Les Commitments (The Commitments) : la critique du film et le test blu-ray (1991)

Musical | 1h53min
Note de la rédaction :
7/10
7
Les Commitments, affiche française 1991

  • Réalisateur : Alan Parker
  • Acteurs : Robert Arkins, Johnny Murphy, Angeline Ball, Maria Doyle, Michael Aherne, Andrew Strong, Colm Meaney, Dave Finnegan
  • Date de sortie: 28 Août 1991
  • Année de production : 1991
  • Nationalité : Britannique, Irlandais, Etats-Unis
  • Titre original : The Commitments
  • Titres alternatifs : The Commitments (titre DVD et Blu-ray, France), Os Commitments (Portugal), Los Reyes del Ritmo (Mexique), Camino a la fama (Uruguay), Loucos pela Fama (Brésil)
  • Scénaristes : Roddy Doyle, Dick Clement, Ian La Frenais
  • D'après l'œuvre de : Roddy Doyle
  • Directeur de la photographie : Gale Tattersall
  • Monteur : Gerry Hambling
  • Compositeur : Wilson Pickett
  • Producteurs : Marc Abraham, Armyan Bernstein, Dick Clement, Souter Harris, Ian La Frenais, Lynda Myles, Roger Randall-Cutler, Tom Rosenbergn, David Wimbury
  • Sociétés de production : Beacon Communications, Dirty Hands Productions, First Film Company
  • Distributeur : Ariane Distribution (France), Twentieth Century Fox (USA)
  • Distributeur reprise : -
  • Date de sortie reprise : -
  • Editeur vidéo : Gaumont Columbia Tri Star (VHS) / Twentieth Century Fox (VHS), M6 vidéo (DVD)? (DVD, Metropolitan FilmExport (DVD, Blu-ray)
  • Date de sortie vidéo : 22 octobre 2008 (Coffret, M6 vidéo), 12 février 2021 (dvd, blu-ray)
  • Box-office France / Paris-Périphérie : 346 973 entrées / 125 181 entrées
  • Box-office nord américain 13 919 570 $
  • Budget : 12 000 000
  • Rentabilité : -
  • Classification : Tous publics
  • Formats : 1.85 : 1 Couleurs & noir et blanc - 35 mm/
  • Festivals et récompenses : 5 BAFTA sur 6 (dont Meilleur film & réalisateur), Prix de la meilleur bande-originale aux Brit Awards, 3 London Critics Circle Film Awards (dont meilleur réalisateur), 1 nomination aux Golden Globes (Meilleure comédie ou comédie musicale), 1 nomination aux Oscars (Meilleur montage)...
  • Illustrateur / Création graphique : © Tous droits réservés / All rights reserved
  • Crédits : © 1991 Beacon Communications, Inc © 1991 Sovereign Pictures, Inc. All Rights Reserved -Tous droits réservés
Note des spectateurs :

Les Commitments (The Commitments en vidéo) est l’une des grandes œuvres cultes des années 90, par Alan Parker qui revenait alors aux sources de sa passion pour la musique tout en se démarquant de l’esthétique ultra-stylisée du reste de sa filmographie.

Synopsis : Jimmy Rabbitte sait qu’il est le meilleur manager au monde…il lui manque juste un groupe! Il lance alors une grande audition pour recruter 10 des plus talentueux (et inexpérimentés) musiciens de Dublin. Son but : créer le plus grand groupe de soul irlandaise au monde.

The Commitments un film britannique fondateur

Critique : Après l’échec du mélodrame historique Bienvenue au paradis, Alan Parker a besoin de se ressourcer. Pour cela il repart au Royaume-Uni, voire même en République d’Irlande, pour ériger un jalon faussement intimiste dans sa carrière tant Les Commitments est tonitruant et drôle. Le succès du feel good movie est phénoménal outre-Manche et préfigure toute une lignée de films du même genre comme la trilogie Sing Street, New York Melody et Once de John Carney, ou encore récemment Yesterday de Danny Boyle.

Avec un sens de la réalisation et une volonté de capter le réalisme gris des décors du Dublin populaire de la fin des années 80, sans aucun chichi esthétique, Alan Parker adapte la gouaille irrésistible de l’œuvre de Roddy Doyle. Ce dernier venait effectivement d’éditer avec succès The Commitments, petit roman tout frais (1988) au succès conséquent. L’écrivain retrouvera ses mêmes personnages adaptés à l’écran par Stephen Frears, très inspiré avec les comédies à faible budget, The Snapper (1993) et The Van (1996). Le succès est tel que Harvey Weinstein essaiera en vain de monter une suite aux Commitments au début des années 2000. Mais l’Irlandais Doyle, touché par la grâce avec sa trilogie de Barrytown, qui s’articule autour d’une famille de la classe ouvrière des Rabbittes (le fils manager du groupe dans le film), n’a aucunement envie de voir son projet décliné en sequel.

Alan Parker signe une comédie indépendante dans le son et l’image

Doyle a coécrit le scénario des Commitments et ne peut se sentir trahi par Alan Parker, dont les monuments, Pink Floyd the Wall, Birdy ou Midnight Express font de lui un maître vénérable et alors vénéré. Si le ton est moins comique que celui de son roman, la légèreté est de mise. Alan Parker a trouvé le ton, l’énergie et l’effervescence chez des protagonistes. Il a mis tout son cœur à faire passer des essais à toute la jeunesse irlandaise qui souhaitait se prêter au jeu du casting, avec une bienveillance qui est l’une de ses marques de fabrique.

L’histoire sociale de ce Dublin ouvrier porte les gênes de toute la société anglo-saxonne par extension. L’histoire est connue et renvoie à celles des formations qui font le British Top Forty, et on pense même à un certain Bohemian Rhapsody, qui s’est aussi beaucoup servi dans The Commitments, la fraîcheur indépendante en moins, pour mettre en place l’histoire de Freddie Mercury à l’écran. Car le film musical de Parker, de par son budget correct sans déborder, ses images et ses prises de son un peu crues, revêt l’authenticité de la souche indépendante britannique.

Tout l’ADN anglo-saxon dans la rock attitude

Aussi, au début du film, le personnage de Jimmy Rabbitte, manager en devenir, constitue le groupe qu’il veut porter au sommet. Pour cela il forge un casting (voir le clin d’œil de Danny Boyle, lors de la quête du colocataire dans Petits meurtres entre amis, 1994). Les membres de la formation, comme les notes et les instruments, s’accordent, puis se fendent dans la discorde, mais toujours dans la bonne humeur. Tout un pan culturel des Britanniques qui ont dans leur ADN ce ciment musical est exalté. La scolarité des jeunes locaux dispensent des heures musicales essentielles à cette culture quand la France initie vaguement ses écoliers et collégiens à la flûte.

Mais que font les Français ?

Les Commitments feront-ils aussi fort que U2 ou Sinead O’Connor, gloires irlandaises de la fin des années 80 ? La question traverse l’esprit des protagonistes bien ancrés dans leur époque malgré leur goût pour la soul en hommage à la musique noire américaine des années 60. Du black voicing avant l’heure ? Non, un hommage aux maîtres de la musique soul qui va à contre-courant de la musique indépendante qui triomphait localement au Royaume-Uni.

On ne s’étonnera donc pas trop de la réaction relativement indifférente des Français à l’issue de l’été 1991 quand le film émerge sur nos écrans. Quand le Royaume-Uni et les USA sont sous le charme de ces personnalités fêlées, la jeunesse française fera des Commitments un petit succès d’estime. Les sorties VHS permettront ensuite d’en louer le culte.

Après quelques sorties en vidéocassettes et en DVD, Metropolitan FilmExport exhume le film en février 2021 et propose une édition vidéo, blu-ray et DVD, malheureusement loin de l’édition collector américaine de RLJ Entertainment, au niveau des bonus qui sont un peu chiches. Encore une fois, même si la musique des Commitments a plutôt bien fonctionné dans notre Top Album au début des années 90, tout cela illustre bien l’océan qui sépare nos peuples.

Frédéric Mignard

Les sorties de la semaine du 28 août 1991

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Les Commitments, affiche française 1991

© 1991 Sovereign Pictures, Inc. All Rights Reserved.

Box-office :

Avec un peu plus de 130 000 entrées sur Paris Périphérie, la carrière des Commitments a été compliquée. Le film, distribué par Ariane Distribution, un indépendant, sort le 28 août 1991 face à la pointure Point Break Extrême limite qui l’écrase avec 21 salles de plus (10 706 pour les très hype Patrick Swayze et Keanu Reeves contre 4 009 pour Alan Parker). Toutefois, lors d’une semaine où le cinéma d’auteur (David Mamet, Francesca Archibugi, Pierre Jolivet et Ken Loach) a bien du mal à exister, Les Commitments se fait au moins l’honneur de devancer la première comédie de Sylvester Stallone, le remake d’Oscar, L’embrouille est dans le sac, qui ouvre à 2 400 spectateurs dans 34 cinémas et sera un échec douloureux pour la star du cinéma d’action.

En première séance, le film musical se positionne sans emphase en 5e place, avec 31 138 spectateurs. La combinaison étant modeste, l’éventuel maintien des Commitments sera nécessaire pour que le film puisse être considéré comme un succès ou un échec national. Dans tous les cas, avec de nombreux écrans sous les 1 000 spectateurs par écran, l’engouement n’est pas visible. C’est d’autant plus frappant que la comédie sociale est tout de même présente dans 17 cinémas en intra-muros. Le Forum Horizon, avec 5 394 entrées, lui fait le meilleur accueil.

En 2e semaine, une certaine stabilité le consacre : 26 953 entrées dans 18 salles. Puis 17 571 jeunes en 3e semaine dans 16 cinémas. Il est certain que le phénomène n’aura pas lieu, mais on ressent un maintien certain. Les Commitments plaît.

La 4e semaine n’est pas mauvaise, avec seulement 9 écrans, le groupe à la mode atteint une audience de 10 297 spectateurs. Dans les salles parisiennes, The Commitments est encore projeté aux George V, 14 Juillet Odéon, Escurial Panorama, Forum Horizon, Parnassiens et Pathé Impérial.

Le George V va devenir pendant 24 semaines une salle de concert à part entière, car si le film disparaît peu à peu, il restera solide au cinéma des Champs-Elysées qui va l’accompagner jusqu’au bout.

  • 5e semaine : 5 821 (6 salles)
  • 6e semaine : 4 553 (4 salles)
  • 7e semaine : 3 651 (3 salles)
  • 8e semaine : 3 024 (3 salles)
  • 9e semaine : 3 067 (3 salles)
  • 10e semaine : 2 766 (3 salles)
  • 11e semaine : 2 767 (3 salles)

Un succès culte

A partir de la 12 e semaine, le George V en garde l’exclusivité et va le faire grimper de 20 000 spectateurs en une dizaine de semaines. Pour sa 12e semaine, la salle en haut des Champs – qui vient de fermer en 2020 – affiche encore une ardoise de 1 402 spectateurs qui démontre que, même si The Commitments n’est pas parti de haut, au moins est-il parvenu à récupérer un vrai bouche-à-oreille, démontrant une vraie passion chez certains spectateurs qui retourneront le voir plusieurs fois. Beaucoup achèteront la bande originale et en feront un authentique succès culte.

The Commitments, un triomphe irlandais

Aux USA, la production so irish finira l’année en 90e place annuelle, avec 14 919 57$ de recettes, soit plus que le budget initialement alloué. Le film, classé R (interdit aux mineurs non accompagnés) était projeté dans 8 cinémas durant l’été 91 et sera porté jusqu’à 588 écrans, loin des combinaisons orgueilleuses des blockbusters de l’époque (Terminator 2, 2 495 écrans ; Robin des Bois prince des voleurs 2 369…).

En Irlande, il s’agira du plus gros succès de l’histoire, jusqu’à cette date.

Frédéric Mignard  

Le blu-ray

Sorti discrètement chez Metropolitan, The Commitments fête ses 30 ans en Blu-ray. On notera que l’éditeur confirme une certaine tendance autour du nouveau titre français et a donc conservé le titre original au détriment du titre salle de 1991, puisque le film s’intitulait chez nous Les Commitments. Il est important de le souligner.

Suppléments : 2 / 5

Un making-of de 23 minutes présente Alan Parker qui fait passer des castings et évoque le roman initial. L’auteur lui même intervient… Les images datées nous renvoient à une autre époque. Le supplément est sympathique, mais loin de satisfaire la curiosité contemporaine. Quid de ce qu’est devenu le casting ? Quid du phénomène Commitments ? On n’en saura rien quand d’autres éditions étrangères sont bien plus fournies. Les Français ont décidément oublié Alan Parker et son cinéma. Pourtant, il s’agissait ici de revenir sur les 30 ans d’une filmographie et la possibilité d’un collector pouvait redorer le blason d’une œuvre longtemps culte dont les jeunes d’aujourd’hui ignorent complètement l’existence.

Image : 4 / 5

La copie est savoureuse, propre et chaude, avec un contraste suffisamment travaillé pour du 1080p. On attend toutefois une restauration supervisée depuis un scan 4K pour aller encore plus loin, le potentiel est là.

Son : 4 / 5

Tourné en Dolby Stéréo, Les Commitments conserve une certaine distance sonore, notamment vocalement en VO comme en VF, sur la galette que propose Metropolitan. Les deux pistes sont déclinées en DTS HD Master 5.1. et comptent donc sur la bande originale pour redonner du poids à la projection. Cela marche, la combinaison offre une certaine spatialité à la séance sans pour autant s’approcher des canons des blu-rays standards pour des productions dites musicales.

Le film avait déjà cette texture indépendante en 1991. 30 ans plus tard, il la conserve et cela ne fait que retranscrire les intentions originelles du talentueux Alan Parker.

Frédéric Mignard

Les Commitments / The Commitments (jaquette vidéo)

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