Gemma Bovery : la critique du film (2014)

Comédie | 1h39min
Note de la rédaction :
7,5/10
7,5
affiche de Gemma Bovery d'Anne Fontaine

  • Réalisateur : Anne Fontaine
  • Acteurs : Kacey Mottet-Klein, Edith Scob, Pascale Arbillot, Fabrice Luchini, Niels Schneider, Jason Flemyng, Gemma Arterton, Philippe Uchan, Isabelle Candelier, Christian Sinniger
  • Date de sortie: 10 Sep 2014
  • Année de production : 2014
  • Nationalité : Français
  • Titre original : Gemma Arterton
  • Titres alternatifs : Gemma Bovery - Ein Sommer mit Flaubert (Allemagne), Primavera en Normandia (Espagne), La ilusion de estar contigo (Argentine), Gemma Bovery - A Vida Imita a Arte (Brésil),
  • Scénaristes : Pascal Bonitzer, Anne Fontaine
  • D'après le roman de : Posy Simmonds
  • Directeur de la photographie : Christophe Beaucarne
  • Monteur : Annette Dutertre
  • Compositeur : Bruno Coulais
  • Producteurs : Philippe Carcassonne, Matthieu Tarot
  • Sociétés de production : Albertine Productions, Ciné@, Gaumont, Cinéfrance 1888, France 2 Cinéma
  • Distributeur : Gaumont Distribution
  • Distributeur reprise :
  • Date de sortie reprise :
  • Editeur vidéo : Gaumont
  • Date de sortie vidéo : 21 janvier 2015 (DVD)
  • Box-office France / Paris-Périphérie : 590 310 entrées / 193 702 entrées
  • Box-office nord américain / monde : 191 533$ / 4 644 525 $
  • Budget : 9 720 000 euros
  • Rentabilité :
  • Classification : Tous publics
  • Formats : 2.35:1 / Couleurs (DCP / Dolby SR-SRD
  • Festivals et récompenses : Festival du Film Francophone d'Angoulême (2014), Toronto International Film Festival (Canada, 2014), Windsor International Film Festival (Canada, 2014), Whistler Film Festival (Canada, 2014), Film by the Sea Film Festival (Pays-Bas, 2014), Athens Film Festival (Grèce, 2014), Stockholm International Film Festival (Suède, 2014), Stockholm International Film Festival (Italie, 2014) , Palm Springs International Film Festival (USA, 2015), Cinequest Film Festival (USA, 2015), Cleveland International (USA, 2015), Wisconsin Film Festival (USA, 2015), Florida Film Festival (USA, 2015), RiverRun International Film Festival (USA, 2015), Seattle International Film Festival (USA, 2015), Festival du Film Français au Japon (2015), Takasi Film Festival (Japon, 2016)...
  • Illustrateur / Création graphique : Le Cercle Noir pour The Alamo - Photo Jérôme Prébois. Tous droits réservés / All rights reserved
  • Crédits : © Albertine Productions, Ciné@, Gaumont, Cinéfrance 1888, France 2 Cinéma. Tous droits réservés / All rights reserved
Note des spectateurs :

Gemma Bovery est une délicieuse fantaisie pastorale, qui a le charme de la plume de Posy Simmonds, la folie littéraire de Luchini et la beauté charnelle de Gemma Arterton. Orchestré par Anne Fontaine, c’est un régal.

Synopsis : Martin est un ex-bobo parisien reconverti plus ou moins volontairement en boulanger d’un village normand. De ses ambitions de jeunesse, il lui reste une forte capacité d’imagination, et une passion toujours vive pour la grande littérature, celle de Gustave Flaubert en particulier. On devine son émoi lorsqu’un couple d’Anglais, aux noms étrangement familiers, vient s’installer dans une fermette du voisinage. Non seulement les nouveaux venus s’appellent Gemma et Charles Bovery, mais encore leurs comportements semblent être inspirés par les héros de Flaubert. Pour le créateur qui sommeille en Martin, l’occasion est trop belle de pétrir – outre sa farine quotidienne – le destin de personnages en chair et en os. Mais la jolie Gemma Bovery, elle, n’a pas lu ses classiques, et entend bien vivre sa propre vie…

Le charme de Tamara Drewe dans la campagne française

Critique : Anne Fontaine délaisse une fois de plus le drame et revient en France, après son incursion dans la Nouvelle Zélande ensoleillée de Doris Lessing, avec Perfect mothers. Toutefois, elle n’en oublie pas la culture anglo-saxonne pour autant, puisqu’elle a eu la merveilleuse idée d’adapter le roman graphique de l’auteure anglaise Posy Simmonds, bien connue chez nous pour Tamara Drewe, que Stephen Frears avait mise en scène de façon succulente, révélant les charmes magiques de la Britannique Gemma Arterton.

Photo de Gemma Bovery d'Anne Fontaine, avec Fabrice Luchini et Gemma Arterton

© Jérôme Prébois / Albertine Productions – Ciné-@ – Gaumont – Cinéfrance 1888 – France 2 Cinéma

Sous l’emprise de Gemma Arterton

Même si les intentions d’Anne Fontaine n’allaient pas dans ce sens (c’est Isabelle Huppert qui l’a convaincue d’embaucher Gemma Arterton), il ne fait aucun doute en découvrant la trame, le cadre et les comédiens mêmes, que nous avons ici affaire à un succédané de Tamara. Le Dorset de Thomas Hardy y est troqué pour la Normandie de Flaubert, avec la même déférence magnifique pour ces auteurs de génie. L’amour du livre et de ses auteurs transpire des images, alors que Luchini, acteur lettré par excellence, voit en la vie un roman, en fantasmant autour de l’arrivée d’une étrange Mme Bovery, et de son époux, dans ce lieu de culture et d’ennui, où la tentation de les voir répéter la triste histoire de « la Bovary » est irrésistible. Affable amoureux de la beauté irrésistible de l’actrice mi-éponyme Gemma Arterton, transférée du Dorset à nos contrées bucoliques, Luchini affabule et se retrouve dans un irrésistible jeu de transposition du littéraire à la réalité, qui n’est pas sans évoquer le film d’Ozon, Dans la Maison, où il jouait le rôle central d’une manipulation du quotidien par la plume d’un adolescent.

Gemma Bovery est une petite merveille

Gemma Bovery est une comédie ensoleillée, dont on ressort impressionné par la présence magnétique d’Arterton, lune dépressive qu’un rien peut exalter jusqu’à combler les spectateurs. Les ressorts comiques sont finement huilés et peuvent surprendre dans leurs accomplissements. Ce Gemma Bovey est une petite merveille, louée à sa sortie par la critique, mais malheureusement maltraité par le public qui en a fait un échec dans le monde. On vous en reparle plus bas.

Frédéric Mignard

affiche de Gemma Bovery d'Anne Fontaine

Le Cercle Noir pour The Alamo – Photo Jérôme Prébois ©

Box-office :

Malgré l’épouvantable bide mondial de Perfect Mothers, avec un casting anglophone (Robin Wright, Naomi Watts, Xavier Samuel), Anne Fontaine retrouve la Gaumont et le producteur Philippe Carcassonne, fidèle producteur de  la réalisatrice (en fait son époux), mais aussi de Patrice Leconte et Benoît Jacquot.

Un film qui avait tout pour réussir

Le projet semble gagnant sur le papier, on y retrouve en premier lieu l’icone de la comédie du verbe, Fabrice Luchini. La vedette sort de plusieurs films millionnaires : Alceste à Bicyclette, Astérix et Obélix au service de Sa Majesté, Dans la maison, Les femmes du 6e étage, Potiche… Ensuite, Gemma Arterton est l’un des talents que le monde s’arrache, du Royaume-Uni aux Américains (Good Morning England, Le choc des Titans, Prince of Persia, Hansel & Gretel, et surtout Tamara Drewe qui a enchanté le public Français).

Le budget est élevé (près de 10M d’euros pour viser une sortie internationale) ; les seconds rôles, la musique, la photographie…, tout confine à la production promise à un vrai succès sur la durée grâce à un public de plus de 40 ans fidèle à Luchini et à l’esprit vivace de ces divertissements du verbe. Malheureusement, l’effet Tamara Drewe qui a eu son cycle de 4 ans pour compléter sa notoriété en vidéo ou à la télévision, est réduit. Le charismatique Gemma Bovery finit sa carrière française à 590 000 entrées France, et, au box-office mondial, peine à dépasser les 4 500 000$, soit la moitié du budget. La France, avec plus de 4M$ de recettes domine. Le reste du monde sera au plus bas (l’Espagne qui compte 100 000$ de recettes, soit presque autant que les USA (191 000)…

Mais la France n’est pas sous le charme

Le film est beau, les critiques globalement positives dans l’Hexagone, mais la subtilité du métrage ne parle pas au public qui reste à l’écart.

La première semaine nationale est décevante, avec une première place de justesse, derrière une autre nouveauté, Sex tape, avec le duo Cameron Diaz / Jason Segel.  Les 223 688 entrées dans 353 cinémas indiquent clairement qu’il ne s’agira pas d’un nouveau film à un million pour le loquace Luchini qui fait pourtant le show.

Gemma Bovery va progressivement décliner quand il avait besoin de se stabiliser, ne restant au total que deux semaines au-dessus des 100 000. En 7e semaine, le film est en arrêt cardiaque avec 7 036 retardataires. Luchini se relèvera (L’hermine, Le mystère Henri Pick, Alice et le maire). Mais Gemma Arterton, qui avait fait l’effort d’apprendre notre langue pour le tournage, enchaînera les déceptions (L’histoire de l’Amour, Orpheline, Une femme heureuse, Vita & Virginia, My Zoe…)

Aucun autre pays ne viendra en aide au film d’Anne Fontaine, mais au moins Arte le diffusera en Prime. Cela compte pour le prestige.

Frédéric Mignard

Les affiches internationales de Gemma Bovery

Photo : Jérôme Prébois / © Albertine Productions – Ciné-@ – Gaumont – Cinéfrance 1888 – France 2 Cinéma

Biographie +

Anne Fontaine, Gemma Arterton, Fabrice Luchini, Kacey Mottet-Klein, Edith Scob, Pascale Arbillot, Niels Schneider, Jason Flemyng, Philippe Uchan, Isabelle Candelier, Christian Sinniger

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