Les Dix Commandements : la critique du film (1958)

Péplum, Aventures, Epopée religieuse | 3h40min
Note de la rédaction :
9/10
9
Les dix commandements, affiche du film

  • Réalisateur : Cecil B. DeMille
  • Acteurs : Judith Anderson, Julia Faye, Edward G. Robinson, Charlton Heston, Yul Brynner, Anne Baxter, Vincent Price, Richard Farnsworth, Debra Paget, Fraser C. Heston, John Derek, Robert Vaughn, Woody Strode, Peter Baldwin, John Carradine
  • Date de sortie: 17 Jan 1958
  • Nationalité : Américains
  • Titre original : The Ten Commandments
  • Titres alternatifs :
  • Année de production : 1956
  • Scénariste(s) : Æneas MacKenzie, Jesse Lasky Jr., Jack Gariss, Fredric M. Frank, d'après des ouvrages de Dorothy Clarke Wilson, J.H. Ingraham, A.E. Southon
  • Directeur de la photographie : Loyal Griggs
  • Compositeur : Elmer Bernstein
  • Société(s) de production : Motion Picture Associates
  • Distributeur (1ère sortie) : Paramount Pictures
  • Distributeur (reprise) : Swashbuckler Films (2013)
  • Date de reprise : 30 octobre 2013
  • Éditeur(s) vidéo : Paramount Home Vidéo
  • Date de sortie vidéo : 11 janvier 2001 (DVD), 4 avril 2012 (blu-ray), 10 juin 2020 (Mediabook), 1 avril 2021 (Ultra HD 4K)
  • Box-office France / Paris-périphérie : 14 229 745
  • Box-office nord-américain : 65 500 000 $ -> 1 227 470 000$ (recettes ajustées - 2021)
  • Budget : 13 282 712$
  • Classification : Tous publics
  • Formats : 2.39 : 1 (reprises de 1972 & 1989), 1.85 : 1, 2.20 : 1 (reprises de 1972 & 1989) / Couleur (Technicolor, 35mm) / Mono, Stereo (Western Electric Recording), 70 mm 6-Track (reprise de 1989), Dolby Stereo (reprise de 1989), DTS (master de 2012) / Dolby Digital (master de 2006)
  • Festivals et récompenses : 7 nominations aux Oscars dont 1 prix (Meilleurs effets spéciaux), 1 nomination Golden Globes pour Meilleur acteur dans un drame (Charlton Heston)
  • Illustrateur / Création graphique : Crédits : Droits réservés
  • Crédits : © 1956 Paramount Pictures Corporation. Tous droits Réservés
  • Franchise : Remake des Dix Commandements de Cecil B. DeMille (1923)
Note des spectateurs :

Les Dix Commandements est l’un des monuments du septième art. Ce chef-d’œuvre épique de l’âge d’or du cinéma est aussi le plus gros succès de l’année 1958 et l’un des vingt plus gros cartons de l’histoire de l’exploitation en France.

Synopsis : Recueilli à sa naissance par la fille d’un pharaon, Moïse grandit comme un prince égyptien. Il n’accèdera pas au trône car son rival Ramsès révèle qu’il n’est qu’un hébreu. Bani, Moïse rejoint un groupe de bergers et reçoit sur le Mont Sinai l’ordre de Dieu de libérer le peuple juif du joug égyptien.

Une œuvre visionnaire issue de l’ambition d’un cinéaste mégalo

Critique : Au début des années 50, Cecil B. DeMille est un septuagénaire ayant débuté à l’époque du muet et comptant pas moins de quatre-vingts réalisations à son actif. En bon mégalomane, il compte pourtant frapper une dernière fois les esprits en tournant selon lui le plus grand film de toute l’histoire du cinéma. Conscient de la dangereuse perte de vitesse des entrées, notamment à cause de la concurrence télévisuelle, le studio Paramount lui accorde des moyens extraordinaires pour mettre en chantier un remake de son propre film Les Dix Commandements (1923), gros succès datant du muet. Commence une période de deux ans durant laquelle le cinéaste supervise tous les préparatifs : de la création des décors jusqu’aux costumes en passant par les repérages en Égypte. Des travaux pharaoniques sont entrepris dans les studios Paramount où sont installés des maquettes au 1/5e, mais aussi un grand réservoir d’eau et des ateliers complets servant à créer un nombre impressionnant de matte paintings – peintures servant à représenter des paysages grandioses. Le tournage s’étale sur deux années avec une première partie en Égypte, relayée par celle en studio, avant d’entamer une très longue post-production liée aux importants effets spéciaux. Finalement, Les Dix Commandements sort sur tous les écrans en 1956 et remporte un succès immédiat malgré sa durée de plus de trois heures et demie.

Des effets spéciaux époustouflants

Le résultat est à la hauteur de l’attente puisque le spectacle proposé est d’une incroyable richesse visuelle et thématique. Ne sacrifiant jamais ses personnages sur l’autel du spectaculaire, DeMille n’oublie pas de développer leur psychologie lors de nombreuses scènes intimistes qui font toute la force de cette œuvre pourtant grandiose. Visuellement inspiré par les gravures de Gustave Doré, DeMille déploie un savoir-faire étonnant, à la limite du kitsch et du pompiérisme. Il signe de nombreuses scènes anthologiques comme l’érection de l’obélisque à la gloire du pharaon, les sept plaies d’Égypte ou encore la séparation en deux de la mer Rouge. Le tout est transcendé par des effets visuels époustouflants pour l’époque – même s’ils ont moins bien vieilli que ceux de Ben-Hur (William Wyler, 1959), et d’ailleurs récompensés de l’Oscar des meilleurs effets spéciaux. Charlton Heston porte sur ses épaules pour la première fois de sa carrière l’intégralité d’une méga-production et s’en sort avec les honneurs : il ne tombe jamais dans l’écueil qui consisterait à multiplier les poses hiératiques. Il est pourtant écrasé par la prestation inspirée d’un Yul Brynner qui semble être né pour incarner le pharaon Ramsès. On notera, dans le rôle de Moïse bébé, le fils même de Charlton, et futur réalisateur de l’adaptation de Stephen King, Le bazaar de l’épouvante, Fraser C. Heston.

Les Dix Commandements parlent aussi non-croyants

Les fines bouches peuvent arguer du fait que la mise en scène de DeMille est trop statique, héritage du muet oblige, ou que l’ensemble sent la prétention à plein nez. Ils n’ont pas tout à fait tort, de même que ceux qui reprochent au film d’être une œuvre de propagande religieuse et même réactionnaire. Pourtant, il faut bien reconnaître que rares sont les métrages qui arrivent à nous passionner et nous émouvoir sur plus de trois heures trente sans jamais nous lasser, au point qu’aucune scène ne paraît superflue. Les Dix Commandements reste aujourd’hui un monument imposant, preuve de la puissance créatrice d’un très grand réalisateur et de la magnificence de l’âge d’or du cinéma hollywoodien.

Critique de Virgile Dumez

Les sorties de la semaine du 17 janvier 1958

Les dix commandements, affiche du film

© Paramount Pictures – Affiche française d’après un visuel américain de Frank McCarthy

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