Thor Love and Thunder est un sommet du cinéma kitsch qui déborde de trouvailles visuelles dues au talent de Taika Waititi, mais l’ensemble pâtit de personnages sans grand intérêt et d’un script peu enthousiasmant.
Synopsis : Thor s’engage dans une quête inédite, celle de sa propre sérénité. Mais sa retraite est interrompue par l’apparition de Gorr le Boucher, un tueur galactique qui s’est donné pour mission d’exterminer les dieux. Pour affronter cette menace, Thor fait équipe avec Valkyrie, Korg et son ex-petite amie, Jane Foster, qui – à sa grande surprise – manie son marteau, Mjolnir, aussi bien que lui. Nos héros vont se lancer ensemble dans une aventure cosmique éprouvante pour tenter de cerner les causes de l’acharnement de Gorr, le Boucher des dieux et l’arrêter avant qu’il ne soit trop tard.
Critique : Pour son deuxième Thor, Taika Waititi fait preuve de grandeur et en a les moyens pour mettre en œuvre (185 millions de dollars) ses ambitions et son ego. Son cinéma, plus que jamais, est bourré de prétention et de représentation manifeste de son propre talent. L’auteur livre donc une œuvre personnelle dans la forme et l’esprit cinglé qui ne dépareille pas d’avec Thor Ragnarok, même si la réussite est moindre, de par une trop forte assurance de sa propre réussite sur un script vide.
Rock n’ Woke
Il faut souligner que le cinéaste est partagé entre un film de science-fiction exubérant et une comédie familiale woke. Le mélange des deux n’est pas une réussite. Thor Love and Thunder aimerait parfois être un spectacle pour adultes irrévérencieux, mais le cinéaste doit se résoudre à l’obligation de servir les principes sociologiques de la firme, avec son lot de gamins miroir pour le public jeune, ses personnages féminins faussement forts qui se rêvent à leur tour de devenir des super-héroïnes, et un super-héros bouffon qui a perdu de sa grandeur au contact des stéréotypes scénaristiques et télévisuels qui ponctuent le programme.
Après deux premiers épisodes sympathiques, mais sans aucune véritable identité, Thor avait revêtu avec Ragnarok un aspect kitsch courageux et détonnant qui l’imprégnait d’une vision d’auteur. Thor Love and Thunder s’en rapproche énormément dans la forme, en moins disco, mais plus rock (l’inclusion des riffs des Guns n’ Roses est excellente), se détachant du tout venant de l’écurie Marvel où les réalisations tendent à se faire discrètes pour mieux servir la cause héroïque.
Thor Love and Thunder, un film de super-héros arty, mais digne d’un soap
Avec son approche bâtarde, celle d’une réalisation singulière et élaborée apposée à un script familial pour enfants et adolescents, Thor Love and Thunder peine à convaincre. Le cancer du personnage de Jane Foster (Natalie Portman) appartient aux problématiques des soap opéras. La colère de Gorr (Christian Bale) à la mort de sa fille, lors de la longue séquence d’ouverture, est une douleur traumatique surexploitée dans ce type de production… Les apparitions de personnages gay sont fades, dépourvues de légitimité autre que satisfaire l’équilibre de la diversité, non pas qu’il ne doit pas y en avoir, mais l’inclusion devrait se faire par le script et la psychologie, et non pas par devoir de représentation, pour marquer réellement cette ouverture au sein de l’univers Marvel.
Thor Love and Thunder est donc le film d’un auteur compétent, pris en otage par le système. S’il ne livre pas un spectacle dans les canons artistiques du genre, il n’en devient pas pour autant remarquable, handicapé par une approche nunuche. Plus une comédie dotée d’autodérision qu’un authentique film d’action, le projet excelle dans ses visions de cinéma, mais ne livre au niveau de son histoire rien de plus qu’un épisode de série télévisée destinée à la plateforme ad hoc Disney+, avant sa conclusion de feuilleton.
On préfèrera conseiller pour les retardataires le méconnu Shang-Chi et la légende des dix anneaux dont l’action, l’humour et les seconds rôles nous avaient davantage épatés, sans pour autant déconseiller le spectacle qu’offre ce joyeux chaos formel qui mérite tout de même le grand écran dans son foisonnement.
Les sorties de la semaine du 13 juillet 2022
Marvel sur Cinédweller
Recettes USA
- 181 030 624$
- 206 362 140$
- 315 058 289$
- 343 256 839$
Recettes monde
- 449 326 618$
- 644 783 140$
- 853 983 911$
- 760 928 081$
Box-office France
- 1 714 453 entrées
- 2 353 234 entrées
- 2 513 412 entrées
- 3 036 509 entrées
Budget
- 150 000 000$
- 170 000 000$
- 180 000 000$
- 255 000 000$