Acteur, réalisateur, scénariste et producteur britannique d’origine écossaise, Peter Mullan est né en 1959 à Peterhead, en Ecosse, au Royaume-Uni. Il nait dans une famille nombreuse de la classe ouvrière dans la banlieue de Glasgow. Le jeune homme est fortement marqué par l’alcoolisme de son père qui, lorsqu’il est saoul, se montre particulièrement violent envers ses proches. Cela lui donne la volonté de s’en sortir, par le biais de l’école tout d’abord où il brille, puis en s’orientant vers des études théâtrales.
Un second rôle qui souhaite passer à la réalisation
S’il veut dès cette époque devenir metteur en scène, il échoue aux examens d’entrée pour étudier la réalisation et préfère donc se consacrer à sa carrière de comédien. Finalement, après de nombreuses galères dans le domaine du théâtre, il aborde le cinéma la trentaine bien engagée. Il fait notamment une rencontre décisive en la personne de Ken Loach, avec qui il partage un engagement social fort.
Le cinéaste lui offre alors des seconds rôles dans Riff-Raff (1991), tandis que le comédien se lance finalement dans la confection de plusieurs courts métrages en autodidacte à partir de 1993. En tant que comédien, on le voit dans des seconds rôles dans le thriller Petits meurtres entre amis (Danny Boyle, 1994), Braveheart (Mel Gibson, 1995) ou encore le cultissime Trainspotting (Danny Boyle, 1996).
Le temps du succès et de la reconnaissance (1998-2002)
Pourtant, c’est l’année 1998 qui lui apporte la consécration car il interprète le rôle principal de My Name Is Joe (Ken Loach, 1998) qui lui permet de décrocher le Prix d’interprétation masculine au Festival de Cannes à l’unanimité des membres du jury. Cette même année, il tourne enfin son premier long métrage de fiction en tant que réalisateur, intitulé Orphans (1998). Ensuite, on le retrouve au casting de Mauvaise passe (Michel Blanc, 1999), Ordinary Decent Criminal (Thaddeus O’Sullivan, 2000) ou encore du magnifique western Redemption (Michael Winterbottom, 2000).
Peter Mullan revient à la réalisation avec The Magdalene Sisters (2002) qui le classe désormais parmi les incontournables du cinéma britannique. Ainsi, le métrage reçoit le Lion d’or à Venise et rameute 585 241 spectateurs français dans les salles. Le drame historique glane plus de 20 millions de dollars dans le monde pour un budget mineur. Pourtant, au lieu de profiter de cette aubaine pour enchaîner aussitôt, Peter Mullan redevient un simple acteur.
On le retrouve notamment dans le très beau drame Une belle journée (Gaby Dellal, 2005), puis dans Les Fils de l’homme (Alfonso Cuarón, 2006) et Boy A (John Crowley, 2007). Finalement, il choisit de revenir derrière la caméra pour Neds (2010) qui, malgré ses qualités réelles, demeure sa dernière incursion à ce jour dans la réalisation.
Dès lors, on va le revoir en tant que comédien, souvent pour interpréter des rôles durs ou d’alcoolique. Il est présent dans la superproduction Harry Potter et les Reliques de la Mort : partie 1 (David Yates, 2010), comme tout le gratin du cinéma britannique de l’époque. Puis, il enchaîne avec le très beau Tyrannosaur (Paddy Considine, 2011) dont il joue le rôle principal. On le retrouve dans Cheval de guerre (Steven Spielberg, 2011), Hercule (Brett Ratner, 2014), Hector (Jake Gavin, 2015) et le superbe western Hostiles (Scott Cooper, 2017).
Peter Mullan, désormais abonné aux séries télé
A partir de 2016, Peter Mullan accepte également des emplois dans des séries télé. Ainsi, il est présent dans 18 épisodes de Mum, mais aussi dans 20 segments d’Ozark. Au cinéma, on le retrouve dans Keepers (Kristoffer Nyholm, 2018) où il est opposé à Gerard Butler. Depuis maintenant une dizaine d’années, le comédien enchaîne les séries et accepte aussi le rôle du roi Durin III dans la série Le Seigneur des anneaux : Les Anneaux de pouvoir durant 9 épisodes. Cela lui laisse peu de temps pour jouer au cinéma, mais il revient dans un joli rôle pour le film Plus fort que moi (Kirk Jones, 2025) qui semble davantage correspondre à son type de cinéma.