Chien 51 : la critique du film (2025)

Science-Fiction, Policier, Thriller, Action, Dystopie | 1h46min
Note de la rédaction :
6/10
6
Chien 51, l'affiche

  • Réalisateur : Cédric Jimenez
  • Acteurs : Romain Duris, Gilles Lellouche, Adèle Exarchopoulos, Louis Garrel, Féodor Atkine, Valeria Bruni Tedeschi, Jeanne Herry, Stéphane Bak, Daphné Patakia, Cyril Lecomte, Artus
  • Date de sortie: 15 Oct 2025
  • Année de production : 2025
  • Nationalité : Français, Belge
  • Titre original : Chien 51
  • Titres alternatifs : Dog 51 (titre international) / Zone 3 (Allemagne)
  • Casting : Gilles Lellouche, Adèle Exarchopoulos, Louis Garrel, Romain Duris, Valeria Bruni Tedeschi, Artus, Stéphane Bak, Lala &ce, Hugo Dillon, Cyril Lecomte, Daphné Patakia, Thomas Bangalter, Agathe Mougin, Féodor Atkine, Jeanne Herry, Hugo Bardin, Anne-Lise Heimburger, Tom Rey, Tom Menanteau, Julien Le Berre, Salem Kali, Julia Molkhou, Julien Pestel, Steve Tagheu, Raphaël Liot, Gina Jimenez, Quentin Coudert, Milan Fina Na Ntama, Cathy Pham, Gaëlle Voukissa, Frédéric Aklan, Jackee Toto, Mi Kwan Lock, Ricky Tribord, Kamel Laadaili, Pierre Lopez, Rose Vergez, Barbara Lambert, Jean-Claude Muaka, Chakib Zem
  • Scénaristes : Olivier Demangel, Cédric Jimenez
  • D'après : le roman Chien 51 de Laurent Gaudé[
  • Monteurs : Stan Collet, Laure Gardette
  • Directeur de la photographie : Laurent Tangy
  • Compositeur : Guillaume Roussel
  • Cheffe Maquilleuse : Myriam Hottois
  • Chef décorateur : Jean-Philippe Moreaux
  • Directeur artistique : Bertrand Hée
  • Producteurs : Hugo Sélignac
  • Producteurs exécutifs :
  • Sociétés de production : Chi-Fou-Mi Productions, France 2 Cinéma, Jim Films, Studiocanal, Artémis Productions, Shelter Prod
  • Distributeur : Studiocanal
  • Distributeur reprise :
  • Date de sortie reprise :
  • Editeur vidéo :
  • Date de sortie vidéo :
  • Budget : 42 010 000 euros
  • Box-office France / Paris-Périphérie :
  • Box-office nord-américain / monde :
  • Rentabilité :
  • Classification : Tous publics avec avertissement : "Le climat de tension et quelques scènes violentes de ce film sont susceptibles de heurter un public sensible".
  • Formats : 2.39 : 1 / Couleurs / Son : 5.1, 7.1 et Dolby Atmos
  • Festivals : Mostra de Venise 2025 : sélection officielle, hors compétition, film de fermeture / Festival international du film de Toronto 2025 : sélection officielle, section « Special Presentations »
  • Nominations :
  • Récompenses :
  • Illustrateur/Création graphique : © Le Cercle Noir pour Silenzio. Photographie : Ombeline Le Gendre-Martin (affiche) ; Photographies : Cédric Bertrand. Tous droits réservés / All rights reserved
  • Crédits : © Chi-Fou-Mi Productions, Studiocanal, France 2 Cinéma, Jim Films. Tous droits réservés / All rights reserved
  • Attachés de presse : Dominique Segall, Loan Greulich 
  • Tagline : Après BAC Nord et Novembre. Le nouveau film de Cédric Jimenez.
  • Franchise :
Note des spectateurs :

Chien 51 privilégie l’efficacité brute au détriment de la finesse et de la nuance dans sa description d’une société dystopique et sécuritaire. Du divertissement énergique à défaut d’être passionnant.

Synopsis : Dans un futur proche, Paris a été divisé en 3 zones qui séparent les classes sociales et où l’intelligence artificielle ALMA a révolutionné le travail de la police. Jusqu’à ce que son inventeur soit assassiné et que Salia et Zem, deux policiers que tout oppose, soient forcés à collaborer pour mener l’enquête.

Cédric Jimenez imagine la société française de demain

Critique : Après avoir réuni 1,5 million de spectateurs pour La French (2014), 2,2 millions avec BAC Nord (2020) et 2,3 millions de cinéphiles pour Novembre (2022), le réalisateur Cédric Jimenez est devenu une valeur sûre du cinéma commercial français. Si ses films ont pu parfois faire polémique ou être récupérés par certains mouvements d’extrême droite pour faire valoir leur discours sécuritaire, le réalisateur n’a jamais validé cette interprétation de son œuvre fondée surtout sur l’amour de la liberté. Pour preuve, avec Chien 51, il revient à l’univers science-fictionnel de son tout premier long métrage intitulé Aux yeux de tous (2012) qui décrivait une société française sous haute surveillance, à cause notamment d’un vaste réseau de caméras qui interdisaient toute vie privée.

Chien 51, photo 1

© 2025 Chi-Fou-Mi Productions, Studiocanal, France 2 Cinéma, Jim Films / Photographie : Cédric Bertrand. Tous droits réservés.

Il n’est donc absolument pas étonnant de la part de l’auteur d’avoir succombé au charme du roman de Laurent Gaudé intitulé Chien 51, publié en 2022. L’écrivain ayant obtenu le prix Goncourt est sensible à des thématiques sociales, comme il l’a prouvé dans ses œuvres précédentes comme Le Soleil des Scorta (2004), mais aussi le très bel Eldorado (2006) sur le sort des migrants en Méditerranée. Avec son complice scénariste Olivier Demangel, Cédric Jimenez a toutefois procédé à une réelle adaptation en recentrant le récit sur l’aspect policier de l’intrigue et en ajoutant une dimension supplémentaire, commentant notamment l’intrusion dans nos vies quotidiennes de l’IA.

Majority Report

Cet aspect du scénario rapproche d’ailleurs Chien 51 d’une autre dystopie vue au cinéma, à savoir le Minority Report (2002) de Steven Spielberg avec Tom Cruise. Il s’agit certainement d’une référence importante pour Cédric Jimenez, d’autant qu’il en profite pour effectuer la même dénonciation des dérives sécuritaires de nos sociétés contemporaines. Le réalisateur, comme la plupart de ses ainés montre une société terriblement inégalitaire – ici séparée en trois zones étanches – et qui perpétue cette injustice sociale au nom de la protection de tous et de la sécurité face à des terroristes. On retrouve donc ici toutes les obsessions du réalisateur qui, l’air de rien, construit une œuvre cohérente sur les plans thématique et stylistique.

Pourtant, tout ne fonctionne pas à merveille au cœur de Chien 51. Tout d’abord, le spectateur habitué à visionner des dystopies n’y verra qu’une énième itération des mêmes thématiques déjà abordées mille fois depuis plus d’un siècle et l’œuvre littéraire fondatrice de George Orwell. Dès le début, le spectateur est en terrain connu et le script ne cherche aucunement à se distinguer du tout-venant en reprenant la répartition inégale de la population comme on a pu la voir dans Blade Runner (Ridley Scott, 1982), Total Recall (Paul Verhoeven, 1990), toutes des adaptations du visionnaire Philip K. Dick.

Chien 51, la patte sur l’accélérateur

Sans doute conscient du manque d’originalité de cette histoire, Cédric Jimenez a donc choisi de centrer l’intégralité du film sur l’action, la tension et parfois la frénésie en matière de réalisation. Le résultat s’avère d’une efficacité absolue, d’autant que le cinéaste dispose d’un copieux budget de 42 millions d’euros pour donner corps à un Paris futuriste qui paraisse crédible. Dès lors, Chien 51 fonce tête baissée dans un spectacle trépidant qui est relevé par l’interprétation très juste d’un casting quatre étoiles.

Chien 51, photo 2

© 2025 Chi-Fou-Mi Productions, Studiocanal, France 2 Cinéma, Jim Films / Photographie : Cédric Bertrand. Tous droits réservés.

Gilles Lellouche compose un flic bourru tout à fait crédible, Adèle Exarchopoulos fend progressivement l’armure pour livrer quelques fêlures de son personnage, tandis que Louis Garrel incarne une figure révolutionnaire christique de type V pour Vendetta. Enfin, Romain Duris interprète un ministre de l’Intérieur faux-jeton dont on se doute rapidement qu’il en sait plus long que ce qu’il paraît.

Tout pour l’efficacité, au détriment de l’écriture

Malheureusement, en privilégiant à tout prix l’efficacité immédiate, Cédric Jimenez en oublie toute forme de subtilité et livre donc une analyse sociétale basique et sans nuance, tandis que son avertissement final sur les dangers de l’IA semble un peu trop attendu en pareille circonstance. Enfin, le dernier quart d’heure contient quelques facilités narratives – il semble trop facile d’atteindre le ministre de l’Intérieur dans une société aussi sécurisée.

Finalement, Chien 51 constitue un divertissement qui tient plutôt la route et respire le goût du travail bien fait, grâce à une belle photographie de Laurent Tangy et une musique électronique très percutante composée par Guillaume Roussel, collaborateurs habituels du cinéaste. On regrettera donc les quelques facilités d’écriture qui viennent tempérer notre enthousiasme.

Critique de Virgile Dumez

Les sorties de la semaine du 15 octobre 2025

Chien 51, l'affiche

© 2025 Chi-Fou-Mi Productions, Studiocanal, France 2 Cinéma, Jim Films / Affiche : Le Cercle Noir pour Silenzio. Photographie : Ombeline Le Gendre-Martin. Tous droits réservés.

Biographies +

Cédric Jimenez, Romain Duris, Gilles Lellouche, Adèle Exarchopoulos, Louis Garrel, Féodor Atkine, Valeria Bruni Tedeschi, Jeanne Herry, Stéphane Bak, Daphné Patakia, Cyril Lecomte, Artus

Mots clés

Cinéma français, Cinéma de genre français, Dystopie, Films d’anticipation, Paris au cinéma, Les films de science-fiction des années 2020, L’IA au cinéma

Trailers & Vidéos

trailers
x
Chien 51, l'affiche

Bande-annonce de Chien 51

Science-Fiction, Policier, Thriller, Action, Dystopie

x