Technique d’un meurtre : la critique du film (1967)

Thriller, Film de gangsters, Eurospy | 1h36min
Note de la rédaction :
5/10
5
Technique d'un meurtre, l'affiche

  • Réalisateur : Francesco Prosperi
  • Acteurs : Franco Nero, Valentino Macchi, Giovanni Cianfriglia, Michel Bardinet, Cec Linder, Robert Webber, Jeanne Valérie, José Luis de Vilallonga
  • Date de sortie: 02 Fév 1967
  • Année de production : 1966
  • Nationalité : Italien, Français
  • Titre original : Tecnica di un omicidio
  • Titres alternatifs : The Hired Killer (titre international) / Ich heiße John Harris (Allemagne) / No Tears for a Killer (UK) / Professional Killer (Suède) / Técnica de un homicidio (Espagne) / Técnica de um homicídio (Portugal) / Profesjonell drapsmann (Pologne) / Professionel morder (Danemark)
  • Autres acteurs : Theodora Bergery, Earl Hammond, John Hawkwood
  • Scénariste : Francesco Prosperi
  • Monteur : Mario Serandrei
  • Directeur de la photographie : Erico Menczer
  • Compositeur : Robby Poitevin
  • Chef Maquilleur : Anthony Loew
  • Chef décorateur : Ugo Pericoli
  • Directeur artistique : -
  • Producteur : Felice Testa Gay
  • Producteurs exécutifs : -
  • Sociétés de production : Cinegai S.p.A., Rome Paris Films
  • Distributeur : SNC
  • Distributeur reprise : -
  • Date de sortie reprise : -
  • Editeurs vidéo : Dynasty Films (VHS) / Elephant Films (DVD et blu-ray, 2023)
  • Date de sortie vidéo : 31 octobre 2023 (DVD et blu-ray)
  • Budget : -
  • Box-office France / Paris-Périphérie : 235 494 entrées / 30 719 entrées
  • Box-office nord-américain / monde : -
  • Classification : Interdit aux moins de 18 ans (à sa sortie). Tous publics (de nos jours).
  • Formats : 2.35 : 1 / Couleurs / Son : Mono
  • Festivals : -
  • Illustrateur/Création graphique : © Elysée Editions (jaquette blu-ray). Tous droits réservés / All rights reserved
  • Crédits : © Minerva Pictures. Tous droits réservés / All rights reserved
Note des spectateurs :

Mélange pas très heureux entre film de gangster et eurospy, Technique d’un meurtre souffre d’un rythme languissant et d’une intrigue peu crédible pour un résultat vieillot. Pas désagréable, mais clairement dispensable.

Synopsis : John Harris est tueur à gages. Il décide de se retirer du métier après un dernier contrat. Il doit abattre un ancien membre de l’organisation pour laquelle il travaille : Secchy, responsable de la mort de son frère. Avec un jeune tueur, Toni Lobello, qui le prend comme un modèle, John se rend à Paris…

Le premier film de Francesco Prosperi

Critique : Artisan du cinéma bis italien, Francesco Prosperi (à ne pas confondre avec Franco Prosperi, réalisateur de Cette chienne de vie, Les négriers et Les bêtes féroces attaquent) a fait ses armes auprès du grand Mario Bava en tant que scénariste et assistant-réalisateur au début des années 60. Après avoir beaucoup œuvré dans l’ombre, Prosperi passe enfin à la vitesse supérieure avec ce Technique d’un meurtre (1966) qui est son premier long métrage en solo.

Dotée d’un budget correct apporté par le producteur Felice Testa Gay, la série B peut se targuer d’un tournage aux Etats-Unis pour la première demi-heure du film et de l’apport d’une vedette de la télévision américaine, le comédien Robert Webber. Ainsi, Technique d’un meurtre appartient à cette catégorie d’œuvres cherchant à dissimuler leur provenance transalpine par la multiplication de pseudonymes anglosaxons. Tourné entièrement en anglais, le thriller est officiellement signé Frank Shannon, tandis que le jeune Franco Nero – pas encore connu du grand public à l’heure du tournage – écope d’un Frank Nero.

Une première demi-heure classique, mais efficace

Alors que la première demi-heure fait plutôt illusion par une très bonne gestion des extérieurs new-yorkais et une bonne présentation des personnages, la suite européenne sera bien moins enthousiasmante. Cela démarre donc par la description minutieuse du travail d’un tueur à gages interprété avec autorité par Robert Webber. Dans ces scènes américaines, Francesco Prosperi convoque délibérément tous les grands classiques du film de gangsters et se fait également plaisir dans la description d’un assassinat proche de celui de J.F. Kennedy. Ainsi, Technique d’un meurtre s’inscrit pleinement dans son époque marquée par le décès choquant du président démocrate américain.

Technique d'un meurtre, la jaquette

© 2023 Minerva Pictures / Design by Elysée Editions – Elephant Films. Tous droits réservés.

Malheureusement, dès cette entame, on sent les scénaristes désireux de reprendre à leur compte tous les ingrédients classiques du film de tueur à gages. Prosperi enchaîne donc les poncifs comme des perles en faisant de son personnage principal un professionnel désireux de se retirer des affaires. Toutefois, la pègre en a décidé autrement. Lors d’une dernière mission, on lui colle dans les pattes un jeune loup aux dents longues interprété par un Franco Nero méconnaissable – il n’avait pas encore tourné Django (Sergio Corbucci, 1966) et n’avait donc pas encore de look défini.

Une heure entière sous le sceau de l’eurospy

Mais c’est bien le retour en Europe qui signe l’arrêt de mort de Technique d’un meurtre par l’ajout d’une atmosphère pulp typique de l’eurospy, alors en pleine vogue. La référence n’est donc plus celle du film de gangsters à l’américaine, mais bien les sous-James Bond qui ont pullulé sur les écrans européens du milieu des années 60. Dès lors, la musique pop de Robby Poitevin singe les compositions de John Barry pour la saga 007, tandis que l’intrigue prend la tangente au point de se noyer dans des allers et retours peu crédibles, usant la patience des plus endurcis.

Outre une histoire qui prend l’eau de toute part – d’autant qu’elle est basée sur un simple whodunit fondé sur la chirurgie esthétique pratiquée par le méchant pour changer de tête – Technique d’un meurtre souffre d’un manque évident de rythme. Alors que la première demi-heure faisait montre d’un vrai sens du découpage, la partie européenne multiplie les scènes de remplissage qui s’étirent inutilement.

Technique d’un meurtre, un thriller au rythme languissant

C’est bien simple, le spectateur a toujours une bonne dizaine de minutes d’avance sur les personnages, devinant tous les mécanismes de l’intrigue. Sans doute ne faut-il pas être trop dur avec Technique d’un meurtre puisque le spectateur contemporain que nous sommes a eu l’habitude de visionner des œuvres postérieures plus maîtrisées et pourtant basées sur les mêmes ressorts. Ainsi, ce qui pouvait être vu comme original et efficace à l’époque a perdu de sa puissance avec le temps.

Vieillot, le thriller mou n’a donc pas grand-chose à offrir au cinéphile contemporain si ce n’est un certain charme rétro indéniable, des images soignées et une production pas trop moisie. On peut sans doute regretter le manque de prestance de Robert Webber qui appartient à cette catégorie d’acteurs américains dont la gueule devrait suffire à nous satisfaire, mais dont le jeu demeure extrêmement monolithique. Face à lui, Franco Nero n’est pas un personnage central très motivant, tandis que la charmante Jeanne Valérie n’a pas une grande utilité sur le plan purement narratif.

Un petit succès dans son genre

Proposé en salles en France à partir du jeudi 2 février 1967, Technique d’un meurtre a eu le droit à une diffusion dans des cinémas d’exclusivité, glanant 30 719 entrées durant ses deux premières semaines parisiennes. Par la suite, le métrage a également eu les honneurs d’une sortie convaincante sur le reste de la province, réunissant 235 494 spectateurs alors qu’il était dépourvu de vedette à son casting. Ce joli succès français a confirmé les bons chiffres italiens (134 millions de lires cumulés) et a lancé la carrière du réalisateur qui a aussitôt retrouvé Robert Webber pour Requiem pour une canaille (1967).

Technique d’un meurtre a ensuite connu une exploitation en VHS (chez Dynasty Films), avant de réapparaître en 2023 en blu-ray chez Elephant Films. Outre une copie pas terrible, on se demande bien ce que vient faire ce film au sein d’une collection consacrée au poliziottesco puisque le thriller émarge plutôt du côté de l’eurospy.

Critique de Virgile Dumez

Les sorties de la semaine du 1er février 1967

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Technique d'un meurtre, l'affiche

© 2023 Minerva Pictures. Tous droits réservés.

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Francesco Prosperi, Franco Nero, Valentino Macchi, Giovanni Cianfriglia, Michel Bardinet, Cec Linder, Robert Webber, Jeanne Valérie, José Luis de Vilallonga

Mots clés

Cinéma franco-italien, Eurospy, Les tueurs à gages au cinéma, Premier film 

 

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Technique d'un meurtre, l'affiche

Bande-annonce de Technique d'un meurtre (VOstf, HD)

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