Ma vie est un enfer : la critique du film (1991)

Comédie, Fantastique | 1h45min
Note de la rédaction :
7,5/10
7,5
Ma vie est un enfer, affiche du film de Josiane Balasko

  • Réalisateur : Josiane Balasko
  • Acteurs : Daniel Auteuil, Josiane Balasko, Richard Berry, Marilou Berry, Catherine Hiegel, Luis Rego, Jean Benguigui, Michael Lonsdale, Bertrand Blier, Ticky Holgado, Catherine Samie, Jean-Marie Marion
  • Date de sortie: 04 Déc 1991
  • Nationalité : Français
  • Titre original : Ma vie est un enfer
  • Titres alternatifs : My Life Is Hell (titre international) / Mein Leben ist die Hölle (Allemagne)
  • Année de production : 1991
  • Scénariste(s) : Josiane Balasko, Joël Houssin
  • Directeur de la photographie : Dominique Chapuis
  • Compositeur : Les Rita Mitsouko
  • Société(s) de production : CiBy 2000, Investimage 3, Les Films Flam
  • Distributeur (1ère sortie) : AMLF
  • Distributeur (reprise) : -
  • Date de reprise : -
  • Éditeur(s) vidéo : TF1 Vidéo (VHS) / TF1 Vidéo (DVD, 2001) / TF1 Studio (DVD, 2007)
  • Date de sortie vidéo : 1er février 2007 (DVD)
  • Box-office France / Paris-périphérie : 1 170 523 entrées / 312 129 entrées
  • Box-office nord-américain : -
  • Budget : Environ 60 millions de francs (soit 13 millions d’euros)
  • Rentabilité : -
  • Classification : Tous publics
  • Formats : 2.35 : 1 / Couleurs / Son : Dolby
  • Festivals et récompenses : -
  • Illustrateur / Création graphique : A.R.P. (agence) - Valérie Blier (photographe) - Patrick Swirc (photographe)
  • Crédits : © 1991 CIBY 2000 - TF1 Films Production - Les Films Flam - GPFI
Note des spectateurs :

Comédie fantastique ambitieuse, Ma vie est un enfer est une œuvre trash sans filtre, portée par des acteurs en mode cabotin. Furieusement drôle, mais qui ne peut pas faire l’unanimité.

Synopsis : A 35 ans, Léah, vieille fille frustrée, au physique ingrat, entourée d’une mère abusive et d’un patron tyrannique, mène une vie qui n’a rien d’un conte de fée… Par erreur, Léah invoque le diable. Abar, suppôt de Satan, lui propose un pacte. Enfin, elle pourra être heureuse et se venger de ses tortionnaires. Mais l’archange Gabriel intervient. Abar doit annuler le pacte, il s’est trompé de proie. Leur vie va devenir un enfer…

Balasko réaffirme sa position de comique après Trop belle pour toi !

Critique : A la fin des années 80, tout semble sourire à l’actrice Josiane Balasko qui vient de mettre tout le monde d’accord par son interprétation de Trop belle pour toi! (Blier, 1989). Après sa nomination aux César en tant que meilleure actrice, l’avenir semblait radieux pour la comédienne qui reçoit quelques propositions qu’elle juge peu intéressantes. En manque de bons rôles, celle-ci choisit de se tricoter elle-même un emploi qui puisse la mettre en valeur, tout en exprimant son goût pour le cinéma fantastique classique français.

Munie de sa meilleure plume, elle entame donc la rédaction de Ma vie est un enfer avec en tête le classique de René Clair intitulé La beauté du diable (1950) où Michel Simon tentait Gérard Philipe. Elle y injecte également une référence évidente à l’œuvre de Jean Cocteau à travers l’emploi de limousines comme vecteur de l’autre monde (Orphée, 1950). Autant de références prestigieuses qui passent pourtant à la moulinette du rire. Car Josiane Balasko entend bien affirmer sa place en tant que comique, au risque de ruiner la crédibilité artistique qu’elle venait de conquérir avec le film de Blier.

Un film ambitieux dans tous les domaines

Le film trouve preneur auprès de la société de production éphémère de Francis Bouygues nommée Ciby 2000. Le studio mise gros sur le film en déboursant la coquette somme de 60 millions de francs (soit environ 13 millions d’euros actuels) qui permettent à Balasko de s’offrir à la fois des acteurs de poids, des décors riches et variés, des effets spéciaux en grand nombre, ou encore une robe signée Jean-Paul Gautier. Quant à la bande originale, elle est confiée au groupe les Rita Mitsouko. Ainsi, Ma vie est un enfer (1991) apparaît alors comme son film le plus ambitieux.

A l’arrivée, la réalisatrice qui ne s’est rien refusée livre une comédie totalement démentielle et excessive qui démontre un certain goût pour le trash et l’humour placé en-dessous de la ceinture. Comme dans ses films précédents, Balasko part d’un constat accablant, celui d’une vie ratée. On retrouve donc ici les mêmes interrogations que dans son Sac de nœuds (1985), mais le propos est ici déplacé depuis la banlieue vers les quartiers chics. Certes, la comédienne se moque encore des bourgeois et des riches, mais elle situe cette fois sa comédie dans ces espaces huppés. Attention, la comique ne s’embourgeoise pas pour autant puisqu’elle fait appel à un humour grivois, parfois carrément scatologique, qui ne pouvait décemment pas plaire dans les hautes sphères.

Du trash et de la vulgarité, parfaitement assumés

A l’époque de la sortie du film, elle assumait d’ailleurs pleinement ce choix lors d’un entretien donné au magazine Première (n°177, janvier 1991, p 61) :

Plutôt que de nager dans des tonnes d’hémoglobine-sauce tomate comme dans tous les films d’horreur, j’ai carrément préféré la merde, dont, après tout, on fait de l’engrais.

Le circuit parisien de Ma vie est un enfer de Josiane Balasko

Extrait du Pariscope N° 1229 – Tous droits réservés

Cette tendance à la grossièreté, et bien évidemment à la vulgarité, ne pouvait que diviser le public en deux parties, ceux qui adhèrent à la proposition d’un cinéma extrême et ceux qui rejettent en bloc le long-métrage. Nous faisons plutôt partie de la première catégorie, puisque Ma vie est un enfer s’avère être une comédie trash sans filtre qui nous ravit à chaque visionnage, et ceci depuis de longues années. Josiane Balasko n’a jamais été aussi drôle que dans ce film où elle se permet toutes les excentricités, y compris en tant qu’actrice.

Des acteurs de théâtre au diapason

Face à elle, elle peut compter sur l’interprétation furieusement cabotine de Daniel Auteuil qui s’en donne à cœur joie dans le rôle du diablotin retors et sournois. Elle a également fait appel à des pointures de la scène comme Michael Lonsdale (qui fut l’un de ses professeurs) et surtout Catherine Samie, histoire d’affirmer un peu plus la filiation entre son film et l’univers du théâtre populaire. On retrouve effectivement ici des éléments de la farce comme on pouvait les trousser déjà à l’époque de Molière, histoire de provoquer le rire des spectateurs.

Au passage, la réalisatrice raille les élites, se moque des psychanalystes (excellent passage où Richard Berry découvre les joies d’une sexualité alternative) et des gros machos en général. On adore également tous les passages avec Jean Benguigui en obsédé sexuel cocaïnomane. Ainsi, toute la première heure du film constitue un festival de bons mots, de vulgarités diverses et d’effets spéciaux plutôt sympathiques.

Un dernier quart d’heure moins convaincant

Comme souvent dans le genre, la dernière moitié est un peu moins réussie car le rythme n’est plus aussi soutenu. Pas de quoi décrocher pour autant grâce à l’implication toujours importante des acteurs. Au niveau de la réalisation, on note de véritables progrès par rapport aux deux films précédents, avec des mouvements d’appareil plus ambitieux. Enfin, la musique des Rita Mitsouko, sans être exceptionnelle, cherche à expérimenter et pousse un peu plus le film vers un comique débridé.

Un succès correct en pleine période de crise

Détestée par les apôtres du bon goût, Ma vie est un enfer est pourtant une excellente comédie qui a le mérite de franchir toutes les barrières tête baissée en mode « hénaurme ». Sortie au mois de décembre 1991 dans une période compliquée pour le cinéma français, Ma vie est un enfer a débarqué en première position du classement parisien de la semaine du 4 décembre avec 97 541 spectateurs grâce à une large combinaison de salles. Le film a ensuite chuté pendant deux semaines consécutives, avant de se stabiliser durant les vacances scolaires, malgré une forte concurrence. Son total de 312 129 entrées dans la capitale et sa périphérie est plutôt correct. La province, quant à elle, a permis au film d’atteindre 1 170 523 diablotins sur tout le territoire. Un score globalement satisfaisant pour cette période (nous sommes encore en pleine crise du cinéma) et qui a fait de Ma vie est un enfer le 26ème plus gros score de l’année 1991.

Critique de Virgile Dumez

Les sorties de la semaine du 4 décembre 1991

Voir le film en VOD

Ma vie est un enfer, affiche du film de Josiane Balasko

© 1991 CIBY 2000 – TF1 Films Production – Les Films Flam – GPFI / Affiche : A.R.P. (agence) – Valérie Blier (photographe) – Patrick Swirc (photographe). Tous droits réservés.

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Ma vie est un enfer, affiche du film de Josiane Balasko

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