Merveilleuse Angélique : la critique du film (1965)

Aventures, Romance, Drame | 1h45min
Note de la rédaction :
4,5/10
4,5
Merveilleuse Angélique, cover VOD

  • Réalisateur : Bernard Borderie
  • Acteurs : Jean-Louis Trintignant, Jean Rochefort, Giuliano Gemma, Noël Roquevert, Michèle Mercier, Rosalba Neri, Claude Giraud, Charles Regnier, Jacques Toja, François Maistre, Robert Porte, Claire Maurier, Elizabeth Ercy
  • Date de sortie: 07 Juil 1965
  • Nationalité : Français, Italien, Allemand
  • Titre original : Merveilleuse Angélique
  • Titres alternatifs : Maravilhosa Angélica (Brésil) / La meravigliosa Angelica (Italie) / Angelique à Conquista da Corte (Portugal) / Angelique: The Road to Versailles (Angleterre) / Angélique, 2. Teil (Allemagne)
  • Année de production : 1965
  • Scénariste(s) : Claude Brulé, Bernard Borderie, Francis Cosne, d'après le roman d'Anne et Serge Golon "Le Chemin de Versailles" / Dialogues : Daniel Boulanger
  • Directeur de la photographie : Henri Persin
  • Compositeur : Michel Magne
  • Société(s) de production : Compagnie Industrielle et Commerciale Cinématographique (CICC), Films Borderie, Fono Roma
  • Distributeur (1ère sortie) : Prodis
  • Distributeur (reprise) : -
  • Date de reprise : -
  • Éditeur(s) vidéo : MPM Productions (VHS, 1986) / TF1 Vidéo (VHS, 1992) / Film Office (DVD) / StudioCanal (DVD) / StudioCanal (intégrale blu-ray)
  • Date de sortie vidéo : 7 octobre 2014 (intégrale blu-ray)
  • Box-office France / Paris-périphérie : 2 349 430 entrées / 457 545 entrées
  • Box-office italien : 3,7 millions d'entrées
  • Budget : -
  • Rentabilité : -
  • Classification : Tous publics
  • Formats : 2.35 : 1 / Couleurs / Son : Mono
  • Festivals et récompenses : -
  • Illustrateur / Création graphique : Jean Mascii
  • Crédits : StudioCanal, Fono Roma, Gloria Films
  • Franchise : 2ème volet de la saga Angélique
Note des spectateurs :

Très nettement inférieure au premier opus, Merveilleuse Angélique est une suite poussive pâtissant d’un scénario lassant et incohérent. Même les acteurs semblent à la peine.

Synopsis : La vie continue pour Angélique après la mort sur le bûché de son mari. Elle vit désormais avec Calembredaine à la Cour des Miracles. Après avoir pu récupérer ses deux fils, Angélique est bien décidée à retrouver son rang et ainsi pouvoir se venger de ceux qui ont causé sa perte…

Une suite poussive, pourtant tournée en même temps que le premier volet

Critique : Tourné en même temps que le premier volet entre les mois d’avril et août 1964, Merveilleuse Angélique (1965) a été conçu comme la suite logique d’Angélique, marquise des anges (1964). Il s’agissait ici d’adapter le roman Le chemin de Versailles, deuxième roman de la saga littéraire d’Anne et Serge Golon. Visiblement confiant dans le succès potentiel du premier opus, les producteurs ont donc choisi de tourner coup sur coup deux épisodes afin d’économiser sur les décors et le salaire des équipes techniques et artistiques.

Angélique, le coffret blu-ray

© 1964 Studio Canal Image – Tabor Film – Gloria Film. Tous droits réservés.

On retrouve donc ici logiquement les mêmes intervenants que sur le premier opus. Pourtant, là où Angélique, marquise des anges fonctionnait parfaitement, il semblerait que la précipitation caractérise ce second volet nettement inférieur. Visiblement bien moins inspirés par le deuxième roman de la saga d’Anne Golon, les scénaristes ont multiplié les faux pas et les mauvaises décisions qui empêchent le long-métrage de décoller.

D’énormes incohérences narratives

Premier gros défaut de ce nouvel épisode, sa structure ternaire marquée par la présence de trois amants différents donne l’impression d’assister à un film à sketchs et non à une œuvre qui formerait un tout cohérent. Pire, les ellipses narratives qui entrecoupent ces trois parties viennent un peu plus ruiner la crédibilité de l’intrigue, déjà passablement improbable. Ainsi, la marquise déchue est tout d’abord une femme hors-la-loi qui vit à la Cour des miracles avec son amour de jeunesse incarné avec charisme par Giuliano Gemma. Puis, par des manœuvres assez obscures, elle parvient à devenir une femme d’entreprise qui exploite une nouvelle boisson à la mode, à savoir le chocolat chaud. Une fois fortune faite, Angélique va peu à peu gravir les échelons de la société en jetant son dévolu sur son cousin joué avec entrain par Claude Giraud. Ce dernier va ainsi permettre à Angélique de terminer son ascension sociale à la cour du roi Louis XIV.

Outre qu’il est peu probable qu’une telle ascension se fasse en si peu de temps, surtout lorsque l’on est le seul témoin d’un meurtre atroce commis par Monsieur, frère du roi, le scénario multiplie les passages improbables afin de nous faire avaler ce retour en grâce. Non seulement le script s’avère très répétitif dans ses développements – et donc forcément ennuyeux – mais il ne respecte même pas la psychologie des personnages pourtant bien établie dans le premier opus. Ainsi, on ne comprend pas bien les revirements de caractère de Desgrez, personnage énigmatique joué par Jean Rochefort et pas davantage les sautes d’humeur de Plessis-Bellières (Claude Giraud). Ainsi, on a parfois le sentiment que ce ne sont pas les mêmes scénaristes qui se sont occupés des personnages sur l’ensemble des deux films.

L’arrivisme a supplanté le romantisme du premier opus

Nous signalerons également d’autres incohérences, comme le fait que Louis XIV ne reconnaisse jamais Angélique qui lui est présenté sous des noms différents. Décidément, pas très finaud le Roi-Soleil ! Et qu’est-ce qui a pris le dialoguiste Daniel Boulanger d’ajouter une remarque sur le père Noël alors que celui-ci n’a été créé que plusieurs siècles après les événements du film ? On a donc comme l’impression d’un laisser-aller général qui dessert fortement le long-métrage.

Ces errements se retrouvent même au niveau de l’interprétation, et notamment dans le choix de Jean-Louis Trintignant dans le rôle du poète pamphlétaire. Même si l’acteur a depuis maintes fois prouvé son immense talent, force est d’admettre qu’il est ici bien mal employé. On peut même se surprendre à sourire durant ses interventions maladroites. Enfin, même si Michèle Mercier est toujours impeccable, le personnage d’Angélique apparaît comme nettement moins sympathique dans cet opus où elle cherche avant tout à retrouver son rang, et ceci par tous les moyens possibles. La grande romantique du premier film laisse donc sa place à une femme intéressée et parfois cynique qui, certes, fait preuve de modernité, mais aussi d’un arrivisme assez irritant.

Quelques pointes d’érotisme et de sadisme, et puis c’est tout…

On l’aura compris, en perdant la colonne vertébrale que constituait la romance pure entre Angélique et Geoffrey de Peyrac, le deuxième Angélique manque cruellement de charme. Il reste à sauver quelques passages osés pour l’époque comme ce meurtre assez hallucinant d’un jeune adolescent par un Monsieur décidément très pervers ou les relations sadiques entre Angélique et son cousin. Cela fait toutefois bien peu, d’autant que la réalisation très illustrative de Bernard Borderie ne peut en aucun cas compenser les faiblesses du scénario.

Sorti seulement six mois après le premier épisode, Merveilleuse Angélique a pu capitaliser sur l’énorme popularité du personnage et ainsi attirer 2 349 430 spectateurs férus de romanesque au cours de l’été 1965. De quoi lui assurer une 13ème place sur le podium annuel. Si la plupart des pays européens ont également connu une petite chute des entrées, le long-métrage reste une excellente affaire.

Déjà annoncé lors du générique final, un troisième épisode intitulé Angélique et le roy (1966) est déjà en chantier, son tournage débutant dès le mois d’août 1965.

Critique de Virgile Dumez

Les sorties de la semaine du 7 juillet 1965

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Merveilleuse Angélique, l'affiche

© 1965 StudioCanal – Gloria Film – Fono Roma / Affiche : Jean Mascii © ADAGP Paris, 2020. Tous droits réservés.

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Merveilleuse Angélique, cover VOD

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