Adriana Asti

Actrice
Adriana Asti dans "Accatone" (1961) de Pier Paolo Pasolini

Personal Info

  • Nationalité : Italienne
  • Date de naissance : 30 avril 1931 à Milan (Italie)
  • Date de décès : 31 juillet 2025 à Rome (Italie)
  • Crédit visuel : Adriana Asti dans "Accatone" © 1961 Alfredo Bini, Cino Del Luca. Tous droits réservés.

Biographie

Note des spectateurs :

Grande dame du cinéma et du théâtre italien, Adriana Asti a mené une carrière discrète mais brillante pendant plusieurs décennies, et a côtoyé les plus grands.

Adriana Asti, de Giorgio Strehler et Visconti à Pasolini et Bertolucci

L’actrice débute simultanément à la scène et à l’écran. Sa rencontre avec Giorgio Strehler est déterminante : il la dirige dans Élisabeth d’Angleterre de Bruckner, joué au Piccolo Teatro de Milan en 1951. Suivront une multitude de spectacles mis en scène par Luchino Visconti, Vittorio Gassman, Susan Sontag, Giorgio Ferrara (son troisième époux) mais aussi, plus tard, Alfredo Arias, Bernard Murat ou Bob Wilson. Au milieu des années 50, avec son premier mari, l’homme de lettres Fabio Mauri, elle fréquente des intellectuels tels qu’Alberto Moravia et Pier Paolo Pasolini.

Ce dernier lui propose un rôle central au cinéma, dans Accatone (1961). Il s’agit du deuxième film important d’Adriana Asti, après Rocco et ses frères (Visconti, 1960), où elle tient un petit rôle. Mais c’est Prima della rivoluzione (1964) de Bernardo Bertolucci, dans lequel elle est tête d’affiche, qui élargit son audience. Le réalisateur sera son second époux pendant cinq ans. Alternant premiers et seconds rôles, cinéma d’auteur et films de genre, Adriana Asti tourne, entre autres, Disons un soir à dîner (1969) de de Giuseppe Patroni Griffi, Les pages galantes et scandaleuses (1972) de Manlio Scarpelli, Ludwig (Visconti, 1972) et Mais qui porte donc la culotte ? (1973) de Giorgio Capitani.

Une comédienne très demandée, de Buñuel à Abel Ferrara

Dans le fantôme de la liberté (1974), Luis Buñuel lui confie le double rôle troublant de la dame en noir et d’une morte qui donne-rendez-vous à son frère (Julien Bertheau), respectable préfet, dans le caveau familial. L’un des moments les plus savoureux du film… On la retrouve dans Zorro (1975) de Duccio Tessari et trois longs métrages de Mauro Bolognini, à savoir Vertiges (1975), L’héritage (1976) et Black Journal (1977). Puis elle fait partie de la distribution du sulfureux Caligula (1979) de Tinto Brass.

Les années 80 sont peu fournis en rôles cinématographiques. Adriana Asti joue à la fin de cette décennie la mère de Béatrice Dalle dans Chimère (1989) de Claire Devers, avant d’être au générique de plusieurs productions dont La septième demeure (1995) de Márta Mészáros, Le cri de la soie (1996) d’Yvon Marciano et Mange ta soupe (1997) de Mathieu Amalric. Marco Tullio Giornana la sollicite à trois reprises avec Pasolini, mort d’un poète (1995), Nos meilleures années (2003) et Une fois que tu es né… (2005).

Dans les années 2010, la comédienne est toujours active, dirigée par André Téchiné (Impardonnables, 2011), Abel Ferrara (Pasolini, 2014) ou Benoit Jacquot (Journal d’une femme de chambre, 2015). Elle cesse les tournages en 2018. Adriana Asti est décédée le 31 juillet 2025 à l’âge de 94 ans.

Gérard Crespo 

Ils nous ont quittés en 2025

Filmographie sélective d’Adriana Asti

Actrice, longs métrages
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