Richard Balducci

Réalisateur, Scénariste, Ecrivain, Attaché de presse
Affiche de On l'appelle catastrophe avec Michel Leeb. Un film de Richard Balducci

Personal Info

  • Nationalité : Français
  • Date de naissance : 10 février 1922, Paris (France)
  • Date de décès : 8 décembre 2015, à l'âge de 93 ans, à Créteil (France)

Biographie

Note des spectateurs :

Ancien journaliste et attaché de presse, Richard Balducci est un cinéaste tardif dont la renommée s’est bâtie sur des comédies franchouillardes dans les années 70 et 80.

Richard Balducci est un cinéaste français connu pour ses comédies populaires aux succès provinciaux, particulièrement détestées par la presse. Avant de devenir réalisateur (on lui doit notamment plusieurs courts dans les années 60), il a officié comme journaliste, correspondant de guerre, et attaché de presse de cinéastes de renom.

Un scénariste passé par la gendarmerie

Dans le courant des années 60, il passe à la vitesse supérieure en devenant scénariste. Il a notamment écrit Les saintes-nitouches ( Marie-France Pisier, Bernard Blier, Perette Pradier) en 1963, Cherchez l’idole (Charles Aznavour, Johnny Hallyday, Sylvie Vartan, Eddy Mitchell, Frank Alamo) en 1964. Cette même année, il est le scénariste du Gendarme de Saint-Tropez, de Jean Girault, avec Louis de Funès. Cette idée de cinéma lui est venue d’une anecdote personnelle à la gendarmerie peu aimable de St-Tropez. Le triomphe (7 809 000 entrées) génère de nombreuses suites dont il participera à l’écriture. Mieux, cela va lui permettre de réaliser son propre long métrage.

Son premier (petit) succès personnel en tant que réalisateur, il l’obtient en 1969 avec La honte de la famille, comédie avec Michel Galabru, Micheline Dax, Danièle Evenou, Guy Grosso, Paul Préboist, Claude Rollet et Rosy Varte. Cet essai atteint les 850 000 spectateurs mais seulement 86 000 entrées à Paris. Cette fracture Paris Province caractérisera son œuvre qui aura du mal à séduire le public parisien peu friand d’un type de comédiens dits de boulevard, de titres absurdes et de lourdeurs humoristiques.

Affiche de La honte de la famille

Affiche : Hélène Le Breton. All Rights Reserved

Une carrière qui vire au drame et au western

En 1970, il sort L’amour, drame avec l’acteur catalan José-Maria Flotats et Charles Aznavour, mais ce virage est très mal reçu avec à peine 193 932 spectateurs en France. Il devient l’un de ses films les plus rares et les plus méconnus. Balducci s’essaie néanmoins une fois de plus dans le drame en 1972, avec L’Odeur des fauves, avec Maurice Ronet, Joséphine Chaplin, Vittorio de Sica et Tanya Lopert. Le film plutôt désagréable dans ce qu’il raconte malgré la musique de Francis Lai, trouve 415 354 spectateurs. Encore une fois, les Parisiens sont à la traîne (82 000).

Ce n’est pas la comédie Trop jolies pour être honnêtes (connu également sous le titre de Quatre souris pour un hold up) que les choses s’arrangent. La comédie au féminin avec Bernadette Lafont, Jane Birkin et Serge Gainsbourg dans un second rôle, est un flop notoire (168 000 entrées France, 37 066 à Paris).

Balducci s’éloigne alors de la comédie pour le… western ! Dans la poussière du soleil, western spaghetti italo-français tourné en 1971, lui permet d’adapter Hamlet de William Shakespeare à la sauce Far West ou du moins, d’adapter son propre roman (1971). L’essai brouillon mais avec des fulgurances, met en scène Maria Schell et Daniel Beretta sur une musique de Francis Lai. Également intitulé Erotico West ou Il y a quelque chose de pourri au royaume des tueurs, le film est au plus bas au box-office parisien, avec 16 797 entrées.

Pour essayer de se remettre sur pied, le cinéaste tente un retour à la comédie avec Les démerdards qui sort le 6 août 1975. Une sacrée bande de comédiens l’accompagnent dans son nouveau flop : Galabru, Guybet, Garcin, Amarande, Préjean, Topaloff… Encore un bide au box-office (151 408 entrées en France et à peine 6 460 Parisiens. Le film ressortira quelques années plus tard sous le titre de Par ici la monnaie.

Affiche de Trop jolies pour être honnêtes de Richard Balducci

Affiche : Ferracci. All Rights Reserved.

Richard Balducci trempe dans le porno

Richard Balducci s’essaie alors au porno. La libération des mœurs au cinéma permet de renflouer les caisses et il compte bien pouvoir essuyer ses ardoises.

Ainsi, en 1975, il sort Les ravageuses du sexe / Les demoiselles à Péage. Le film voulu comme une comédie érotique est rattrapé par l’émergence spectaculaire du porno et le cinéaste se voit contraint d’y répondre par des inserts hard. La commission de classification l’interdit totalement dans un premier temps, en raison de scènes jugées sordides. Puis, à l’issue de coupes, ils l’interdisent aux moins de 18 ans et le classent X. jusqu’en 1983.

La pornographie ne réussit pas vraiment au cinéaste. Avec La grande défonce (1976), films d’orgies sous LSD, la commission de classification bannit totalement le long métrage qui se voit refuser tout visa d’exploitation et même son exportation en dehors de la France pour incitation à la consommation de stupéfiants.

En 1975, Richard Balducci s’essaie à une nouvelle “expérience” cinématographique avec La Face cachée d’Adolf Hitler / Les Nazis dans le rétro, comédie méconnue coréalisée par Tony Blum avec Pierre Desproges (qui incarne le fils du Führer) et Albert Médina. Cette adaptation du récit de Claude Briac, La Vie sexuelle d’Adolf Hitler, sera à peine exploitée en France et carrément inédite en format physique.

Affiche de Prends ta rolls... et va pointer ! de Richard Balducci

Affiche : Lynch Guilloton

Une fin de carrière dans la comédie Z

Dans les années 80, le cinéma de Richard Balducci est plus identifiable. Dans les campagnes Prends ta Rolls et va pointer, avec Jean Lefèbvre et Gérard Hernandez, trouve 692 876 spectateurs dont 97 346 entrées dans la capitale. Cet ancêtre navrant de Mes très chers enfants d’Alexandra Leclère avec Josiane Balasko, évoquait en arrière-plan la peur des Français pour le chômage qui secouait le pays. On notera la laideur historique de l’affiche, l’une des plus laides jamais proposées en France.

Dix mois plus tard, Balducci persiste dans la comédie franchouillarde avec N’oublie pas ton père au vestiaire dans laquelle il redirige Jean Lefèbvre et donne un rôle important à un quasi débutant, Manuel Gélin. Cette comédie générationnelle sortie dans la foulée du succès de La Boum s’intéresse au fossé entre les générations. 526 000 entrées France, c’est plutôt pas mal pour cette année 1982. Evidemment, à Paris, il faut chercher les spectateurs à la loupe : il sont 35 000 !

N'oublie pas ton père au vestiaire avec Jean Lefèbvre

Affiche © Rau by Spadem © Les Productions du Daunou, Naja Films

Après Prends ta Rolls et va pointer et N’oublie pas ton père au vestiaire (alias Mon père il est con mais je l’aime bien), l’artiste de 60 ans désormais sort un troisième film produit par l’inénarrable Denise Petitdidier et évidemment c’est un troisième film consécutif dans sa collaboration avec Jean Lefèbvre. Salut la puce, tiré de l’un de ses romans (1979), arbore une affiche de matelot qui passe mal auprès du public alors que le long se passe bel et bien à Paris, principalement sur la Seine et ses abords. Cette fois-ci la sauce ne prend pas. Il y a bien Georges Géret, Pierre Tornade et Jean-Marie Proslier en second rôle, mais non, le public n’est pas très attiré par cette proposition de tendresse vendue par une affiche désuète. Le score est historiquement bas pour Richard Balducci qui sonde le vide à l’échelle française (44 004 entrées) et parisienne (3 256). Ce programme ressortira quelques mois plus tard sous le titre plus à la mode T’as pas cent balles… moi non plus !.

L’ultime (petit) succès de sa carrière, Balducci l’obtient en 1983 avec On l’appelle catastrophe. Destiné à devenir un carton destations balnéaires et dans les villages, la comédie est la première à offrir un premier rôle à l’humoriste Michel Leeb. Les Films Jacques Leitienne à la production et à la distribution essaie de faire d’en faire une star de cinéma, ce qu’il ne deviendra jamais. La comédie de Balducci, avec Darry Cowl et Michel Galabru s’arrête à 692 445 entrées France, bien aidée par les grandes vacances. Comme toujours, elle doit faire avec un score risible de 65 054 curieux à Paris-Périphérie. Ce pur nanar franchouillard n’est pas le pire dans le genre ; il est définitivement à conseiller aux aficionados nostalgiques de ces années de déconnade.

Affiche de On l'appelle catastrophe avec Michel Leeb. Un film de Richard Balducci

Affiche : Léo Kouper All Rights Reserved

Deux ans plus tard, en 1985, Richard Balducci a 65 ans et décide de revenir à Saint-Tropez. Le Facteur de Saint-Tropez, avec Paul Préboist et Manuel Gélin (qui joue son fils à l’écran), ainsi que Galabru, Henri Génès, Marion Game, est l’un des rares films à donner la vedette à Paul Préboist. L’acteur a été très populaire dans les années 80 grâce à L’émir préfère les blondes et surtout le phénoménal Mon curé chez les nudistes. Il porte encore à son grand âge la carrière du Facteursur ses épaules. Concrètement, elle ne sera que de 34 110 entrées, mais en France, son distributeur indépendant trouvera 426 510 spectateurs démontrant un peu plus le fossé entre ces deux France.

On notera qu’un mois avant la sortie du Facteur de St-Tropez, un autre divertissement de Balducci apparaissait en salle, le très Z Y’a pas le feu..., avec sa patrouille de pompiers en folie et son caméo canin. Le casting (Henri Génès, Hubert Deschamps, Mouss, et Françoise Blanchard) attirera à peine 7 000 Parisiens.

Le facteur de St-Tropez, affiche

© Japhila Productions. Tous droits réservés.

L’échec de Banana’s Boulevard le fait renoncer au cinéma

Avant de prendre sa retraite cinématographique méritée, Richard Balducci revient aux scénario un peu rock, mettant en scène des vedettes du top 50 (le scénario de Cherchez l’idole  avec Charles Aznavour, Johnny Hallyday, Sylvie Vartan, Eddy Mitchell, Frank Alamo, c’était lui). Il sort en janvier 1986 avec beaucoup d’espoir Banana’s Boulevard. Pas de chance, les Français trouvent l’idée aussi ringarde que le groupe les Forbans. Les Parisiens ne se déplacent pas (9 097 entrées en 15 jours). Malgré la promotion à la télévision, une affiche dessinée de Patrick Claeys et une belle combinaison de salles (18 à Paris-Périphérie), le concept ne prend nulle part, y compris en province où les salles sont vides.

Ne se retrouvant plus dans la cinématographie des années 80 où l’on pousse toute une génération d’acteurs et de cinéastes vers la sortie, Richard Balducci décide d’arrêter le cinéma en 1986. Il n’écrira plus de scénario. Les derniers scénarii qu’il a écrit pour d’autres cinéastes n’ont pas forcément cartonné (Général… nous voilà, Les bidasses en vadrouille, La fac en délire, Les Joyeuses colonies de vacances, Voulez-vous un bébé Nobel ?, Charlots Connection). Evidemment, il ne réalisera plus pour le grand écran.

Y'a pas le feu... affiche

Affiche : Léo Kouper All Rights Reserved

En revanche, l’écrivain Balducci poursuivra son œuvre, avec onze publications entre 1989 et 2003, dont une biographie de Charles Aznavour dont il avait été proche.

A l’instar des Christian Gion et autre Michel Gérard, la filmographie de cet auteur a souvent été méprisée par l’intelligentsia du cinéma français. Son œuvre est rarement promue en DVD où alors dans des copies très médiocres chez LCJ ou ESC. Beaucoup de ses longs sont introuvables… Sa mort en 2015, à l’âge de 93 ans, n’a pas été la plus commentée et à chaque fois son cinéma en était réduit au scénario du Gendarme. Très réducteur pour un artiste qui peut se targuer d’avoir eu une carrière riche, indissociable d’une France joviale qui n’est plus.

Frédéric Mignard

Filmographie de Richard Balducci

(Réalisateur, longs métrages)
  • 1969 : La Honte de la famille
  • 1970 : L’Amour
  • 1972 : L’Odeur des fauves
  • 1972 : Trop jolies pour être honnêtes
  • 1973 : Dans la poussière du soleil (Il sole nella polvere)
  • 1974 : Les démerdards ou Par ici la monnaie
  • 1975 : Les Demoiselles à péage ou Les Ravageuses de sexe (sous le pseudonyme de Bruno Baldwyn)
  • 1976 : La Grande Défonce (sous le pseudonyme de Bruno Baldwyn)
  • 1977 : La Face cachée d’Adolf Hitler / Les Nazis dans le rétro (co-réalisé avec Tony Blum)
  • 1981 : Prends ta Rolls et va pointer
  • 1982 : N’oublie pas ton père au vestiaire (Mon père il est con mais je l’aime bien, titre provisoire)
  • 1983 : Salut la puce / T’as pas cent balles… moi non plus !
  • 1983 : On l’appelle catastrophe
  • 1985 : Le Facteur de Saint-Tropez
  • 1985 : Y’a pas le feu
  • 1986 : Banana’s Boulevard
Affiche de Banana's Boulevard, 4X3

Illustration : Patrick Clayes. All Rights Reserved

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