Le monstre qui vient de l’espace : la critique du film (1981)

Horreur, Science-fiction, Gore | 1h24min
Note de la rédaction :
5/10
5
Affiche française de The Incredible Melting Man (Le monstre qui vient de l'espace) de William Sachs)

  • Réalisateur : William Sachs
  • Acteurs : Jonathan Demme, Alex Rebar, Burr DeBenning, Myron Healey, Michael Alldredge, Ann Sweeny, Cheryl Smith
  • Date de sortie: 18 Mar 1981
  • Année de production : 1977
  • Nationalité : Américain
  • Titre original : The Incredible Melting Man
  • Titres alternatifs : L'incroyable homme qui fond (Québec), The Ghoul from Outer Space (USA), Der Planet Saturn läßt schön grüßen (Allemagne), Viscosidad (Espagne), El increíble hombre que se derrite (Mexique), Den krypande hämnaren (Suède), O Incrível Monstro Canibal (Portugal), O Incrível Homem Que Derreteu (Brésil), L'uomo di cera (Italie), Smeltende terror (Norvège), Kahdet kasvot (Finlande=),
  • Autres acteurs : Lisle Wilson, Stuart-Edmond Rodgers, Julie Drazen, Janus Blythe, Dorothy Love, Chris Whitney, Edwin Max, Sam Gelfman, Leigh Mitchell
  • Scénaristes : William Sachs
  • Ingénieur du son : Mark Bovos
  • Monteur : James Beshears
  • Directeur de la photographie : Willy Kurant sous le nom de Willy Curtis
  • Compositeur : Arlon Ober
  • Chef Maquilleur : Rick Baker
  • Chef décorateur :
  • Directeur artistique : Michel Levesque
  • Producteurs : Max J. Rosenberg, Samuel W. Gelfman
  • Producteurs exécutifs : Samuel Z. Arkoff, Max Rosenberg
  • Sociétés de production : Quartet Productions
  • Distributeur : S.N.D. (France), American International Pictures (Etats-Unis)
  • Date de sortie américaine : 9 décembre 1977
  • Date de sortie reprise :
  • Editeur vidéo : Super Vidéo Production (VHS), American Vidéo (VHS, 2e édition), Sidonis Calysta (DVD+Blu-ray)
  • Date de sortie vidéo : Septembre 1983 (SPV, VHS), 19 août 2023 (DVD+BR)
  • Budget : 250 000$
  • Box-office Paris-Périphérie : 17 040 entrées
  • Box-office nord-américain / monde : Inconnu
  • Classification : Interdit aux moins de 18 ans (moins de 16 ans depuis 1990)
  • Formats : 1.85:1 / Couleur (35mm) / Mono
  • Festivals : Sélection officielle Festival de Sitgès 1979
  • Nominations : -
  • Récompenses : -
  • Illustrateur/Création graphique : © Michel Landi / Vanni Tealdi. Tous droits réservés / All rights reserved
  • Crédits : © American International Pictures. Tous droits réservés / All rights reserved
  • Attachés de presse : Inconnu
  • Tagline :
  • Franchise : Aucune
Note des spectateurs :

Le monstre qui vient de l’espace, de William Sachs, sur un script proche à celui de The Quatermass xperiment (Le Monstre, 1955), est une série B de latex et de gore qui fut en son temps interdite aux moins de 18 ans.

Synopsis : De retour des confins du système solaire où il a été exposé aux radiations des anneaux de Saturne, l’astronaute Steve West est le seul survivant d’une mission spatiale historique. Gravement blessé, il découvre qu’il se détériore progressivement sur le plan physique, processus que seul le cannibalisme peut freiner. Après qu’il se soit échappé de l’hôpital, il multiplie les victimes, taraudé par un inextinguible appétit de chair humaine. Son ami Ted Nelson se lance sur ses traces…

Le monstre qui vient de l’espace : état des lieux en France

Critique : Vite oublié, Le monstre qui vient de l’espace n’a pas eu une carrière d’exception dans l’Hexagone, 17 000 entrées sur Paris à la fin du mois de mars 1981, à peine plus en France, deux éditions VHS assez tôt dans les années 80 (SPV et American Vidéo), aucune édition DVD de par chez nous jusqu’en 2023 avec une édition combo chez Sidonis Calysta qui sort un an après l’édition 4K américaine… Heureusement, il y a bien eu une diffusion à la télévision au tournant des années 80/90 pour éventuellement marquer l’esprit de quelques adolescents en manque de frayeurs estivales car Le monstre qui vient de l’espace semble désormais un peu maudit sur notre territoire.

Le monstre qui vient de l'espace de William Sachs, jaquette de l'édition DVD/Blu-ray de Sidonis (2023)

Artwork : © Garry Pullin, initialement conçue pour l’édition Arrow Vidéo, 2014. All Rights Reserved.

Pourtant, Le monstre qui vient de l’espace est tout sauf une production inconnue. Ce pur produit indépendant, aux maquillages appétissants de latex fondant et d’hémoglobine coagulée, a été vendu dans le monde entier, en salle comme en vidéo, et même en DVD, voire Blu-ray (excellent blu-ray de chez Arrow Vidéo, en 2014).

Un film surexploité en VHS, DVD et même en blu-ray

En salle, des majors l’ont ici et là exploité : Columbia-Warner au Royaume-Uni en 1977, Fox Columbia en Australie en 1981.

En VHS et DVD, on retrouve des éditeurs aussi importants que RCA (VHS, Japon, Royaume-Uni), Vestron (VHS, USA), MGM (DVD, Etats-Unis), 20th Century Fox (DVD, USA), plus récemment, en blu-ray, Shout! Factory (USA, blu-ray), et même Vinegar Syndrome pour une édition Ultra HD 4K (USA) qui démontre encore une fois le retard inouï de la France, puisque Sidonis ne le propose désormais qu’en combo DVD-blu-ray, et ce depuis août 2023.

The Incredible Melting Man, le monstre qui vient de l'espace - Vinegar Syndrome

Edition Ultra HD 4K de The Incredible Melting Man, Le Monstre qui vient de l’espace © 2022 Vinegar Syndrome

Quand les extra-terrestres attaquaient le monde

D’ailleurs, en France, la production Rosenberg-Gelfman a pris quatre ans pour paraître en salle, puisque la série B fauchée apparaît avec une affiche de cinéma signée à quatre mains (Vanni Tealdi et Michel Landi, excusez du peu) en mars 1981, soit 9 semaines après Hurlements de Joe Dante, 6 semaines après Vendredi 13 de Sean Cunningham, 15 jours avant Maniac de William Lustig, trois semaines avant Elephant Man, Les mercenaires de l’espace, et Scanners de David Cronenberg, un mois avant Pulsions de Brian de Palma et Cannibal Holocaust de Ruggero Deodato. C’est que le genre horrifique était nourri d’une diversité de sous-catégories à cette époque.

L’arrivée sur les écrans français du Monstre qui vient de l’espace est dû aux succès de Rencontres du troisième type de Steven Spielberg en février 1978 et d’Alien de Ridley Scott en septembre 1979. C’est l’explosion de films d’extra-terrestres avec la sortie de La quatrième rencontre (octobre 1979), Terreur extra Terrestre (novembre 1980), Le Zombie venu d’ailleurs (janvier 1981) et Inseminoid (septembre 1981), tous deux réalisés par de Norman J. Warren, Contamination (février 1981), Le monstre attaque (novembre 1981)… La liste est énorme. Et E.T., Mutant, The Thing de John Carpenter, X-tro et Lifeforce de Tobe Hooper viendront renforcer les effectifs tout au long de la première moitié de la décennie 80.

Terreur extraterrestre, l'affiche

© 1980 World Amusement Partnership. Tous droits réservés.

Un flop chez Paramount en France

Le monstre qui vient de l’espace trouve dix écrans à Paris et dans sa périphérie. On a connu pire comme circuit, puisque le distributeur SND le sort dans le circuit Paramount avec pas moins de 8 cinémas de la chaîne, plus un Publicis (le Matignon) et le Max Linder. 10 032 spectateurs au bout de la première semaine, ce n’est pas assez pour un décollage. Les spectateurs préfèrent aller voir la reprise du Spielberg, Rencontres du troisième type (22 681 spectateurs en 3e semaines). En fait, même L’hôtesse voyage sans culotte fait mieux (18 107 entrées dans 6 salles).

Avec son interdiction aux moins de 18 ans vendant un spectacle pour adultes, le film n’excite pas les neurones, suscitant davantage les souvenirs d’une série B de monstre à l’ancienne – ce que le film assume être -, qu’un pur délire gore pour un public adulte – la production essaiera d’orienter le montage salle vers une violence dépourvue d’humour, au désespoir du réalisateur.

Hommage aux EC Comics ou série B maniaco-dépressive

Effectivement, le cinéaste William Sachs confiera dans les suppléments de l’édition Arrow Vidéo (2014), avoir voulu rendre hommage aux E.C. Comics (pensez Romero, Stephen King et Creepshow, 1982), en parsemant les images d’un humour – ou du moins ce qui lui apparaît être de l’humour -, typique de la décennie où il a grandi comme môme. Un exemple de gag que nous n’avons pas perçu comme tel, est la présence d’une oreille dégoulinante de chair et de sang, abandonnée par notre créature fondante, sur un bosquet. Le monstre pathétique, qui fond vraiment, vient de la semer, au gré d’une décomposition particulièrement réussie due à Rick Baker qui pensait, après avoir bossé sur le remake de King Kong par John Guillermin, avoir tourné la page des films underground à micro budget. Pas de bol, son nom restera systématiquement attaché à ce Monstre qui vient de l’espace, à la réputation nanardesque si l’on se fie aux notes sur internet.

Le monstre qui vient de l'espace de William Sachs, jaquette de l'édition VHS de Super Vidéo Productions

Le monstre qui vient de l’espace de William Sachs, jaquette de l’édition VHS de Super Vidéo Productions . © 1983 Super Vidéo Productions. Tous droits réservés.

Tout le monde s’entendra quant aux effets spéciaux. Le maquilleur de légende sauve le film de l’indolence grâce à son blob humain, astronaute sur le retour joué par Alex Rebar qui souffre sous les couches de latex, dont on ne sait trop pourquoi son retour d’une mission sur Saturne va progressivement le muer en monstre tueur flasque, aussi sanguinaire que sanguinolent.

Il y a du Sunshine (Danny Boyle, 2007), dans cette trame si l’on reprend la métaphore d’Icare à l’œuvre. A trop se frotter au soleil, on se brûle les yeux. A trop s’approcher des astres, on provoque les désastres. Sauf que rachitique, l’idée ne bénéficie d’aucun budget. La narration est particulièrement pauvre. Elle ne raconte rien et n’a pas les moyens de le faire autrement qu’avec des images de téléfilm, surexposé comme les programmes télévisés de cette fin des années 70. Une esthétique du pauvre qui abîme la rétine.

Les tueurs de l'éclipse, blu-ray sidonis

Peu de moyens, mais au moins, on y voit Cheryl Smith

Les producteurs Max Rosenberg (Les tueurs de l’éclipse, également édité par Sidonis en même temps que Le monstre vient de l’espace) et Samuel W. Gelfman (5 femmes à abattre de Jonathan Demme – qui fait un caméo dans le film -, et Cannonball 1), n’ont aucune ambition dans ce produit bis qui viendra alimenter les Midnight Movies. Ils n’offrent aucuns moyens pour que Sachs puisse faire autrement que de torcher ce projet où l’on répond aux conséquences d’un programme spatial qui tourne au carnage, avec quatre cinq acteurs dans des décors peu effrayants.

La traque au monstre est voulue discrète, puisque qu’on ne lancera pas d’armée à ses trousses. Et elle le sera au désespoir du spectateur qui cherche du rythme et du panache dans ce qui deviendra in fine, un film de monstre gore plutôt dégueu, mais qui ne dispose pas des bons techniciens pour faire mouche. Pour mémoire, William Sachs est davantage un réalisateur de secours quand il s’agit de remonter des films voués à l’échec (Exterminator 2, entre autres). On vous laisse lire notre biographie à ce sujet. Sa carrière est sûrement plus intéressante que ce film, sympathique au demeurant, et que Cheryl Smith, dont la vie se transformera peu de temps après en une véritable tragédie, traverse brièvement, démontrant que même dans l’infime, on trouve matière à chérir et à ne pas oublier.

Frédéric Mignard

Les sorties de la semaine du 18 mars 1981

Affiche française de The Incredible Melting Man (Le monstre qui vient de l'espace) de William Sachs)

© Michel Landi / Vanni Tealdi. Tous droits réservés.

Biographies +

William SachsAlex Rebar, Burr DeBenning, Myron Healey, Michael Alldredge, Ann Sweeny, Cheryl Smith, Jonathan Demme

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Affiche française de The Incredible Melting Man (Le monstre qui vient de l'espace) de William Sachs)

Bande-annonce du Monstre qui vient de l'espace

Horreur, Science-fiction, Gore

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