Note des spectateurs :

Paris 14h : Doctor Strange 2 réussit le meilleur démarrage de l’année avec 7 305 spectateurs en première séance.

Doctor Strange in the Multiverse of Madness est le premier film que le studio Disney sort de sa hotte magique en 2022, puisque jusqu’à présent ses nouveautés abreuvaient la plateforme Disney+. La jeunesse amatrice de spectacles de super-héros s’est donc chargée de faire un triomphe au film proposé en 3D dans certains cinémas : 7 305 spectateurs dans 28 cinémas, c’est énorme, et c’est même le meilleur démarrage annuel devant The Batman. Dans 32 cinémas, The Batman avait pour sa part fédéré 4 418 amateurs de DC  Comics.

Doc Strange, premier du nom, n’avait engagé que 3 662 volontaires pour une mise en place un peu laborieuse qui allait conduire le super-héros à un total de 1 973 652 spectateurs. Désormais Disney, mélangeant davantage les figures héroïques pour attirer l’adolescent monomaniaque dans ses goûts, le score ne pouvait être que supérieur.

En deuxième place, on passe enfin au cinéma exigeant. Les passagers de la nuit séduit 866 spectateurs qui n’ont pas oublié l’émotion ressentie pendant le bouleversant Amanda. Le nouveau chef d’œuvre de Mikhael Hers a ému 866 spectateurs dans 18 cinémas. Un score inférieur au 1 045 entrées d’Amanda en 2018. Le contexte n’était pas le même.

Les passagers de la nuit, affiche du film

Couramiaud – © 2021 Nord-Ouest Films, Arte France Cinema. Tous droits réservés / All rights reserved

Film destiné à la province, Tenor fait une apparition peu convaincante sur Paris 14h : 605 spectateurs dans 19 salles, ce n’est pas bon, mais personne ne l’attendait à cette heure-là de la journée.

Aucune des sorties art et essai ne parvient à trouver son chemin. Entre les seniors qui ne reviennent plus en salle et les étudiants qui ne font plus vraiment montre de curiosité pour un cinéma exigeant, toutes les autres nouveautés sont au mieux atones, au pire mortes nées.

Varsovie 83, une affaire d’état, nouveau chef d’œuvre de Jan P. Matuszynski (The Last Family), est sanctionné par un circuit large de 12 cinémas. Ses 221 entrées sont une injure à sa qualité.

Petite Leçon d’amour est aussi raté que sa sortie. On ne pleurera pas ses 124 spectateurs dans 5 cinémas.

Né en France pendant la pandémie, le distributeur Star Invest Films aura du mal à survivre. Les échecs successifs de Relic, Mission Paradis, D’Artagnan et les trois mousquetaires et Les fils du Sud, trouvent dans Le roi cerf, film d’animation japonais, un compagnon d’infortune probable : 90 spectateurs dans 6 salles.

Le biopic sur la fille de Karl Marx, Miss Marx, se heurte à l’indifférence des spectateurs pour les films académiques (59 spectateurs dans 4 cinémas). Il buco, nouveau film italien de Michelangelo Frammartino (Le quattro volte), trouve à peine 56 spectateurs dans 4 salles….

Le reste des sorties fait encore pire : Limbo (32 entrées), Los fuertes (19), Detroiters (13), Anatomy of Time (11), L’été éternité (3)… Ils étaient tous présentés sur un circuit restreint à une pauvre salle, ce qui témoigne une fois de plus du malaise des salles de cinéma art et essai, si riches dans leurs programmation, et pourtant abandonnées par tous les publics. Attention, aux conséquences sur le moyen terme. Distributeurs et exploitants auront bien du mal à tenir deux ans de plus dans ces conditions.

Frédéric Mignard

Affiche de Los Fuertes d' Omar Zúñiga

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