La Tarentule au ventre noir : la critique du film (1972)

Giallo, Thriller, Policier | 1h38min
Note de la rédaction :
6,5/10
6,5
Affiche La Tarentule au ventre noir de Paolo

  • Réalisateur : Paolo Cavara
  • Acteurs : Stefania Sandrelli, Claudine Auger, Giancarlo Giannini, Silvano Tranquilli, Giancarlo Prete, Ezio Marano, Barbara Bach, Barbara Bouchet, Eleonora Giorgi, Rossella Falk, Annabella Incontrera
  • Date de sortie: 19 Juil 1972
  • Année de production : 1971
  • Nationalités : Italien, Français
  • Titre original : La tarantola dal ventre nero
  • Titres alternatifs : Black Belly of the Tarantula (titre international) / Der schwarze Leib der Tarantel (Allemagne) / Med spindelns gift (Suède) / La tarántula del vientre negro (Espagne) / O Ventre Negro da Aranha (Portugal) / Czarny odwłok tarantuli (Pologne) / Den sorte edderkopp (Norvège) / Juodas tarantulo pilvas (Lituanie) / Salaperäinen tappaja (Finlande) / Nålemordene (Danemark) / O Ventre Negro da Tarântula (Brésil)
  • Casting : Giancarlo Giannini, Claudine Auger, Barbara Bouchet, Rossella Falk, Silvano Tranquilli, Annabella Incontrera, Ezio Marano, Barbara Bach, Stefania Sandrelli, Giancarlo Prete, Anna Saia, Eugene Walter, Nino Vingelli, Daniele Dublino, Giuseppe Fortis, Guerrino Crivello, Fulvio Mingozzi, Giorgio Dolfin, Carla Mancini, Giuliana Farnese, Alfonso Giganti, Eleonora Giorgi, Ettore Mattia, Armando Tortorici
  • Scénariste : Lucile Laks
  • D'après une histoire de : Marcello Danon
  • Monteur : Mario Morra
  • Directeur de la photographie : Marcello Gatti
  • Compositeur : Ennio Morricone
  • Chef Maquilleur : Amato Garbini
  • Chef décorateur : Luigi Urbani
  • Directeur artistique : Piero Poletto
  • Producteur : Marcello Danon
  • Sociétés de production : Da.Ma. Cinematografica, Production Artistique et Cinématographique (PAC)
  • Distributeur : MGM
  • Editeur vidéo : Neo PublishingCarlotta Films (Blu-ray et 4K UHD, 2026)
  • Date de sortie vidéo : 17 février 2026
  • Budget :
  • Box-office France / Paris-Périphérie : 105 311 entrées / 10 401 entrées
  • Classification : Interdit aux moins de 18 ans (moins de 16 ans depuis 1990)
  • Formats : 2.35 : 1 / Couleurs / Son : Mono
  • Illustrateur/Création graphique : © Dark Star (jaquette blu-ray). Tous droits réservés / All rights reserved
  • Crédits : © Da.Ma. Srl. Tous droits réservés / All rights reserved
  • Attachés de presse :
  • Tagline : Une main qui répand la terreur...
Note des spectateurs :

Giallo typique, La Tarentule au ventre noir de Paolo Cavara vaut davantage le coup d’œil pour son esthétique et la musique d’Ennio Morricone que pour son script en mode automatique et peu passionnant. Pour amateurs de frissons psychédéliques.

Synopsis : Des femmes sont sauvagement assassinées. Le modus operandi du meurtrier suit toujours le même étrange rituel : il soumet ses victimes et les paralyse en leur plantant une longue aiguille empoisonnée dans la nuque avant de leur ouvrir le ventre. L’inspecteur Tellini chargé de l’enquête a de plus en plus de mal à composer avec la violence et la rudesse de son métier, ses investigations laborieuses le ramènent à un luxueux institut de soins dont la clientèle féminine paraît toute aussi idéalement fortunée que vulnérable…

Les débuts d’un filon juteux

Critique : Au début de l’année 1970, le cinéma italien est bouleversé par le triomphe rencontré par le giallo L’oiseau au plumage de cristal (1969), le tout premier film de Dario Argento. Toujours en quête de filons à exploiter, les producteurs italiens se mettent tous en tête de produire leur propre giallo afin de récupérer quelques miettes du succès. C’est exactement de cette manière qu’est monté le projet de La Tarentule au ventre noir (1971) par le producteur Marcello Danon. Il en confie la rédaction à la scénariste Lucile Laks qui travaille déjà dans le sérail depuis le milieu des années 60.

Certains pensent également que le scénariste chevronné Tonino Guerra aurait ajouté sa touche au script, sans qu’aucune preuve ne vienne étayer cette rumeur, par ailleurs étonnante au vu du CV de l’auteur. Par amitié, Marcello Danon confie la réalisation du film à Paolo Cavara, jusque-là davantage connu pour ses documentaires et ses mondos tournés avec Gualtiero Jacopetti et Franco Prosperi (notamment le cultissime Mondo Cane). Toutefois, le cinéaste a tourné cette page de sa vie en réglant ses comptes à travers le film quasiment autobiographique La Cible dans l’œil (1967).

Un étalage de beautés féminines

Désireux de travailler dans un cadre plus respectable, Paolo Cavara se lance donc à corps perdu dans la conception de La Tarentule au ventre noir qui est par ailleurs une coproduction avec la France. Le budget plutôt correct lui permet de filmer de nombreux décors différents, d’engager un comédien prestigieux tel que Giancarlo Giannini et de mettre en avant un nombre conséquent de jolis minois du cinéma populaire de l’époque.

La Tarentule au ventre noir, jaquette blu-ray collector

© 1971 DA.MA. Srl / Jaquette : Dark Star. Tous droits réservés.

Certes, le film se situe pour partie au cœur d’un institut de beauté, mais il accumule ici les créatures les plus séduisantes du cinéma bis rital. Ainsi, Barbara Bouchet, Rossella Falk, Barbara Bach, Annabella Incontrera et la Française Claudine Auger constituent des atouts de poids dans ce giallo mâtiné d’érotisme. Souvent dénudées, ces comédiennes, par ailleurs au jeu appliqué, viennent assurément divertir le spectateur masculin qui est le cœur de cible de ce type de production.

La tarentule au ventre creux

Malgré la qualité de l’interprétation, La Tarentule au ventre noir souffre tout de même d’un gros défaut qui vient d’un scénario policier sans grand intérêt. Comme souvent dans le genre, la révélation finale fait pschitt et s’avère particulièrement décevante et sans saveur. Elle révèle en tout cas l’extrême vacuité du script d’origine. Finalement, ce qui retient désormais davantage l’attention vient de la description assez sombre d’une société italienne gagnée par une corruption des mœurs généralisée. Cette dimension réactionnaire se voit notamment par le fait que les nymphomanes, drogués, homosexuels et autres maîtres chanteurs sont vus comme des êtres dégénérés qu’il convient d’éliminer.

Dans ce grand bain de misanthropie, seul le couple au bonheur bourgeois formé par le policier et son épouse (Giancarlo Giannini et Stefania Sandrelli) a grâce aux yeux des auteurs. Toutefois, on échappe ici au thème habituel du vigilante puisque le flic doute sans cesse de sa mission et ne se comporte jamais comme un redresseur de tort. C’est ce qui distingue La Tarentule au ventre noir de ses congénères.

Ennio Morricone sauve de nombreuses scènes de la banalité

Au niveau des meurtres, même s’ils sont assez peu graphiques, on note déjà une élévation du niveau de sadisme, avec cette idée que les victimes commencent par être immobilisées par une aiguille d’acupuncture pour ensuite assister impuissantes à leur éventration. Ce modus operandi atroce est plutôt bien utilisé et fait son petit effet. Mais ce qui relève clairement le niveau d’un script globalement médiocre vient des choix de réalisation opérés par Paolo Cavara.

Tout d’abord, il profite de l’expertise du directeur de la photographie Marcello Gatti qui n’hésite pas à jouer avec les explosions de couleurs criardes à intervalles réguliers. Mais la réelle plus-value du long métrage vient assurément de la formidable partition musicale d’Ennio Morricone. Celle-ci fait beaucoup pour la création d’une ambiance particulière. Car le compositeur signe non seulement un thème principal sensuel et accrocheur, mais il l’accompagne d’une partition volontairement expérimentale. Parfois bruitiste, sa musique oscille entre free jazz et musique dodécaphonique, avec emploi d’instruments désaccordés ou joués de manière iconoclaste. Cette atmosphère particulière sublime largement la réalisation de Paolo Cavara qui n’hésite pas non plus à user d’angles étranges et de déformations optiques, parfois à la limite du psychédélisme.

Finalement, si l’on considère le giallo comme un genre entièrement fondé sur la ritualisation de mises à mort, on peut dire que La Tarentule au ventre noir est un parfait exemple de ce formalisme pleinement assumé. En aucun cas il ne faut le voir pour l’intérêt de son intrigue, mais bel et bien pour le travail esthétique réalisé par une équipe assurément talentueuse.

Une exploitation compliquée par des problèmes de droits

Acheté pour sa diffusion internationale par la MGM, La Tarentule au ventre noir est arrivée sur les écrans français le 19 juillet 1972, soit la même semaine que Les Collines de la terreur (Michael Winner) avec Charles Bronson et de nombreux films bis comme La Nuit des maléfices (Piers Haggard), Les Horreurs de Frankenstein (Jimmy Sangster), Kamikaze X-27 (Yukio Noda) avec Sonny Chiba ou encore Les Suceurs de sang (Robert Hartford-Davis).

Au cœur de cet été où les productions bis se bousculaient, le giallo a mené une carrière très discrète, cumulant sur toute la France 105 311 entrées, dont 10 000 à Paris. Par la suite, il a disparu des écrans durant de longues décennies, perdu dans les stocks non exploités de la MGM. Ainsi, point de cassette VHS française, point de DVD, avant que la situation ne se débloque récemment. Attention, il existe néanmoins le visuel d’un DVD de chez Néo Publishing disponible sur le site Cinéma Passion. Est-ce que sa sortie chez le défunt éditeur a été bloquée pour des raisons de droit de par chez nous ? Est-il finalement sorti en catimini ?

Désormais, le métrage à la réputation plutôt bonne est à nouveau disponible en France en blu-ray et même en 4K UHD chez Carlotta Films qui en a réalisé une édition Prestige limitée à 2000 exemplaires. La copie récemment restaurée y est d’une belle tenue.

Critique de Virgile Dumez

Les sorties de la semaine du 19 juillet 1972

Acheter l’édition Prestige sur le site de l’éditeur

Affiche La Tarentule au ventre noir de Paolo

© 1971 DA.MA. Srl Tous droits réservés

Biographies +

Paolo Cavara, Stefania Sandrelli, Claudine Auger, Giancarlo Giannini, Silvano Tranquilli, Giancarlo Prete, Ezio Marano, Barbara Bach, Barbara Bouchet, Eleonora Giorgi, Rossella Falk, Annabella Incontrera

Mots clés

Cinéma bis italien, Giallo, Psycho-killer, Les tueurs fous au cinéma, La violence faite aux femmes 

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Affiche La Tarentule au ventre noir de Paolo

Bande-annonce internationale de La Tarentule au ventre noir (VAstf)

Giallo, Thriller, Policier

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