Cujo : la critique et le test blu-ray (1983)

Survival, Thriller, Epouvante | 1h33min
Note de la rédaction :
7/10
7
Cujo de Lewis Teague, d'après Stephen King

  • Réalisateur : Lewis Teague
  • Acteurs : Dee Wallace, Danny Pintauro, Daniel Hugh-Kelly, Ed Lauter, Christopher Stone
  • Date de sortie: 10 Août 1983
  • Nationalité : Américain
  • Scénario : Don Carlos Dunaway, Lauren Currier
  • Adaptation de : Cujo, d'après Stephen King (Albin Michel)
  • Musique : Charles Bernstein
  • Affiche française : Landi
  • Distributeur : L.M.D. Distribution
  • Éditeur : Thorn Emi (VHS originelle), Carlotta (blu-ray et DVD, édition 2019)
  • Box-office Paris-périphérie 34 291 entrées
  • Box-office USA 21 156 000 $ (recettes)
  • Classification : Interdit aux moins de 12 ans

Malgré quelques longueurs et un petit coup de vieux dans le poil, Cujo demeure l’une des meilleures adaptations de Stephen King au cinéma. Dee Wallace, icone des années 80, y est épatante.

Synopsis : Cujo, un gentil saint-bernard appartenant au mécanicien local, est mordu par une chauve-souris enragée et contracte rapidement le virus. Lorsque Donna Trenton et son petit garçon Tad se rendent chez lui, ils ignorent que le propriétaire vient de se faire dévorer par son chien. À la place, ils sont accueillis par Cujo, bien décidé à ne pas laisser partir ses proies. Surtout depuis que leur voiture est tombée en panne…

Stephen King lâche le fauve Cujo

Critique : Tout commence par un terrier et la morsure d’une chauve-souris sur le pif de Coudjo (on soigne la prononciation pour les Français), saint-bernard placide. Cela se poursuit en huis-clos animalier, à la façon des Dents de la mer dans sa séquence finale, ou Les Oiseaux, plus précisément, aux abords d’un hangar isolé à la campagne, dans l’automobile surchauffée d’une femme adultère (Dee Wallace de Hurlements et E.T., respect) accompagnée par son bambin chétif (Danny Pintauro, le môme star de la sitcom Madame est servie).

Lewis Teague aux commandes

Avec un sens de l’espace et du suspense carnassier, Lewis Teague, qui a remplacé au pied levé Peter Medak (L’enfant du diable/The Changeling, un temps envisagé) construit un thriller plein d’adrénaline dans lequel le meilleur ami de l’homme devient un monstre de haine, enragé jusque dans ses hectolitres de bave qui donne à l’instinct primaire du personnage central du fil à retordre. Teague qui a déjà dressé du crocodile meurtrier dans L’incroyable alligator en 1980, joue aussi bien dans les plans serrés que dans les intérieurs profonds des foyers américains, que Stephen King décortique à foison, dans une fable sociale où le chien devient un loup pour l’homme.

Cujo sur CinéDweller

© 1983 Taft Entertainment Company, Sunn Classic Company
© 2019 Paramount Pictures International LTD

Roi de l’économie – le futur réalisateur du Diamant du Nil a été élevé chez Roger Corman -, Lewis Teague fait des merveilles dans sa réalisation, souvent inventive, et se montre un excellent oppresseur de femme et de futur orphelin. La comédienne Dee Wallace, dans un rôle d’actioner à la Linda Hamilton de Terminator, obtient le meilleur rôle de sa carrière, même si on la connaît plus comme mère chez Spielberg. Stephen King en personne reconnaîtra la qualité de sa performance, et aurait souhaité qu’elle soit récompensée d’une récompense aux Oscars.

Une adaptation respectueuse et bien-aimée des fans de l’auteur

Malgré une fin moins radicale que le roman de 1981, Cujo est une œuvre respectueuse du travail du maître et connut logiquement un beau succès aux USA, avec plus de 21M$, soit la 34e meilleure recette de l’année, devant Christine de John Carpenter et The Dead Zone de David Cronenberg, aux budgets plus élevés. En France, en revanche, ce fut l’échec. En première semaine, 19.000 spectateurs ont pris d’assaut les salles sur Paris/périphérie. Le chien-fou ne restera que 4 semaines en salle, avec un total de 34.291 entrées, soit près de 100.000 entrées de moins que Creepshow qui sortait deux mois auparavant dans les cinémas de France et de Navarre. En 3e semaine, Cujo n’était plus que 33e du box-office Paris/Province, avec des chiffres trop bas pour aider à sa notoriété.

 

2019, le Saint-Bernard est canonisé

En 2019, l’éditeur Carlotta propose le film en édition HD. Le résultat est pimpant, même si l’image de la pellicule de l’époque peine à être du niveau de celle utilisée par John Carpenter dans Christine, tourné la même année et également proposé par Carlotta, le même mois. Teague le faiseur n’a pas le génie du maître d’Halloween (il ne disposait pas non plus des mêmes moyens) mais il  demeure un talent sous-estimé d’une époque où il suscitait souvent le fantasme cinématographique chez les plus jeunes cinéphiles. Un cinéaste à redécouvrir, donc.

Stephen King au cinéma

Cujo de Lewis Teague, d'après Stephen King

© 1983 Taft Entertainment Company, Sunn Classic Company
© 2019 Paramount Pictures

Le test blu-ray

Edition inattendue chez Carlotta de cette série B canine qui compte parmi les meilleurs morceaux de viande de maître Stephen King au cinéma. L’éditeur a réalisé un excellent travail.

Suppléments et packaging : 4.5 / 5

L’édition steelbook que propose l’éditeur est superbe. Magnifique design inédit (différent de celui du DVD), classe et luxueux, il n’a pas de mal à rejoindre nos collectors en acier.

Jaquette 2019 de Cujo, en DVD chez Carlotta

© 1983 Taft Entertainment Company, Sunn Classic Company
© 2019 Paramount Pictures

Au niveau des suppléments, outre des commentaires audio de Lee Gambin, spécialiste du film qui a déjà écrit un ouvrage sur le roman et son adaptation, on peut compter sur 1h30 d’interviews qui parcourent différents aspects de l’œuvre. Mention spéciale pour l’entretien avec l’iconique Dee Wallace pour qui il s’agit ni plus ni moins du tournage le plus éprouvant de sa carrière. L’occasion nous est donnée de passer 42 minutes en compagnie d’une star du cinéma de genre, passée au rang d’étoile éternelle pour son rôle de mère universelle dans E.T. de Steven Spielberg.

La musique joue un rôle essentiel, et évidemment le dressage de chien aussi. Aussi, l’on retrouve un long entretien avec le compositeur Charles Bernstein qui avait la charge d’une bande originale pour habiller le film lors de ses nombreux creux dans l’action… Dans le troisième supplément, c’est la fille de celui qui a dressé les chiens sur Cujo qui revient sur ce tournage, dans un module de près d’une demi-heure intitulé Dans la tête du chien.

Comme les fans de Stephen King ne sont jamais rassasiés, on découvre volontiers le making-of de l’œuvre, avec Dog Days : le making-of de Cujo (2007) qui permet de retrouver le cinéaste Lewis Teague. C’est l’historien du cinéma et documentariste Laurent Bouzereau qui a pensé ce bel exercice. Pour mémoire, ce grand monsieur a notamment signé le film-entretien sur et avec Polanski, Le roman de Polanski.

Image : 4.5 / 5

Image pimpante qui permet de découvrir la justesse de la réalisation de Teague dans sa gestion de l’espace, tant dans les intérieurs que les scènes à ciel ouvert. Le master est lumineux et resplendissant.

Son : 4 / 5

Armé d’un 5.1 DTS HD Master Audio en version originale, mais d’un simple Mono pour la piste française, Cujo sert surtout, dans ce master, de belle parure au score de Charles Bernstein.

Critique  : Frédéric Mignard

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Cujo le chien de Stephen King attend la clientèle en blu-ray

© 1983 Taft Entertainment Company, Sunn Classic Company
© 2019 Paramount Pictures International LTD

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