Jean-Pierre Marielle, monstre sacré du cinéma français, a alterné premiers et seconds rôles avec une prédilection pour les personnages de cyniques raffinés.
Un visage familier de l’écran et de la scène
Marielle fait partie de la « bande du Conservatoire », avec ses potes Belmondo, Rochefort, Girardot, Fabian ou Vernier. Comme eux, il a mené en parallèle une carrière au cinéma (de 1957 à 2014), à la télévision (1958 à 2016), et au théâtre (1953 à 2014). Mais il est celui qui a trouvé le plus grand équilibre entre l’écran et les planches.
Au cinéma, il passe progressivement des apparitions pittoresques à des rôles plus consistants. On peut oublier le réceptionniste de Charmants garçons (1957) de Henri Decoin, le joueur de tennis de Dragées au poivre (1963) de Jacques Baratier, le psychiatre de Relaxe-toi chérie (1964) de Jean Boyer, ou le truand de L’Homme à la Buick (1968) de Gilles Grangier (1969).
Mais il est formidable en prêtre subversif dans Week-end à Zuydcoote (1964) de Henri Verneuil, défie Montand sur le terrain du charme et de la verve dans Le Diable par la queue (1969) de Philippe de Broca, et Noiret sur celui du cynisme tranquille dans Les Caprices de Marie (1970), du même réalisateur.
Suivent une série de brillants seconds rôles où il est tour à tour lieutenant dans Le Pistonné (1970) de Claude Berri, médecin dans Un linceul n’a pas de poche (1974) de Jean-Pierre Mocky, Français moyen dans Dupont Lajoie (1975) d’Yves Boisset, et surtout marquis de Pontcallec dans Que la fête commence (1975) de Bertrand Tavernier.
Il accède aux premiers rôles avec Les Galettes de Pont-Aven (1975) de Joël Séria, qui lui vaut une nomination au César du meilleur acteur lors de la première cérémonie de cette remise des prix du cinéma français.
Jean-Pierre Marielle à l’aise dans tous les genres
Producteur de films porno dans On aura tout vu (1976) de Georges Lautner, homme mûr atteint du démon du midi dans Un moment d’égarement (1977) de Claude Berri, riche dépressif dans Tenue de soirée (1986) de Bertrand Blier, il est nommé au César du meilleur acteur dans un second rôle pour Coup de torchon (1981) de Bertrand Tavernier, Quelques jours avec moi (1988) de Claude Sautet, Max et Jérémie (1992) de Claire Devers et La Petite Lili (2003) de Claude Miller.
Mais c’est Alain Corneau qui lui offre sa plus belle interprétation, Monsieur de Sainte-Colombe dans Tous les matins du monde (1991), pour lequel il est nommé au César du meilleur acteur.
Parmi ses autres rôles, on peut citer l’ingénieur Archambaud dans Uranus (1990) de Marcel Aymé, le vieux comédien fauché dans Les Grands Ducs (1996) de Patrice Leconte, le conservateur de musée de Da Vinci Code (2006) de Ron Howard, et le passionné de claquettes dans Faut que ça danse ! (2007) de Noémie Lvovsky, ultime nomination comme meilleur acteur aux César.
Marielle a aussi tourné avec Riccardo Freda, Dario Argento, Serge Leroy, Olivier Schatzky, Tonie Marshall…
Il est lauréat d’un Prix Lumières d’honneur pour l’ensemble de sa carrière (2008), du 7 d’or du meilleur comédien pour le téléfilm La Controverse de Valladolid (1992), et du Molière du comédien pour Le Retour de Harold Pinter (1994).
Filmographie de Jean-Pierre Marielle
(Acteur, longs métrages)
- 1957 : Charmants Garçons d’Henri Decoin
- 1957 : Fernand clochard de Pierre Chevalier
- 1957 : Le Grand Bluff de Patrice Dally
- 1957 : Tous peuvent me tuer d’Henri Decoin
- 1959 : Pierrot la tendresse de François Villiers
- 1960 : La Brune que voilà de Robert Lamoureux
- 1960 : Le Mouton de Pierre Chevalier
- 1962 : Climats de Stellio Lorenzi
- 1963 : Que personne ne sorte d’Ivan Govar
- 1963 : Peau de banane de Marcel Ophüls
- 1963 : Dragées au poivre de Jacques Baratier
- 1963 : Les Animaux (film documentaire) de Frédéric Rossif (uniquement voix)
- 1964 : Faites sauter la banque ! de Jean Girault
- 1964 : Un monsieur de compagnie de Philippe de Broca
- 1964 : Week-end à Zuydcoote d’Henri Verneuil
- 1964 : La Bonne Occase de Michel Drach
- 1964 : Relaxe-toi chérie de Jean Boyer
- 1964 : Échappement libre de Jean Becker
- 1965 : Cent briques et des tuiles de Pierre Grimblat
- 1965 : Monnaie de singe d’Yves Robert
- 1966 : Roger la Honte (Trappola per l’assassino) de Riccardo Freda
- 1966 : Tendre Voyou de Jean Becker
- 1967 : Toutes folles de lui de Norbert Carbonnaux
- 1968 : L’Homme à la Buick de Gilles Grangier
- 1968 : L’amour c’est gai, l’amour c’est triste de Jean-Daniel Pollet
- 1969 : Le Diable par la queue de Philippe de Broca
- 1969 : Quarante-huit heures d’amour de Jacques Laurent
- 1969 : Les Femmes de Jean Aurel
- 1970 : Les Caprices de Marie de Philippe de Broca
- 1970 : Le Pistonné de Claude Berri
- 1971 : Les Mariés de l’an II de Jean-Paul Rappeneau (uniquement voix au prologue et à l’épilogue)
- 1971 : On est toujours trop bon avec les femmes de Michel Boisrond
- 1971 : Quatre Mouches de velours gris (Quattro mosche di velluto grigio) de Dario Argento
- 1971 : Sans mobile apparent de Philippe Labro
- 1972 : Sex-shop de Claude Berri
- 1972 : Le Petit Poucet de Michel Boisrond
- 1973 : La Valise de Georges Lautner
- 1973 : L’Affaire Crazy Capo de Patrick Jamain
- 1973 : Charlie et ses deux nénettes de Joël Séria
- 1974 : Comment réussir quand on est con et pleurnichard de Michel Audiard
- 1974 : Dis-moi que tu m’aimes de Michel Boisrond
- 1974 : Un linceul n’a pas de poches de Jean-Pierre Mocky
- 1975 : Que la fête commence… de Bertrand Tavernier
- 1975 : Dupont Lajoie d’Yves Boisset
- 1975 : La Traque de Serge Leroy
- 1975 : Les Galettes de Pont-Aven de Joël Séria
- 1976 : Cours après moi que je t’attrape de Robert Pouret
- 1976 : On aura tout vu de Georges Lautner
- 1976 : Calmos de Bertrand Blier
- 1976 : Le Bataillon en folie (Sturmtruppen) de Salvatore Samperi
- 1977 : … Comme la lune de Joël Séria
- 1977 : Un moment d’égarement de Claude Berri
- 1977 : Plus ça va, moins ça va de Michel Vianey
- 1977 : L’Imprécateur de Jean-Louis Bertuccelli
- 1977 : Des enfants gâtés de Bertrand Tavernier
- 1979 : Cause toujours… tu m’intéresses ! d’Édouard Molinaro
- 1980 : L’Entourloupe de Gérard Pirès
- 1980 : Voulez-vous un bébé Nobel ? de Robert Pouret
- 1981 : Asphalte de Denis Amar
- 1981 : Coup de torchon de Bertrand Tavernier
- 1981 : Pétrole ! Pétrole ! de Christian Gion
- 1982 : L’Indiscrétion de Pierre Lary
- 1982 : Jamais avant le mariage de Daniel Ceccaldi
- 1983 : Signes extérieurs de richesse de Jacques Monnet
- 1984 : Partenaires de Claude d’Anna
- 1985 : L’Amour en douce d’Édouard Molinaro
- 1985 : Hold-up d’Alexandre Arcady
- 1986 : Tenue de soirée de Bertrand Blier
- 1987 : Les mois d’avril sont meurtriers de Laurent Heynemann
- 1987 : Les Deux Crocodiles de Joël Séria
- 1988 : Quelques jours avec moi de Claude Sautet
- 1990 : Uranus de Claude Berri
- 1991 : Tous les matins du monde d’Alain Corneau
- 1992 : Max et Jérémie de Claire Devers
- 1993 : Un, deux, trois, soleil de Bertrand Blier
- 1994 : Le Parfum d’Yvonne de Patrice Leconte
- 1994 : Le Sourire de Claude Miller
- 1995 : Les Milles de Sébastien Grall
- 1996 : Les Grands Ducs de Patrice Leconte
- 1996 : L’Élève d’Olivier Schatzky
- 2000 : Une pour toutes de Claude Lelouch
- 2000 : Les Acteurs de Bertrand Blier
- 2003 : La Petite Lili de Claude Miller
- 2003 : Demain on déménage de Chantal Akerman
- 2004 : Atomik Circus, le retour de James Bataille de Didier Poiraud et Thierry Poiraud
- 2005 : Les Âmes grises d’Yves Angelo
- 2006 : Da Vinci Code de Ron Howard
- 2006 : Le Grand Meaulnes de Jean-Daniel Verhaeghe
- 2007 : Faut que ça danse ! de Noémie Lvovsky
- 2007 : Ce que mes yeux ont vu de Laurent de Bartillat
- 2009 : Micmacs à tire-larigot de Jean-Pierre Jeunet
- 2010 : Pièce montée de Denys Granier-Deferre
- 2010 : Le Mystère de Jean-Teddy Filippe
- 2012 : Rondo d’Olivier van Malderghem
- 2012 : Les Seigneurs d’Olivier Dahan
- 2013 : Max de Stéphanie Murat
- 2013 : La Fleur de l’âge de Nick Quinn
- 2014 : Tu veux ou tu veux pas de Tonie Marshall
- 2014 : Une heure de tranquillité de Patrice Leconte