OSS 117 se déchaîne ! : la critique du film (1963)

Action, Aventures, Espionnage | 1h50min
Note de la rédaction :
5/10
5
OSS 117 se déchaîne, l'affiche

  • Réalisateur : André Hunebelle
  • Acteurs : Kerwin Mathews, Daniel Emilfork, Jean-Paul Moulinot, Henri-Jacques Huet, Nadia Sanders, Irina Demick, Jacques Harden
  • Date de sortie: 19 Juin 1963
  • Nationalité : Français, Italien
  • Titre original : O.S.S. 117 se déchaîne !
  • Titres alternatifs : OSS 117 se déchaîne (titre vidéo) / O.S.S. 117 greift ein (Allemagne) / OSS 117 em Plena Acção (Portugal) / OSS 117 segretissimo (Italie)
  • Année de production : 1963
  • Scénariste(s) : André Hunebelle, Pierre Foucaud, Richard Caron, Patrice Rondard, d'après le roman OSS 117 prend le maquis de Jean Bruce
  • Directeur de la photographie : Raymond Lemoigne
  • Compositeur : Michel Magne
  • Société(s) de production : Compagnie Industrielle et Commerciale Cinématographique (CICC), Films Borderie, Produzioni Atlas Consorziate (P.A.C.)
  • Distributeur (1ère sortie) : Prodis, P.N.D. (région lilloise), A.M.L.F. (régions de Marseille, Lyon, Bordeaux et Toulouse)
  • Distributeur (reprise) : -
  • Date de reprise : -
  • Éditeur(s) vidéo : Gaumont (DVD et blu-ray, 2006 et 2015)
  • Date de sortie vidéo : 21 janvier 2015 (blu-ray)
  • Box-office France / Paris-périphérie : 2 329 798 entrées / 394 123 entrées
  • Box-office nord-américain : -
  • Budget : -
  • Rentabilité : -
  • Classification : Tous publics
  • Formats : 1.66 : 1 / Noir et Blanc / Son : Mono
  • Festivals et récompenses : -
  • Illustrateur / Création graphique : Henri Cerutti - Vanni Téaldi.
  • Crédits : © 1963 Gaumont - DA. MA. Produzione
  • Franchise : 1er volet de la saga officielle de O.S.S. 117 des années 60
Note des spectateurs :

OSS 117 se déchaîne ! fait pâle figure à côté de son concurrent direct James Bond. Mais on peut encore trouver un certain charme à ces aventures désuètes qui pâtissent d’un script un peu terne.

Synopsis : Hubert Bonnisseur de la Bath, alias OSS 117, est chargé d’une enquête en Corse à propos d’un détecteur de sous-marin nucléaire qui pourrait faire basculer le sort d’un monde alors en pleine guerre froide.

OSS 117 contre James Bond 007

Critique : Souvent considérée comme un James Bond du pauvre, la saga littéraire OSS 117 est née de la plume de Jean Bruce qui a entamé cette série en 1949, soit trois ans avant Ian Fleming et son 007. L’auteur est donc bien à l’origine d’un genre très populaire et non un simple copieur, contrairement à ce qui a trop souvent été avancé. Il en est de même pour ses adaptations cinématographiques puisque le tout premier long-métrage date de 1957. Il fut réalisé par Jean Sacha et intitulé OSS 117 n’est pas mort.

OSS 117 se déchaîne, la jaquette blu-ray

© 1963 Gaumont – DA. MA. Produzione / © 2015 Gaumont Vidéo. Tous droits réservés.

Certes, le film n’a pas ouvert le bal d’un nouveau sous-genre, mais il devance là aussi de cinq bonnes années le Docteur No de Terence Young (1962). D’ailleurs, si le premier volet des aventures de James Bond fait bien son apparition sur les écrans français en janvier 1963, le tournage d’OSS 117 se déchaîne ! est déjà achevé. Le petit jeu de l’original et de la copie n’a donc guère d’intérêt dans le cas précis, d’autant que l’agent Hubert Bonnisseur de la Bath ne lutte pas à armes égales avec Bond.

Des moyens limités et un unique décor corse

Effectivement, ce qui choque immédiatement lorsque l’on découvre ce premier épisode de la saga des années 60, c’est le flagrant manque deFiche artistique de OSS 117 se déchaîne moyens à la disposition d’André Hunebelle, et donc le peu de confiance des producteurs envers cette aventure d’espionnage dont ils ne soupçonnaient pas le potentiel commercial. Là où James Bond se balade dans des îles paradisiaques au bout du monde, OSS 117 doit se contenter de la Corse comme unique cadre exotique.

Quand James se pavane en couleur, Hubert doit faire avec un noir et blanc peu enthousiasmant. En lieu et place de gadgets sophistiqués, OSS 117 doit souvent se contenter de ses poings qu’il utilise d’ailleurs dans des bagarres plutôt bien réglées qui introduisent auprès du public français les techniques du karaté jusqu’alors ignorées. Enfin, le thème composé par Michel Magne est une insipide chanson yéyé qui ne pouvait aucunement rivaliser avec le thème mythique composé par John Barry pour l’agent 007.

De l’action au sein d’une intrigue inutilement alambiquée

Si les corps à corps sont assez nombreux et plutôt réussis, on compte malheureusement peu de scènes marquantes durant cette aventure un peu terne. On note bien quelques séquences sous-marines sympathiques mais desservies par l’emploi du noir et blanc, ce qui ne suffit pas vraiment à donner du peps à une intrigue cousue de fil blanc où tout le monde se trahit à tour de rôle.

Très alambiquée pour pas grand-chose, l’histoire d’OSS 117 se déchaîne ! se perd trop souvent dans des développements inutiles qui n’ont d’autre but que de rallonger la sauce. Heureusement que les auteurs ont ajouté quelques dialogues hauts en couleur dont on se demande s’ils ont été écrits au premier ou au second degré. On préférera opter pour la seconde proposition, même si un doute raisonnable demeure.

Un casting plutôt satisfaisant

Alors que le rôle principal a été un temps envisagé par Jean Marais, André Hunebelle a choisi de faire confiance à un acteur américain afin de faciliter l’exportation du produit fini. Auréolé du succès de films d’aventures comme Le septième voyage de Sinbad (1957), Kerwin Mathews incarne avec une certaine prestance Hubert Bonnisseur de la Bath, son jeu ne se résumant pas à une stature monolithique.

Capable de vraiment jouer la comédie, il s’investit également dans les séquences plus physiques (souvent doublées par Yvan Chiffre). Il est entouré par des acteurs sympathiques et aux gueules patibulaires dont l’intrigant Daniel Emilfork. Côté petites pépées, les amateurs de beautés blondes pourront se régaler devant la plastique froide de Nadia Sanders ou encore le charme mutin d’Irina Demick (Le jour le plus long et Le clan des Siciliens).

OSS 117 remporte un beau succès et initie une saga populaire

Sans doute porté par le succès du premier James Bond sorti quelques mois plus tôt, OSS 117 se déchaîne ! a attiré plus de 2,3 millions de spectateurs sur toute la France (avec un gros coefficient Paris-Province), se plaçant à la 14ème place du podium annuel. Un résultat particulièrement satisfaisant qui a permis cette fois-ci de lancer une franchise lucrative, bien que la qualité ne soit pas toujours au rendez-vous.

Critique de Virgile Dumez

Les sorties de la semaine du 19 juin 1963

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OSS 117 se déchaîne, l'affiche

© 1963 Gaumont – DA. MA. Produzione / Affiche : Henri Cerutti – Vanni Téaldi. Tous droits réservés.

OSS 117 se déchaîne en 1e semaine, box-office

Copyrights 1963 Prodis – Encart publicitaire Le Film Français

Box-office France :

Très loin des 4 772 685 entrées de James Bond 007 contre Dr. No (4e annuel), OSS 117 se déchaîne d’André Hunebelle se loge tranquillement en 14e place avec 2 329 798 spectateurs. Il réalise une belle carrière en France, tout au long du second semestre de l’année 1963, parcourant les salles de province, jusqu’à prendre la tête du box-office mensuel sur Metz, en novembre, plus de 5 mois avant sa première exclusivité parisienne.

OSS 117 se déchaîne en 2e semaine, box-office

Copyrights 1963 Prodis – Encart publicitaire Le Film Français

Sur Paris, le film sort 5 jours seulement après Le guépard de Visconti, avec Alain Delon. Ce dernier, en exclusivité au cinéma l’Avenue réalise 10 890 entrées dans cette belle salle, pour son ouverture. Prodis, en revanche, a trouvé 4 écrans pour son espion vedette : le Balzac, l’Helder, la Scala et le Vivienne.

Le distributeur communique pour la première semaine parisienne pas moins de 50 272 spectateurs, soit de très loin, la meilleure entame hebdomadaire, devant Les hauts de Hurlevent de William Wyler sorti 7 jours plus tôt. L’autre succès du moment, Le lit conjugal de Marco Ferreri, avec Ugo Tognazzi et Marina Vlady parvenait à séduire 49 682 spectateurs dans 5 salles. Le film italien sortait toutefois le 21 juin.

En 2e semaine, OSS 117 se déchaîne, effectivement, « déchaîne » encore les passions des Parisiens : 37 485 spectateurs pour un total convenable de 87 757 amateurs d’aventures.

Toujours exploité dans son socle de salles initial, le film d’André Hunebelle s’effrite à 24 107 gentlemen lors de son 3e tour. Marco Ferreri résiste mieux, à vrai dire. L’espion est même désormais derrière le William Wyler qui revient en 2e place hebdomadaire.

Les succès parisiens en 1963 seront Le jour le plus long, West Side Story, La conquête de l’Ouest, Mélodie en sous-sol, La grande évasion, Lawrence d’Arabie. A titre de comparaison, Les oiseaux d’Hitchock, cette année-là, ne réalisera que 236 946 spectateurs. OSS 117 n’a donc pas à rougir de son score parisien.

En province le succès sera plus conséquent. On notera que P.N.D. sera le distributeur Lillois et l’incontournable A.M.L.F. son distributeur sur Marseille, Lyon, Bordeaux et Toulouse. On parle ici, évidemment, des régions. La province alimentera tranquillement le succès du film, avec un boom formidable la semaine du 13 août qui voit le film catapulter en 4e place. Une semaine plus tard, le film se hisse en 3e place. OSS 117 ne prendra la première place française que la semaine du 3 septembre, fort d’un beau bouche-à-oreille. Il restera dans le top 20 national jusqu’à mi-novembre 1963.

Frédéric Mignard

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OSS 117 se déchaîne, l'affiche

Bande-annonce de O.S.S. 117 se déchaine!

Action, Aventures, Espionnage

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