Note des spectateurs :

Mort de Régine, figure éminente de la nuit qui a marqué plusieurs générations. Sa vie était un roman qui mérite d’être célébrée.

Régina Zylberberg, alias Régine, est un monument du monde de la nuit. Elle est d’ailleurs surnommée à juste titre La Reine de la nuit, de par les nombreux établissements nocturnes qu’elle a dirigés. Sa première boîte : Chez Régine…

Sa vie est un roman que l’on ne résumera pas ici. Née en Belgique, de parents juifs, conçue en Argentine… Elle bourlingue pendant des années, notamment pendant la Seconde Guerre mondiale où elle va de refuge en refuge en France. Elle mérite un biopic, qu’on lise son autobiographie. Tout sauf le vain résumé d’une page Wikipédia qui ne pourra restituer l’intensité d’une existence en dents de scie qui retrouvera par la fête, le strass et le goût des lumières nocturnes l’appétit de vivre.

Régine chante les plus grands

Chanteuse, elle interprète des textes de Salvador, Aznavour, Gainsbourg, Barbara… Des Folies à l’Olympia, elle est sur toutes les scènes parisiennes et au-delà. En 2016, à 85 ans, elle est encore en tournée, quelques années après un album de duo où Boy George et Fanny Ardant sont de la fête.

Star jusqu’au bout, elle monte sur les planches pour Ruquier, et joue irrégulièrement au cinéma. Elle est dans La Gamberge de Norbert Carbonnaux (1961) ou le vénéneux Le couteau dans la plaie (1962) d’Anatole Litvak, avec Anthony Perkins et Sophia Loren.

En 1967, Alain Jessua la dirige dans Jeu de massacre. L’année suivante, Claude Berri lui offre un rôle dans Mazel Tov ou le mariage. L’un de ses plus gros succès, Le train, lui permet de côtoyer Trintignant et Romy Schneider devant la caméra de Pierre Granier-Deferre en 1973. Lelouch l’entraîne dans Robert et Robert (1978), avec Denner et Villeret. Elle est du casting de la production américaine Sherlock Holmes attaque l’Orient-Express (1976) de Herbert Ross, avec notamment Vanessa Redgrave ou Laurence Olivier.

CD de Régine, De la p'tite poule à la grande Zéa

Label : Marianne Melodie

Son plus gros rôle de cinéma, elle l’obtient chez Zidi dans le César 85 du Meilleur film, Les Ripoux. Cette fois-ci, elle incarne une ancienne prostituée, compagne de Noiret. Un rôle énorme où elle dévore l’écran. Le buddy movie parisien flirte avec les 6 millions de spectateurs. Elle ne fera qu’une apparition dans le sequel, en 1990. Malheureusement.

Mort de Régine : une page de notre histoire se tourne

On croise Régine aussi dans son propre rôle dans le film concept Grosse fatigue de Michel Blanc, sélectionné à Cannes, en 1994. Un triomphe.

Bref, la vie de Régine, ses différentes carrières ne peuvent se résumer en quelques lignes. La grande dame a sorti pour ses 90 ans, en 2019, une intégrale dans laquelle les fans ne cesseront de se replonger.

La Diva tant aimée décède à l’âge de 92 ans le 1″‘ mai. Une nouvelle page de l’histoire de France et de Paris se tourne.

Frédéric Mignard

Ils nous ont quittés en 2022