La grande vadrouille : la critique du film (1966)

Comédie | 2h12min
Note de la rédaction :
8/10
8
La grande vadrouille, l'affiche

  • Réalisateur : Gérard Oury
  • Acteurs : Louis de Funès, Bourvil, Andréa Parisy, Marie Dubois, Terry-Thomas, Paul Préboist, Henri Génès, Helmuth Schneider, Sieghardt Rupp
  • Date de sortie: 08 Déc 1966
  • Nationalité : Français, Britannique
  • Scénario : Gérard Oury, Danièle Thompson, Marcel Jullian, d'après un premier scénario de Gérard Oury et Jean-Charles Tacchella
  • Directeur de la photographie : Claude Renoir
  • Musique : Georges Auric
  • Distributeur : Valoria Films
  • Editeur vidéo (blu-ray) : Studio Canal
  • Sortie vidéo (blu-ray) : 4 octobre 2016
  • Budget : 2 290 000 euros
  • Box-office France / Paris-périphérie : - 17 267 607 / 2 233 661 (1966) - 50 138 / 7 931 (reprise de 2016)
  • Crédits visuels : © 1966 StudioCanal - © 1966 StudioCanal / Illustration : Ferracci. Tous droits réservés.
Note des spectateurs :

La grande vadrouille est assurément le film comique le plus vu de l’histoire du cinéma français. Son impact est d’ailleurs toujours aussi fort sur le public, et ceci malgré quelques chutes de rythme.

Synopsis : En 1942, un avion anglais est abattu par les Allemands au-dessus de Paris. Les trois pilotes sautent en parachute et atterrissent dans différents endroits de la capitale. Ils sont aidés par deux civils français, un chef d’orchestre et un peintre en bâtiment qui acceptent de les mener en zone libre; ils deviennent ainsi, malgré eux, acteurs de la Résistance.

Une occasion en or de réunir à nouveau Bourvil et de Funès

Critique : En 1965, Le corniaud surprend tout le monde en cumulant 11 739 783 entrées, confirmant l’attachement des Français pour Bourvil et consacrant Louis de Funès comme la star incontournable du rire en ces glorieuses années 60. Gérard Oury acquiert alors un statut très enviable au sein du système de production national, pouvant proposer des projets de comédie ambitieux, dotés de budgets conséquents.

La grande vadrouille, l'affiche de la reprise

© 1966 StudioCanal Tous droits réservés.

Il en profite alors pour remanier un scénario qu’il avait écrit quelques années avant sur la fuite de l’équipage d’un bombardier britannique à travers la France occupée à l’aide de deux jumelles. Avec l’aide de Marcel Jullian et de Danielle Thompson, il modifie cette histoire et l’adapte au duo comique Bourvil / De Funès qu’il reforme pour profiter de l’engouement du public.

La Seconde Guerre mondiale pour tous

Avec La grande vadrouille, Oury s’empare d’un sujet qui demeure encore brûlant en 1966, à savoir la période de la Seconde Guerre mondiale, mais qu’il évoque de manière à ne brusquer personne. Ainsi, les deux héros sont deux Français peu impliqués sur le plan politique, mais qui finissent par venir en aide malgré eux à des Britanniques en difficulté. On retrouve ici un thème comique particulièrement à la mode qui surfe sur le prétendu système D typiquement français.

Quelque part rassurant à une époque où l’on commence à se poser des questions sur l’implication du peuple français dans la collaboration, le film fait de tout un chacun un résistant potentiel face à des Allemands qui sont ici ridiculisés. Typique d’une période de notre histoire nationale où le déni de collaboration était institué par le général de Gaulle lui-même, La grande vadrouille n’a donc aucun but pernicieux et se révèle être une comédie classique opposant surtout deux caractères bien tranchés. Et c’est d’ailleurs cette confrontation de deux tempéraments différents qui en fait tout le prix.

Un film fondé sur l’alchimie comique parfaite entre Bourvil et de Funès

Il est significatif qu’un bon nombre de séquences devenues culte ne furent pas prévues initialement dans le scénario. On pense notamment à la fameuse scène où Bourvil doit porter de Funès, résultat d’une improvisation entre les deux comédiens. Bien entendu, la charpente du script est idéalement construite et de nombreux gags se révèlent imparables, mais leur efficacité est décuplée par la symbiose qui existe entre Bourvil et De Funès.

Comme dans Le corniaud, la naïveté du premier est magnifiquement contrebalancée par la rouerie du second et ce mélange fameux donne lieu à des moments d’anthologie. On ne compte plus les séquences culte comme celle des bains turcs, mais aussi la scène des ronflements ou encore l’escapade à pied citée précédemment. Le tout est filmé consciencieusement par un Gérard Oury disposant d’énormes moyens, bien visibles à l’écran.

Le film de tous les records au box-office

Si aujourd’hui certains passages paraissent moins percutants et la durée un brin excessive (plus de deux heures tout de même), La grande vadrouille demeure un jalon important de la comédie made in France grâce aux deux acteurs, vraiment au sommet de leur art. Le succès du film fut d’ailleurs incroyable, battant tous les records en France en cumulant plus de 17 millions d’entrées, ce qui resta longtemps un score invaincu sur notre territoire.

De nos jours, il reste le film français le plus vu, y compris à l’étranger. Pour mémoire, il est encore à ce jour le long-métrage français ayant connu le plus de succès en Allemagne, tandis qu’il n’a eu de cesse d’exploser les records en Espagne, en Suède et même en URSS. Si de tels résultats semblent bien excessifs au regard du film – somme toute modeste dans son propos – il consacre un certain rire à la française bien de chez nous.

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Critique du film :  Virgile Dumez

Les sorties de la semaine du 8 décembre 1966

La grande vadrouille, l'affiche de la reprise

© 1966 StudioCanal Tous droits réservés.

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La grande vadrouille, l'affiche

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