Tenet : la critique du film (2020)

Science-fiction | 2h30min
Note de la rédaction :
6/10
6
Tenet, affiche 2

  • Réalisateur : Christopher Nolan
  • Acteurs : Robert Pattinson, Kenneth Branagh, Aaron Taylor-Johnson, Michael Caine, Himesh Patel, Elizabeth Debicki, Martin Donovan, John David Washington, Clémence Poésy
  • Date de sortie: 26 Août 2020
  • Nationalité : Américain
  • Titre original : Tenet
  • Titres alternatifs : -
  • Année de production : 2020
  • Scénariste(s) : Christopher Nolan
  • Directeur de la photographie : Hoyte Van Hoytema
  • Compositeur : Ludwig Göransson
  • Société(s) de production : Warner Bros., Syncopy
  • Distributeur (1ère sortie) : Warner Bros. France
  • Distributeur (reprise) : -
  • Date de reprise : -
  • Éditeur(s) vidéo : Warner Bros. Entertainment France (DVD / Blu-ray / UHD 4K)
  • Date de sortie vidéo : 24 décembre 2020
  • Box-office France / Paris-périphérie : 2 348 652 entrées / 722 327 entrées
  • Box-office nord-américain : 58,4 M$
  • Budget : 205 M$
  • Rentabilité : -
  • Classification : Tous publics
  • Formats : 1.43 : 1 / Couleurs / Son : IMAX 6-Track | Dolby Digital | Sonics-DDP | Datasat
  • Festivals et récompenses : Oscars 2021 : 1 Oscar des meilleurs effets spéciaux pour Andrew Jackson, David Lee, Andrew Lockley, Scott R. Fisher ; 1 nomination pour les meilleurs décors
  • Illustrateur / Création graphique : -
  • Crédits : Warner Bros
Note des spectateurs :

Rigoureuse mécanique narrative, Tenet manque malheureusement d’incarnation pour totalement convaincre. La faute à une intrigue trop complexe et aux acteurs qui manquent singulièrement d’incarnation et de charisme.

Synopsis : Muni d’un seul mot – Tenet – et décidé à se battre pour sauver le monde, notre protagoniste sillonne l’univers crépusculaire de l’espionnage international. Sa mission le projettera dans une dimension qui dépasse le temps. Pourtant, il ne s’agit pas d’un voyage dans le temps, mais d’un renversement temporel…

Un cinéaste obsédé par le temps

Critique : Depuis toujours obsédé par la notion de temporalité et de sa relativité, le cinéaste Christopher Nolan n’a eu de cesse d’explorer différentes manières de raconter une histoire, bouleversant au passage le confort du spectateur. Cela est particulièrement visible dès Memento (2000), film entièrement raconté à l’envers, puis cela s’est poursuivi avec Le prestige (2006), plein de chausse-trappes narratives. L’expérimentation a trouvé son plus bel accomplissement avec l’exceptionnel Inception (2010), tandis qu’Interstellar (2014) explorait la relativité du temps et de l’espace au cœur de l’univers. On retrouve encore cette idée de boucle au sein du film historique Dunkerque (2017) et Nolan creuse une fois de plus le sujet avec Tenet (2020).

Tenet, l'affiche

Copyright 2020 Warner Bros. Entertainment, Inc. All Rights Reserved.

Auteur complet dont on reconnaît immédiatement la patte, Christopher Nolan mérite d’autant plus le respect qu’il parvient à mener ses expérimentations au cœur d’une industrie hollywoodienne qui déteste par-dessus tout la prise de risques. Alors que même un Tim Burton est obligé de se réfugier dans les bras d’un géant comme Disney avec son Dumbo (2019), Nolan arrive encore à faire produire ses scripts, aussi barrés et coûteux soient-ils.

Nolan invente le film palindrome

A l’ère des productions Marvel qui proposent des formules prémâchées, Nolan nous revient donc avec une idée encore totalement originale et furieusement ambitieuse, puisqu’il s’agit de jouer avec la temporalité, en proposant même des scènes d’action menées à l’envers. Nolan ose donc faire du neuf à une époque de recyclage massif.

Malheureusement, avec Tenet, il n’est pas nécessairement parvenu à convaincre entièrement. La faute en revient sans aucun doute à un scénario dont on peine à saisir le véritable intérêt. Certes, il s’agit de science-fiction tortueuse où le temps ne s’écoule pas toujours dans le sens habituel. On retrouve ici la fameuse notion de boucle au cœur de la filmographie du réalisateur. Toutefois, le cinéaste a su être davantage convaincant dans l’exposé limpide des tenants et aboutissants de ses histoires. Avec Tenet, il faudra sans aucun doute plusieurs visionnages pour vraiment saisir la logique scientifique à l’œuvre. Le problème étant que l’ensemble du long-métrage ne nous donne pas nécessairement envie d’y revenir.

Acteurs désincarnés pour scénario cryptique

Réalisé comme toujours de main de maître et proposant des scènes d’action mémorables et jamais vues, Tenet souffre d’un manque évident de clarté dans l’exposé de l’intrigue – assez cryptique à partir de la deuxième heure – mais aussi d’un casting peu enthousiasmant. Ainsi, John David Washington (fils de Denzel Washington) manque singulièrement de charisme pour incarner le héros sur qui tout repose. Pire, son absence de présence plombe même son duo avec Robert Pattinson ; l’alchimie ne fonctionnant tout bonnement pas. Si l’on apprécie la présence d’Elizabeth Debicki, on peut également trouver Kenneth Branagh en retrait dans un rôle de méchant pas vraiment enthousiasmant.

Tenet, photo d'exploitation

Copyright 2020 Warner Bros. Entertainment, Inc. All Rights Reserved. / Melinda Sue Gordon

Au cœur de cette vaste mécanique parfaitement rôdée, la dimension humaine semble donc terriblement absente et les personnages n’ont guère d’existence propre, n’étant que des pions au sein d’une intrigue trop articulée et objectivée. Alors que les films précédents de Nolan possédaient tous une forte dimension poétique – les images d’immeubles inversés dans Inception, les passages titrant vers l’abstraction dans InterstellarTenet semble incapable de s’échapper hors de la gangue d’une intrigue trop corsetée pour laisser entrer de l’air et de la vie. On finit donc par se désintéresser quelque peu de ce très bel objet, malheureusement désincarné.

Quelques séquences d’action mémorables, noyées dans un ensemble froid

Bien entendu, certains passages demeurent impressionnants, comme la séquence centrale de vol d’un élément nucléaire sur une autoroute, ou bien celle du crash d’un avion en plein entrepôt. Mais cela ne suffit pas à faire oublier le manque d’incarnation de l’ensemble. Le cinéaste a pourtant recours à une musique largement copiée sur celle de son complice habituel Hans Zimmer. Trop occupé sur celle de Dune (Villeneuve), Zimmer a laissé les manettes à Ludwig Göransson (Black Panther) qui s’acquitte de sa tâche avec la conviction d’un bon faiseur, mais sans génie aucun. La musique électronique parfois bruitiste est entêtante avec ses boucles folles, mais elle ne décolle jamais vraiment, à l’image du film lui-même.

John David Washington dans Tenet de Christopher Nolan

Copyright 2020 Warner Bros. Entertainment, Inc. All Rights Reserved. / Melinda Sue Gordon

Malgré ces réserves, Tenet a tout de même le grand mérite d’offrir un scénario totalement original et une réalisation toujours admirable. Les amateurs de casse-têtes seront également aux anges, mais les autres risquent fort de rester sur le palier sans jamais trouver la clé leur permettant d’entrer dans le délire du cinéaste.

Tenet : une sortie chahutée par la pandémie

Plusieurs fois reculée (du 17 juillet 2020 au 31 juillet, puis du 12 août au 26 août) à cause de la pandémie mondiale de coronavirus, la sortie de Tenet a courageusement eu lieu à la fin de l’été 2020, à une époque où les salles étaient globalement désertes. Le long-métrage est parvenu à devenir le numéro 1 du box-office de l’année 2020 en France, avec un score pourtant assez bas de 2 348 652 entrées. Aux Etats-Unis, le film s’est arrêté à un score de 58,4 millions de dollars, ce qui est extrêmement décevant au vu du budget conséquent. C’est finalement l’exploitation internationale qui a permis de compenser en partie. Encore une fois, le contexte lié à la pandémie y est pour beaucoup.

Critique de Virgile Dumez

Les sorties de la semaine du 26 août 2020

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Tenet, affiche 2

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