Hercule (Dwayne Johnson) : la critique du film (2014)

Péplum, Action, Aventures | 1h38min
Note de la rédaction :
4/10
4
Affiche du film Hercule (2014) de Brett Ratner, avec Dwayne Johnson

  • Réalisateur : Brett Ratner
  • Acteurs : Ian McShane, Rebecca Ferguson, Joe Anderson, Dwayne Johnson, Peter Mullan, Rufus Sewell, John Hurt, Aksel Hennie, Ingrid Bolsø Berdal, Reece Ritchie, Joseph Fiennes
  • Date de sortie: 27 Août 2014
  • Année de production : 2014
  • Nationalité : Américain, Hongrois
  • Titre original : Hercules
  • Titres alternatifs : Herkules (Hongrie), Iraklis: Oi Thrakikoi Polemoi (Grèce), Hércules (Portugal, Mexique, Amérique du Sud), Herkuli (Albanie), Hercules: Il guerriero (Italie)
  • Scénaristes : Ryan J. Condal, Evan Spiliotopoulos
  • D'après le roman graphique : Hercule, les guerres thraces Hercules (The Thracian Wars), de Steve Moore
  • Directeur de la photographie : Dante Spinotti
  • Monteurs : Mark Helfrich, Julia Wong
  • Compositeur : Fernando Velázquez, Johannes Vogel
  • Producteurs : Beau Flynn, Barry Levine, Brett Ratner
  • Sociétés de production : Flynn Picture Company, Paramount Pictures, Metro-Goldwyn-Mayer (MGM), en association avec Radical Studios, Mid Atlantic Films
  • Distributeur : Paramount France
  • Editeur vidéo : Paramount
  • Date de sortie vidéo : 14 janvier 2015 (DVD, Blu-ray - Version longue)
  • Box-office France / Paris-Périphérie : 795 315 entrées / 239 306 entrées
  • Box-office nord américain / monde : 72 688 614$ / 244 819 862$
  • Budget : 100 000 000$
  • Rentabilité :
  • Classification : Tous publics avec avertissements : "Certaines scènes de ce film sont de nature à heurter un jeune public" / PG-13 (USA)
  • Formats : 2.35 : 1 / Couleur (35mm, D-Cinema, 3D Relief) / Datasat, Dolby Atmos, SDDS, Auro 11.1
  • Festivals et récompenses : 2 nominations aux Teen Choice Awards 2014
  • Illustrateur / Création graphique : © Tous droits réservés / All rights reserved
  • Crédits : © Paramount Pictures, Metro-Goldwyn-Mayer Inc. Tous droits réservés / All rights reserved
Note des spectateurs :

Hercule avec Dwayne Johnson est la deuxième superproduction hollywoodienne autour du mythe grec, à sortir en salle en 2014. Brett Ratner livre un divertissement plus regardable que La légende d’Hercule, le naveton de Renny Harlin, mais à peine plus digeste qu’un DTV qui se serait pris d’orgueil et d’envie de grand écran.

Synopsis : Mi-homme mi-légende, Hercule prend la tête d’un groupe de mercenaires pour mettre un terme à la sanglante guerre civile qui sévit au royaume de Thrace et replacer le roi légitime sur le trône. Âme tourmentée depuis la naissance, Hercule a la force d’un dieu mais ressent aussi les peines et les souffrances d’un mortel.
Sa puissance légendaire sera mise à l’épreuve par des forces obscures.

2014 : l’année ratée du péplum

Critique : Une fois de plus, en 2014, Hollywood s’est demandé si Hercule était un homme ou un dieu, pour en conclure dans tous les cas qu’il était bel et bien une légende. Rien de bien nouveau en Grèce antique (le patronyme romain est conservé au lieu de la nomenclature grecque, on a l’habitude). Il faut dire que les deux péplums de série B mais budgétés à 100M, auxquels on peut généreusement associer Pompéï, sorti en début d’année, sont le fruit de cinéastes un peu écervelés quand ils se retrouvent derrière une caméra. Renny Harlin, Brett Ratner et Paul W.S. Anderson. Tous trois sont incapables d’insuffler de la psychologie ou de la noirceur à des œuvres inlassablement récréatives, marquées par des enfumages visuels pour distraire les spectateurs et les détourner d’une sinistre réalité qualitative. Au lieu d’envisager des spectacles entiers, les gais lurons du cinéma américain se contentent des formules pop corn movie pour les générations mobiles et oublient la grande lignée d’où descendent indirectement ces pitreries bovines : Conan le Barbare, premier du nom, est évidemment une référence évidente. Une œuvre quasi muette de John Milius, qui triomphait en 1980 en mélangeant barbarie, ésotérisme, action et une très grande dose de contemplation. L’essai à la réalisation du scénariste de Apocalypse Now était un coup de maître. Rien de bien comparable figure dans Hercules (titre original) qui gonfle les poncifs au point de faire de son héros une vilaine baudruche.

Certes, Hercule n’a jamais été synonyme de qualité en salle, les séries Z avec Lou Ferrigno et même la comédie burlesque de Disney en 1998 retentissent à l’esprit des cinéphiles méfiants quand on évoque encore les sinistres records du demi dieu. De plus, les ersatz du premier Conan, de Kalidor aux plagiats italiens (YorAtor), sont autant de souvenirs miteux qui brûlent les yeux… Il y aurait donc plus qu’une légende d’Hercule, on pourrait évoquer la malédiction d’Hercule.

Hercule de Brett Ratner, avec Dwayne Johnson (photo)

© 2014 Paramount Pictures Corporation, Metro Goldwyn Mayer Pictures Inc. All Rights Reserved.

La version de Brett Ratner (producteur de Jersey boys de Eastwood et de Prison Break, et réalisateur de blockbusters miteux comme X-Men : l’affrontement final, Dragon Rouge, la trilogie Rush Hour) se casse les dents sur un mur d’indigence visuelle. Peu aidé par le montage, l’ancien clippeur de Madonna et Mariah Carey se contente de livrer ni plus ni moins qu’un long épisode de série télé, avec quelques billets verts en plus pour donner de l’envergure, mais la liberté artistique en moins. On sent la tentation de libérer un sein, en début de film, ou de faire jaillir des jets de sang, ici et là, lors de combats vigoureux. Mais l’effeuillage et le gore sont des arts de la télé, sublimés par la série bis Spartacus, qui ici laisse place à une insipidité certaine, puisque l’image est télévisuelle mais avec une autocensure dont le petit écran a su faire fi depuis bien longtemps.

De l’action, le charisme de Dwayne Johson, mais aucune audace

Faute d’audace, le Hercule de Ratner ose l’action débridée, avec beaucoup d’effets spéciaux. Il passe très vite sur les « Travaux » du fils de Zeus, pour présenter les nombreux combats plus humains d’un homme au libre arbitre intact. Peu d’éléments fantastiques donc, les interventions divines sont rares. L’essentiel réside dans le combat pour la liberté de Thrace, en s’inspirant moins de la mythologie que d’une BD (Hercule : les guerres thraces de Steven Moore (édité par Milady Graphics en France), auteur décédé trois mois avant la sortie américaine du film et qui avait demandé à ce qu’on renonce à son nom au générique en raison d’une entourloupe lors de la signature du contrat qui ne lui a pas fait gagner un cent. Hercule mène des luttes comme mercenaire, avec ses acolytes, mais n’en oublie pas d’œuvrer pour le bien, pour que l’on encense son nom à son passage dans chaque royaume. Les scènes d’action sont bien menées et provoquent un certain enthousiasme. On ne le niera pas, l’adhésion du public fut d’ailleurs plus élevée que pour La légende d’Hercule de Renny Harlin (244M$ de recettes mondiales pour la production Paramount avec The Rock contre 61M$ pour l’incarnation de Kellan Lutz).

Grâce au charisme naturel de Dwayne Johnson entre le tournage de deux Fast & Furious (le 6 et le 7), la pilule passe mieux que chez Renny Harlin ; après une présentation un peu rébarbative de l’intrigue, on finirait presque par se laisser prendre au jeu de ce produit dilué, où le barbare divin parle avec un accent américain au milieu de l’éloquence british des rois, reines et vieux sages imposée par Hollywood depuis des décennies (Laurence Olivier en Zeus dans Le choc des Titans, en 1981, par exemple !).

Hercule a au moins le mérite de ne pas avoir fait de son super héros antique une endive cuite au four des effets numériques. Cela rend le festin digérable faute d’être savoureusement comestible.

Frédéric Mignard

Les sorties de la semaine du 27 août 2014

Hercule au cinéma

Affiche alternative du film Hercule (2014) de Brett Ratner, avec Dwayne Johnson

© 2014 Paramount Pictures Corporation, Metro Goldwyn Mayer Pictures Inc. All Rights Reserved.

Box-office :

Hercule n’a pas été la bonne affaire commerciale attendue par Paramount. Le studio n’avait pas une confiance absolue dans ce produit de 100M$ et l’a donc relégué dans la deuxième partie de l’été, à un moment où ce sont surtout les continuations qui profitent d’un box-office en fin de vie. Avec un démarrage lors du dernier week-end juillet aux USA et sur certains marchés gros marchés (Australie, Royaume-Uni, Russie…), sans avoir été présenté à la presse, puis une sortie progressive en août, avec une date au 27/08 pour la France (où une projection de presse a bien été organisée), et quelques gros marchés asiatiques en octobre (Chine et Japon), la déception a été généralisée.

Hercule victime de l’engouement autour de Lucy de Luc Besson

Aux USA, avec seulement 72M$ en fin de bataille, le film entre en 2e place, avec 29 800 000$ de recettes, derrière Lucy de Luc Besson qui est la surprise du moment. La nécessité de compenser avec l’international est une évidence pour MGM et Paramount.

Sur les marchés étrangers, l’épopée guerrière de Brett Ratner va afficher des chiffres supplémentaires de 172 131 000$. Cela peut paraître beaucoup, mais il n’en est rien quand on scrute les recettes dans le détail, puisque le blockbuster a affronté la plupart des marchés de la planète et jamais avec des recettes monstres. La Russie – qui aime bien le kitsch -, ou le Brésil font presque figure d’exceptions. Seulement 9 pays au total dépasseront les 5M$. La France figure dans la fourchette basse de cette liste avec 6 598 000$ et moins de 800 000 entrées. Il faut voir que le péplum bénéficiait de la 3D et de l’Imax pour gonfler les recettes.

Des chiffres mondiaux sans étoffe

  1. Etats-Unis : 72 688 000$
  2. Russie : 22 250 000$
  3. Brésil : 14 209 119$
  4. Chine : 13 170 000$
  5. Mexique : 9 812 000$
  6. Royaume-Uni : 9 112 000$
  7. Allemagne : 7 824 000$
  8. Australie : 7 623 000$
  9. France : 6 598 000$

Sur notre territoire, Hercule est entré en 2e place avec 447 389 spectateurs. Paru lors de la semaine difficile du 27 août – c’est-à-dire dernière semaine des vacances, période de gueule de bois et de préparation de la rentrée, Hercule se tient derrière Lucy de Luc Besson qui célèbre sa 4e semaine accroché à la première place. Derrière lui, troisième émérite, le challenger Les Gardiens de la Galaxie de Disney Marvel était stable avec 345 063 spectateurs pour sa troisième semaine. Sur les 10 films du top 10, 7 affichent ou afficheront des scores qui seront supérieurs à Hercule. Sa première séance parisienne avait donné le pouls (1 584 entrées dans 17 salles), quant à son premier jour France, il comptait pour un quart de sa première semaine avec 109 021 spectateurs.

En deuxième semaine, avec le retour effectif des écoliers dans les salles de classe, la chute est rude (-64%, 160 098), mais au moins, en troisième semaine, fort de sa présence dans 498 cinémas, Paramount stoppe provisoirement l’hémorragie (-36%, 101 866). L’absence de blockbuster américain parmi les sorties aide. La deuxième quinzaine de septembre sera assassine et l’on peut considérer qu’en 6e semaine le film est mort (7 947 entrées dans 93 cinémas).

La malédiction de Conan et la fin du péplum au cinéma

Lors d’une année musclée en péplums en raison d’un triomphe du genre à la télévision, le bilan est peu positif en salle. SND n’a tiré que 720 000 spectateurs pour Pompéi, Metropolitan FilmExport a perdu beaucoup d’argent avec La légende d’Hercule (236 000) et Warner a presque bu la tasse avec 300 : la naissance d’un empire (1 569 000). Toutes ces productions en 3D relief sonnaient le glas d’un genre dont le rebond en salle paraissait compromis par la piètre qualité des effets numériques et de mauvais choix artistiques. Le reboot de Conan en 2011, par Marcus Nispel, avec Jason Momoa, aurait dû servir de leçon à Hollywood qui s’est entêté.

Le film sera exploité en vidéo dans une version longue de 3 minutes supplémentaires, faisant grimper sa durée de 98min à 101min.

Frédéric Mignard

Dwayne Johnson dans la version longue d'Hercule (2014)

© 2014 Paramount Pictures Corporation, Metro Goldwyn Mayer Pictures Inc. All Rights Reserved.

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Affiche du film Hercule (2014) de Brett Ratner, avec Dwayne Johnson

Bande-annonce de Hercule

Péplum, Action, Aventures

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