Mr. Pitt)
  • 1943 : The New Lot
  • 1944 : L’Héroïque Parade (The Way Ahead)
  • 1945 : La Vraie Gloire (The True Glory) – documentaire
  • 1947 : Huit Heures de sursis (Odd Man Out)
  • 1948 : Première Désillusion (The Fallen Idol)
  • 1949 : Le Troisième Homme (The Third Man)
  • 1951 : Le Banni des îles (Outcast of the Islands)
  • 1953 : L’Homme de Berlin (The Man Between)
  • 1955 : L’Enfant et la Licorne (A Kid for Two Farthings)
  • 1956 : Trapèze (Trapeze)
  • 1958 : La Clef (The Key)
  • 1959 : Notre agent à La Havane (Our Man in Havana)
  • 1962 : Les Révoltés du Bounty (Mutiny on the Bounty) (non crédité au générique)
  • 1963 : Le Deuxième Homme (The Running Man)
  • 1965 : L’Extase et l’Agonie (The Agony and the Ecstasy)
  • 1968 : Oliver !
  • 1970 : L’Indien (Flap)
  • 1972 : Sentimentalement vôtre (Follow Me !)
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