Christian Gion

Réalisateur, Scénariste, Producteur
Le pion, affiche

Personal Info

  • Nationalité : Français
  • Date de naissance : 10 mars 1980, à Tarbes
  • Crédits : Ferracci, Belin

Biographie

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Provincial originaire de Lourdes, Christian Gion était un excellent élève, mais turbulent. Ses années lycée vont déterminer sa voie, réalisateur de comédies populaires, détesté des critiques, mais aux succès réguliers entre 1975 et 1985. Christian Gion a écrit une page du cinéma franchouillard français, qu’il assume avec fierté, de par les belles amitiés qu’il a pu tisser, avec Claude Zidi ou Henri Guybet.

Au début des années 60, le jeune Christian Gion est âgé de 20 ans. Il monte sur Paris et fait HEC, mais sa cinéphilie et son assiduité à la cinémathèque l’incitent à aborder le monde de l’image dès la fin de ses études.

Il incorpore une agence publicitaire pour la réalisation de spots destinés au cinéma. Il monte sa propre société dont le succès va le conduire à produire ses propres films. Il réalise aussi des courts, dont un sur… Lourdes.

Ainsi, en 1967, Christian Gion démarre sa carrière en réalisant Les encerclés, un film méconnu avec Jacques Higelin, Brigitte Fontaine, Rufus, et Luc Moullet. Dans l’air du temps.

Christian Gion et cinéma érotique

En 1973, il enchaîne avec deux films érotiques, Les couples du bois de Boulogne et La grande blonde avec une petite chatte noire. Ce dernier, il ne fait que le produire, c’est l’acteur José Varela qui le réalise.

 

Le pion, affiche

Illustration © Ferracci

Dans une interview donnée au Chat qui Fume, en 2020, pour les bonus du film Le jardin des supplices, le cinéaste affirme n’avoir fait que produire ces deux œuvres déshabillées pour arranger les affaires de sa boîte de publicité.

Il coréalisera un autre film érotique en 1976, avec Super Woman, documentaire putassier sur les transsexuelles, en s’inspirant du succès d’Exhibition de Jean-François Davy.

Dans son dictionnaire des films français érotiques et pornographiques, Christophe Bier affirme que Christian Gion aurait tourné Les couples du bois de Boulogne sous le nom de Bernard Legrand, quand il aurait coréalisé le film Super Woman, avec Philippe Gasté.

La tentation du cinéma d’horreur : Le jardin des supplices

En 1975, entre deux récits érotiques, Christian Gion sort une comédie avec Bernard Blier, Francis Perrin, Claude Piéplu et Bernard Le Coq. C’est dur pour tout le monde ne sera pas pour autant un succès, ne dépassant pas les 300 000 spectateurs dans toute la France, ce qui est maigre pour l’époque où la VHS et la télévision ne concurrencent pas vraiment l’exploitation salle.

En 1976, pour la productrice Vera Belmont, il réalise Le jardin des supplices, adaptation lointaine du roman d’Octave Mirbeau. Il s’agit d’une curiosité dans sa filmographie, entre érotisme tordu, violence sadique et scènes d’horreur. Le film s’inscrit parfaitement dans le cinéma dingue des années 70, mais n’incorpore aucune logique dans une filmographie qui se veut joyeuse et légère.  Le jardin des supplices, pervers et glauques est aux antipodes de son cinéma.

Vera Belmont n’y met pas le budget mais ose espérer un succès à la Emmanuelle qui ne viendra jamais. Lefilm est longtemps resté invisible, avant que Canal+ ne le propose sur sa plateforme. Le Chat qui Fume le propose en blu-ray en 2020, dans sa version intégrale, avec une interview du cinéaste. Rare.

La comédie d’abord

C'est dur pour tout le monde , affiche

Illustration © Ferracci

Christian Gion collabore de nouveau en 1977 avec la productrice Véra Belmont sur One Two Two, 122, rue de Provence, une production plus cossue commandée par Columbia. On y retrouve Francis Huster et Nicole Calfan, mais l’échec marque la fin d’une époque pour Gion qui passera exclusivement à la comédie loufoque, à forte tendance autobiographique ou du moins d’inspiration personnelle.

Le triomphe de Le Pion

Le 25 octobre 1978, il sort Le Pion, avec Henri Guybet, qui était déjà du casting de One Two two. Avec également Claude Pieplu et Michel Galabru en tête d’affiche, la comédie lycéenne s’inspire de ses années de jeunesse et aligne des situations rocambolesques qu’il a fait vivre au monde éducatif quand il était au lycée. Avec 1 453 597 entrées, Le pion, est son deuxième plus gros succès au ox-office L’amitié avec Henri Guybet n’en est que renforcée. Il sera quasiment de tous ses castings.

Les hauts et les bas de la comédie de Christian Gion

Les prochains films du cinéaste se vendront de façon semblable, avec des visuels de l’illustrateur René Ferracci, qui créent presque une patte Gion… Toutefois, en 1979 Le gagnant, divertissement sur le phénomène du Loto, avec Stéphane Audran et Philippe Ruggieri, est une contre-performance (374 244), quand Pétrole Pétrole, en 1980, avec Jean-Pierre Marielle, Bernard Blier, Catherine Alric, Henri Guybet, Charles Gerard est lui un vrai succès, avec 855 346 spectateurs.

 

Aldo Maccione et Patrick Bruel s’en mêlent

En 1982, Christian Gion signe Les diplômés du dernier rang, avec le quasi-débutant Patrick Bruel. Dans la lignée du Pion et des comédies scolaires à la mode, comme Les sous-doués, le teen-movie s’inspire des études de Gion à HEC et s’assure 763 577 rigolos dans les salles. Le succès sera considérable à la télévision où nos Diplômés feront des leurs lors de multi-rediffusions.

Le gagnant , affiche

Illustration © Ferracci

L’année suivante, en 1983, Christian Gion met en scène Aldo Maccione, alors au sommet de sa popularité, dans Le bourreau des cœurs. La vedette italienne sortait alors de son plus gros succès populaire, en 1982, Plus beau que moi tu meurs (3 264 775).

Le bourreau des cœurs réalisa moitié moins (1 652 422) que son prédécesseur, mais dans un contexte ultra concurrentiel, puisqu’il est sorti en octobre 1983, mois d’Octopussy, Le marginal, Le retour du Jedi….

La comédie populaire permet au cinéaste de réaliser son meilleur score au box-office. Même s’il ne s’entend guère avec Aldo Maccione qu’il trouve trop directif (à sa propre image), il collabore avec la star machiste une seconde fois, avec un piètre Pizzaiolo et Mozzarel, en 1985. Avec 623 637 spectateurs, ces retrouvailles entre le cinéaste et le comédien sont vécues comme une semi-échec, notamment en raison du score parisien calamiteux (moins de 70 000 spectateurs). Mais Maccione a-t-il jamais séduit les Parisiens ? A vrai dire, jamais.

 

J’ai assassiné le père Noël

Entre les deux fanfaronnades, Christian Gion connaît un redoutable échec avec le conte merveilleux J’ai rencontré le père Noël. Cette grosse production de Noël, tournée en Laponie, dans deux langues, car à vocation internationale, est victime de sa mauvaise idée de casting, Karen Cheryl en bonne fée, la chanteuse et présentatrice de télévision ayant un jeu très médiocre. L’échec est abyssal, même si le film, selon son cinéaste, qui en détient toujours les droits, s’avère être un spectacle chaque année convoité sur différents marchés télévisuels pendant les fêtes de Noël.

Mort d’un cinéma populaire

En 1990, Christian Gion retrouve l’inspiration de sa jeunesse parisienne. Mais Le provincial avec Roland Giraud et Gabrielle Lazure est un nouvel échec pour le cinéaste qui connaît, au tournant des années 90, une ringardisation de son type d’humour.

Les diplomés du dernier rang, affiche

Illustration © Belin

L’absence de réalisation, de vrai fil conducteur narratif, et de volontarisme esthétique que les critiques lui avaient tant reprochée pendant les années où le cinéma franchouillard demeurait populaire, devient rédhibitoire.

Ses deux derniers films, Sup de fric en 1992 et Les insaisissables (2000) sont des échecs intégraux. Le premier, dernier long métrage du regretté Jean Poiret, essaie de remettre au goût du jour les comédies potaches autour des boîtes à diplômes. Les insaisissables, avec Daniel Prévost, en 2000, qui s’amuse des huissiers, s’inspire à la fois des mésaventures du cinéaste avec le fisc, mais surtout s’inspire du Dîner de cons dans lequel l’acteur jouait déjà un inspecteur des impôts. L’existence du film paraît alors anachronique. La laideur de son affiche est une autre faute de goût évidente. Distribué par Opening dans 40 cinémas en mai 2000, quand le cinéaste vient à peine de célébrer ses 60 ans, l’anachronisme est immédiatement effacé des programmes : 5 544 spectateurs auront essayé d’épancher leur nostalgie d’un spectacle populaire d’antan. Mais le monde des multiplexes, celui des UGC Ciné Cité était bel et bien incompatible avec ce type de cinéma imparfait qui sortait des canons de rigueur industrielle imposés par les majors.

Le cynisme et l’industrialisation du cinéma ont eu raison d’une époque pas franchement bonne qualitativement, mais assurément rigolote. Sachez en tout cas, qu’à 80 ans, le Monsieur, toujours très posé et la tête encore bien sur les épaules, envisage tout de même un come-back et développe ainsi un nouveau scénario.

Frédéric Mignard

Filmographie :

  • 1967 : Les Encerclés
  • 1974 : Les Couples du Bois de Boulogne (réalisé sous le nom de Bernard Legrand)
  • 1975 : C’est dur pour tout le monde
  • 1976 : Le Jardin des supplices
  • 1976 : Superwoman (réalisé sous le nom de Romain Pacy)
  • 1977 : One, Two, Two : 122, rue de Provence
  • 1978 : Le Pion
  • 1979 : Le Gagnant
  • 1981 : Pétrole ! Pétrole !
  • 1982 : Les Diplômés du dernier rang
  • 1983 : Le Bourreau des cœurs
  • 1984 : J’ai rencontré le Père Noël
  • 1985 : Pizzaiolo et Mozzarel
  • 1989 : Le Provincial
  • 1992 : Sup de fric
  • 1999 : Les Insaisissables avec Daniel Prévost, Dominique Guillo
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