Urgence : la critique du film + test blu-ray (1985)

Action, Thriller politique | 1h41min
Note de la rédaction :
4.5/10
4.5
Affiche de Urgence

  • Réalisateur : Gilles Béhat
  • Acteurs : Richard Berry, Georges Géret, Jean-François Balmer, Muriel Robin, Bernard-Pierre Donnadieu, Artus de Penguern, Catherine Allégret, Fanny Bastien, Pierre Laplace, Bernard Farcy
  • Date de sortie: 30 Jan 1984
  • Année de production : 1985
  • Nationalité : Français
  • Titre original : Urgence
  • Titres alternatifs : Das Attentat (Allemagne), Urgencia (Gilles Béhat), I apopeira (Grèce)
  • Casting : Richard Berry, Bernard-Pierre Donnadieu, Jean-François Balmer, Fanny Bastien, Nathalie Courval, Catherine Allégret, Jean-Jacques Moreau, Artus de Penguern, Arthur Simms, Christian Rauth, Georges Géret, Patrick Abrial, Pierre Aknine, Jean-Paul Bonnaire, Marc Brunet, Jacques Canselier, Charles Capezzali, Thierry Carpentier, Caroline Chaniolleau, Aline Chaud, Christian Delangre, Julien Delangre, Alex Descas, Marc Dubreuil, Sidney Kotto, Patrick Laplace, Elisabeth Sender, François Levesque, Sylvain Levignac, Fabienne Mai, Smaïl Mekki, Akim Oumaouche, Hervé Pauchon, Michèle Perello, Dominique Plichet, Isabelle Rambaud, Muriel Robin, Marc Scalia, Georges Sellier, Patrick Simon, Bhime Souaré, Bernard Soufflet, Laurent Spielvogel, Michel Stano, Philippe Soutan, Philippe Thomas, Philippe Azoulay
  • Scénariste(s) : Gilles Béhat, Jean Vautrin
  • D'après le roman de Gérard Carré et Didier Cohen "Qui vous parle de mourir?"
  • Compositeur : Hector Drand / Chanson d'Arthur Simms (Edition Kotch Music)
  • Directeur de la photographie : Pierre Lhomme
  • Monteur : Geneviève Vaury
  • Chef décorateur : Jean-Pierre Kohut-Svelko
  • Ingénieur du son : Paul Lainé
  • Chef costumier : Dominique Combelles
  • Assistant réalisateur : Jean-Luc Olivier
  • Scripte : Lucile Christol
  • Producteurs : Raymond Danon, Claire Tucherer
  • Producteurs exécutifs Ralph Baum
  • Société de production : Lira Films, Les Films Montfort
  • Distributeur : Parafrance Films
  • Editeur vidéo : Carrere Vidéo (1985), LCJ Editions & Productions (DVD), Arcadès (Blu-ray)
  • Date de sortie vidéo : 18 août 2009 (DVD), 17 mars 2026 (Blu-ray)
  • Budget : Inconnu
  • Box-office France / Paris-Périphérie : 840 042 entrées / 216 896 entrées
  • Classification : Tous publics
  • Formats : 1.66 : 1 / Couleur (35mm) / Mono
  • Illustrateur/Création graphique : Philippe © Philippe
  • Crédits : © 1985 Studio TF1 Cinéma, Les Films Montfort
  • Attachés de presse : Eugène et Marlène Moineau
  • Tagline VHS : Ils ont 36 heures pour éviter le pire, il y a urgence. A chaqye minute il peut commettre le pire
Note des spectateurs :

Urgence est un thriller d’action paranoïaque antiraciste, réalisé parallèlement à la montée de Jean-Marie Le Pen dans les suffrages en 1984. Véritable douche froide au box-office, le film ambitieux mais raté, marque aussi le début du plongeon de Gilles Béhat au box-office. Pourtant, le projet mérite révision sans pour autant parler d’adhésion, à notre époque obsédée par la race, le culte et la haine de l’autre.

Synopsis : Un journaliste est tué car il avait la preuve qu’un grave attentat raciste était en préparation, prémédité par un groupe néo-nazi. Avant de mourir, il confie un étrange message à sa sœur, qui est en danger elle aussi. Elle se refugie dans une agence de presse ou elle est secourue par Jean-Pierre Mougin.

Critique : Urgence est le projet post Rue Barbare de Gilles Béhat, soit le 16e plus gros carton au box-office de l’année 1984. Donc forcément, c’était l’une des sorties les plus attendues de l’année 1985. Cette nouvelle production Raymond Danon, l’une des dernières du producteur de Vincent, François, Paul et les autres, Le juge et l’assassin et M. Klein, partait avec d’énormes espoirs. On y trouve l’un des réalisateurs les plus en vue du moment qui s’attaquait à un sujet d’actualité polémique (la montée du Front National et de l’Extrême Droite) et un casting de noms bien en vue, en tout cas tendance, dont Richard Berry.

Véritable star du cinéma français au milieu des années 80, Richard Berry est consacré par la couverture du premier hebdo du Cinéma en octobre 1984 pour le polar La Garce de Christine Pascal, avec Isabelle Huppert. Jeune premier polyvalent, œuvrant notamment dans le genre en vogue du polar, il a enchaîné les rôles dans le domaine en cinq années : Un assassin qui passe de Michel Vianey, Le Grand Pardon d’Alexandre Arcady, La Balance de Bob Swaim, au succès phénoménal et, évidemment, en 1984, L’addition de Denis Amar, film carcéral implacable.

Les polars français des années 80 sur CinéDweller

Aux côtés ou face à Richard Berry, l’ordure de service est interprétée par Bernard-Pierre Donnadieu (Le professionnel, L’Indic) qui était redoutable dans Rue Barbare. Le public a plébiscité son jeu azimuté et brut qui trouve forcément un écho jusqu’au-boutiste dans Urgence. Pour Rue Barbare, il est nommé aux César en 1985, dans la catégorie du Meilleur acteur dans un second rôle, mais devra céder la statuette à Richard Bohringer pour L’addition. Le rôle patibulaire de ce dernier n’était pas sans rappeler celui de Donnadieu.

Premier rôle féminin du film, Fanny Bastien, que le cinéaste a découverte dans une série télévisée (Dorothée, danseuse de corde), est l’une des promesses du moment. En 1984, elle a été la révélation de Pinot simple-flic de Gérard Jugnot (2 400 000 entrées) et s’est retrouvée attablée dans La tête dans le sac de Gérard Lauzier, aux côtés de Guy Marchand et Patrick Bruel au succès d’estime. Elle sera nommée aux César, en 1985, dans la catégorie du Meilleur espoir féminin pour le film de Jugnot.

Point fort du casting, Jean-François Balmer est également un atout évident. Cet éternel second rôle a lui-même eu une reconnaissance du public avec Polar de Jacques Bral au printemps 1984. Il était temps.

Bluray de Rue Barbare 5StudioCanal)

©1983 StudioCanal SAS. Photo DR. Conception Graphique : © 2024 StudioCanal

Outre ses comédiens, Urgence s’arroge un générique technique de premier choix, avec le directeur de la photo Pierre Lhomme, monument du 7er art français qui livrera par la suite Camille Claudel et Cyrano de Bergerac. Il sera chargé de noircir le trait du Paris du milieu des années 80, dans une ambiance de pluie battante de fin de cycle : l’humanité est crasseuse dans Urgence, avec des seconds rôles souvent détestables, comme ce père de famille masculiniste de banlieue bourgeoise, avec son gamin qui ose dire (approximativement) : “mon père est salaud, mais quand je serai grand je serai un plus gros salaud que lui.”

La table de montage dans l’Urgence de l’action

Au montage, Geneviève Vaury n’est pas une débutante. Elle était assistante sur Casque d’or de Jacques Becker (1952) qui lui offrira notamment le rôle de monteuse sur son chef d’œuvre, Le trou. Elle est aussi à la table de montage de la série culte Les Brigades du Tigre dans les années 70. Gilles Béhat l’avait déjà employée sur tous ses longs métrages précédents, dès Haro en 1977, puis Putain d’histoire d’amour en 1981 où il dirigeait déjà Richard Berry. Les critiques avaient apprécié le rythme et le montage qui permettaient de compenser le manque de ciment narratif du film. Dans Urgence qui relate une course contre la montre pour ébranler un attentat terroriste de grande envergure, le montage est essentiel : le thriller d’action est bâti sur le découpage de 1200 plans, ce qui ne l’empêche pas de ne pas toujours être abouti à ce niveau, puisque l’incipit autour de l’assassinat d’un jeune journaliste qui entendait mettre à mal un complot néo-nazi, et le relais de bâton à sa sœur, interprétée par Fanny Bastien, aboutissent à une mise en place d’une vingtaine de minutes assez longuette, malgré une action débridée.

Une adaptation de roman qui ne prend pas

Urgence a forcément déçu la critique de l’époque, peu impressionné par le dispositif mis en place par Gilles Béhat. Son adaptation du roman de Gérard Carré et Didier Cohen a beaucoup coupé dans le matériau littéraire initial, transformant ou synthétisant certains personnages principaux pour des soucis de cohérence à l’écran, tout en gardant les touches d’humour du roman. Richard Berry devient ainsi à l’écran la synthèse de deux personnages en un journaliste sportif fanfaron, entiché d’une journaliste de télévision célèbre. Son personnage, aussi physique dans l’action que foireux dans son humour, n’est pas des plus charismatiques, même s’il essaie tellement ! Pourtant Berry et Béhat forcent le trait pour faire de ce journaliste un héraut de la démocratie et de la lutte contre le fascisme et l’antisémitisme.

Les éditions vidéo de Urgence, avec Richard Berry et Fanny Bastien

Les éditions vidéo de Urgence © 1985 Studio TF1 Cinéma, Les Films Montfort

Film d’époque, estampillé NRJ pour le côté jeune, avec des références culturelles de son temps (le Paris-Dakar avait été lancé moins de 7 ans auparavant), Urgence gaspille tous les atouts dont il dispose pour un script peu remarquable. La relation entre le héros macho qu’incarne Richard Berry et la jeune baby-sitter Fanny Bastien, si elle évite les coucheries entre les deux protagonistes d’âges différents, manque d’alchimie, de complicité, et peut-être bien de chair. Le casting était-il le bon?

De même, à trop vouloir noircir la région parisienne de l’époque, le sentiment de morosité s’abat au détriment du dispositif cinématographique. Le plaisir du spectateur n’y est pas. Les décors, jusqu’au cadre d’un concert sous chapiteau, où se déroule la tentative d’attentat, ne génère pas l’effet waouh de Rue Barbare où l’espace rendait l’intrigue puissamment cinégénique. Béhat essaie pourtant de jouer avec la grammaire cinématographique et refuse la tentation de la réalisation planplan du téléfilm d’époque qui allait tuer le polar français dans les années 80. Certaines séquences d’action sont même spectaculaires.

Une œuvre antiraciste d’une actualité brûlante des décennies plus tard

Distribué en salle le même mois que Train d’enfer de Roger Hanin qui relatait la défenestration d’un train d’un jeune Algérien en 1983, par trois jeunes racistes, Urgence est passionnant au moins dans sa thématique alors d’actualité : l’essor du racisme en France, la haine et la violence révoltantes qui incitaient les artistes à prendre les armes du divertissement pour dénoncer les meurtres racistes quand le Front National montait inexorablement dans les urnes. Le F.N. de Jean-Marie Le Pen obtient 11%  des suffrages lors des élections au Parlement européen, en juin 1984, devenant une force électorale.

Le tournage d’Urgence, marqué par cet événement politique, donne au titre tout son sens. Désormais, le fait divers meurtrier raciste intègre une dimension politique néo-nazie organisée ; l’attentat vise un public jeune qui fait monter le bodycount potentiel à des centaines d’antiracistes. Dans le climat paranoïaque du Paris des années 80 où les attentats plombaient l’ambiance de la capitale, une bombe explosera dans un magasin Marks & Spencer, moins d’un mois après la sortie du long métrage, faisant un mort et une cinquantaine de blessés, cette fois-ci impliquant aux commandes un groupe palestinien dans le cadre d’actions pro-iraniennes en Europe. Quelle belle époque (sic).

Après Urgence, l’imminence…

Urgence est au moins un film qui invite à la réflexion. Quarante ans après sa sortie, la déflagration a bien eu lieu en France. Le Front National est devenu le Rassemblement National, parti prétendument dédiabolisé qui fait dévisser la concurrence politique aux élections et s’apprête à prendre la tête de l’une des sept plus grandes puissances au monde. L’un des fondateurs de SOS Racisme (formé en 1984) est passé chroniqueur dans la première chaine de désinformation européenne où un vent de Poutinisme souffle sur les faux Patriotes de plateau. L’attaque terroriste effroyable du 7 Octobre 2023, menée par le Hamas contre Israël, a exacerbé une polarisation politique mondiale. En réponse au massacre de civils juifs et à la prise d’otages, le gouvernement d’extrême droite israélien mène une offensive à Gaza que de nombreuses voix qualifient de génocidaire.

Depuis, des forces politiques françaises instrumentalisent ce chaos pour rejouer la carte de l’antisémitisme en France. Se sentant attaqués par une montée inexorable de la haine antisioniste, certains Juifs français embrassent même le soutien embarrassant du Rassemblement National, quand, en 1985, la lutte contre l’antisémitisme passait nécessairement par la condamnation de l’extrême droite de Jean‑Marie Le Pen. Pis, les chantres de l’antiracisme d’hier (Richard Berry et Patrick Bruel, qui tourneront L’Union sacrée chez Arcady, gros succès du polar français en 1989) deviennent des figures toxiques, éclaboussées par des scandales sexuels nourrissant des théories complotistes antisémites (Epstein, Bruel, Allen, Weinstein, Polanski, on connaît la chanson !). Enfin, la figure du journaliste, héros et héraut de la démocratie dans Urgence, est devenue l’une des plus contestées par des citoyens de plus en plus sectaires, passés aux extrêmes, notamment sur les réseaux sociaux qui fédèrent le banal désir de radicalité.

Bref, si en 1985, il y avait Urgence, on n’ose imaginer le titre d’une suite, en 2026.

Box-office d’Urgence

Si Gilles Béhat créait la surprise en 1984 avec le diamant sombre Rue Barbare qui dépassait les deux millions d’entrées, pour plastronner dans le top 20 annuel, Urgence a été un échec, puisqu’il ne dépassera pas les 850 000 entrées France. La carrière du film sera éclair et la trace du film dans l’histoire du cinéma français même de son époque sera quasi nulle.

A Paris, la carrière d’Urgence se résume à 6 semaines

C’est la deuxième plus grosse sortie du 30 janvier 1985 derrière la comédie de Francis Perrin, Ça n’arrive qu’à moi (AMLF), qui bénéficie de 40 salles. Néanmoins, avec 35 écrans, la production Raymond Danon, distribuée par Parafrance, effectue la meilleure entame, avec 10 920 entrées contre 9 910 pour la comédie franchouillarde. Disposant également de 35 cinémas, la comédie féminine Les Nanas (Marie-France Pisier, Dominique Lavanant, Anémone, Macha Méril) est larguée, avec 7 069 entrées. Dans un genre différent, le trip esthétique Razorback, sélectionné à Avoriaz, est la 4e combinaison du jour, avec 28 écrans parisiens (7 037 entrées).

Fort de son emballage, Urgence s’octroie en première semaine la première place jusqu’alors occupée par Cotton Club de Coppola. Il initie 81 040 spectateurs à son journalisme contemporain. Parafrance qui est associé au circuit Paramount, bénéficie de 9 écrans Paramount dont le Paramount Opéra où il trouve 9 061 spectateurs en semaine 1, et également de salles aux George V, Clichy Pathé, Parnassiens, Forum Cinéma, St-Michel, à la Maxéville, la Bastille, la Fauvette et au Convention St-Charles. Au total, il jouit de 18 salles en intra-muros auxquelles on ajoutera 17 écrans en banlieue.

Les flops de l’année 1985

Evidemment, ces premiers chiffres sont inquiétants. Rue Barbare avait appâté plus de 160 000 spectateurs sur cette même combinaison, un an plus tôt. En province, le thriller paranoïaque avec Richard Berry est loin de créer l’enthousiasme. Dans les grandes villes, il ne prend la tête hebdomadaire qu’à Strasbourg. Sinon, il est systématiquement battu par Francis Perrin, voire parfois par Les Nanas qui est notamment numéro 1 à Marseille ou à Nice. Si Urgence débarque en 2e place à Lyon et à Nancy, il n’arrive qu’à la 3e place à Marseille, St-Etienne et Nantes, à la 4e marche à Lille et Rouen. Il s’insinue avec peine à la 5e position à Bordeaux et Montpellier, voire même qu’à la 6e place à Toulouse ! Sur l’ensemble de la France, Urgence glane 187 000 entrées et s’assoit de justesse à la 2e place, taquiné par le phacochère géant de Razorback (179 000).

En 2e semaine, Urgence chute en 4e place parisienne, avec 54 564 spectateurs (37 salles) et occupe une petite 5e place globale (154 000). Il glisse à 41 000 entrées P.P. en 3e semaine et à 146 000 entrées sur l’ensemble de la France, alors que le vénéneux Péril en la demeure suscite bien des émois dans la production hexagonale.

Pendant la 4e semaine parisienne, Urgence dégringole à 21 000 entrées (18 écrans) et 103 000 sur l’ensemble du territoire. En 5e semaine, Gilles Béhat est encore suivi dans sa cause par 12 545 Parisiens (11 écrans) et enfin par 5 535 spectateurs en semaine 6, la dernière à Paris, avec un total de 216 986 entrées.

Frédéric Mignard

Les sorties de la semaine du 30 janvier 1985

Affiche de Urgence

Illustrateur : Philippe © Philippe

 

Le Test Blu-ray d’Urgence de Gilles Béhat

Urgence a été édité plusieurs fois en vidéocassette dans les années 80 et 90, dans un premier temps par Carrere Vidéo puis Fil à Film. Il dispose d’une galette SD, à partie de 2009 chez LCJ. En 2026, l’éditeur Arcadès le pare du support HD, au cœur de sa collection blu-ray des polars des années 80, aux côtés de Tir à vue de Marc Angelo. Les deux polars noirs des années 80 sont proposés séparément mais comme un diptyque, avec des jaquettes similaires, un fourreau et une intervention de Jérôme Wybon en suppléments.

Compléments & packaging : 2 / 5

Proposé dans une édition simple, avec fourreau, Urgence intègre une collection où l’affiche cinéma originale a laissé place à un visuel géométrique, dans le style de ceux d’Un été d’enfer avec Lhermitte et Effraction avec Marlène Jobert. Le boitier Amaray est noir.

On y retrouve quasiment les mêmes suppléments que sur le blu-ray de Tir à vue, à savoir une intervention de Jérôme Wybon, historien du cinéma français, en deux temps. L’éditeur a repris la même présentation du polar des années 80 présente sur Tir à vue. Mais dans un autre aparté de 8 minutes, Wybon introduit cette fois-ci Urgence, le projet, l’adaptation d’un roman, les acteurs, les lieux de tournage… C’est plutôt intéressant, même si maigre par rapport au potentiel d’une section bonus en 2026.

L’image du blu-ray : 3 / 5

Le blu-ray ne laissera pas de trace dans l’histoire du support. La remasterisation HD est pour le moins insuffisante. On passera sur les quelques patchs qui peuvent apparaître ici et là, mais la colorimétrie est peu convaincante, le contraste pauvre… Les défauts sont accentués par l’affichage du format 1.66:1 sur l’écran télévisé. Pas de bande noire ou presque, les défauts sautent aux yeux.

Le son du blu-ray : 3.5 / 5

L’encodage DTS HD Master Audio 2.0 est proposé pour une restitution plutôt pêchue pour ce film qui ne manque ni d’action ni de courses poursuites. Les dialogues sont relativement clairs et placés à la bonne hauteur.

On notera qu’Urgence n’a pas été tourné en Dolby Stéréo, mais en Mono. En 1984, le Dolby Stéréo, alors procédé récent d’une dizaine d’années, n’était pas une norme pour la production française car souvent trop onéreuse. Par ailleurs, la modernisation des salles était en cours.

Urgence en blu-ray chez Arcades (2026)

Blu-ray de Urgence © 1985 Studio TF1 Cinéma, Les Films Montfort

Biographies+

Gilles Béhat, Richard Berry, Georges Géret, Jean-François Balmer, Muriel Robin, Bernard-Pierre Donnadieu, Artus de Penguern, Catherine Allégret, Fanny Bastien, Pierre Laplace, Bernard Farcy

Mots clés :

Polar urbain des années 80Polars français des années 80, Les affiches de PhilippeLes films de 1985, Les flops de l’année 1985, Les attentats au cinéma, Le fascisme au cinéma, L’extrême droite au cinéma

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