Les Trois jours du Condor / Les 3 Jours du Condor (1975)

Espionnage | 1h57min
Note de la rédaction :
7/10
7
Les 3 jours du Condor de Sydney Pollack

  • Réalisateur : Sydney Pollack
  • Acteurs : Faye Dunaway, John Houseman, Max von Sydow, Robert Redford, Cliff Robertson
  • Date de sortie: 21 Nov 1975
  • Année de production : 1986
  • Nationalité : Américain
  • Titre original : Three Days of the Condor
  • Titres alternatifs : 3 Days of the Condor (États-Unis, Pays-Bas), Three Days of the Condor (États-Unis, Royaume-Uni, Canada, Singapour, Australie, Émirats arabes unis, Israël, Équateur, Inde, Philippines), Los tres días del cóndor (Espagne, Mexique), Korppikotkan kolme päivää (Finlande), Korppikotkan Kolme Päivää (Finlande), Kondoru (Japon), I tre giorni del Condor (Italie), Tre døgn for Condor (Danemark), Die drei Tage des Condor (Allemagne, Autriche), Treffpunkt Mitternacht: C.I.A. (Allemagne de l’Ouest), Tre dagar för Condor (Suède), Els tres dies del Còndor (Espagne), De drie dagen van de Condor (Belgique), 3 días del cóndor (Argentine), Los 3 días del cóndor (Argentine), 3 imeres tou kondoros (Grèce), Οι τρεις ημέρες του κόνδορα (Grèce), Τρεις ημέρες του κόνδορος (Grèce), Tre dager for Condor (Norvège), Akbabanın üç günü (Turquie), A Keselyű három napja (Hongrie), A Keselyű 3 napja (Hongrie), A keselyű három napja (Hongrie), Os Três Dias do Condor (Portugal, Brésil), Trzy dni Kondora (Pologne), Три кондорова дана (Serbie), Три дні Кондора (Ukraine), Trije Kondorjevi dnevi (Slovénie), Tri dni Kondora (Slovaquie), Tři dny Kondora (Tchéquie), Ba Ngày Của Chim Ưng (Viêt Nam), Trei zile ale condorului (Roumanie),
  • Casting : Robert Redford, Faye Dunaway, Cliff Robertson, Max von Sydow, John Houseman, Addison Powell, Walter McGinn, Tina Chen, Michael Kane, Don McHenry, Michael Miller, Jess Osuna, Dino Narizzano, Helen Stenborg, Patrick Gorman, Hansford Rowe, Carlin Glynn, Hank Garrett, Arthur French, Jay Devlin, Frank Savino, Robert Phalen, John Randolph Jones, Garrison Phillips, Lee Steele, Ed Crowley, John Connell, Norman Bush, James Keane, Ed Setrakian, Myron Natwick, Michael Prince, Carol Gustafson, Sal Schillizzi, Harmon William, David Bowman, Eileen Gordon, Robert Dahdah, Steve Bonino, Jennifer Rose, David Allen, Glenn Ferguson, Paul Dwyer, Marian Swan, Dorothi Fox, Ernest Harden Jr., Sean Collins, Beverly Goodman, Russell Johnson, Jennifer Jordan, Bruce Moreno, John Philis, Richard Sanders, Lauren Simon
  • Scénariste(s) : Lorenzo Semple Jr., David Rayfiel
  • D'après le livre de James Grady Les six jours du Condor
  • Compositeur : Dave Grusin
  • Directeur de la photographie : Owen Roizman
  • Monteur : Don Guidice
  • Chef décorateur : Stephen B. Grimes
  • Chefs maquilleurs : Lee Harman, Gary Liddiard, Bob O'Bradovich
  • Chef costumier : Joseph G. Aulisi
  • Ingénieur du son : Arthur Piantadosi
  • Monteur son : Josef von Stroheim
  • Responsable des effets spéciaux : Augie Lohman
  • Directeur de casting : Shirley Rich
  • Scripte : Maggie James
  • Assistants réalisateur : Peter R. Scoppa, Ralph S. Singleton
  • Directeur de production :
  • Producteurs : Stanley Scheider, Sydney Pollack
  • Producteurs exécutifs : Dino De Laurentiis
  • Société de production : Wildwood Entreprises, Dino De Laurentiis Company
  • Distributeur : Fox-Lira (France), Paramount Pictures (USA)
  • Distributeur (reprise ) : Les Acacias (2010)
  • Date de sortie (reprise) : 10 mars 2010
  • Editeur vidéo : TF1 Vidéo (2000), StudioCanal (toutes les sorties postérieures)
  • Date de sortie vidéo : 19 avril 2000 (DVD, TF1), 24 février 2004 (DVD, collection Série noire), 7 septembre 2004 (collector, double DVD), 21 mai 2007 (HDDVD), 26 février 2008 (DVD, collection StudioClassics), 1 janvier 2013 (blu-ray), 18 novembre 2020(4K UHD Steelbook, limité),1er avril 2021 (blu-ray, DVD), 1 mars 2023 (4K Ultra HD)
  • Budget : 20 000 000$
  • Box-office France / Paris-Périphérie : 1 395 398 entrées / 472 641 entrées 2 495 entrées (reprise France 2010) / 2 156 (reprise Paris 2010)
  • Box-office nord-américain : 27 476 252$
  • Classification : Tous publics
  • Formats : 2.39 : 1 / Couleur (35mm, Technicolor) / Mono, Dolby Digital
  • Nominations : Oscar du Meilleur montage (USA, 19876), Meilleure actrice dans un film dramatique (USA, 1976), Meilleure Bande-originale (USA, 1977)
  • Récompenses : Meilleur acteur dans un second rôle pour Max von Sydow et Meilleur film au Festival international du film de Carthagène 1976, Prix spécial pour Sydney Pollack (David di Donatello 1976)
  • Illustrateur/Création graphique : © Tous droits réservés / All rights reserved
  • Crédits : © 1975 StudioCanal. Tous droits réservés / All rights reserved
  • Dates de tournage : Début : septembre, à Lyon, dans le Midi, à Paris
Note des spectateurs :

Jadis polar paranoïaque de haute volée, Les 3 jours du Condor / Les trois jours du Condor est désormais une charge politique effrayante en notre ère de déboulonnage de la démocratie américaine par son propre Exécutif, Donald Trump.

Synopsis : Joseph Turner est un agent de la CIA chargé de réunir un maximum d’informations dans les livres d’espionnage afin d’en glaner des idées et de trouver les fuites quant aux pratiques de l’agence de renseignements. Sa vie va changer lorsqu’il retrouvera tous ses collègues assassinés pendant la pause-déjeuner. Turner, sous le pseudonyme de Condor va, dès lors, se lancer dans une course contre-la-montre dans le but de mettre au jour un réseau d’espions infiltré au sein même de l’agence.

Un complément à la trilogie de la paranoïa d’Alan J. Pakula

Critique : Le contexte américain des 3 Jours du Condor n’est guère reluisant : le trauma de la Guerre du Vietnam, l’assassinat de grandes figures dans les années 60, le scandale du Watergate et la démission de Nixon, la crise économique liée au choc pétrolier (inflation, ralentissement de la croissance après des décennies euphoriques)… On peut aisément comprendre que le duo Robert Redford et Sydney Pollack aient décidé de s’atteler ensemble à l’adaptation du roman de James Grady pour essayer de prospecter les rouages de la démocratie américaine.

Robert Redford dans Les 3 jours du Condor

© 1975 StudioCanal. All Rights Reserved.

Deux scénaristes ont relevé les manches. Pollack impose son proche collaborateur, David Rayfiel, et l’on retrouve au générique Lorenzo Semple Jr. qui sortait du triomphe de Papillon, et surtout d’un sommet de paranoïa politique avec Warren Beatty, The Parallax View d’Alan J. Pakula, aussi connu en France sous le titre A cause d’un assassinat ?, deuxième volet de la trilogie de la paranoïa de Pakula. Warren Beatty et le réalisateur Peter Yates avaient d’ailleurs été envisagés sur ce film par le producteur Dino De Laurentiis, mais Redford restait persuadé que Pollack était l’homme de la situation. Et il l’était.

Le succès public et critique des 3 jours du Condor se situe très haut dans la carrière des deux acolytes et préfigure d’autres classiques comme Les hommes du présidents de Pakula en 1976 (Redford, Hoffman devant la caméra de Alan J. Pakula) qui aura un petit truc en plus, un optimisme et un sens de l’héroïsme plus affirmé. Après tout, dans le film de Pollack, le Condor que joue Redford n’a rien d’un prédateur, il est un oiseau solitaire, touché, au milieu des vautours qui veulent sa peau. Son héroïsme est feint : il veut sauver sa peau et non changer les institutions corrompues.

Condor vs CIA : haro sur les agences gouvernementales

En 1975, l’Amérique n’a plus confiance dans ses politiques et développe une méfiance particulière à l’égard des agences gouvernementales, comme la C.I.A dont Robert Redford incarne un agent, Joseph Turner, un homme de lecture dont le job consiste à lire des romans d’espionnage afin de vérifier si la fiction n’a pas été inspirée par des faits classés secrets par la CIA ou pourrait au contraire inspirer la réalité du travail d’espionnage de ses agents.

L’intrigue démarre avec un terrible massacre : tous les collègues de son bureau sont assassinés violemment (le film a été interdit aux moins de 13 ans en France), alors qu’il déjeunait à l’extérieur, femmes comprises… la séquence dérangeante qui peut raviver le souvenir récent d’attaques terroristes en France, est un formidable coup d’envoi pour une chasse à l’homme et un puissant jeu de survie.

Photo de Les 3 jours du Condor

© 1975 StudioCanal. All Rights Reserved.

Basé sur un script solide, Les 3 jours du Condor (nom de code de l’agent qu’incarne Redford) resserre l’action pour une traque intense où le téléphone prend du jalon dans ce sous-genre, et où la hiérarchie est un nid de guêpes dans lequel il est difficile de trouver à qui se fier… Moins convaincant est le personnage féminin : le personnage de Redford trouvant refuge chez une femme photographe qu’il prend en otage avant de se rapprocher d’elle et qui va évidemment l’aider. Faye Dunaway n’a pas ici le rôle le plus convaincant de son répertoire, tant il manque de panache et semble avoir été greffé au script pour accentuer le côté glamour du héros malgré lui qu’est Robert Redford, sommet de la séduction dans les années 70.

Les 3 jours du Condor, prolepse du chaos contemporain

Revoir Les 3 jours du Condor en 2025 est particulièrement pertinent. Entre la manipulation politique autour des ressources énergétiques employées par l’actuel occupant de la Maison Blanche, son obsession pour une indépendance énergétique, et sa méfiance envers les institutions et les agences gouvernementales qu’il essaie de contrôler, ainsi que son obsession pour l’état dit profond, le cinéma parano des années 70 semblait vouloir servir d’avertissement. Et évidemment, on n’oubliera point d’évoquer le rôle central détenu par les médias à la fin du film sous la bannière du New York Times (on laissera le Washington Post pour Les Hommes du président)…

Dans Les 3 jours du Condor, film de son temps dont on a hérité comme étant une œuvre de notre présent, c’est bel et bien toute une sombre géopolitique qui se déploie sous nos yeux, fissurant une démocratie américaine dont il ne restera que des cendres des décennies plus tard. Au moins les Etats-Unis des années 70 délivraient une touche d’optimisme en évoquant le quatrième pouvoir et sa capacité à faire éclater la vérité : désormais bafoué par l’actuel président, ce contre-pouvoir essentiel ne semble plus capable de servir de garde-fou suffisant aux yeux d’une population qui n’a que faire des faits pour soutenir sa propre aspiration au chaos.

Frédéric Mignard

Les trois jours du Condor aux Oscars ?

1975 ne sera pas l’année du polar politique aux Oscars, puisqu’une seule nomination accompagnera le film de Sydney Pollack, en l’occurrence celle du Meilleur montage. Curieusement, les Golden Globes nommeront Faye Dunaway dans la catégorie de la Meilleure actrice.

Les grands gagnants de l’année aux Oscars sont pourtant Vol au dessus d’un nid de coucou (9 nominations, 5 prix), Barry Lyndon (7 nominations, 4 prix), et Les dents de la mer (4 nominations, 3 Prix). Un après-midi de chien se contente d’une statuette pour 6 nominations. Similairement, Nashville se résigne à une victoire sur 5 nominations.

On savourera la nomination d’Isabelle Adjani, dans la catégorie de la Meilleure actrice, pour sa prestation dans L’Histoire d’Adèle H. de François Truffaut.

Les trois jours du Condor, affiche reprise 2020

© 1975 StudioCanal. All Rights Reserved.

Box-office de Les 3 jours du Condor

Après un mois d’octobre 1975 dominé par Alain Delon (Flic Story) et Jean-Paul Belmondo (L’incorrigible), le box-office français du mois d’octobre va-t-il succomber à nouveau au charisme des grandes stars américaines ? Robert Redford débarque le 21 novembre et succède ainsi à Paul Newman (La Toile d’araignée) et à  Warren Beatty (Shampoo) qui sortaient tous deux leur nouveau long la semaine passée. Le choix du public sera évidemment en faveur de Robert Redford.

L’acteur Redford, qui était présent au Festival de Deauville dans le méconnu La Kermesse des Aigles de George Roy Hill, est aussi en concurrence avec un autre film américain présenté à Deauville, en l’occurrence Nashville de Robert Altman. Toutefois, Nashville n’est présent que dans 7 cinémas à Paris et se destine à un public plus restreint. Altman se contente donc de 19 940 spectateurs sur cette semaine-là. Aussi, Les Trois jours du Condor réussit une remarquable première semaine de 5 jours puisque le film, contrairement à la concurrence, n’est sorti que le 21 novembre et non le 19. Proposé dans 18 cinémas, il tient en haleine pas moins de 77 905 Parisiens, dont 16 000 au Rex et près de 10 000 entrées au Miramar ou bien à l’UGC Ermitage.

Après cette enthousiasmante première semaine, le film gagne notamment un écran à Paris dans les salles de Paris-Périphérie. Il voit ses entrées grimper à 83 935 spectateurs pour cette deuxième semaine. Profitant cette fois-ci d’un top hebdo complet, il perd toutefois la première place devant l’assaut d’Yves Montand dans Le Sauvage, qui dépasse les 100 000 spectateurs.

En troisième semaine, le thriller politique autour de la CIA doit affronter également la concurrence du Gitan avec Alain Delon et du thriller français implacables 7 morts sur ordonnance, de Jacques Rouffio, avec Piccoli, Depardieu et Birkin. Ces deux-là se comportent assez bien. Redford cède donc deux places et se pose tranquillement en quatrième position avec encore 60 000 spectateurs.

Le gadin a lieu toutefois en quatrième semaine : avec 34 000 spectateurs dans 13 cinémas. Rien de grave, Pollack et Redford ont encore de belles semaines et de belles reprises devant eux.

Au total, Les Trois jours du Condor réunira plus de 472 000 spectateurs à Paris et sa périphérie. Un beau score.

Nos plus belles années, l'affiche

© 1973 Columbia Pictures – Rastar Productions. All Rights Reserved.

En France, avec 1 395 000 spectateurs, le carton est également une évidence. Pour le duo Robert Redford et Sydney Pollack, cette collaboration est bien plus fructueuse que sur Nos plus belles années, qui avait réalisé 530 000 spectateurs, ou même Jeremiah Johnson en 1972, qui avait enthousiasmé toutefois plus d’un million de spectateurs.

Sydney Pollack, qui venait juste de sortir en France Yakuza en août 1975, un échec à 180 000 entrées avec Robert Mitchum et Ken Takakura, réalise ici un magnifique rebond. Tout comme pour Redford après la déconvenue de La Kermesse des Aigles, film d’aviation sans prestige (279 255 entrées).

Avec Les 3 jours du Condor, Robert Redford, qui avait notamment joué en 1970 dans Butch Cassidy et le Kid (2 910 000 spectateurs) et surtout L’Arnaque en 1974 (4 157 000), s’offrait un succès à la mesure de son engagement.

Un an après Les Trois jours du Condor, Robert Redford réitérera dans Les Hommes du président d’Alan J. Pakula, une autre réussite dans le genre, même si le film réalisera moitié moins d’entrées en France.

Avec cette opération Condor, les deux complices s’offraient un film culte pour les décennies à venir : Les Trois jours du Condor demeure une magnifique référence dans leur carrière, et sortira de nombreuses fois en VHS ainsi qu’en DVD, Blu-ray et même très récemment en Ultra HD 4K. Pour des raisons politiques contemporaines évidentes, sa pertinence demeure intacte, 50 ans après, en 2025.

Frédéric Mignard

Les sorties de la semaine du 19 novembre 1975

Les 3 jours du condor (1975), avec Robert REdford

© 1975 StudioCanal. All Rights Reserved.

Biographies +

Sydney Pollack, Faye Dunaway, John Houseman, Max von Sydow, Robert Redford, Cliff Robertson

Mots clés :

1975, La CIA au cinéma, Les classiques du 7e Art, Thrillers paranoïaques, Thrillers politiques

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Les 3 jours du Condor de Sydney Pollack

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