Harry Potter et l’ordre du Phénix : la critique du film (2007)

Fantastique | 2h17min
Note de la rédaction :
7/10
7
Harry Potter et l'ordre du Phénix, affiche 2007

Note des spectateurs :

Harry Potter et l’ordre du Phénix est un épisode marqué par une caractérisation toujours plus satisfaisante, mais également une réalisation poussive à l’esthétique clinquante. A suivre tout de même.

Synopsis : Alors qu’il entame sa cinquième année d’études à Poudlard, Harry Potter découvre que la communauté des sorciers ne semble pas croire au retour de Voldemort, convaincue par une campagne de désinformation orchestrée par le Ministre de la Magie Cornelius Fudge. Afin de le maintenir sous surveillance, Fudge impose à Poudlard un nouveau professeur de Défense contre les Forces du Mal, Dolorès Ombrage, chargée de maintenir l’ordre à l’école et de surveiller les faits et gestes de Dumbledore. Prodiguant aux élèves des cours sans grand intérêt, celle qui se fait appeler la Grande Inquisitrice de Poudlard semble également décidée à tout faire pour rabaisser Harry. Entouré de ses amis Ron et Hermione, ce dernier met sur pied un groupe secret, « L’Armée de Dumbledore », pour leur enseigner l’art de la défense contre les forces du Mal et se préparer à la guerre qui s’annonce…

Critique : Il y a quelque chose d’attachant à voir grandir Harry et ses amis. Le temps passe, les volets se suivent, mais les personnages changent, loin de l’immobilisme psychologique de nombreuses sagas. Alors que progressivement on oublie l’enfant qu’il a été pour ne garder en tête que le jeune homme qu’il est devenu, on se remémore aussi ses nombreuses aventures toutes marquées par le sceau de la mort. Une estampille indélébile qui a beaucoup fait évoluer le jeune écolier de Poudlard en un être complexe nourri à la peur, à la colère et à la frustration de ne pas pouvoir se conformer.

Dans Harry Potter et l’ordre du Phénix, le sort s’acharne injustement sur lui (Dumbledore ne lui dit-il pas que la vie n’est qu’injustice ?). Raillé par sa famille, inculpé à tort d’avoir usé de la magie chez les humains, puis relaxé, mais toujours suspecté par la rumeur, ébranlé par de sombres découvertes sur son père et surtout pourchassé et manipulé mentalement par Voldemort, il y aurait de quoi le faire basculer du côté obscur de la force. Si l’enjeu reste en suspens à la fin de l’épisode, qui ne marque qu’une première étape de la guerre contre le sorcier maléfique, les tourments d’Harry, eux, ne cessent de grossir. Ils nourrissent brillamment un scénario ingénieux, remarquable synthèse en 2h17 d’un roman massif difficilement adaptable. Entre une foultitude de péripéties spectaculaires incluant un géant, des centaures et tout un tas de créatures hybrides qui font de la série une vraie mythologie en elle-même, Harry Potter s’interroge sur ses relations aux autres, au bien et au mal, sans pour autant nous lasser ou nous apitoyer mièvrement. Un caractère fort pour de petits spectateurs coriaces à qui l’on ne laisse vraiment pas le temps de s’ennuyer.

Les grands de leur côté seront plus partagés. Ce cinquième segment ne sera pas la grande réussite qu’ils attendaient. La richesse psychologique et la force scénaristique sont contrebalancées par une mise en scène relativement décevante. En s’installant à la réalisation David Yates essaie d’imposer un style visuel différent des deux précédents numéros, mais sa patte n’est que laideur. La campagne publicitaire assez quelconque qui entourait sa sortie n’était donc pas mensongère. Les images manquent d’ampleur et sont bien souvent clinquantes ; les caméras virtuelles n’ont pas la légèreté magique de celles des troisième et quatrième numéros et certains effets spéciaux lumineux marquent une régression criarde vers le mauvais goût prononcé des années 80. Cela fera plaisir aux aficionados du Retour du Jedi, mais gâchera un peu le plaisir des adultes qui avaient appris à prendre au sérieux cette fresque pour gamins depuis le formidable Prisonnier d’Azkaban, qui pour mémoire était une merveille artistique à tous les niveaux. Le film d’Alfonso Cuarón restera inégalé dans la saga.

La franchise Harry Potter

Frédéric Mignard 

Sorties de la semaine du 11 juillet 2007

Voir en VOD

Test DVD (2008)

Une édition consistante, techniquement irréprochable, mais légèrement convenue dans ses suppléments.

Compléments : 2 /5

L’édition collector est armée d’un deuxième disque plutôt bien fourni, sans pour autant être transcendant. Le meilleur des suppléments consiste en un long module de 44 minutes revenant sur Les secrets cachés d’Harry Potter. Un parfait résumé de la saga, établissant de nombreuses liaisons et autres parallèles entre les différents segments, soulignant ainsi l’impressionnante arborescence du récit.

Un document de 5 minutes intitulé Harry Potter et la magie du montage permet à David Yates et à son monteur de revenir sur l’importance fondamentale du montage. Certes, l’exercice est didactique, mais court et clair comme il est, il permet aux jeunes spectateurs, assez ignorants dans le domaine, de découvrir l’importance artistique et émotionnelle de ce stade de la création. On nous propose même à la fin du bonus une table de montage virtuelle pour monter à sa manière une scène du film. Ludique et amusant.

Autre supplément charismatique, La visite du plateau avec Tonks. L’on suit la comédienne qui interprète ce personnage parcourir une carte du Maraudeur, nous présentant ainsi, en vrai boute-en-train, les différentes composantes du plateau. Celui est réellement impressionnant de gigantisme et mérite bien une petite visite. Enfin, Warner propose de jeter un coup d’œil sur dix minutes de scènes supplémentaires. Celles-ci – principalement longues de quelques secondes et offrant un montage rallongé de séquences déjà présentes dans le film – n’apportent pas grand-chose au métrage. A noter au passage l’absence des teasers et des bandes annonces de ce volet et de ses prédécesseurs.

Cet épisode est également disponible en DVD simple, sans aucun bonus, en blu-ray et HD DVD. Une réédition interviendra en 2016. Ainsi qu’un Ultra HD 4K en 2017.

Image & son : 4.5 / 5

Techniquement performante, cette édition propose un piqué des couleurs et une profondeur de champ remarquables pour une copie SD. La limpidité des images est particulièrement visible lors des scènes d’obscurité, le noir y apparaît profond et pur. Un vrai régal. On imagine bien le résultat en haute définition. Le son 5.1 est puissant et distille de nombreux effets dans les enceintes arrière sans jamais faire de l’ombre aux voix, aussi bien en VO qu’en VF.

Box-office d'Harry Potter et l'ordre du Phénix

© Warner Bros Ent, Tous droits réservés.

Box-office :

Le 11 juillet 2007, aucun blockbuster n’affrontait directement Harry Potter et l’ordre du Phénix qui était la seule nouveauté d’envergure. Avec sa sortie sur 950 écrans et deux écrans par multiplexe, l’invincible apprenti-sorcier ne pouvait avoir face à lui qu’une contre-programmation de circonstance. En l’occurrence 2 Days in Paris de Julie Delpy, le film algérien Délice Paloma, le torture-porn Hostel II qui était interdit aux moins de 16 ans, ou Le contrat de Bruce Beresford, avec Morgan Freeman et John Cusack.

Premier Harry Potter à sortir en été

Harry Potter 5 n’avait face à lui que Shrek le troisième en 5e semaine, Ocean’s 13 en 4e semaine ou Die Hard 4 en 2e semaine. Il serait donc numéro 1 haut la main.

Avec 128 écrans sur Paris-Périphérie, ce premier Harry Potter à sortir durant l’un des deux mois d’été, bénéficiait d’une combinaison record et d’un démarrage sans précédent pour la capitale: 147 248 entrées entrées, très loin devant les 72 786 entrées de L’école des sorciers en 2001, sur son premier jour. C’était bien mieux que les trois derniers opus également. De même, son premier jour France avait été exceptionnel, avec 720 610 spectateurs, permettant au blockbuster adolescent de finir sa première semaine à 2 486 291 fans. L’ordre du Phénix restait toutefois en retrait par rapport aux démarrages de Pirates des Caraïbes 3 à plus de 2 700 000 spectateurs.

Le troisième plus gros succès en France en 2007

En 2e semaine, l’apprenti sorcier ne perd que 41% de sa fréquentation (1 456 024 entrées) et se retrouve à 58 000 près à franchir la barre des 4 000 000 de fans. En 3e semaine, la chute était de 68% (806 467) ; en 4e semaine, elle était de 42% (469 434), puis, en 5e de seulement 32% (317 916), voir de 13% en 6e semaine (277 756 entrées)…

En 2007, Harry Potter 5, fort d’un total époustouflant de 6 175 323 spectateurs, atterrira en 3e position annuelle, derrière Ratatouille de Disney (7 712 000), Spider-Man 3 de Sony (6 320 000), mais devant Pirates des Caraïbes 3 (5 639 000) de Disney et les 5 536 000 entrées de Shrek le troisième de Paramount.

On notera toutefois que ce score final marquait un net déclin par rapport à l’épisode 1 (9 359 812), 2 (8 756 449), 3 (7 060 057) et 4 (7 635 425). Par la suite, seule le segment final, Les reliques de la mort 2 fera mieux que lui avec 6 512 424 spectateurs.

Harry Potter et l’ordre du Phénix, des records en pagaille dans un box-office mondialisé

Aux USA, ce segment, le jeune héros de J.K. Rowling – qui dévoilait ce même été en librairie la conclusion de ses aventures -, fera des merveilles avec une sortie un mercredi qui lui a permis d’afficher des recettes énormes en dehors du sempiternel week-end de lancement. Le Phénix devint le plus gros démarrage de l’histoire pour un mercredi, le plus gros démarrage sur 5 jours non fériés (140 000 000$)… Ce fut par ailleurs la plus grosse combinaison jamais allouée à un film dans le circuit Imax, alors en plein développement, avec 91 copies aux USA, et 126 à l’échelle globale. L’intérêt pour les spectateurs qui payaient le supplément Imax était alors de profiter d’un final en 3D exclusif.

Le film de David Yates, par ailleurs, bénéficiait également du développement des écrans numériques, alors que le marché du DVD, arrivé à maturité, et les débuts du blu-ray lui permettront de générer de grosses recettes supplémentaires, avec 259 000 000$ de recettes vidéo sur le seul marché américain. Le piratage et le déclin progressif du marché rendaient les chiffres de La coupe de feu (548 000 000$) inaccessibles. Au final, aux USA, le film flirtera avec les 300 000 000$ en salle, réalisant légèrement plus que La coupe de feu et 43 000 000$ de plus qu’Azkaban.

Sur l’ensemble du monde, en première semaine, Harry Potter et l’ordre du Phénix bénéficiait d’une distribution globalisée avec 22 000 copies en circulation pour un démarrage de 330 000 000. Du jamais vu.

Frédéric Mignard 

La franchise Harry Potter

Harry Potter et l'ordre du Phénix, affiche 2007

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Harry Potter et l'ordre du Phénix, affiche 2007

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