Space Connection, le secret de la NASA : la critique (1980)

Science-Fiction, Thriller | 1h37min
Note de la rédaction :
4/10
4
Space Connection, la jaquette VHS

  • Réalisateur : James L. Conway
  • Acteurs : Steven Keats, Gary Collins, Robert Vaughn, James Hampton, Darren McGavin
  • Date de sortie: 25 Juin 1980
  • Nationalité : Américain
  • Titre original : Hangar 18
  • Titres alternatifs : Geheimsache Hangar 18 (Allemagne) / UFO Arizonában (Hongrie)
  • Année de production : 1980
  • Scénariste(s) : Ken Pettus, Thomas C. Chapman, James L. Conway, Stephen Lord et David O'Malley
  • Directeur de la photographie : Paul Hipp
  • Compositeurs : John Cacavas et Bob Summers
  • Société(s) de production : Sunn Classic Pictures
  • Distributeur : Film inédit en salles en France (sauf quelques salles de province). La date ci-dessus est celle de la sortie américaine.
  • Éditeur(s) vidéo : SCV (VHS, 1983)
  • Date de sortie vidéo : 1983 (VHS)
  • Box-office France / Paris-périphérie : -
  • Box-office nord-américain : -
  • Budget : 11 M$ (39,5 M$ au cours du dollar de 2022)
  • Classification : Tous publics
  • Formats : 1.85 : 1 / Couleurs / Son : Mono
  • Festivals et récompenses : -
  • Illustrateur / Création graphique : -
  • Crédits : Sunn Classic Pictures
Note des spectateurs :

Space Connection ou Hangar 18 est un film de SF paranoïaque inspiré de l’incident de Roswell qui pâtit d’une forme télévisuelle. L’ensemble se regarde de manière distraite grâce à une ambiance mystérieuse qui ne compense pas les faiblesses stylistiques.

Synopsis : Le centre de contrôle de la NASA, à Houston, est en liaison avec ses astronautes dans l’espace et surveille les derniers préparatifs en vue du lancement d’un satellite à partir d’une navette de type « Columbia ». Soudain, un objet inconnu apparait sur les écrans radars et en face des pilotes de la navette. S’en suit une collision dans laquelle un des pilotes de la navette meurt, provoquant le retour précipité du reste de l’équipage. L’ovni, également endommagé, va s’écraser dans le désert d’Arizona. Cet incident survenant à la veille de présidentielles, le chef de cabinet du président en exercice craint qu’il n’ait des répercussions sur la campagne électorale. Il décide de taire l’affaire du crash.

Les USA en plein doute

Critique : Les années 70 furent considérées comme « l’ère du doute » pour le peuple américain, notamment à cause de la guerre du Vietnam, mais aussi du scandale du Watergate. Doutant désormais des institutions du pays, les artistes en ont profité pour développer toute une série de films qui ont pour point commun une vision paranoïaque du pouvoir. On pense ainsi à des œuvres comme Klute (1971), A cause d’un assassinat (1974) et Les hommes du président (1976), tous trois réalisés par Alan J. Pakula, mais aussi Les trois jours du Condor (Pollack, 1975) ou encore La théorie des dominos (Kramer, 1977).

Même la science-fiction n’a pas échappé à cette tendance avec notamment Capricorn One (Hyams, 1977) qui est revenu sur l’éventuel complot mené par la NASA pour faire croire au monde entier que les Américains sont allés sur la Lune. Enfin, l’incident de Roswell intervenu en 1947 a lui aussi suscité son lot de théories complotistes qui a servi de base pour l’écriture du scénario du film Space Connection ou Hangar 18 en version originale (1980), œuvre qui nous occupe ici.

Une production Sunn Classic Pictures qui ressemble à un téléfilm

Financé par la société indépendante Sunn Classic Pictures, spécialisée dans les documentaires sensationnalistes sur des sujets hautement contestables – et dont le seul titre de gloire reste Cujo (Teague, 1983) d’après Stephen King –  Space Connection a été tourné par le réalisateur-maison James L. Conway avec une enveloppe très confortable de 11 millions de dollars (soit 39,5 M$ au cours de 2022). Ce budget plutôt costaud est confirmé par l’absence de stock shots et la multiplication de plans à effets spéciaux, à base de maquettes comme on le faisait toujours à l’époque. Même si le casting est essentiellement fondé sur des stars du petit écran, Space Connection bénéficie de la présence de Robert Vaughn, abonné aux rôles de méchants depuis plusieurs décennies. Il peut compter également sur le très solide Darren McGavin dans un rôle majeur.

Toutefois, malgré cette débauche certaine de moyens, Space Connection ne peut jamais se départir d’une esthétique purement télévisuelle qui lui colle définitivement à la peau. La faute en revient pleinement au réalisateur James L. Conway dont le travail pâtit à chaque instant d’un manque de vision et d’un réel point de vue de cinéaste. Habitué aux petites productions, le cinéaste prendra d’ailleurs ses responsabilités à partir de 1983 en passant le restant de sa carrière à tourner des épisodes de séries TV. L’esthétique générale de Space Connection nous renvoie aux séries de l’époque, jusque dans sa musique (signée John Cacavas) et son montage qui présente à chaque amorce de séquence le lieu où l’on se situe.

Un ensemble fragile mais dont l’ambiance paranoïaque arrive à séduire ponctuellement

A cela, il faut ajouter un jeu passablement médiocre de la plupart des rôles secondaires et le manque de charisme des deux héros astronautes incarnés par les frêles Gary Collins et James Hampton. Finalement, le film s’avère terriblement routinier au point de ressembler à ces bandes de SF des années 50 où l’ensemble des événements se déroulent dans des bureaux où des scientifiques et des militaires discutent. On est donc loin des qualités de longs-métrages formidables comme Le mystère Andromède (Wise, 1971) ou encore Phase IV (Bass, 1974) dans des styles assez proches.

Pourtant, Space Connection n’est pas dépourvu de quelques qualités, notamment grâce à un scénario plutôt bien mené et surtout à une ambiance paranoïaque que le réalisateur parvient à extirper malgré la médiocrité de sa réalisation. Parfois troublant dans sa description d’une manipulation politique, le long-métrage s’inscrit donc pleinement dans une vague complotiste qui faisait rage aux Etats-Unis. Si les événements décrits sont purement fictifs, ils s’inspirent très clairement de ceux de l’incident de Roswell et intéressera donc tous ceux qui aiment les mystères sur fond d’ufologie.

Une sortie en toute discrétion pour un film oublié

Sorti dans quelques salles américaines avant d’être programmé plus tardivement à la télévision, Space Connection a été un gros échec financier pour la compagnie Sunn Classic Pictures. En France, Hangar 18 aurait été exploité dans quelques salles de province selon le site Encyclociné, avant de sortir en VHS sous le titre Space Connection, le secret de la NASA en 1983. Depuis, le film est tombé dans l’oubli, tandis que le catalogue de Sunn Classic Pictures a été entièrement racheté par le studio Paramount qui l’exploite sur sa chaîne de télévision. Finalement, le métrage a désormais trouvé sa vraie place, à savoir le petit écran qui lui va comme un gant.

On précisera enfin que Hangar 18 a eu une descendance inattendue en faisant l’objet d’une chanson éponyme de la part du groupe de trash metal Megadeth au sein de leur album de 1990 intitulé Rust in Peace.

Critique de Virgile Dumez

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Space Connection, la jaquette VHS

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