Professionnels pour un massacre : la critique du film (1968)

Western | 1h31min
Note de la rédaction :
6,5/10
6,5
Professionnels pour un massacre, affiche

  • Réalisateur : Nando Cicero
  • Acteurs : George Martin, George Hilton, José Bódalo, Edd Byrnes, Gérard Herter, Milo Quesada, Mónica Randall
  • Date de sortie: 06 Nov 1968
  • Nationalité : Italien Espagnol
  • Titre original : Professionisti per un massacro
  • Titres alternatifs : Professionals for a Massacre (USA) / Stoßgebet für drei Kanonen (Allemagne) / Los profesionales de la muerte (Espagne) / Os profissionais para um massacre (Portugal) / La hermosa mas matanza del mundo (Chili) / Profissionais da Matança (Brésil)
  • Année de production : 1967
  • Scénariste(s) : Roberto Gianviti, Jaime Jesus Balcazar, Enzo Dell'Aquila, José Antonio de la Loma
  • Directeur de la photographie : Francisco Marin
  • Compositeur : Carlos Pes
  • Société(s) de production : Colt Produzioni Cinematografiche, Medusa Distribuzione, Producciones Cinematográficas Balcazar
  • Distributeur (1ère sortie) : Les Films Jacques Leitienne
  • Distributeur (reprise) : -
  • Date de reprise : -
  • Éditeur(s) vidéo : M6 Vidéo (DVD)
  • Date de sortie vidéo : 10 février 2010
  • Box-office France / Paris-périphérie : 297 798 entrées (France)
  • Box-office nord-américain : -
  • Budget : -
  • Rentabilité : -
  • Classification : Interdit aux moins de 12 ans
  • Formats : 2.35 : 1 / Couleurs / Son : Mono
  • Festivals et récompenses : -
  • Illustrateur / Création graphique : Dupuy Berberian (jaquette DVD)
  • Crédits : SNC (Groupe M6), Compass MovieTime
Note des spectateurs :

Professionnels pour un massacre est un western semi-parodique très divertissant grâce à un rythme soutenu et un humour bien dosé. Une petite réussite dans le genre.

Synopsis : En pleine guerre de Sécession, trois bandits se font enrôler dans les troupes confédérées dans le but de piller les banques sans se faire repérer. Démasqués par le lieutenant Logan, ils sont condamnés à mort… Toutefois, on les embauche pour récupérer une cargaison d’or qui vient d’être dérobée par des sudistes félons…

Le blond, la brute et le truand

Critique : Ancien acteur de second plan, Nando Cicero s’est lancé dans la réalisation en 1965 avec la comédie Lo scippo. Toutefois, il trouve davantage d’inspiration dans le western spaghetti auquel il ajoute son goût naturel pour la comédie. D’ailleurs, il deviendra au milieu des années 70 un spécialiste des comédies sexy avec Edwige Fenech (La prof, la toubib etc…). En 1967, il surfe sur la vague du western européen et livre d’abord Quand les vautours attaquent avec George Hilton. Il retrouve l’acteur qui vient de connaître une belle renommée grâce au succès du Temps du massacre (Fulci, 1966) sur un autre western tourné la même année intitulé Professionnels pour un massacre (1967).

Professionnels pour un massacre, jaquette dvd

© 1967 SNC (Groupe M6) – Compass MovieTime / © 2010 SND – M6 Vidéo / Illustration : Dupuy Berberian. Tous droits réservés.

Même si le générique nous annonce fièrement quatre noms de scénaristes, il ne faut pas longtemps à l’amateur de western spaghetti pour cerner l’inspiration des auteurs. Professionnels pour un massacre est plus ou moins un démarquage du Bon, la brute et le truand (Leone, 1966) que l’on aurait mixé avec certains films de série de Castellari (notamment tous ceux qui tournent autour d’une cargaison d’or à accaparer). Le script n’est donc clairement pas le point fort de cette série B puisque les auteurs ont simplement recyclé toutes les figures classiques du sous-genre. On a même le droit à des cercueils et des mitrailleuses comme dans Django (Corbucci, 1966).

La tentation de la parodie et de la caricature

Faut-il pour autant négliger ce Professionnels pour un massacre ? En réalité, Nando Cicero se tire très bien de la gageure qui est de mélanger l’apparent sérieux du sujet – qui évoque la noirceur de l’âme humaine, uniquement préoccupée de prédation – avec des éléments semi-parodiques qui amuseront les amateurs de grotesque. Le western transalpin est alors en pleine mutation, mais ne bascule pas encore totalement dans la veine parodique qui a entraîné son lent déclin.

Certes, le long-métrage s’autorise des débordements que les amateurs de westerns américains ne supporteront pas – les bagarres volontairement comiques et surjouées ou encore la caricature qui tient lieu de psychologie – mais l’ensemble reste encore suffisamment tenu pour que le spectateur y trouve matière à amusement, sans avoir l’impression que l’on se moque de lui.

De l’outrance et beaucoup de dynamisme pour un divertissement plaisant

Le goût pour la comédie apparaît notamment dans la peinture qui est faite des Mexicains, caricaturés à l’extrême. On croirait la famille issue d’un film comme Affreux, sales et méchants (Scola, 1976), ce qui occasionne quelques beaux fous rires, pour peu que l’on apprécie cet humour grossier qui ressemble fort à l’esprit Hara-Kiri. Dynamisé par cet esprit vachard, Professionnels pour un massacre propose une intrigue très alambiquée, mais qui reste toujours divertissante. Les scènes d’action sont clairement découpées – sauf le final un peu confus – et Nando Cicero parvient à tourner des plans intéressants jouant sur la profondeur de champ. Est-ce là la contribution d’Aristide Massaccesi (plus connu ensuite sous le pseudonyme de Joe D’Amato) qui était opérateur caméra sur le film ? Possible, car le long-métrage est d’une bonne tenue sur le plan purement technique.

Ce western efficace bénéficie en outre de décors superbes et des paysages de la région d’Almería, tandis que le nombre de figurants en fait une production moyenne, tout à fait respectable. Dans les rôles principaux, on retrouve l’excellent George Hilton, secondé ici par l’Espagnol George Martin – correct – et l’Américain Edd Byrnes (un mélange de Clint Eastwood et David Bowie). Le trio fonctionne bien à l’écran, d’autant que d’autres pointures leur donnent la réplique. On aime particulièrement Gérard Herter en militaire félon et José Bódalo en Mexicain odieux.

Un western sympathique à redécouvrir

Inutile de chercher la moindre morale dans ce film qui démontre surtout l’avidité naturelle de l’homme et sa capacité à s’autodétruire. On notera également quelques pointes de cruauté, notamment dans la description du massacre de la petite famille de fermiers (hors champ, mais dont on voit le résultat à l’écran).

Sorti en France le 6 novembre 1968 par les bons soins du distributeur Les Films Jacques Leitienne, Professionnels pour un massacre est entré en 5ème position du box-office parisien lors de sa semaine d’investiture avec 35 140 bandits dans les salles. Par la suite, le long-métrage a fait le tour des cinémas de quartier, puis de province, parvenant à cumuler sur l’ensemble du territoire 297 798 tickets vendus. Le film a ensuite disparu de la circulation pendant plusieurs décennies, avant de réapparaître en DVD dans la collection western de M6 Vidéo, dans une copie tout à fait correcte. Le métrage, sans être un incontournable du genre, mérite vraiment la découverte.

Critique de Virgile Dumez

Les sorties de la semaine du 6 novembre 1968

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Professionnels pour un massacre, affiche

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Bande-annonce de Professionnels pour un massacre (VF)

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